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- Avec « L’Embardée », Matmatah s’offre un road trip européen en dix langues
Je revois la buée sur les vitres d’un petit bar brestois, un soir de semaine où quelqu’un a lancé Lambé An Dro sur le juke-box : en trois minutes, les épaules se touchaient, les sourires aussi. Trente ans plus tard, Matmatah revient avec un disque qui ne ressemble à rien d’attendu et qui pourtant prolonge exactement cette scène-là : L’Embardée, un album de reprises sorti le 24 avril 2026, 20 chansons européennes revisitées, chantées en dix langues, comme un road trip musical à travers le continent. Un choix audacieux pour fêter 30 ans Au lieu de célébrer leurs 30 ans en ressassant leurs propres tubes, les Bretons ont préféré retourner à leurs premières amours, celles des reprises jouées dans la moiteur des bars et des clubs. Dans un papier de Info Lanaudière, j’apprends que le disque a été conçu comme un « ovni foisonnant, réjouissant, engagé », un hommage vibrant à des chansons écrites entre le XVIIIe et le XXIe siècle, couvrant des auteurs aussi divers que Johnny Hallyday, ABBA, Renaud ou Joy Division, en passant par des chants de lutte et des ballades italiennes. Matmatah : un pont entre tradition et rock Formé à Brest en 1995, Matmatah s’est toujours distingué par un pied solidement ancré dans les traditions bretonnes, l’autre dans un rock parfois rugueux. Leur premier album, La Ouache, a gravé dans la scène française cette recette unique. Après une séparation en 2008, le groupe est revenu en force en 2016, multipliant les tournées et finalisant un ambitieux double album, Miscellanées Bissextiles, en 2023. Un laboratoire sonore à Brest Dans les murs du Studio B, ancien studio La Datcha rénové par Sébastien Lorho à Brest, Matmatah s’est livré à l’enregistrement de cet album entre 2024 et 2025. C’est là, dans ce laboratoire discret saturé d’histoire bretonne, que se côtoient maintenant les influences d’Étienne Daho, Paco Ibañez, Zeca Afonso, Angelo Branduardi et The Cure. Un cadre qui illustre parfaitement la démarche du groupe, à savoir mêler les genres et traverser les frontières culturelles, tout en gardant l’âme de leurs racines. Un répertoire européen pluriel et engagé L’Embardée regroupe vingt titres, dont dix-neuf reprises et une composition originale, la mise en musique du poème Canción de Jinete de Federico García Lorca. De Johnny Hallyday à Joy Division, de chansons médiévales à des chants populaires engagés, l’album tisse un patchwork éclectique, reflétant une mémoire européenne commune. Parmi les titres, on trouve des classiques comme Pour moi la vie va commencer, Love Will Tear Us Apart, ou encore The Winner Takes It All, revisité avec une touche celtique par le musicien irlandais Kevin Camus. Des collaborations inspirées Le groupe a invité plusieurs artistes pour enrichir leur projet, notamment la tornade Fanny Gillard sur Eisbär et Putain Putain, Morgane Mercier sur l’extravagant Alison Gross, ainsi que Patrick Marie sur le traditionnel breton Ar Miliner. Ces collaborations renforcent la richesse sonore de l’album, tout en témoignant d’une véritable camaraderie musicale. Réception critique et portée artistique Le pari que s’est lancé Matmatah, celui d’investir des esthétiques éloignées de leur ADN et d’embrasser la diversité linguistique européenne, a su séduire la critique. Rolling Stone France évoque un groupe « en roue libre » qui réussit « l’improbable » en dynamitant les frontières musicales. Pour la radio OUI FM, il s’agit d’un « album plaisir » célébrant la musique dans son sens le plus partagé. Une expression de maturité joyeuse Au-delà d’un simple exercice de style, L’Embardée raconte un moment européen marqué par la complexité et la pluralité, un continent où la musique demeure un langage universel. Le disque porte une gratitude sincère envers les maîtres et les inspirations, exprimant une maturité joyeuse propre aux 30 ans de carrière du groupe. Comme le souligne Le Télégramme, Matmatah apparaît comme un groupe « miraculé », capable de se réinventer sans renier ses racines. Une tournée et une ambiance de jam géante Fidèle à leur héritage et à leur désir de partage, Matmatah repartira en tournée avec un quatuor de cuivres, The Fuzzy Brass Four, portant sur scène cet esprit de jam collective et d’hommage musical. On imagine un public conquis où les refrains entremêlés de tradition bretonne et d’hymnes européens vibreront à l’unisson, offrant une expérience live unique, festive et émotionnelle, fidèle à l’ADN du groupe. Conclusion : un hommage vibrant et un appel à l’union Matmatah, à travers L’Embardée, signe peut-être son album le plus libre et sincère. Un appel à lever le volume, à prendre la route et à célébrer ensemble cette mosaïque européenne qui continue de vibrer dans les chansons que nous partageons. Trente ans après leurs débuts, le groupe reste un phare d’authenticité et d’audace sur la scène musicale française et européenne.
- Laurent Voulzy, l’amour au présent et le cœur à découvert
Je revois son sourire un peu timide, ses boucles argentées, cette façon de baisser les yeux comme s’il s’excusait presque d’exister sous la lumière. Laurent Voulzy, 77 ans, s’avance aujourd’hui sans guitare entre les mains mais avec quelque chose d’infiniment plus fragile : sa vie intime. Depuis une semaine, il est partout. Dans les colonnes de Paris Match, sur RTL, sur TF1, dans Sept à huit, en dédicace en librairie et même chez Nagui dans Taratata, pour parler d’un livre au titre presque programmatique : « Caché derrière », son autobiographie parue le 24 avril 2026 au Cherche-Midi. Et au milieu de ces confidences, un visage revient sans cesse, celui d’Isaure Le Faou, 44 ans, sa compagne et coautrice du livre. Une femme libre, comme elle se définit elle-même, qui pourrait être sa fille et avec qui il a choisi un chemin de traverse : ils s’aiment, depuis sept ans, vivent chacun chez soi, créent ensemble et affrontent sans s’y attarder le regard suspicieux posé sur leurs 33 ans d’écart. Une différence d’âge assumée Quand je parcours les différentes interviews, je suis frappé par la constance avec laquelle le chanteur refuse d’entrer dans le débat théorique : « La différence d’âge entre nous ? Je ne la vois pas », confie-t-il à Paris Match, cité par Voici et relayé par MSN. Lui qui a bâti un imaginaire de jeunesse éternelle – Rockollection, Le cœur grenadine, Belle-Île-en-Mer – se retrouve sommé de commenter l’horloge. Il ne botte pas en touche, mais déplace la conversation : oui, reconnaît-il, « quand j’aurai 90 ans, elle n’aura peut-être plus envie d’être avec moi, elle sera probablement toujours aussi rock’n’roll ». Phrase que Closer met en exergue pour raconter ce couple hors normes. Mais aussitôt, il ajoute : « Je vis dans l’instant présent », comme pour refermer doucement la porte aux projections anxieuses. De son côté, Isaure assume, calmement : « Parce que je suis une femme libre, parce que Laurent m’aime comme je suis », cite Le Journal des Femmes. Cette liberté ne se limite pas aux mots : ils ont choisi de ne pas habiter ensemble, chacun gardant son espace, son rythme, ses murs. Je trouve ce détail très révélateur ; là où beaucoup fantasment un « vieux monsieur » accroché à une jeunesse de substitution, on découvre plutôt deux artistes qui ont décidé d’aimer sans se confondre, d’échapper au modèle fusionnel classique sans pour autant renoncer à la fidélité ni à la profondeur du lien. Une autobiographie et des révélations Derrière la curiosité un peu voyeuse autour de cette histoire, se joue en réalité autre chose : le lent dévoilement d’un homme que l’on croyait connaître par ses chansons, mais qui confesse aujourd’hui à quel point il a longtemps vécu, justement, caché derrière. Le livre « Caché derrière – Mémoires » est au cœur de cette actualité : le site de la Fnac le présente comme un récit intime et sincère, où il revient sur son enfance cabossée, ses émerveillements, ses doutes, sa quête spirituelle et sa relation unique avec Alain Souchon. BFMTV souligne d’ailleurs cette phrase liminaire : « Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis pudique », presque un avertissement à ses lecteurs. Dans L’Alsace, le chanteur raconte comment l’écriture, accompagnée par Isaure, lui a permis de « prendre conscience de ce qu’[il] avait vécu ». Il y a dans sa voix – on l’entend bien dans les extraits audio publiés par Nostalgie – une surprise presque enfantine : relire sa vie l’a aidé à mieux se comprendre lui-même. Isaure n’est pas seulement la compagne « rock’n’roll » dont parle Closer, elle est aussi la plume qui pousse doucement cet homme pudique à aller plus loin, à affronter les angles morts de son existence. TF1 Info rapporte ainsi ses mots : « Elle a réussi à me faire dire les choses ». Parmi ces choses, il y a ce qu’il avait toujours soigneusement tenu à l’écart : la maladie, notamment ce cancer de la prostate diagnostiqué en 2016. Ouest-France raconte ce diagnostic, la discrétion quasi totale qui a entouré le traitement, et la volonté, aujourd’hui, de parler « pour dire que l’on peut aussi s’en sortir ». Santé Magazine profite de cette confession pour rappeler les chiffres alarmants de ce cancer très fréquent chez l’homme, mais je retiens surtout la dignité avec laquelle il se dévoile : pas de pathos, plutôt une forme de gratitude modeste. Paternité et réparation Et puis il y a les enfants. Quatre fils, nés de différentes histoires : Julien, Nicolas, Cliff et Quentin. Public et Voici reviennent longuement sur ce mea culpa. Il admet ne pas avoir été un père très présent, confie s’être séparé « assez rapidement » des mères de ses aînés, comme il l’expliquait déjà à La Tribune Dimanche, citée par Gala. L’un de ses fils, Cliff, il ne l’a rencontré qu’à l’âge de 12 ans. Ce retard, ce manque, il le porte aujourd’hui avec lucidité, parlant de choses qu’il cherche à « rattraper ». Dans cette même presse people, on découvre pourtant un autre versant : la joie récente d’avoir enregistré avec ses quatre garçons une nouvelle version du Soleil donne, expérience « extrêmement émouvante » comme il le raconte sur le plateau de C à vous, citée par Voici. L’homme qui a longtemps fui les responsabilités familiales se retrouve aujourd’hui, tardivement mais sincèrement, dans un studio entouré de ses fils. Là encore, j’ai le sentiment que la présence d’Isaure, décrite par Closer comme décisive dans sa réflexion de père, a joué le rôle d’un miroir tendre mais sans concessions. Un héritage au-delà des chansons La question qui plane, bien sûr, c’est : que restera-t-il de tout cela ? D’un côté, la discographie, les vinyles réédités que son site officiel annonce fièrement – du Cœur grenadine à Bopper en larmes, en passant par La septième vague et Belle-Île-en-Mer. De l’autre, ce livre qui vient bousculer l’image un peu lisse de l’éternel doux rêveur pour révéler un homme traversé par l’épreuve, la culpabilité, des choix sentimentaux parfois chaotiques. L’amour avec Isaure Le Faou n’est pas seulement un « sujet people » : il est la clé de voûte de ce moment de bascule. Elle n’est pas restée dans l’ombre ; le ministère de la Culture l’a même décorée à ses côtés, tous deux faits chevaliers des Arts et des Lettres en janvier 2026, comme le raconte Ohmymag. On la voit chanter avec lui Somerset Maugham d’Alain Souchon sur le plateau de Taratata, dans l’émission du 24 avril 2026, disponible sur France.tv. Les réseaux sociaux se déchaînent parfois, certains commentent avec dureté ce « papy » et sa compagne plus jeune, mais je remarque aussi, en lisant les réactions, beaucoup de bienveillance, comme si le public français, qui a grandi avec lui, comprenait confusément que cet amour tardif et assumé relève davantage de la réparation que de la frime. Dans ce contexte, sa phrase « je vis dans l’instant présent » résonne autrement : elle n’est pas une coquetterie new age, mais le fruit d’un homme qui sort d’un cancer, qui sait la fragilité de la santé, qui regarde ses fils adultes, qui a aimé plusieurs femmes, qui a beaucoup travaillé, beaucoup fui aussi, et qui, à l’heure où d’autres se replient, choisit d’ouvrir grand les fenêtres sur sa vie, même au risque d’être jugé. À court terme, les conséquences sont déjà visibles : les librairies annoncent une belle mise en place de son autobiographie, les médias multiplient les invitations, et l’on parle aussi d’un prochain album auquel Isaure a contribué, comme le glisse Closer. À moyen terme, je crois que ce qui restera surtout, c’est cette image d’un artiste français majeur qui aura accepté de se regarder en face. Dans un paysage culturel saturé d’aveux calibrés et de confessions marketing, il y a quelque chose de très simple et presque ancien dans sa démarche : un homme raconte sa vie, ses fautes, ses grâces, l’amour qu’il reçoit sans forcément le mériter, et cette femme plus jeune qui l’aide à mettre de l’ordre dans ses souvenirs. Après tout, la chanson française qu’il incarne si bien a toujours su parler du temps qui passe, des saisons du cœur, de ces secondes arrachées au sablier. Aujourd’hui, au-delà du débat sur l’écart d’âge, c’est peut-être cela que nous raconte le couple Laurent Voulzy – Isaure Le Faou : qu’il n’est jamais trop tard pour aimer mieux, pour demander pardon, pour témoigner, pour dire à voix haute, comme il le fait à propos de son cancer, « on peut aussi s’en sortir ». Et, en filigrane, pour rappeler à chacun de nous qu’il est encore temps de ne plus vivre seulement caché derrière.
