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Laurent Voulzy, le chanteur qui bâtit ses chansons comme des maisons

  • Writer: ER
    ER
  • 1 day ago
  • 5 min read

Je revois encore cette image : Laurent Voulzy, assis près d’une fenêtre ronde, un mug entre les mains, les yeux perdus vers la mer bretonne. Dans le salon, les escaliers grincent doucement, les murs de granit retiennent le silence, et quelque part une guitare repose contre un canapé un peu dépareillé. Rien de spectaculaire, rien d’ostentatoire, mais une atmosphère : celle d’un homme qui a toujours fait rimer sa vie avec ses lieux.

Ces derniers jours, plusieurs médias se sont penchés sur les maisons de Laurent Voulzy, de sa grande bâtisse bretonne à Saint-Pierre-Quiberon jusqu’à sa maison-studio au bord de la Marne, à Joinville-le-Pont. Je me suis plongé dans ces reportages, ces portraits, ces confidences égrenées au fil des années, et j’y ai retrouvé exactement ce que l’on entend dans Le Cœur grenadine ou Belle-Île-en-Mer : un art de l’abri, du refuge, de la douceur. On a souvent tendance à réduire un artiste à ses disques ou à ses tournées, mais chez lui, les maisons racontent autant que les albums.

La Bretagne, un ancrage fort et poétique

En lisant le reportage du Journal de la Maison publié le 26 avril 2026, je découvre à quel point la Bretagne occupe une place centrale dans cette cartographie intime. La maison de Saint-Pierre-Quiberon y est décrite comme une « grande bâtisse » de granit, avec des fenêtres arrondies et un jardin bordé d’hortensias, un décor presque attendu et pourtant profondément vécu, loin de toute carte postale figée (lejournaldelamaison.fr).

Le texte rappelle que Laurent Voulzy a pensé cette demeure en écho à ses souvenirs d’enfance, ces séjours chez un oncle en Eure-et-Loir dont il parlait déjà il y a des années, comme si l’âge adulte consistait à reconstruire, pierre après pierre, les maisons de son enfance. Gala, de son côté, insiste sur ce lien affectif avec la région, sur cette envie de retrouver des sensations plutôt que de “faire joli” (gala.fr).

Dans ce portrait dispersé entre plusieurs journaux, je vois un même fil : l’artiste ne cherche pas la perfection architecturale, il cherche une âme. Lui-même le confiait déjà dans des propos relayés par Le Figaro : il aime les intérieurs où « ça craque », où rien n’est totalement lisse, où un escalier grinçant rappelle que des vies sont passées par là (lefigaro.fr).

Ce n’est pas un hasard si, à Saint-Pierre-Quiberon, il se lève à l’aube pour regarder le soleil se lever sur la mer, presque comme un rituel spirituel avant d’entrer en studio ou de reprendre la route. Le Figaro rapporte ce geste matinal, si simple et pourtant tellement révélateur d’un homme qui a toujours cherché l’inspiration dans les lumières et les ambiances plus que dans les effets (lefigaro.fr).

Il y ajoute un autre trait : la passion de Voulzy pour la chine. Dans la région, un brocanteur le voit passer régulièrement, repartir avec un meuble ancien, un objet patiné, tout ce qui peut apporter un supplément de mémoire à cette maison qu’il veut, au fond, habitée par le temps autant que par lui.

Une amitié et une inspiration partagées en Bretagne

Autour de cette maison bretonne gravite une autre présence discrète mais capitale : celle d’Alain Souchon. Les deux amis, compagnons de route depuis des décennies, ont chacun une maison à quelques kilomètres l’un de l’autre, du côté de La Trinité-sur-Mer pour Souchon. Version Femina racontait ces moments de retrouvailles au bord de la mer, ces nuits de travail qui se prolongent jusqu’au petit matin, entre rires, discussions et chansons en gestation (versionfemina.fr).

En les imaginant tous les deux, guitare en bandoulière, face aux vagues, je comprends mieux pourquoi la Bretagne revient si souvent dans leurs chansons respectives : ce n’est pas un simple décor, c’est un atelier à ciel ouvert, un lieu d’amitié et de travail.

