Carla Bruni, 58 ans : cardio, Pilates et bains glacés, le secret très discipliné derrière la silhouette légère
- ER

- 4 days ago
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Je revois encore cette vidéo où Carla Bruni s’immerge, l’air de rien, dans une baignoire remplie de glace. Rien d’un caprice de star : juste son « bain barbare », comme elle l’appelle, un rituel quotidien pour tenir tête au temps qui passe. À 58 ans, l’ancienne mannequin devenue chanteuse affiche toujours cette silhouette longiligne que l’on connaît, mais ce qui m’intéresse aujourd’hui, ce n’est plus tant l’image que le travail, la discipline obstinée que l’on devine derrière chaque photo en maillot, chaque apparition sur scène, chaque interview donnée au détour d’un micro.
Quand je lis ou j’écoute ce qu’elle confie ces derniers mois – sur RTL, dans le podcast « Allez, j’ose ! » d’Elsa Wolinski, dans les pages beauté de Grazia ou de Madame Figaro – je découvre moins une beauté glacée qu’une femme qui négocie, jour après jour, avec son corps, sa ménopause, son passé de patiente atteinte d’un cancer du sein, et cette pression diffuse qui pèse sur les femmes de son âge. Elle assume aimer être mince, elle ne le nie pas, mais elle raconte aussi les efforts « sans nom » que cela lui demande désormais. Et derrière la silhouette que l’on commente trop souvent comme un décor, il y a cette vie rythmée par le cardio, le Pilates, les bains froids, une assiette pensée comme une partition subtile plus que comme un régime punitif.
Le parcours récent et l'impact du cancer
Je me suis replongé dans son parcours récent pour comprendre comment Carla Bruni en est arrivée à parler si crûment de son corps. Il y a d’abord ce virage dans la cinquantaine : l’ex-top des années 1990, devenue chanteuse à succès au fil d’albums discrets mais tenaces, se retrouve projetée dans un autre rôle, celui de femme de 50 ans, ex-Première dame, figure publique scrutée.
En 2019, elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Elle en parle tardivement, en 2023, dans une vidéo publiée sur Instagram, puis à nouveau en détail fin 2025 : « Aujourd’hui samedi 20 décembre 2025, je termine cinq ans d’hormonothérapie après avoir été diagnostiquée fin 2019 d’un cancer du sein », écrit-elle alors, soulagée et lucide sur ce traitement long, lourd mais efficace.
Dans une interview relayée par Gala, un cancérologue rappelle que cette hormonothérapie réduit d’environ 30 % les risques de récidive. Quand elle évoque aujourd’hui son poids, ses muscles, ses bains glacés, cette parenthèse médicale plane en arrière-plan. J’ai le sentiment qu’elle parle autant de contrôle que de survie.
Ménopause, poids et discipline alimentaire
Dans le podcast « Allez, j’ose ! », consacré à la ménopause et aux années qui passent, elle raconte être issue d’« une famille de sportifs » où tout le monde bouge. Elle y décrit la ménopause comme un moment où « la prise de poids n’est pas une prise de poids normale, mais une modification de la répartition des graisses », ciblant particulièrement le ventre. Ses mots ne sont pas théoriques : ils viennent d’un corps qui a encaissé les traitements, les variations hormonales, l’inquiétude.
Cette inquiétude, elle ne la cache pas. En mars 2024, le Figaro Madame rapporte qu’en pleine ménopause, elle s’est mise à ne manger qu’un repas par jour pour ne pas grossir, un dîner unique qui interroge et inquiète les nutritionnistes. D’autres médias, comme 20 Minutes ou Purepeople, retiennent davantage ses conseils plus modérés, lorsqu’elle explique qu’elle ne croit pas aux régimes, préfère « beaucoup de petits repas » ou recommande de commencer chaque repas par des légumes pour calmer la glycémie.
À travers ces nuances, j’entends surtout une femme en train de chercher son point d’équilibre, au sens propre.