- Axel Bauer, un château normand et cinq guitares électriques : la promesse de feu des Barons du Son
Le soleil tombe sur la vallée de la Scie, les vieilles pierres du château Gauthier-Giffard rosissent doucement, et dans ma tête j’entends déjà monter un riff de guitare. Je ferme les yeux un instant : on est un samedi 27 juin 2026, quelque part au-dessus de Longueville-sur-Scie, en Seine-Maritime, et Axel Bauer attaque les premières notes de Cargo de nuit devant des centaines de silhouettes debout sur l’herbe. Tout est encore à venir bien sûr, mais le décor est posé : après deux premières éditions qui ont mis le site sur la carte des amoureux de rock, le festival Les Barons du Son revient, et il s’est offert une tête d’affiche qui a marqué plusieurs générations de radios françaises. Icône du rock hexagonal depuis le début des années 80, guitariste inlassable, désormais porté par l’énergie de son album récent Grand 8, Axel Bauer s’apprête à faire vibrer des murailles médiévales qui n’avaient sans doute pas prévu pareille déflagration électrique. En Normandie, on parle déjà d’une soirée « carte postale » : un château féodal en surplomb de la vallée, des pelouses ouvertes, une scène en plein air, et ce moment très précis où la lumière bascule et où les guitares prennent le relais du soleil. Un festival normand en plein essor Je me suis penché sur ce petit miracle de territoire qui répond au nom de Barons du Son. Le festival est encore jeune : sa troisième édition se tiendra donc le samedi 27 juin 2026 sur le site du château Gauthier-Giffard, au-dessus de Longueville-sur-Scie, à une bonne vingtaine de minutes de Dieppe et trois quarts d’heure de Rouen, comme le rappellent les organisateurs sur leur site officiel (lesbaronsduson.fr) et la page de Normandie Tourisme. L’idée est simple et généreuse : transformer, le temps d’une soirée, les vestiges de ce château médiéval en scène à ciel ouvert, en jouant autant sur la puissance du rock que sur le charme d’un patrimoine local superbement mis en valeur. Les deux premières éditions, en 2024 et 2025, ont visiblement convaincu : d’après la présentation officielle du festival et les retours relayés par Normandie Tourisme et le Pass Culture, le site a rapidement trouvé son public, avec une ambiance décrite comme « très familiale », mélange de pelouses investies par les spectateurs, village food, zones « chill » et gobelets réutilisables. On est loin des gigantesques machines à cash : ici, l’équipe revendique un esprit de proximité, une jauge raisonnable, un vrai soin porté à la scénographie. Dans une publication LinkedIn, Xavier Gouby, en charge de la communication, évoque d’ailleurs ce curieux vertige de « revenir à son adolescence » en faisant la promo d’un festival de rock, comme si Les Barons du Son offraient une seconde vie aux posters punaisés sur les murs des chambres d’ado. Programme et billetterie pour l'édition 2026 Autour de ce décor, la mécanique est bien huilée. Pour cette édition 2026, la journée du 27 juin sera découpée en deux temps, comme le détaillent le site officiel du festival, Pass Culture et la fiche Atouts Normandie : un grand marché en accès libre la journée, puis, à partir de la fin d’après-midi, la bascule vers le festival rock payant, dans l’enceinte même des vestiges. Les organisateurs annoncent cinq concerts pour une longue soirée (les supports de communication parlent de 16 h à minuit), avec caisse cashless, tarifs accessibles – 20 à 25 € le pass journée selon les canaux de billetterie – et des offres spécifiques pour les jeunes grâce à Atouts Normandie, qui propose un billet à 12 € réglé avec le crédit culture. Sur les réseaux, notamment Instagram, Threads et Facebook, Les Barons du Son ont déjà déroulé leur teasing depuis janvier, relayé aussi par Paris-Normandie qui a consacré un article au retour du festival à Longueville-sur-Scie pour cette troisième édition. Et c’est là qu’apparaît le nom qui fait lever un sourcil à tous les amateurs de rock français : Axel Bauer. Axel Bauer, tête d'affiche de l'événement En regardant les annonces tomber ces dernières semaines, j’ai eu le sentiment d’assister à la rencontre entre une légende de la guitare française et un jeune festival qui n’a pas froid aux yeux. Sur Facebook et Instagram, les Barons du Son ont lâché l’info comme un « coup de tonnerre » : « AXEL BAUER débarque aux Barons du Son 2026. Icône du rock français, bête de live : guitare en avant, tension permanente, émotions à fleur de peau », promet une courte vidéo de présentation, dont le texte se retrouve également sur des plateformes comme Bandsintown ou Shazam qui annoncent la date du 27 juin 2026 au château Gauthier-Giffard. Apple Music et Shazam listent le concert à 17 heures, au sein du festival, confirmant la présence du musicien aux côtés d’une poignée de groupes plus jeunes : DoorShan, Bloody Claps, Orange Yeti et Jarl, tous issus ou proches de la scène rock normande et française actuelle, selon la programmation détaillée publiée sur les réseaux du festival. À ces quatre formations s’ajoute un groupe ou artiste lauréat d’un tremplin organisé en amont par le festival : un concours dont la finale live est prévue le 23 mai 2026 au Fury Défendu, salle rouennaise bien connue des amateurs de décibels, comme l’a annoncé une publication Instagram largement partagée par Rouen Le Mag. Une programmation mêlant légende et scène locale En creusant un peu, je me suis souvenu que la venue d’Axel Bauer à Longueville-sur-Scie ne tombait pas du ciel. L’artiste, qui a marqué les années 80 avec Cargo de nuit puis les années 90 en duo avec Zazie sur À ma place, vit depuis quelques saisons un retour très solide sur scène. Son album Grand 8, salué comme un disque « rock, actuel et inspiré » par la radio rock Oüi FM dans une session acoustique disponible en ligne, lui a redonné une visibilité artistique bien au-delà du simple registre nostalgique. Sur Taratata, dans une interview mise en ligne par France Télévisions, il parle de ce disque comme d’un voyage très personnel, un « tour complet » de son histoire, avec cette obsession de la guitare qui ne l’a jamais quitté. Une autre interview, en anglais cette fois, relayée sur YouTube sous le titre Rock and freedom above all!, le montre fidèle à lui-même : discret mais passionné, soucieux de rester un musicien de scène avant tout. Sa page officielle et différents sites de billetterie comme Songkick, Bandsintown ou encore des annonces Facebook de son équipe listent d’ailleurs une grosse tournée 2026, passant par la Normandie (une date au Normandy, au Havre, déjà donnée en février 2026) et culminant à l’automne par un concert au Casino de Paris, le 3 décembre 2026. Un rendez-vous rock à la portée locale Dans ce contexte, le voir accepter de venir jouer dans ce coin de Seine-Maritime, au sommet d’un coteau, a quelque chose de touchant. Je pense à ces spectateurs qui l’ont connu en K7, puis en CD, et qui viendront avec leurs ados lui présenter, en quelque sorte, le relais : sur la même affiche, Axel Bauer partagera en effet la soirée avec DoorShan, Bloody Claps, Orange Yeti et Jarl, quatre groupes dont le festival vante autant l’énergie rock que les touches de blues, de folk ou d’esprit seventies sur sa communication en ligne. L’idée, expliquent les organisateurs sur leurs différents supports, est claire : offrir à un public large une « vraie » soirée rock, dans une configuration scénique digne d’un gros festival, tout en restant ancré dans le territoire, et en soutenant des groupes en devenir grâce au tremplin. La billetterie, ouverte via le site du festival, Apple Music, Bandsintown, Pass Culture et Atouts Normandie, confirme cette volonté d’accessibilité, notamment pour les lycéens et apprentis de la région qui peuvent financer leur billet avec le crédit culturel de la Région Normandie. Un événement culturel et patrimonial Je me surprends à imaginer les conversations qui flotteront sur l’herbe, entre un stand de food truck et la zone chill installée à l’écart de la scène, comme le décrit la fiche du festival sur Pass Culture : certains raconteront leur premier Cargo de nuit entendu sur une radio libre, d’autres découvriront en direct ces guitares qu’ils n’ont jusqu’ici connues qu’en playlists. Les Barons du Son, eux, jouent une carte à la fois ambitieuse et profondément locale : proposer une programmation 100 % rock, dans un esprit familial, sans renier les exigences techniques d’un vrai show – scénographie travaillée, sonorisation de qualité, cashless, gobelets réutilisables – et en invitant un artiste qui incarne la continuité entre plusieurs époques de la chanson et du rock français. Pour un territoire rural comme le pays de Dieppe, ce genre d’événement n’est pas anodin : il crée une destination de début d’été, attire un public régional, met en valeur un patrimoine historique et installe, doucement mais sûrement, une tradition de rendez-vous musical. Perspectives pour l'avenir du festival Que restera-t-il du 27 juin 2026 à Longueville-sur-Scie ? Sans doute des téléphones portables levés sur Cargo de nuit, quelques cordes vocales fatiguées au petit matin, et cette vision étrange et belle d’un château féodal baigné de lumière, encerclé de guitares. Les organisateurs, eux, se laissent déjà la porte ouverte pour la suite : sur leur site, ils insistent sur le fait que les modalités précises – billetterie, cashless, horaires détaillés – seront affinées au fil des semaines, comme si chaque édition préparait la suivante. Si la météo s’en mêle dans le bon sens, si la magie habituelle des concerts d’Axel Bauer fonctionne une fois encore, il y a fort à parier que Les Barons du Son #3 installera définitivement le festival dans le paysage culturel normand. En attendant, il reste le temps délicieux de l’amont : vérifier les infos de billetterie, choisir son moyen d’accès par la N27, et se projeter, déjà, dans cette nuit de juin où un guitariste au parcours singulier viendra prêter sa bande-son aux ruines d’un château, pour un soir transformées en cathédrale de rock.