Melody TV rappelait récemment combien Voulzy est sensible aux atmosphères, aux lieux inspirants, en évoquant sa tournée dans les cathédrales – une tournée prolongée ces dernières années, précisément parce que ces espaces chargés d’histoire nourrissent sa musique autrement qu’une salle standard (melody.tv).

De la même manière, la mer agitée du Morbihan, le ciel changeant, les chemins de granit deviennent pour lui un prolongement naturel des nefs gothiques où il chante : des endroits où l’on s’élève, où l’on se recueille, sans forcément employer de grands mots.

France Bleu, qui annonçait l’une de ses dates dans un cadre patrimonial sur la Côte d’Azur à l’été 2024, le décrivait déjà comme un artiste soucieux de l’accord entre les lieux et les chansons (ici.fr).

Cette cohérence m’apparaît de plus en plus clairement au fil des lectures : Voulzy ne choisit jamais un endroit au hasard, qu’il s’agisse de poser un canapé ou une scène.

La maison-studio de Joinville-le-Pont, un laboratoire créatif

À l’autre bout de la carte, loin des embruns, il y a la Marne. Joinville-le-Pont, sa maison au bord de l’eau, son studio joliment baptisé « Au bord de l’eau » : c’est là que se joue l’autre versant de sa vie, plus urbain, plus ancré dans la région parisienne.

Le Parisien s’est souvent fait l’écho de cet attachement ancien à Nogent-sur-Marne et à ses environs, là où il a grandi, là où il a fait ses premières armes (leparisien.fr).

Dans un sujet vidéo relayé par Purepeople, tourné pour l’émission Sept à Huit sur TF1, on le voit ouvrir les portes de cette demeure de Joinville-le-Pont, un lieu qu’il a longuement habité, transformé, aménagé au gré de ses envies et de ses disques (purepeople.com, fr.news.yahoo.com).

On y découvre un cocon rempli de souvenirs, de disques, de guitares, mais aussi de petites choses sans valeur marchande qui forment la trame d’une vie : des photos de famille, des objets ramenés de tournées, des carnets.

Orange et Dailymotion, qui reprennent les mêmes images, insistent sur le côté « maison de toujours » : une demeure où il a passé l’essentiel de son existence, ni musée ni vitrine, mais une vraie maison habitée (video-streaming.orange.fr, dailymotion.com).

À écouter Voulzy au fil des interviews, on comprend que cet endroit n’est pas qu’une adresse de plus sur sa biographie ; c’est un laboratoire. Il y a composé nombre de ses chansons majeures, dans ce studio baigné de lumière, avec la Marne en guise de métronome discret.

Dans une note publiée sur son site officiel pour annoncer la suite de sa tournée, il expliquait d’ailleurs être resté plus d’un an à écrire et composer après son long voyage en concerts dans les églises et les cathédrales, avant que « l’envie (ne lui) reprenne » de retrouver la scène (laurentvoulzy.com).

J’imagine sans peine ces mois de retrait dans ses maisons, entre Bretagne, Joinville-le-Pont et d’autres refuges plus méridionaux comme Beaulieu-sur-Mer, que Le Journal de la Maison évoquait déjà dans un précédent portrait estival, ce « refuge paisible et élégant » où il retrouve sa compagne Isaure Le Faou (lejournaldelamaison.fr).

Un va-et-vient entre intimité et vie publique

En regardant l’agenda de ses prochains concerts – encore des abbayes, des festivals en plein air, des salles à taille humaine repérées par Ticketmaster, Songkick, Jambase ou par l’Abbaye de Villers-la-Ville (ticketmaster.fr, songkick.com, jambase.com, villers.be) –, je me dis que ce va-et-vient constant entre l’intime et le public ressemble fort à la façon dont il habite ses maisons.

Les bâtisses qu’il choisit sont à la fois des ports d’attache et des tremplins, des lieux de retrait et de rayonnement. Elles disent quelque chose d’essentiel de lui : un refus de la brutalité, une fidélité aux paysages qui l’ont vu grandir, une manière de laisser le temps faire son œuvre.

Dans un monde culturel souvent pressé, où tout doit aller vite, il y a quelque chose de rassurant – presque familier, presque familial – à le savoir là, debout dans une cuisine un peu biscornue, à regarder le jour se lever sur la mer ou sur la Marne, avant de reprendre sa guitare pour, une fois encore, transformer une maison en chanson.

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