Une routine sportive intensive et anti-âge
Quand je lis la dernière salve d’articles publiés ces jours-ci, ce sont moins ses chansons que cette mécanique du quotidien qui occupe la une. Purepeople vient de revenir en détail sur sa routine sportive, rappelant cette phrase qu’elle lâchait déjà dans le podcast d’Elsa Wolinski : « Je fais quarante minutes ou une heure de cardio environ, et après du Pilates. Je fais de tout : de l’Xtend barre, de la musculation, de la natation, de la marche, du ski, du jogging, et surtout de l’elliptique et du renforcement musculaire ».
Grazia insiste de son côté sur sa méthode anti-âge « barbare » : ces bains glacés hérités de sa mère, Marisa, 93 ans, qu’elle pratique chaque jour, parfois dans une simple bassine, pour stimuler la circulation, la peau, l’énergie. Je m’imagine cette femme, au petit matin, entre deux répétitions et un petit-déjeuner de salade verte, se couler dans une eau mordante pendant que Paris grelotte dehors.
Une silhouette admirée et une parole assumée
D’autres magazines beauté, comme Marie France ou Voici, se focalisent sur ses abdos dessinés, sa « taille de guêpe » en maillot une pièce, sa façon d’entretenir son ventre à coup de Pilates et d’exercices ciblés, qu’elle recommande tout particulièrement aux femmes en période de ménopause. Je pourrais me lasser de ce concert de compliments sur son corps, mais je remarque que, cette fois, c’est elle qui mène la danse, assumant la conversation plutôt que la subissant.
Elle parle de son cardio, de son elliptique, mais aussi de respiration, de détente, de la joie simple de se sentir encore « en forme » après ce qu’elle a traversé. Et puis il y a sa musique, qu’on oublie à force de compter ses abdos : ses chansons continuent leur chemin sur les scènes et dans les playlists, son dernier album éponyme de 2020 demeure dans l’oreille de ceux qui aiment la chanson française feutrée, ses tournées se sont espacées mais pas évaporées.
Une image ambivalente dans notre société
Alors, qu’est-ce que cela raconte de notre époque, de cette Carla Bruni de 58 ans qui détaille publiquement ses quarante minutes de cardio, son heure de Pilates, son seul repas du soir, ses bains de glace ? En tant que journaliste, je sens bien l’ambivalence.
D’un côté, il y a l’exigence presque militaire, le modèle inatteignable pour la plupart des femmes qui n’ont ni le temps ni les moyens de s’offrir deux heures de sport quotidien, des séances de Pilates premium, une vie rythmée par la discipline du corps. Les médecins qui réagissent à son « un repas par jour » ont raison : ce type de pratique, érigé en exemple, peut glisser vers le terrain minceur le plus inquiétant.
D’un autre côté, j’entends aussi une parole qui brise un tabou : la ménopause, la prise de poids, les traitements hormonaux ne sont plus relégués au secret des cabinets médicaux. Lorsqu’elle explique que « la prise de poids de la ménopause n’est pas une prise de poids normale » et qu’elle fait des cours spécifiques pour le ventre, elle donne à des millions de femmes un vocabulaire, sinon des solutions. Et quand elle poste ce message de fin d’hormonothérapie, elle transforme une victoire médicale intime en signal d’alerte bienveillant en faveur du dépistage.
J’y vois, malgré les excès possibles, une forme d’exemplarité : celle d’une femme qui, après avoir frôlé le pire, choisit de prendre son corps à bras-le-corps, quitte à se tromper parfois, mais sans mensonge, sans filtre lisse. Reste une question, et je la garde volontairement ouverte : saura-t-elle, à mesure que les années avanceront, assouplir cette discipline pour laisser plus de place à la douceur, à ce « laisser-être » qui fait aussi le sel de la vie ?
En attendant, son cardio, son Pilates, ses bains de glace et ses salades de légumes racontent quelque chose de notre époque : une société obsédée par le contrôle, mais qui commence enfin à écouter les corps des femmes pour ce qu’ils ont à dire, au-delà de ce qu’ils montrent. Et c’est peut-être là, pour la chanson française, l’autre chanson de Carla Bruni aujourd’hui : une chanson du corps, fragile, inflexible et bouleversant, qui continue de chercher sa note juste.




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