- Laurent Voulzy, de la Marne aux cathédrales : un chanteur se dévoile enfin
La scène se passe un soir de Noël, à Joinville-le-Pont, au bord de cette Marne qui traverse toute sa vie comme un refrain obstiné. Il a 15 ans, il rêve d’une guitare depuis des mois, presque avec douleur, et ce soir-là, le paquet tant espéré apparaît enfin. Quand Laurent Voulzy raconte ce souvenir dans le Portrait de la semaine de Sept à Huit, diffusé ce 26 avril sur TF1, je le vois presque, adolescent un peu solitaire, serrant l’instrument contre lui comme on serre une promesse. « Cette année-là j’étais interne au lycée, je l’emmenais, elle était avec moi tout le temps », confie-t-il à Audrey Crespo-Mara dans l’entretien relayé par TF1 Info (https://www.tf1info.fr/culture/video-de-sa-premiere-guitare-au-chant-dans-les-eglises-laurent-voulzy-raconte-une-vie-d-emerveillements-dans-sept-a-huit-2438193.html). Ce n’est pas juste un détail attendrissant : cette guitare va « transformer sa vie ». Et c’est précisément cette mue, de l’ado qui se baigne dans la Marne à l’homme de 77 ans qui publie aujourd’hui ses mémoires, que je le vois retracer ces jours-ci, dans les médias comme sur scène. À travers son livre Caché derrière, paru au Cherche-Midi, et ce portrait télévisé tourné chez lui, au bord de l’eau, Voulzy ouvre enfin les coulisses d’une existence qu’on croyait douce, presque sans ombre. Or derrière la lumière de Rockollection et de Belle-Île-en-Mer, il y a eu une enfance cabossée, une jeunesse en famille d’accueil loin du père resté en Guadeloupe, des quêtes et des doutes qu’il assume désormais au grand jour. Dans les dépêches de l’AFP reprises par France 24 (https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20260423-laurent-voulzy-se-raconte-pour-la-premi%C3%A8re-fois-dans-un-livre), ce récit autobiographique est présenté comme ses « mémoires », même si Voulzy lui-même préfère parler d’un dialogue prolongé avec Isaure Le Faou, sa compagne depuis six ans, qui signe le texte. Elle le rejoint d’ailleurs à l’écran dans Sept à Huit ; sur TF1 Info comme dans un portrait dédié à sa compagne (https://www.tf1info.fr/culture/video-qui-est-isaure-le-faou-la-femme-qui-partage-la-vie-de-laurent-voulzy-2438083.html), on découvre cette histoire presque romanesque : une lettre envoyée par une admiratrice, un échange épistolaire qui ne s’arrête plus, puis une rencontre, une vie partagée sur les bords de Marne et, aujourd’hui, un livre écrit à deux voix. « On a commencé un dialogue qui ne s’est jamais terminé », résume-t-elle. J’y entends quelque chose de très fidèle à la manière dont Voulzy compose depuis toujours : en duo, dans la complicité, que ce soit avec Isaure désormais ou, bien sûr, avec Alain Souchon. Dans Caché derrière, cet allié de plus de cinquante ans est omniprésent. France 24 le cite expliquant qu’il a eu « une chance immense » de croiser la route de Souchon, dont « le génie » aurait été de le comprendre parfois mieux que lui-même. L’album mythique, les tubes partagés, tout cela on le connaît déjà. Ce qu’on mesure moins, et que ce livre met en avant, c’est l’armature spirituelle, presque mystique, qui soutient ce répertoire. Depuis Lys and Love jusqu’aux chansons inspirées par Jeanne d’Arc, le chanteur « au cœur grenadine » n’a jamais cessé de s’aventurer du côté de l’invisible. Son récent dialogue avec la chaîne catholique KTO (https://www.ktotv.com/video/00273642/laurent-voulzy), tout comme une longue interview donnée aux Chantiers du Cardinal en 2023 (https://www.chantiersducardinal.fr/actualites/%F0%9F%8E%A4%F0%9F%8C%9F-interview-exclusive-de-laurent-voulzy.html), éclairent cette passion pour les églises, les cathédrales, ces lieux qu’il décrit comme « des chemins entre la terre et le ciel ». Il y raconte son adolescence happée par « l’irrationnel et l’invisible », puis la découverte des édifices gothiques, de la lumière filtrée par les vitraux, du silence habité. Quand je recoupe ces propos avec ceux qu’il tient sur TF1, je vois se dessiner un fil rouge : la même recherche spirituelle, assumée sans ostentation, irrigue à la fois sa vie privée, sa musique et désormais ce livre-miroir. Ce n’est pas un hasard si ce portrait télévisé et la sortie de Caché derrière coïncident avec une nouvelle étape de sa vie de scène. Sur son site officiel (https://www.laurentvoulzy.com/sur-scene/) comme sur les pages de billetterie (https://www.seetickets.com/fr/tr/tour/laurent-voulzy/1112477, https://www.jds.fr/artistes/laurent-voulzy-3681_N), les dates d’une tournée 2025-2027 se déroulent comme un chapelet : Nuits de Fourvière à Lyon le 8 juillet 2025, Francofolies de La Rochelle le 11 juillet, festival de Saint-Riquier le 13, puis La Grande Motte en janvier 2026, Le Touquet, Noisy-le-Grand, La Baule, Charleroi, Liège, Tours ou encore Le Havre jusqu’en 2027. Après plus de 280 concerts donnés dans des « églises, cathédrales, abbayes, collégiales », comme il le rappelle sur TF1, Voulzy a décidé de « retrouver la scène, découvrir d’autres lieux » et de mêler désormais ses « rêves acoustiques et ses rêves électriques ». Je trouve cette formule, tirée de son communiqué de tournée, très parlante : on entend le musicien qui reprend goût aux festivals à ciel ouvert sans renoncer à ce dialogue intime avec le sacré. Dans les colonnes de Franceinfo consacrées à sa « quête spirituelle dans les églises » (https://www.franceinfo.fr/societe/religion/la-quete-spirituelle-de-laurent-voulzy-dans-les-eglises_2835471.html), il décrit combien « chanter dans une église est exaltant », combien ces lieux, marqués par des siècles de prières, changent sa façon de poser la voix, d’écouter le silence entre deux notes. Cette dimension-là, profondément enracinée dans une culture chrétienne apaisée, on la retrouve pleinement dans la façon dont il parle aujourd’hui de l’homme, de ses fragilités, de ses besoins d’espérance : « Les hommes sont des cathédrales qu’il faut protéger », dit-il sur KTO. Au fond, ce qu’il met sur la table avec Caché derrière et avec ce passage par Sept à Huit, c’est une question très simple, très actuelle aussi : qu’est-ce qui nous tient debout, quand les années passent et que les doutes demeurent ? Lui répond par une combinaison assez rare dans la chanson française : la fidélité à quelques lieux (la Marne, Belle-Île, les églises), la constance d’amitiés solides, une vie affective assumée et reconstruite, et ce travail patient sur lui-même, livré avec modestie à la plume d’Isaure Le Faou. En l’écoutant raconter son enfance en famille d’accueil, sa distance avec son père de Guadeloupe, son émerveillement devant la première guitare, j’ai le sentiment qu’il donne des clés pour relire ses chansons autrement. On comprend mieux pourquoi ses refrains, même les plus légers, gardent toujours une petite mélancolie, comme une prière murmurée derrière un sourire. Ce qui m’intéresse dans cette séquence médiatique, ce n’est pas seulement l’opération promo bien huilée autour d’un livre et d’une tournée. C’est la façon dont Laurent Voulzy, à 77 ans, propose une forme de testament en douceur, sans pathos, où la foi, l’art et la mémoire familiale se répondent. Dans un paysage culturel souvent saturé de cynisme, cette parole paisible a quelque chose de rafraîchissant. Elle ouvre aussi des perspectives très concrètes. La tournée annoncée pour 2025-2027, qui passe aussi bien par des festivals grand public que par des salles plus intimistes en province, va permettre à plusieurs générations de spectateurs de l’entendre dans un moment charnière : celui où il se raconte vraiment, après avoir longtemps cultivé la discrétion. On peut imaginer, au fil des dates listées sur son site officiel (https://www.laurentvoulzy.com/2025/04/30/laurent-voulzy-toutes-les-dates-de-la-tournee/), des soirs d’été à Fourvière ou à La Rochelle où les tubes se mêleront à des confidences, à des chansons plus spirituelles, à des évocations de Jeanne d’Arc – ce personnage qui l’obsède au point qu’il prépare, confiait-il déjà à KTO, un spectacle musical dédié. Les réactions déjà recueillies dans la presse, qu’il s’agisse des premiers comptes rendus de Caché derrière ou des articles de présentation de son Portrait de la semaine sur des sites comme Stars-Actu (https://www.stars-actu.fr/2026/04/sept-a-huit-laurent-voulzy-dans-le-portrait-de-la-semaine-ce-26-avril-2026/) ou Coulisses TV (https://www.coulisses-tv.fr/index.php/magazines/item/52910-sept-%C3%A0-huit-laurent-voulzy-invit%C3%A9-du-%C2%AB-portrait-de-la-semaine-%C2%BB-dimanche-26-avril-2026-sur-tf1), vont toutes dans le même sens : celui d’un portrait « intime et inédit ». Reste à voir comment ce dévoilement sera reçu sur la durée. Est-ce que ce livre trouvera sa place auprès des fans qui, jusqu’ici, vivaient surtout dans l’imaginaire de ses chansons ? Est-ce que cette coloration spirituelle assumée, ces concerts dans les églises, continueront de toucher aussi largement, dans une France traversée par le doute religieux mais en quête de repères ? J’ai tendance à le croire, en l’écoutant parler de ces fidèles qui viennent chercher « l’espoir, le réconfort, la paix, la joie, des réponses » dans les édifices où il se produit. À sa manière, sans grands discours, Voulzy propose une voie : celle d’une chanson française qui ne renonce ni aux mots simples ni aux grandes questions, ni à la joie pop ni à la profondeur de la prière. Et je me dis qu’un artiste qui a passé sa vie « caché derrière » ses mélodies et qui accepte enfin de sortir de l’ombre pour nous raconter ses émerveillements, a encore beaucoup à dire sur la façon de traverser le temps.
- Olivia Ruiz, sur la route avec « ¡Vamos! » : le roman où une mère apprend à son fils ce que l’école ne dira jamais
Je repense à cette phrase comme à un coup de frein en plein virage : « Si je choisis la facilité, je me déçois. » Olivia Ruiz me la lance dans une interview à propos de son nouveau roman, « ¡Vamos! », et j’entends aussitôt la même détermination que dans sa voix de chanteuse, il y a vingt ans, quand elle bousculait la variété française. Cette fois, ce n’est plus sur scène qu’elle prend le risque, mais en librairie : le 29 avril 2026, elle publie chez JC Lattès son troisième roman, annoncé comme son plus intime. Une mère en quête de transmission à travers le voyage Une mère, Lola, plaque le confort d’une vie très réussie pour embarquer son fils de 10 ans, Ennio, dans un tour du monde d’un an. De la Floride à Cuba, du Nil à Madrid, d’Essaouira à La Havane, elle veut lui transmettre ce qu’aucun bulletin scolaire ne résume : l’amour de la vie, des autres, de leurs histoires. Quand je lis ses confidences dans l’entretien accordé à Version Femina, je sens à quel point ce livre est né de la peur très simple, très nue, de « mourir et de laisser [son] fils affronter seul ce monde si violent ». Au fond, « ¡Vamos! » n’est pas qu’un road trip romanesque : c’est une prière de mère, déguisée en roman d’aventures. Un prolongement littéraire et personnel Et si l’on entend si bien cette voix, c’est parce qu’elle prolonge un chemin déjà balisé par « La Commode aux tiroirs de couleurs » et « Écoute la pluie tomber », ses deux premiers livres qui ont dépassé ensemble le demi-million de lecteurs selon Hachette et Audiolib. Là où ces romans fouillaient la mémoire familiale, l’exil espagnol, la transmission des blessures, « ¡Vamos! » déplace le projecteur : il ne s’agit plus seulement d’hériter, mais de choisir ce que l’on transmet à son tour. Olivia Ruiz garde le même socle – les racines espagnoles, la garrigue du Languedoc, le café familial de Marseillette déjà présent dans ses précédents livres – mais elle ouvre grand les fenêtres. Le voyage qu’elle imagine pour Lola et Ennio traverse des lieux qu’elle connaît intimement : Essaouira, La Havane, Madrid, l’Égypte ; seule Orlando, en Floride, lui a demandé de la documentation, confie-t-elle. Je vois se dessiner un atlas très personnel, fait de ports, de cafés, de villes où l’on parle fort et où l’on danse tard. Dans cet itinéraire, l’intime affleure sans se confondre avec l’autobiographie : elle insiste, Lola n’est pas Olivia, Ennio n’est pas Nino, son propre fils. Mais lorsqu’elle raconte à Femina avoir pleuré en se projetant dans ce duo mère-fils, ou encore avoir emmené récemment sa famille trois mois à Madrid pour casser la routine parisienne, je sens combien sa vie nourrit sa fiction. La quête d’authenticité et l’expérience de l’exil temporaire Cette expatriation temporaire, elle en parle comme d’une « bouffée d’air » pour son enfant comme pour elle, un retour à l’anonymat qui lui a permis de retrouver un naturel parfois malmené par la notoriété. Je reconnais là une hantise discrète mais constante dans son discours : celle de la posture, du regard qui déforme. Quand un ami lui a dit au début de sa carrière que « la perception des gens » allait changer plus vite qu’elle, elle en a fait un garde-fou. À Madrid, dit-elle, elle n’avait plus peur d’être jugée. C’est ce désir d’authenticité qui irrigue « ¡Vamos! », roman d’une transfuge de classe – Lola a grimpé jusqu’à piloter une entreprise cotée au CAC 40 – rappelée à l’essentiel par ceux qu’elle avait laissés derrière elle. Un roman initiatique solaire et lumineux Dans le dossier de présentation de JC Lattès, comme dans l’analyse enthousiaste d’ActuaNews, le même fil apparaît : le livre est décrit comme un « roman initiatique solaire » où se mêlent mouvement, réparation, renaissance. On y retrouve cette attention aux « plus modestes », à ceux que la réussite sociale tend à effacer dans l’angle mort du confort. C’est presque une ligne de conduite pour Olivia Ruiz : elle le dit dans plusieurs entretiens, elle veut « rendre leurs lettres de noblesse » à ceux qu’on juge trop vite, notamment en milieu rural. Quand elle évoque son village de Marseillette, la pierre, la garrigue, les châteaux cathares, j’ai l’impression de sentir l’odeur du thym chaud au bord des routes. Dans « ¡Vamos! », ce décor n’est plus seulement souvenir, mais point de départ d’un voyage qui questionne la définition même de la richesse : est-on plus riche avec un compte en banque rassurant ou avec un enfant qui a vu le monde en marchant à nos côtés ? Des retours critiques positifs et une dimension sensorielle forte Les premiers retours critiques, qu’ils viennent des sites littéraires ou des médias culturels qui ont pu lire le roman en avant-première, insistent tous sur la force émotionnelle de cette question. Hachette parle d’un récit « vibrant, entre road trip initiatique et quête de soi ». Just Music met en avant la continuité des thèmes qui traversent les trois romans – transmission, racines, reconstruction. Audiolib insiste sur la dimension sensorielle du texte, pensé d’emblée pour le livre audio. Il y a d’ailleurs quelque chose de très cohérent à entendre la romancière elle-même prêter sa voix à cette histoire : l’artiste venue de la chanson ne renonce pas à la musique, elle la déplace. Dans ses réponses, elle confie préparer des « lectures musicales » de « ¡Vamos! » dans de petites salles en France, comme une façon de réconcilier ses deux vies, celle de la scène et celle du bureau où l’on tape jusqu’à l’aube. Actualité artistique et engagement personnel Ce tissage entre musique et littérature s’inscrit dans une actualité artistique chargée : depuis 2024, Olivia Ruiz a aussi défendu un nouvel album, « La Réplique », porté par des titres comme « Le sel » ou « Abuelo », et une longue tournée qui l’a laissée épuisée mais heureuse selon les articles de Just Music et d’ActuaNews. Je comprends mieux sa phrase sur ces mois où elle se couchait « à cinq heures du matin » pour écrire après les concerts : écrire n’est pas un à-côté, c’est une seconde vie qui se nourrit de la première. Elle parle de ses personnages comme d’amis qu’elle a du mal à quitter, Javier à La Havane ou les figures croisées sur les ports et dans les bars. Quand elle en est à leur dire « au revoir » à la fin du manuscrit, la tristesse qu’elle décrit ressemble beaucoup à celle d’un dernier rappel après un concert. La douce obsession du réconfort et le message d’espoir Ce qui me frappe, dans toutes les interviews et notices que je parcours – chez Version Femina, Hachette, Audiolib, ActuaNews, Just Music, mais aussi dans les rendez-vous annoncés en salons et librairies relayés par le site de JC Lattès et par la presse régionale – c’est cette obsession douce pour le réconfort. Elle le dit clairement : son ambition, quand elle écrit, c’est de « réconforter ceux qui [la] liront ». Rien de tonitruant, rien de théorique, presque une promesse murmurée. « ¡Vamos! » semble prolonger cette ligne, mais sur un mode encore plus personnel, plus lumineux. Le titre lui-même a l’évidence des mots qui collent à une vie entière : « Vamos », c’est ce que sa mère répète tout le temps, raconte-t-elle, un des rares éléments de cet héritage espagnol longtemps étouffé par la nécessité d’être « plus français que les Français ». En le plaçant en couverture, avec son point d’exclamation inversé, elle réhabilite une filiation que sa famille a dû cacher, tout en offrant au lecteur un signal très simple : allons-y. Allons voir ailleurs, allons regarder notre vie depuis un autre trottoir. Une romancière installée avec une écriture lumineuse Alors, que peut-on attendre de cette sortie du 29 avril 2026, au-delà de la simple addition d’un roman à la pile des nouveautés ? Je crois que « ¡Vamos! » arrive à un moment particulier pour Olivia Ruiz : elle a prouvé qu’elle n’était pas une chanteuse qui écrit « un » livre, mais bien une romancière à part entière, installée. Ses deux premiers récits ont trouvé leur public, jusqu’au poche et au livre audio, et ce troisième livre, annoncé comme en lice pour des prix de littérature audio comme La Plume de Paon d’après Audiolib, vient consolider cette seconde maison qu’elle se construit dans les lettres. Surtout, il offre une variation rare, et presque rassurante, dans un paysage littéraire souvent saturé de désenchantement. Là où d’autres romans contemporains se complaisent dans l’ironie ou la noirceur, Olivia Ruiz choisit le risque d’un récit traversé par le mouvement, l’élan, la lumière, sans naïveté mais sans cynisme. En filigrane, je vois poindre des questions qui dépassent largement son propre parcours : comment transmettre à nos enfants autre chose que la peur ? Comment leur donner des racines et des ailes, comme dit l’adage, sans renier d’où l’on vient ni ce que l’on est devenu ? Perspectives et projets futurs À court terme, « ¡Vamos! » devrait prolonger ce dialogue lors des rencontres en librairies et dans les salons, chaque dédicace devenant, pour cette « raconteuse d’histoires » comme elle se définit souvent, l’occasion de recueillir à son tour les récits des autres. À moyen terme, Olivia Ruiz parle déjà d’un quatrième roman, tout en travaillant à l’adaptation en série de « La Commode aux tiroirs de couleurs ». Je me dis que si elle continue à tenir ce fil d’exigence – ne pas choisir la facilité, ne pas flatter les modes, mais creuser son sillon – sa place dans la chanson française comme dans la littérature pourrait ressembler à ces cafés de village qu’elle aime tant : un lieu où l’on revient, parce qu’on sait qu’on y trouvera quelque chose de simple et de rare à la fois, un peu de chaleur au milieu du tumulte.
- Ben Mazué : une tournée XXL jusqu’en 2026 pour un artiste resté à taille humaine
Je repense à cette image, entendue des dizaines de fois à la sortie de ses concerts : des spectateurs un peu éberlués, qui se regardent en silence avant de lâcher, presque toujours, la même phrase : « On a l’impression qu’il nous a parlé à nous, rien qu’à nous. » C’est peut-être ça, le vrai mystère Ben Mazué : comment un artiste qui cultive l’art du tête-à-tête réussit-il à remplir des Zénith, des arénas et désormais un théâtre antique de plusieurs milliers de places ? La nouvelle est tombée ces derniers jours, discrète mais implacable : face à une demande qui ne cesse de grimper, Ben Mazué prolonge sa tournée et ajoute une salve de dates jusqu’à la fin de l’année 2026, de Paris à Montpellier, de Nantes à Strasbourg, avec même une escale au Théâtre Antique de Vienne. En clair : si vous aviez manqué les premiers concerts, une deuxième chance s’ouvre, mais il va falloir être rapide. Une tournée transformée et un public de plus en plus nombreux Je me suis plongé dans les annonces de billetterie comme on épluche un carnet de route. Le site JDS détaille l’ampleur du mouvement : non seulement la tournée se prolonge, mais elle change clairement d’échelle, avec une programmation qui s’étire jusqu’en décembre 2026 et qui fait la part belle aux grandes jauges, des Zénith aux arenas. Sur les pages de Fnac Spectacles, la tournée « des Zénith 2026 » est listée comme un véritable arc narratif, du 17 juillet au 16 décembre 2026, avec des billets à partir de 45 euros pour la plupart des dates et 59 euros pour le rendez-vous le plus spectaculaire, au Théâtre Antique de Vienne, en Isère. Eventim et Ticketmaster racontent la même histoire, mais à leur façon : une frise de concerts qui court tout au long de l’automne, avec des jauges dignes des grosses tournées de variété, alors qu’on parle d’un artiste dont les textes, souvent très intimes, sont d’abord portés par le silence des salles. Sur les réseaux, les producteurs résument les choses plus brutalement : « Après une tournée triomphale de 30 théâtres et 20 Zénith complets », écrit par exemple l’équipe du Zénith de Strasbourg, qui annonce une nouvelle date le 14 novembre 2026 et revendique clairement le mot « prolongations ». Chez Infoconcert, même constat : la page dédiée au Zénith Europe évoque un tarif de 45 à 75 euros et insiste sur ce retour après une première série à guichets fermés. Carrefour Spectacles, de son côté, en fait presque un slogan : « la tournée continue », avec des « nouvelles dates disponibles » en novembre 2026 un peu partout en France. Tout cela pourrait ressembler à un simple calendrier de plus, si je n’avais pas en tête l’itinéraire de ce chanteur qui vient du slam, qui a longtemps joué dans des salles à taille humaine et qui, concert après concert, a embarqué un public fidèle, conquis autant par ses chansons que par ses récits de vie. Carte d’une tournée XXL : les dates clés et lieux emblématiques En recoupant les différentes plateformes, une carte précise se dessine. Le 17 juillet 2026, Ben Mazué investira le Théâtre Antique de Vienne, dans l’Isère, pour un concert en plein air qui s’annonce comme un sommet symbolique de cette tournée : la billetterie, ouverte via Eventim et Fnac, affiche une « forte demande » et un prix d’entrée à partir de 59 euros. À l’automne, l’artiste prendra la route de l’Ouest : le 12 novembre 2026, il passera par le Zénith de Nantes Métropole, à Saint-Herblain, pour une seconde date nantaise annoncée comme telle sur la page Facebook de l’événement, preuve que la première soirée n’avait pas suffi à contenir l’enthousiasme local. Deux jours plus tard, le 14 novembre, ce sera au tour du Zénith Europe de Strasbourg, à Eckbolsheim, de l’accueillir, là aussi après une première tournée sold out – la communication officielle insiste sur une « nouvelle série de concerts » qui prolonge le succès des théâtres et des premiers Zénith. Puis la route filera vers Lyon : le 26 novembre 2026, Ben Mazué sera sur la scène de la LDLC Arena, à Décines-Charpieu, l’une de ces grandes salles modulables pensées pour les très gros shows, avec des billets compris entre 45 et 75 euros selon Infoconcert. Dans la foulée, il descendra un peu plus au sud : le 28 novembre à l’Arena du Pays d’Aix, à Aix-en-Provence (la date apparaît dans les listes de billetterie comme une étape évidente de ce tour des grandes salles), puis le 29 novembre à la Sud de France Arena, à Montpellier, où Fnac et Ticketmaster proposent déjà des billets à partir de 45 euros, en précisant les horaires et les dispositifs d’accueil. Le bouquet final aura lieu à Paris : deux soirées au Zénith Paris – La Villette, les 15 et 16 décembre 2026, avec un prix d’appel fixé à 45 euros et une communication déjà très rodée sur tous les grands circuits. Même le compte X du Zénith s’est fendu d’un message enthousiaste pour prévenir : billetterie ouverte, retour de Ben Mazué à la Villette, deux soirs d’affilée. Un artiste à l’identité forte face à la montée en puissance Ce qui frappe, en lisant toutes ces annonces croisées, ce n’est pas seulement la densité du calendrier, c’est ce que tout cela dit de la place prise par cet auteur-compositeur dans la chanson française actuelle : un artiste qui, sans tapage, s’est imposé comme l’un des rares capables de remplir des arènes tout en parlant de divorce, de paternité, de fragilité avec une pudeur presque conversationnelle. Alors évidemment, je me pose la question que beaucoup de fans, silencieusement, doivent se poser aussi : comment ce changement d’échelle va-t-il transformer le rapport si particulier que Ben Mazué entretient avec son public ? Les salles immenses, les écrans géants, les configurations en gradins peuvent parfois lisser les émotions, transformer les confidences en spectacle. Mais en regardant les vidéos de ses récents concerts en grande jauge, on voit au contraire un artiste qui a appris à habiter l’espace sans renoncer à son ton quasi pastoral, ce côté conteur qui s’adresse à chacun. Les producteurs, sur les réseaux, parlent de « tournée triomphale », les billetteries affichent déjà des mentions « forte demande » pour certaines dates, et les villes se réjouissent de l’accueillir comme un événement en soi ; derrière ce vocabulaire promotionnel, j’y lis aussi autre chose : la confirmation qu’en 2026, la chanson française sensible, écrite, peut encore remplir des arènes sans renoncer à sa vérité. Le Théâtre Antique de Vienne, surtout, me semble une belle métaphore : ce lieu où se croisent, l’été, jazzmen, rockeurs et chanteurs à texte, lui ouvre son amphithéâtre de pierre comme pour valider l’inscription de Ben Mazué dans une continuité, celle des artistes qui savent transformer une nuit de concert en moment presque liturgique, au sens le plus simple du terme : une communauté rassemblée, quelques heures, autour de mots partagés. Je me dis aussi que ces dates de fin 2026 dessinent un cap : une fois cette tournée des Zénith achevée, il faudra bien écrire un nouveau chapitre, peut-être un nouvel album, une autre manière de dire le temps qui passe. En attendant, ces prolongations ont un parfum particulier : celui des rendez-vous à ne pas rater. Si vous aviez hésité, ou si vous aviez laissé filer les premiers concerts complets, ce calendrier étiré jusqu’en décembre 2026 ressemble à une dernière invitation. Et je dois avouer que, même après avoir passé des heures à éplucher les sites de billetterie, je me surprends encore à sourire en imaginant ce moment très simple : la lumière qui baisse, quelques milliers de personnes qui se taisent, et cette voix qui commence, comme toujours, par nous parler d’une histoire qui pourrait être la nôtre.
- Florent Pagny, amours cachées et force tranquille d’un rebelle de 64 ans
Je me surprends encore à voir Florent Pagny associé à des mots comme « éternel » ou « inusable », alors que son visage porte, plus que jamais, le temps qui passe et les épreuves traversées. Et pourtant, depuis quelques jours, ce n’est pas son combat contre le cancer du poumon ou sa tournée qui font parler, mais une histoire intime, presque enfouie : sa relation, au début des années 90, avec Béatrice Dalle. Grazia a remis ce chapitre discret de sa vie sentimentale au cœur de l’actualité le 26 avril 2026, en rappelant que, bien avant d’être l’homme rangé que l’on croit connaître, Pagny a partagé un bout de route avec l’actrice de 37°2 le matin. Je me replonge dans ces années-là : il sort tout juste de sa rupture médiatisée avec Vanessa Paradis en 1991, qu’il raconte désormais avec tendresse dans son autobiographie « Pagny par Florent », comme une « vraie belle histoire » qui a explosé sous le poids de la célébrité de la jeune chanteuse, propulsée par Joe le taxi. Dans ce climat de tourbillon et de désordre, il croise Béatrice Dalle, actrice libre, magnétique, déjà entourée d’une aura sulfureuse. Leur romance restait jusque-là cantonnée aux marges des biographies, évoquée notamment par le journaliste Éric Le Bourhis dans son livre « Florent Pagny, portrait d’un éternel rebelle », qui citait l’agent Dominique Besnehard : Pagny, mal à l’aise avec la drogue, confiait alors à propos de la comédienne : « Fais gaffe, il faut que tu la sauves. Elle va mourir. » Dans cette phrase, je vois tout : le jeune chanteur en pleine ascension, le milieu nocturne des années 90, Paris qui fume, qui boit, qui brûle, et ce garçon né pauvre en Bourgogne qui garde une sorte de droiture quasi paysanne, effrayé par ce qu’il perçoit comme un précipice. Leur histoire finira par se briser sur cette frontière-là : lui qui ne supporte pas la dépendance, elle qui avance à sa façon, sans filtre ni garde-fou. Le rebelle qu’on décrira plus tard reste déjà fidèle à une ligne claire : assumer ses excès, peut-être, mais refuser ceux des autres quand ils flirtent trop avec la mort. De la romance toxique à la quête de stabilité Si cette relation resurgit aujourd’hui, c’est aussi parce qu’elle éclaire en creux le chemin qui a mené Florent Pagny jusqu’à la stabilité qu’on lui connaît. Quelques mois après cette idylle avec Béatrice Dalle, il rencontre, en 1993, Azucena Caamaño, artiste-peintre argentine, lors d’une soirée sur une péniche parisienne. Il en a parlé dans un documentaire diffusé sur France 3, « Florent par Pagny », repris par plusieurs médias comme Gala : il raconte s’être dit, dès ce soir-là, en voyant cette femme pourtant « pas disponible » et qui ne parlait même pas français : si quelque chose se passe avec elle, « j’essaye de m’installer ». J’imagine la scène : la Seine qui clapote, un bateau qui tangue, un chanteur déjà connu, un peu cabossé par la notoriété, qui tombe sur un regard qui ne sait presque rien de sa gloire. De ce coup de foudre naîtront leur fils Inca en 1996, leur fille Aël en 1999, puis un mariage en 2006. Depuis, ils partagent une vie entre la France et cette Patagonie qu’il a choisie pour fuir le fisc, certes, mais aussi pour reconstruire ce qu’il décrit partout comme un cocon familial à l’écart du tumulte. Quand je mets bout à bout ces éléments – Vanessa Paradis, Béatrice Dalle, puis Azucena – je vois un fil cohérent : un homme qui oscille longtemps entre le chaos séduisant du milieu artistique et la quête d’un ancrage, presque pastoral. Entre combat contre le cancer et retour sur scène Cette quête prend une autre couleur depuis janvier 2022, quand il annonce à ses fans, dans une vidéo relayée par TF1 Info, qu’il est atteint d’un cancer du poumon « non opérable » et qu’il doit annuler sa tournée des 60 ans. Depuis trois ans, il détaille dans les médias – de « Sept à Huit » sur TF1 à ses interviews pour Télé Star – comment ce choc l’a obligé à revoir ses priorités, à accepter les traitements lourds, les métastases, les pauses forcées loin de la scène. Il raconte aussi cette toux tenace, racontée dans un reportage de TF1, qui lui a sauvé la vie en poussant les médecins à pousser les examens. Au fil des mois, les nouvelles se sont faites plus rassurantes : en rémission, sous surveillance rapprochée, il prépare son retour sur scène, mais avec, comme il le confie, la consigne ferme de ses médecins : ménager sa voix, ses forces, apprendre à dire non. Une histoire ancienne remise en lumière Dans ce contexte, voir ressurgir, fin avril 2026, cette histoire ancienne avec Béatrice Dalle, via Grazia et d’autres sites people qui la relaient en écho à des articles plus anciens de Purepeople ou de Yahoo Style, raconte quelque chose de notre époque : on fouille les amours passées d’un homme qui revient de loin, comme pour reconstituer le puzzle avant qu’il ne soit trop tard. Lui, d’ailleurs, a contribué à ce mouvement de mise à nu. Dans « Pagny par Florent » et dans des émissions comme « Sept à Huit », il revisite ses amours, ses erreurs, y compris cette relation qu’il qualifie de « toxique » avec une actrice célèbre, sans toujours la nommer, mais en laissant planer une ombre qui colle assez bien à ce que d’autres racontent de Béatrice Dalle. Je ne vois pas dans cette curiosité du simple voyeurisme : il y a aussi, derrière, la volonté de comprendre comment ce chanteur, qui s’est longtemps présenté comme un « éternel rebelle », a fini par devenir une figure presque rassurante de la chanson française, coach paternaliste de « The Voice » et patriarche barbu se battant contre un cancer avec une détermination calme. Un avenir musical entre passé et présent Aujourd’hui, alors qu’il prépare une nouvelle tournée – le « 65 Tour – Le retour », comme l’ont détaillé des médias télé comme Programme TV – et la sortie d’un album annoncé pour septembre 2025 sous le titre « Grandeur Nature » selon Nostalgie, ce passé amoureux réapparaît comme un contrechamp. D’un côté, le Florent Pagny qui confessait, dans les années 90, être ruiné, « né pauvre, redevenu pauvre », après des années de mauvaise gestion et de mauvaises fréquentations ; de l’autre, le père qui, en 2024 et 2025, explique à la télévision que ses enfants Inca et Aël ont réagi « soft » à l’annonce de sa maladie, qu’ils l’ont poussé à se soigner sérieusement, à écouter les médecins. Entre ces deux images, il y a ce moment fragile avec Béatrice Dalle, qu’Éric Le Bourhis décrit comme une tentative ratée de sauver quelqu’un qui ne voulait peut-être pas l’être. Ce qui me frappe, c’est que cette histoire ne sert plus simplement à nourrir une légende romantique mais à souligner une constance : Florent Pagny n’a jamais été ce rebelle autodestructeur qu’on fantasmait. Il s’est éloigné de ceux qui glissaient trop loin, il a fui Paris pour la Patagonie avant que la machine médiatique ne l’engloutisse, et il revient aujourd’hui sur cette période avec un mélange de franchise et de pudeur. Alors, que restera-t-il de ce « retour » de la liaison Pagny–Dalle d’ici quelques semaines ? Probablement pas grand-chose, noyé dans le flot des actualités musicales – sa tournée, son album, ses dernières nouvelles de santé – que détaillent déjà TF1 Info, Télé Star, Purepeople ou les plateaux de « C à vous ». Mais je suis convaincu que ce type de révélation intime, si elle est traitée avec respect, aide à comprendre la trajectoire d’un artiste autrement qu’à travers les chiffres de ventes et les jauges de Zénith. En ramenant à la surface cette romance secrète, on voit mieux le mouvement d’ensemble : un jeune chanteur embarqué dans la nuit parisienne, qui choisit finalement la famille, le grand air patagon et la fidélité à une femme rencontrée sur une péniche. À 64 ans, alors qu’il remonte sur scène après avoir pensé tout arrêter, Florent Pagny apparaît moins comme un héros invincible que comme un homme qui a traversé la tentation du chaos, de la maladie, de la ruine, et qui, aujourd’hui, raconte sans fard ses blessures et ses égarements. Au fond, ce n’est peut-être pas tant son histoire avec Béatrice Dalle que je retiens, mais ce qu’elle dit de sa manière de se tenir au bord du gouffre sans jamais y tomber tout à fait. Et c’est pour cela que, lorsqu’il chantera à nouveau Savoir aimer devant des salles pleines, je sais que beaucoup entendront, derrière les mots, tous ces fantômes d’amours passés qui ont contribué à faire de lui cet « éternel rebelle » soudain très humain.
- Marc Lavoine : quand sa fille Yasmine transforme un lourd héritage en boussole intime
« Quoi que je fasse, on me ramènera toujours à mes parents. » Je suis resté un moment sur cette phrase de Yasmine Lavoine, relue trois fois de suite, comme on repasse un refrain qui accroche sans qu’on sache pourquoi. La fille de Marc Lavoine et de la designer Sarah Poniatowski n’a pas la voix de son père, au sens littéral du terme, mais elle a déjà cette mélancolie lucide, cette façon de regarder sa propre histoire avec un pas de côté. Depuis quelques jours, son nom circule à nouveau : un entretien croisé avec sa mère publié dans le magazine Mères et filles le 24 avril a levé un coin du voile sur sa vie, sa fuite de Paris, ses hésitations de jeune artiste et la place parfois encombrante d’un père chanteur emblématique de la chanson française. En filigrane, c’est aussi tout le rapport à la notoriété qui se raconte, à l’heure où « être la fille de » semble à la fois un privilège et un stigmate. Une enfance au cœur d'un couple emblématique du show-business français Je reprends le fil : Yasmine Lavoine est née en 1998, au cœur d’un couple longtemps présenté comme l’un des plus stables du show-business français. Marc Lavoine, voix grave et tubes générationnels, et Sarah Poniatowski, architecte d’intérieur devenue figure du design avec sa marque Maison Sarah Lavoine, ont partagé plus de vingt ans de vie commune avant d’annoncer leur séparation en 2018. De cette union sont nés trois enfants – Yasmine, puis Roman et Milo – que leurs parents ont toujours tenté de protéger des projecteurs. Marc Lavoine l’a confié lui-même à Télé Star : « Quand on a aimé quelqu’un 24 ans et qu’on a trois enfants, l’amour évolue. Il n’est plus au même endroit, mais il est toujours là. Notre rôle, c’est de rester une famille » (Télé Star, repris par Elle). Émergence d'une artiste distincte du patronyme familial Au fil des années, la jeune fille est apparue à la marge des photos officielles, dans quelques posts Instagram de sa mère, ou dans des sujets people quand elle fêtait ses 27, puis 28 ans, comme l’ont raconté Gala ou Purepeople (gala.fr ; purepeople.com). Mais depuis un an, Yasmine commence à exister pour autre chose que son seul patronyme. Gala a ainsi raconté son déménagement loin de Paris, vers une ville balnéaire très prisée, puis son installation encore plus radicale dans un van, le « YasMobile », détaillée par VSD (vsd.fr). Il y avait dans ces images de van crème et moutarde, garé au bord d’une route ensoleillée, comme un manifeste silencieux : la liberté plutôt que les tapis rouges, la route plutôt que les plateaux TV. En parallèle, plusieurs médias, de Gala à Madame Figaro, ont décrit ses premiers pas de photographe et de comédienne, ses castings, ses projets encore fragiles, loin du micro de son père. Un interview intime dévoile un cheminement personnel et artistique L’interview publiée par Elle ces derniers jours offre un éclairage plus intime sur ce cheminement. Yasmine y explique qu’elle a quitté Paris pour s’installer en Grèce « depuis quelques mois » (elle.fr). La capitale, dit-elle, était devenue un musée de souvenirs, « un lieu chargé » qu’elle devait quitter pour vivre « un peu plus dans le présent ». Elle se décrit « très nostalgique », comme si la ville, avec ses rues familières et les fantômes de son enfance, l’empêchait d’avancer. En filigrane, il y a la notoriété de ses parents, dont elle mesure l’ombre sans jamais en faire un drame. « Ce n’est pas tant ta notoriété ou celle de papa qui m’a pesé », rassure-t-elle sa mère, qui l’interroge. Mais la phrase suivante sonne plus nuancée : « Même si j’ai l’impression que, quoi que je fasse, on me ramènera toujours à mes parents. » Cette ambivalence, je la retrouve dans d’autres entretiens relayés ces derniers mois : dans un portrait de Madame Figaro, on la décrit comme une « nepo baby » qui justement cherche à s’en affranchir, en travaillant sa technique, en acceptant des petits rôles, en photographiant des amis musiciens plutôt qu’en se contentant d’un nom de famille (madame.lefigaro.fr). Dans Gala, elle confie avoir eu besoin de partir à Londres, puis ailleurs, pour « se trouver », loin de ce regard français qui la renvoie sans cesse à Marc et Sarah (gala.fr). L’entretien avec Elle précise également ses ambitions : malgré un univers jugé « proche de celui de son père », Yasmine ne veut pas embrasser une carrière de chanteuse. « Ce n’est pas mon rêve d’en faire mon métier, et je ne me vois pas voler la place de quelqu’un sous prétexte qu’il est facile pour moi d’intégrer le milieu », insiste-t-elle. Impossible de ne pas entendre, derrière cette phrase, tous les débats autour des « enfants de » dans la culture française. Elle, préfère le cinéma : « Je préférerais être comédienne », glisse-t-elle. D’autres médias, comme La Tribune Dimanche relayée par Elle et MSN, ont déjà souligné ce tropisme pour le jeu, les stages suivis, les premiers castings (latribunedimanche.fr via msn.com). Et je me surprends à imaginer, dans quelques années, un visage familier aperçu dans un film d’auteur, au générique duquel le nom « Lavoine » ne sera plus une étiquette mais une curiosité. L'histoire familiale en toile de fond et une émancipation tranquille Ce qui me frappe dans ce récit, c’est la façon dont l’histoire familiale de Marc Lavoine s’y tisse en arrière-plan. Le chanteur, qu’on a vu récemment chanter son amour pour Adriana Karembeu « en plein Paris » comme l’a raconté Elle (elle.fr), continue sa vie sentimentale et artistique sous les projecteurs, tout en martelant, dans plusieurs interviews, l’importance de rester une famille soudée malgré la séparation. Sarah Poniatowski, de son côté, a rebâti sa vie entre Fontainebleau et ses projets de décoration, donnant à ses collections pour Maisons du Monde ou Maison Sarah Lavoine des allures de refuges colorés (elle.fr ; maisonsdumonde.com). Autour d’eux, les enfants grandissent, chacun à leur rythme. Yasmine raconte la complicité avec ses frères, Roman et Milo, devenue une boussole au milieu du tumulte médiatique, comme l’évoquait déjà un sujet vidéo de Dailymotion repris par Purepeople (dailymotion.com/x9cszhk ; purepeople.com). Quand elle parle de sa mère et de son père, les mots restent tendres, presque pudiques. Elle ne joue pas la carte du règlement de comptes : elle décrit plutôt un tiraillement normal, celui de tout enfant élevé dans un milieu très exposé, qui doit apprendre à faire le tri entre la lumière des plateaux et la clarté plus discrète des liens familiaux. À court terme, rien n’indique qu’on verra Yasmine éclore dans un blockbuster ou sur une grande scène parisienne. Ses choix récents – la Grèce, la vie en van, les projets artistiques encore modestes – dessinent une trajectoire lente, loin du sensationnel. Mais c’est peut-être ce qui la rend précieuse : dans un paysage saturé de success stories éclair et d’influencers propulsés en quelques vidéos, la fille de Marc Lavoine revendique le temps long, la nécessité de « faire ses preuves », comme elle l’expliquait déjà dans un entretien accordé à Gala (gala.fr). Reste cette question, un peu vertigineuse : pourra-t-elle un jour être totalement affranchie du statut de « fille de » ? Dans une France qui aime tant classer, hiérarchiser, comparer, la bataille s’annonce longue. Mais je me dis en refermant ces articles qu’il y a peut-être, dans cette génération-là, quelque chose de plus simple et plus sain : l’envie de construire, de travailler, de respecter les places déjà prises, et de laisser le temps faire son œuvre. Au fond, c’est presque une morale très classique qui se dessine derrière ce destin-là, loin des querelles idéologiques : une jeune femme qui cherche sa vocation, entourée de parents célèbres mais encore présents, qui tente de rester fidèle à elle-même sans renier ceux qui l’ont fait naître. Et dans ce mouvement d’émancipation tranquille, Marc Lavoine, figure de la chanson française, apparaît moins comme une ombre écrasante que comme un repère à apprivoiser. Le reste, ce sont les années qui le diront.
- Carla Bruni, 58 ans : cardio, Pilates et bains glacés, le secret très discipliné derrière la silhouette légère
Je revois encore cette vidéo où Carla Bruni s’immerge, l’air de rien, dans une baignoire remplie de glace. Rien d’un caprice de star : juste son « bain barbare », comme elle l’appelle, un rituel quotidien pour tenir tête au temps qui passe. À 58 ans, l’ancienne mannequin devenue chanteuse affiche toujours cette silhouette longiligne que l’on connaît, mais ce qui m’intéresse aujourd’hui, ce n’est plus tant l’image que le travail, la discipline obstinée que l’on devine derrière chaque photo en maillot, chaque apparition sur scène, chaque interview donnée au détour d’un micro. Quand je lis ou j’écoute ce qu’elle confie ces derniers mois – sur RTL, dans le podcast « Allez, j’ose ! » d’Elsa Wolinski, dans les pages beauté de Grazia ou de Madame Figaro – je découvre moins une beauté glacée qu’une femme qui négocie, jour après jour, avec son corps, sa ménopause, son passé de patiente atteinte d’un cancer du sein, et cette pression diffuse qui pèse sur les femmes de son âge. Elle assume aimer être mince, elle ne le nie pas, mais elle raconte aussi les efforts « sans nom » que cela lui demande désormais. Et derrière la silhouette que l’on commente trop souvent comme un décor, il y a cette vie rythmée par le cardio, le Pilates, les bains froids, une assiette pensée comme une partition subtile plus que comme un régime punitif. Le parcours récent et l'impact du cancer Je me suis replongé dans son parcours récent pour comprendre comment Carla Bruni en est arrivée à parler si crûment de son corps. Il y a d’abord ce virage dans la cinquantaine : l’ex-top des années 1990, devenue chanteuse à succès au fil d’albums discrets mais tenaces, se retrouve projetée dans un autre rôle, celui de femme de 50 ans, ex-Première dame, figure publique scrutée. En 2019, elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Elle en parle tardivement, en 2023, dans une vidéo publiée sur Instagram, puis à nouveau en détail fin 2025 : « Aujourd’hui samedi 20 décembre 2025, je termine cinq ans d’hormonothérapie après avoir été diagnostiquée fin 2019 d’un cancer du sein », écrit-elle alors, soulagée et lucide sur ce traitement long, lourd mais efficace. Dans une interview relayée par Gala, un cancérologue rappelle que cette hormonothérapie réduit d’environ 30 % les risques de récidive. Quand elle évoque aujourd’hui son poids, ses muscles, ses bains glacés, cette parenthèse médicale plane en arrière-plan. J’ai le sentiment qu’elle parle autant de contrôle que de survie. Ménopause, poids et discipline alimentaire Dans le podcast « Allez, j’ose ! », consacré à la ménopause et aux années qui passent, elle raconte être issue d’« une famille de sportifs » où tout le monde bouge. Elle y décrit la ménopause comme un moment où « la prise de poids n’est pas une prise de poids normale, mais une modification de la répartition des graisses », ciblant particulièrement le ventre. Ses mots ne sont pas théoriques : ils viennent d’un corps qui a encaissé les traitements, les variations hormonales, l’inquiétude. Cette inquiétude, elle ne la cache pas. En mars 2024, le Figaro Madame rapporte qu’en pleine ménopause, elle s’est mise à ne manger qu’un repas par jour pour ne pas grossir, un dîner unique qui interroge et inquiète les nutritionnistes. D’autres médias, comme 20 Minutes ou Purepeople, retiennent davantage ses conseils plus modérés, lorsqu’elle explique qu’elle ne croit pas aux régimes, préfère « beaucoup de petits repas » ou recommande de commencer chaque repas par des légumes pour calmer la glycémie. À travers ces nuances, j’entends surtout une femme en train de chercher son point d’équilibre, au sens propre. Une routine sportive intensive et anti-âge Quand je lis la dernière salve d’articles publiés ces jours-ci, ce sont moins ses chansons que cette mécanique du quotidien qui occupe la une. Purepeople vient de revenir en détail sur sa routine sportive, rappelant cette phrase qu’elle lâchait déjà dans le podcast d’Elsa Wolinski : « Je fais quarante minutes ou une heure de cardio environ, et après du Pilates. Je fais de tout : de l’Xtend barre, de la musculation, de la natation, de la marche, du ski, du jogging, et surtout de l’elliptique et du renforcement musculaire ». Grazia insiste de son côté sur sa méthode anti-âge « barbare » : ces bains glacés hérités de sa mère, Marisa, 93 ans, qu’elle pratique chaque jour, parfois dans une simple bassine, pour stimuler la circulation, la peau, l’énergie. Je m’imagine cette femme, au petit matin, entre deux répétitions et un petit-déjeuner de salade verte, se couler dans une eau mordante pendant que Paris grelotte dehors. Une silhouette admirée et une parole assumée D’autres magazines beauté, comme Marie France ou Voici, se focalisent sur ses abdos dessinés, sa « taille de guêpe » en maillot une pièce, sa façon d’entretenir son ventre à coup de Pilates et d’exercices ciblés, qu’elle recommande tout particulièrement aux femmes en période de ménopause. Je pourrais me lasser de ce concert de compliments sur son corps, mais je remarque que, cette fois, c’est elle qui mène la danse, assumant la conversation plutôt que la subissant. Elle parle de son cardio, de son elliptique, mais aussi de respiration, de détente, de la joie simple de se sentir encore « en forme » après ce qu’elle a traversé. Et puis il y a sa musique, qu’on oublie à force de compter ses abdos : ses chansons continuent leur chemin sur les scènes et dans les playlists, son dernier album éponyme de 2020 demeure dans l’oreille de ceux qui aiment la chanson française feutrée, ses tournées se sont espacées mais pas évaporées. Une image ambivalente dans notre société Alors, qu’est-ce que cela raconte de notre époque, de cette Carla Bruni de 58 ans qui détaille publiquement ses quarante minutes de cardio, son heure de Pilates, son seul repas du soir, ses bains de glace ? En tant que journaliste, je sens bien l’ambivalence. D’un côté, il y a l’exigence presque militaire, le modèle inatteignable pour la plupart des femmes qui n’ont ni le temps ni les moyens de s’offrir deux heures de sport quotidien, des séances de Pilates premium, une vie rythmée par la discipline du corps. Les médecins qui réagissent à son « un repas par jour » ont raison : ce type de pratique, érigé en exemple, peut glisser vers le terrain minceur le plus inquiétant. D’un autre côté, j’entends aussi une parole qui brise un tabou : la ménopause, la prise de poids, les traitements hormonaux ne sont plus relégués au secret des cabinets médicaux. Lorsqu’elle explique que « la prise de poids de la ménopause n’est pas une prise de poids normale » et qu’elle fait des cours spécifiques pour le ventre, elle donne à des millions de femmes un vocabulaire, sinon des solutions. Et quand elle poste ce message de fin d’hormonothérapie, elle transforme une victoire médicale intime en signal d’alerte bienveillant en faveur du dépistage. J’y vois, malgré les excès possibles, une forme d’exemplarité : celle d’une femme qui, après avoir frôlé le pire, choisit de prendre son corps à bras-le-corps, quitte à se tromper parfois, mais sans mensonge, sans filtre lisse. Reste une question, et je la garde volontairement ouverte : saura-t-elle, à mesure que les années avanceront, assouplir cette discipline pour laisser plus de place à la douceur, à ce « laisser-être » qui fait aussi le sel de la vie ? En attendant, son cardio, son Pilates, ses bains de glace et ses salades de légumes racontent quelque chose de notre époque : une société obsédée par le contrôle, mais qui commence enfin à écouter les corps des femmes pour ce qu’ils ont à dire, au-delà de ce qu’ils montrent. Et c’est peut-être là, pour la chanson française, l’autre chanson de Carla Bruni aujourd’hui : une chanson du corps, fragile, inflexible et bouleversant, qui continue de chercher sa note juste.
- Camélia Jordana, Paris en bandoulière : « Marhaba » ou l’art de ralentir dans une ville qui court
Un dimanche d’avril, au coin de la rue des Archives, j’ai croisé une jeune femme qui tenait sa chienne en laisse comme on tient un secret. C’était Camélia Jordana, casquette enfoncée, pas pressé mais regard très vif, celui de celles et ceux qui ont appris à survivre dans la vitesse de Paris sans cesser de regarder les façades. Quelques jours plus tard, je la retrouve, autrement, dans ces mots confiés au Parisien : « Les gens sont fous d’avoir créé une ville aussi belle » (leparisien.fr/paris-75/dans-le-paris-de-camelia-jordana-les-gens-sont-fous-davoir-cree-une-ville-aussi-belle-25-04-2026-FFVKNV6PPFGNJO4FWNWHVPWFWE.php). Tout est là : une forme de sidération amoureuse pour cette capitale où elle vit depuis plus de quinze ans, entre son Marais adopté, ses promenades le long de la Seine avec Pepper et cette nouvelle aventure qui commence ce 26 avril 2026, à deux pas de l’Hôtel de Ville. Car Paris ne sera pas seulement le décor, mais le cocon de « Marhaba », sa série de douze concerts intimistes au Petit Bazar de l’hôtel du Grand Mazarin, qui se déroule jusqu’au 1er juillet dans le IVe arrondissement. À l’heure où les tournées se rêvent toujours plus grandes, plus spectaculaires, Camélia choisit l’inverse : une salle minuscule, des rendez-vous répétés, un face-à-face assumé avec ceux qui feront le déplacement. En filigrane, se dessine aussi un autre rendez-vous : un nouvel album annoncé pour 2027, après les singles « Win Rak » et « Que ma peau » qui ont déjà commencé à tracer le sillon de cette nouvelle ère discographique (radiofrance.fr/francebleu/podcasts/decibels-la-chronique/camelia-jordana-l-artiste-devoile-que-ma-peau-en-attendant-son-nouvel-album-en-2027-4173842 ; ici.fr/emissions/decibels-l-emission/toutes-les-chanteuses-ont-un-petit-truc-de-comedienne-entre-musique-et-cinema-camelia-jordana-d-une-scene-a-l-autre-9302030). En la voyant s’installer dans ce Paris qui ne s’arrête jamais, je me dis que sa trajectoire raconte aussi la nôtre : celle d’une génération qui a grandi devant la télé, l’a vue naître dans « Nouvelle Star » en 2009, puis s’est laissée surprendre par ses virages, du micro aux plateaux de cinéma. Je repense à ses débuts pendant que je remonte la rue de la Verrerie en direction du Grand Mazarin. Sur les affiches, un mot arabe – « Marhaba », « bienvenue » – se détache en lettres élégantes. Ce n’est pas qu’un titre, c’est un programme. L’événement, détaillé sur Eventbrite et les sites de billetterie (eventbrite.fr/e/billets-marhaba-concerts-intimistes-de-camelia-jordana-a-paris-1985592937928 ; saami.live/en/events/marhaba-concerts-intimistes-de-camelia-jordana-a-paris-FV6tyP), est présenté comme une « expérience scénique intime », une « cérémonie » plus qu’un show, où la voix, le silence, les corps et la lumière fabriquent un temps suspendu. Just Music, qui suit son parcours depuis longtemps, parle de « soirées placées sous le signe de la proximité et de l’émotion », avec un répertoire revisité dans des versions plus épurées, volontairement resserrées autour de la voix (just-music.fr/camelia-jordana-concerts-intimistes-a-paris). Sur les réseaux sociaux, l’artiste elle-même annonce la couleur : « Je refais des concerts. On sera très peu mais plein de fois, pour faire un gros toz au monde fou et vous faire des bisous dans les oreilles avec mes copains » écrit-elle sur sa page Facebook (facebook.com/camelia.jordana). J’aime beaucoup ce « toz au monde fou » : on entend une pointe d’insolence, une rébellion douce contre l’ère des chiffres, des stades pleins et des tournées à coups de camions. Elle, choisit un hôtel du Marais, ce quartier qu’elle habite au quotidien, comme si sa vie d’artiste et sa vie de femme se rejoignaient enfin dans le même périmètre piéton. L’agenda est serré – douze dates entre fin avril et début juillet, relayées par Instagram et les sites d’événements (instagram.com/p/DXe-28VCE22 ; allevents.in/paris/marhaba-les-concerts-intimistes-au-petit-bazar/100001985592937928) – mais l’idée est simple : multiplier les soirs pour garder la jauge minuscule. Je trouve ce pari audacieux dans une industrie qui, même quand elle se dit intime, finit souvent par remplir des théâtres de mille places. Ce choix de proximité s’inscrit pourtant dans un mouvement plus large de sa carrière. Depuis plusieurs mois, Camélia Jordana prépare un album annoncé pour 2027, décrit par le Mucem, partenaire de sa future « Saison Méditerranée 2026 », comme une célébration de la Méditerranée, de ses langues et de ses identités entremêlées (p-a-c.fr/les-membres/mucem/evenements/saison-mediterranee-2026-camelia-jordana). France Bleu et Radio France, qui ont chroniqué son single « Que ma peau » (radiofrance.fr/francebleu/podcasts/decibels-la-chronique/camelia-jordana-l-artiste-devoile-que-ma-peau-en-attendant-son-nouvel-album-en-2027-4173842), y voient déjà un manifeste de sororité et de transmission. BFMTV évoque une « réappropriation de son héritage familial », une manière de lier la question de l’identité, de la langue et du corps dans un même geste artistique (bfmtv.com/culture/musique/camelia-jordana-revient-avec-que-ma-peau-manifeste-de-sororite-et-de-resistance_AN-202602260676.html). Sur Just Music, « Que ma peau » est présenté comme un titre puissant, pensé comme un espace de résistance et de partage (just-music.fr/peau-nouveau-single-de-camelia-jordana). Quand je superpose ces informations à ses mots sur Paris – cette ville « qui inspire, où on crée, où on tombe amoureux, sans toujours prendre le temps de vivre pour soi », confie-t-elle encore au Parisien – je vois se dessiner une ligne claire : celle d’une artiste qui recentre sa musique sur l’essentiel, sa voix, son histoire, ses racines, et qui cherche des lieux en accord avec cette quête. Le Grand Mazarin n’est plus seulement un hôtel chic du Marais, il devient un salon méditerranéen miniature, où l’on passe de la chanson française au darija ou à l’arabe classique comme on passe d’une rive à l’autre du bassin. En sortant d’une de ces soirées, j’imagine déjà les conversations sur le trottoir : « On avait l’impression d’être dans son salon », diront certains ; « Je ne l’avais jamais entendue aussi près », ajouteront d’autres. Car l’enjeu de « Marhaba » dépasse largement la promo d’un futur album. En acceptant de jouer dans un tel écrin, Camélia Jordana prend le risque du regard, du non-anonymat, de ces silences qu’on entend vraiment quand on n’est qu’une cinquantaine dans la salle. Les avis que je parcours sur les sites d’événements, les relais dans la presse culturelle et sur les réseaux laissent déjà entrevoir un public curieux, prêt à se laisser surprendre par ce format à contretemps du reste de la scène pop. Dans le même temps, son agenda se remplit ailleurs : un grand concert est programmé pour le 27 juin 2026 à la Cité internationale de la langue française, au château de Villers-Cotterêts (ticketmaster.fr/en/manifestation/camelia-jordana-ticket/idmanif/652682 ; music.apple.com/ng/concerts/ce.2554cadb-405a-43e2-97e4-41f9f91a0c4f). Là encore, le symbole est fort : chanter au cœur d’un lieu dédié à la langue, pour une artiste qui, justement, joue des idiomes, des accents, des imaginaires méditerranéens. J’y vois la confirmation d’un moment charnière : celui où Camélia, après cinq albums, un César et des sorties de route médiatiques parfois violentes, décide de redéfinir son territoire artistique, non plus à coups de déclarations, mais par la scène, la proximité, le choix des lieux. Alors, que restera-t-il de ce printemps 2026 dans quelques années ? Peut-être cette image : une jeune femme qui traverse le Marais à pied pour aller travailler, Pepper trottant à ses côtés, et qui, le soir venu, transforme un hôtel design en petite chapelle laïque où l’on vient chercher de la douceur dans un monde saturé de bruits. Ce que disent ces concerts « Marhaba », ce que confirment ses dernières interviews et chroniques, c’est la volonté de s’inscrire dans une forme de continuité : continuer à chanter en français, en arabe, à mêler le politique et l’intime, mais en redonnant de l’air à la relation avec le public. À court terme, l’enjeu est limpide : éprouver les nouvelles chansons en conditions réelles, ajuster l’écriture d’ici la sortie de l’album en 2027, consolider un lien avec un public fidèle mais parfois bousculé par ses prises de position. À moyen terme, je crois que cette résidence parisienne pourrait faire école. Dans un secteur où l’on rêve d’Olympia et de Zénith, voir une artiste de sa stature choisir un hôtel du Marais comme quartier général créatif, c’est presque un manifeste en soi. On retrouve là, discrètement, une forme de cohérence avec ces valeurs très simples – la famille, la transmission, la fidélité à une ville et à une culture – qui irriguent ses nouvelles chansons. Paris restera sans doute pour elle ce décor fou « d’une ville aussi belle » qu’elle ne cesse de redécouvrir, quartier après quartier. Mais à travers « Marhaba », ce Paris-là devient surtout un mot chuchoté : bienvenue. Bienvenue dans mon quartier, dans ma langue, dans ma maison provisoire. Et, au fond, bienvenue dans un moment de musique qui nous rappelle, le temps d’une heure au Petit Bazar, que la chanson française sait encore se réinventer à échelle humaine, à hauteur de regard.
- Laurent Voulzy sort de l’ombre : avec « Caché derrière », le chanteur le plus pudique de la pop française se met enfin à nu
Je revois très bien la scène sans l’avoir vécue : Laurent Voulzy, 77 ans, penché sur une page blanche, écrivant cette phrase qui ouvre son livre – « Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis pudique » – comme on entrouvre une porte qu’on a gardée close toute une vie. Ce même Voulzy qu’on croit connaître par cœur pour avoir fredonné Rockollection, Belle-Île-en-Mer ou Le pouvoir des fleurs, mais qui n’avait, jusqu’ici, quasiment rien livré de lui-même. Ce printemps 2026, le chanteur publie Caché derrière, une autobiographie très attendue au Cherche midi, écrite avec sa compagne Isaure Le Faou et mise en avant par l’éditeur comme un récit « intime et sincère » (lisez.com, fnac.com). Dans ce livre disponible en librairie à partir du 23 avril 2026, l’homme derrière les lunettes rondes et les mélodies sucrées raconte pour la première fois son enfance cabossée, sa complicité presque mystique avec Alain Souchon, sa foi un peu secrète, et même un combat contre le cancer qu’il avait tenu caché, jusque-là, à presque tout le monde (bfmtv.com, pleinevie.fr, dhnet.be). D’un coup, ce chanteur que l’on associait à une forme d’éternel adolescent rêveur apparaît comme un survivant, un homme qui a traversé la douleur, la maladie, les deuils, et qui choisit d’en faire un livre pour dire aux autres, selon ses propres mots rapportés par plusieurs médias, « qu’on peut s’en sortir » (pleinevie.fr, actu.fr). En feuilletant les bonnes feuilles de Caché derrière mises en avant par l’éditeur et les premières chroniques, je mesure à quel point cette autobiographie est d’abord une histoire d’enfance. Laurent Voulzy revient longuement sur ces années passées en famille d’accueil, loin de son père resté en Guadeloupe, solitude qu’évoque notamment un article de BFMTV qui résume ce « parcours tourmenté » avant la célébrité (bfmtv.com). Il y a là le portrait d’un gamin sensible, ballotté, qui se réfugie très tôt dans la musique comme on se fabrique un abri. Sur le site de l’éditeur, on lit que le livre remonte « à ses émerveillements, à ses fractures, à sa quête spirituelle, à ses doutes et à ses moments de grâce », une formule qui dit bien le mélange de blessures et de lumière qui irrigue ces pages (lisez.com, fnac.com, comptoirdulivre.fr). Très vite surgit aussi la figure d’Alain Souchon, l’ami de toujours, celui que Voulzy qualifie dans le livre de « génie » pour avoir su si bien le comprendre, « peut-être mieux que [lui]-même », comme le rapporte BFMTV. Cette fraternité artistique de plus de cinquante ans, tissée de disques en tournées, de tubes écrits à quatre mains et de longues conversations nocturnes, traverse le récit comme une colonne vertébrale : sans Souchon, le jeune musicien qui bricole ses chansons dans l’ombre aurait-il pris la lumière avec Rockollection en 1977 ? La question plane, et l’on sent encore, à la manière dont Voulzy en parle dans les interviews récentes, une reconnaissance intacte, presque émerveillée. Mais si Caché derrière frappe autant, c’est parce que, pour la première fois, Laurent Voulzy accepte d’entrer dans les zones les plus sensibles de son histoire. Plusieurs médias généralistes, du Huffington Post à Actu.fr, ont ainsi mis en avant un chapitre où le chanteur révèle avoir combattu un cancer de la prostate, en Angleterre, dans un quasi-silence (huffingtonpost.fr, actu.fr, pleinevie.fr, dhnet.be). « Je n’ai rien dit à personne », confie-t-il dans ces articles, expliquant qu’il n’avait prévenu que quelques proches et qu’il souhaitait, en évoquant cette épreuve dans son livre, encourager ceux qui traversent la même maladie. Il précise aujourd’hui que « tout va bien » et insiste sur son envie de témoigner pour rappeler qu’un cancer, même grave, peut se vaincre. Ce passage prend une résonance particulière quand on apprend, dans ces mêmes articles, qu’il venait de perdre quelques mois plus tôt sa première épouse, Betty, mère de deux de ses fils, emportée elle aussi par un cancer. La pudeur légendaire du chanteur se heurte ici à l’irruption brutale de la maladie et du deuil ; et je ne peux m’empêcher d’imaginer l’homme se décidant enfin à parler, non pour s’épancher, mais pour être utile, presque par devoir moral. Au fil des comptes rendus et interviews recensés ces derniers jours, se dessine aussi le portrait d’un croyant discret, d’un artiste habité par la spiritualité autant que par la pop (bfmtv.com, lisez.com). On le savait fasciné par les églises – il a multiplié les concerts en cathédrales, notamment à Chalon-sur-Saône, et signé en 2011 Lys and Love, album de musique sacrée – mais le livre semble approfondir cette veine : Voulzy parle de cette « quête spirituelle » qui l’a guidé, de sa passion pour les lieux de culte, pour la figure de Marie, pour ce mélange de pierre, de silence et de chants. Ce n’est pas une foi tapageuse ; c’est plutôt, à en croire les premières critiques, la foi d’un homme qui a cherché dans la prière et dans la beauté un appui face au chaos. Là encore, Voulzy reste cohérent avec le personnage que je vois sur scène : ce grand adolescent aux airs doux, qui raconte ses doutes entre deux chansons et qui, au détour d’une blague, laisse passer quelque chose de profondément spirituel. Évidemment, Caché derrière n’oublie pas le romanesque de la carrière : le succès fulgurant de Rockollection, les nuits pop des années 1980, les refrains ancrés dans la mémoire collective comme Les nuits sans Kim Wilde ou Belle-Île-en-Mer, les collaborations, les studios, la radio, ce tourbillon où un enfant placé se retrouve soudain chanté par tout un pays (bfmtv.com, fnac.com). Mais ce qui frappe, dans les échos que j’ai pu lire, c’est que Voulzy refuse le récit triomphal ; il reconnaît avoir été « un père imparfait », débordé par une vie sentimentale agitée et par le rythme de la carrière, comme le rapporte BFMTV. Il raconte aussi ses doutes, ses fragilités, ses scrupules, cette tendance à se mettre « caché derrière » la musique, les autres, les orchestrations luxuriantes plutôt qu’en pleine lumière (lisez.com, fnac.com). De là ce titre, si juste, comme s’il résumait la trajectoire d’un homme qui aura passé sa vie à se dissimuler derrière ses chansons, jusqu’au jour où il se décide, enfin, à se montrer. À court terme, la parution de Caché derrière s’annonce comme un événement éditorial bien préparé : le livre est disponible en grand format au prix d’environ 19,80 € et en version numérique autour de 13,99 €, avec séances de dédicaces annoncées en librairie, notamment à Paris et en région, à partir du 22 avril (fnac.com, lisez.com, posts de librairies sur Instagram). Les médias généralistes ont déjà largement relayé les confidences de Voulzy sur la maladie, signe que le livre dépasse le simple cercle des fans et touche à des sujets universels : la peur de mourir, le courage discret, la force de la foi et de l’amour. Je me dis que beaucoup de lecteurs iront y chercher autre chose qu’une chronique de carrière : peut-être un compagnonnage, la parole d’un homme qui n’a pas renié la douceur, mais qui sait désormais ce que coûte vraiment la vie. À moyen terme, il y a fort à parier que cette autobiographie influencera le regard porté sur son œuvre : on réécoutera Rockollection, Belle-Île-en-Mer ou Le soleil donne en y entendant l’écho d’un enfant en famille d’accueil, d’un mari endeuillé, d’un croyant qui doute. On guettera aussi, pourquoi pas, de nouvelles chansons nourries de cette mise à nu tardive. À 77 ans, Laurent Voulzy ne cherche plus à paraître éternellement jeune ; il revendique ses rides, ses peurs, ses cicatrices. Et en refermant les premiers échos de Caché derrière, je me surprends à penser que ce grand pudique vient peut-être de signer son geste le plus audacieux : se raconter simplement, sans masque, et offrir à ceux qui l’écoutent depuis cinquante ans un récit de vie à la hauteur de ses plus belles mélodies.
- Olivia Ruiz, Madrid dans le rétroviseur et un troisième roman pour réinventer le temps
Sur la Plaza Mayor, en plein cœur de Madrid, Olivia Ruiz s’amuse à dire qu’elle peut enfin respirer. Je l’imagine, jeans, baskets, lunettes de soleil, avançant au milieu des touristes et des serveurs qui alignent les cafés con leche, sans qu’aucun téléphone ne se lève vraiment sur son passage. Dans l’entretien qu’elle accorde au Parisien le 25 avril 2026, elle raconte ce simple luxe : marcher « incognito » dans une ville qui ne la regarde pas comme « la Femme chocolat », mais comme une mère qui accompagne son fils à l’école, une autrice qui prend des notes sur un coin de serviette. Pendant plusieurs mois, elle a posé ses valises à Madrid avec son compagnon, le programmateur musical et ancien journaliste Nicolas Preschey, et leur fils Nino, s’éloignant délibérément de la France et de son agitation médiatique. Un exil doux à Madrid et ses attraits Purepeople a détaillé ce choix d’exil doux, dans une capitale que les grandes fortunes affectionnent pour sa fiscalité et son soleil, en rappelant cette donnée frappante du cabinet Barnes : jusqu’à 19 000 euros le mètre carré dans certains quartiers, Madrid s’arroge le titre de destination la plus attractive au monde pour les investisseurs. Mais Olivia Ruiz ne vient pas y chasser les mètres carrés de luxe, elle y cherche de la durée, cette ressource devenue rare. Dans les colonnes du Parisien, elle résume cette urgence d’une phrase qui claque comme un refrain : « Il faut profiter de son enfant, le temps file trop vite. » ¡Vamos!, un roman initiatique et solaire Ce Madrid de cartes postales et de start-up financières devient, chez elle, un décor de roman autant qu’un refuge familial. Car c’est bien au cœur de cette vie plus discrète que s’est écrit ¡Vamos!, son troisième livre, publié le 29 avril 2026 chez JC Lattès, dont le site Hachette.fr et la présentation de l’éditeur détaillent la trame : Lola, 45 ans, décide de tout lâcher pendant un an pour partir autour du monde avec son fils Ennio. Orlando, Madrid, La Havane, Essaouira, les rives du Nil… Le Figaro, dans sa critique du 24 avril, parle d’un « tourbillon de la vie », d’un road trip qui mêle quête de soi, amour filial et désir de renaissance. Sur les fiches de Librest et d’Amazon, l’éditeur insiste sur cette dimension de « roman initiatique solaire », « ode à la filiation ». Ce n’est pas un hasard si la géographie du livre épouse presque celle de ses propres allers-retours : l’Espagne de ses grands-parents exilés après la guerre civile – qu’elle racontait déjà dans La commode aux tiroirs de couleurs, best-seller salué par Le Parisien et Version Femina – la Méditerranée, l’Amérique latine fantasmée, tout remonte. Dans Purepeople comme dans l’article Yahoo qui reprennent ses confidences, on retrouve cette idée de « nouveau chapitre » de son histoire, ouvert en quittant Paris pour chercher ailleurs l’inspiration et un rythme à sa mesure. Et pendant que le personnage de Lola embarque son fils dans un tour du monde, Olivia, elle, emmène Nino à l’école madrilène, écrit le matin dans des cafés où, joli clin d’œil du destin, sa propre voix surgit parfois des enceintes. Une carrière entre musique et littérature Le Parisien raconte cette scène : l’interview vient à peine de commencer que résonne, à la radio du bar, sa reprise de Mala Vida de la Mano Negra. J’y vois un signe discret : la chanteuse qu’on a connue en 2001 sur TF1, alors simple « Olivia de la Star Ac’ », reste tapie quelque part dans chaque phrase de la romancière. Depuis La commode aux tiroirs de couleurs en 2020, puis Écoute la pluie tomber en 2022, ses livres ont séduit, selon Hachette, près d’un demi‑million de lecteurs au total. Elle n’a pas quitté la scène, elle en a simplement trouvé une autre, de papier, où la musique passe par les silences entre les mots. Pour autant, elle n’a pas renié la précédente. France Inter, dans un portrait consacré à son « retour authentique », rappelait déjà qu’Olivia Ruiz prépare de nouveaux projets musicaux, après un album et une tournée qui l’avaient menée jusqu’au Printemps de Bourges ou à l’Olympia. Cette fois, c’est en romancière en pleine promotion qu’elle remonte sur scène : la Maison de la Poésie, à Paris, annonce un concert littéraire autour de ¡Vamos!, où elle mêlera lecture et musique, fidèle à cette façon très personnelle d’habiter toutes ses disciplines. Retour à Paris et choix de sobriété Aujourd’hui, la parenthèse espagnole se referme peu à peu. Purepeople et Le Parisien convergent sur ce point : Olivia Ruiz est revenue vivre à Paris, dans un quartier touristique où elle disait déjà, en 2016 dans Paris Capitale, aimer flâner aux brocantes avant de bruncher en famille ou entre amis. Rien n’indique pour l’instant un exil définitif ni une révolution de carrière spectaculaire ; je perçois plutôt un recentrage, presque une conversion intime à une forme de sobriété : moins de promo, plus de choix. Dans un post relayé sur Facebook autour de son annonce du 27 mars dernier, elle expliquait que cette sortie de radar prolongée avait une raison, et que le nouveau projet – ce roman, très clairement – en était l’aboutissement. Les comptes officiels de JC Lattès décrivent ¡Vamos! comme son texte « le plus intime et lumineux », ActuaNews y voit déjà un « voyage littéraire qui pourrait bouleverser 2026 ». Une approche intime du temps et de la création Reste la question qui flotte, au‑delà des chiffres et des éloges : que cherche vraiment Olivia Ruiz, en arpentant ainsi les frontières entre musique et littérature, entre France et Espagne, entre succès populaire et discrétion choisie ? En l’écoutant parler de l’enfance qui file et de la nécessité de transmettre, je repense à cette statistique des 80 % de temps partagé avant 15 ans. Dans un paysage culturel souvent obsédé par la nouveauté à tout prix, son geste ressemble presque à une résistance tranquille : prendre le temps d’élever un enfant, d’honorer les grands‑parents exilés, de raconter ce qui nous tient debout. À court terme, il y aura les signatures en librairie, les interviews littéraires, peut‑être quelques plateaux télé pour parler de ce road trip mère‑fils qui résonne si fort avec sa propre trajectoire. À moyen terme, il y aura forcément de nouvelles chansons, un retour sur scène plus classique – la sortie récente du single La Réplique, très relayé sur YouTube, en est déjà un signe. Mais au fond, la vraie actualité d’Olivia Ruiz, ces jours‑ci, ne se résume ni à un plan promo ni à un déménagement. Elle se joue dans ce va‑et‑vient discret entre Madrid et Paris, entre le café où sa voix surgit par surprise et l’appartement où Nino fait ses devoirs, dans ce choix têtu de continuer à créer sans renoncer aux siens. Je la vois comme l’une de ces héroïnes qu’elle met en scène dans ses livres : une femme qui trébuche, doute, prend un avion pour Orlando ou un train de nuit pour Barcelone, mais qui, toujours, finit par retrouver le fil de sa propre histoire. Et c’est sans doute pour cela qu’on la suit encore, vingt‑cinq ans après la Star Academy : parce que derrière la romancière à succès et la chanteuse aux tubes, il y a, tout simplement, une mère qui essaie de bien habiter le temps qui lui reste.












