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- Thomas Dutronc, chevalier du jazz : pourquoi son projet « Jazz & Friends » change la donne
Je revois encore la lumière un peu dorée de la Pinède Gould, à Juan-les-Pins, quand le jour bascule vraiment dans la nuit. Les pins noirs se découpent sur le ciel, l’air sent le sel et la résine, et sur scène, Thomas Dutronc laisse traîner un dernier accord de guitare manouche avant de se tourner vers la trompette de Stéphane Belmondo. À cet instant précis, j’ai la sensation de voir un artiste franchir un cap : celui d’assumer pleinement qu’il est devenu, pour de bon, un musicien de jazz à part entière, sans renier la chanson française qui l’a fait connaître. Un pont entre deux univers musicaux C’est exactement ce que raconte son nouveau projet, « Jazz & Friends », qui s’installe cet été dans plusieurs festivals prestigieux, de Jazz à Juan au Palais-Royal à Paris, avant de filer jusqu’en 2026 dans les salles françaises, dont le Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines à Montigny-le-Bretonneux le 14 novembre 2026, annoncé comme une grande soirée « jazz et friends » autour des standards. Ce n’est pas un simple « tour de chant », c’est un virage assumé au long cours, né dans le sillage de Frenchy, son album de reprises franco-américaines certifié disque d’or et salué par la critique et le public (notamment célébré pour son élégance transatlantique sur France Télévisions). Un héritage musical de prestige Fils de Jacques Dutronc et Françoise Hardy, Thomas a grandi dans un environnement où les 33 tours se disputaient la place sur la platine : jazz américain, chanson française, rock anglais. Pourtant, il n’a pas emprunté la voie la plus confortable. C’est par la guitare qu’il s’est fait un prénom, en s’abandonnant au feu roulant du jazz manouche et à la filiation de Django Reinhardt. Son premier album, Comme un manouche sans guitare, mêlait déjà swing et fantaisie, assez pour décrocher un Globe de Cristal et des Victoires de la Musique en 2008 et 2009. Frenchy et la rencontre avec le jazz international Depuis, il n’a cessé de bricoler des ponts entre les genres, jusqu’au disque Frenchy en 2020, où il convoquait des artistes comme Iggy Pop, Diana Krall ou Billy Gibbons autour de standards francophones revisités en mode jazz. Ce projet ambitieux a été abondamment chroniqué par la presse musicale, de Télérama à des médias anglo-saxons, soulignant sa capacité à marier la tradition française avec la sophistication du jazz américain. Ce disque illustre parfaitement comment Dutronc s’inscrit dans la continuité du Great American Songbook, tout en y ajoutant une touche personnelle et française. Un engagement renouvelé dans la création originale En 2024, il a surpris ses fans avec un retour à la composition originale via l’album Il n’est jamais trop tard, un témoignage de son désir de ne pas rester confiné au rôle de crooner de reprises. Cette évolution démontre sa volonté d’explorer pleinement la richesse du jazz contemporain français, tout en maintenant le lien avec ses racines manouches et chansonnières. « Dutronc & Dutronc » : une histoire de famille et de musique Parallèlement à son travail personnel, Thomas Dutronc a également revisité son héritage familial avec le projet « Dutronc & Dutronc », une tournée de duettistes avec son père Jacques, qui a rempli les Zéniths et raconté une histoire de filiation sous forme de juke-box vivant. Un moment fort, mêlant nostalgie et modernité, qui illustre combien la musique est ancrée dans sa vie. Une « dream team » du jazz français Le projet « Jazz & Friends » s’impose ainsi comme la colonne vertébrale de son actualité. Aux côtés de musiciens renommés tels qu’Éric Legnini (piano), Stéphane Belmondo (trompette), Rocky Gresset (guitare), Franck Agulhon (batterie) et Thomas Bramerie (contrebasse), cette « dream team » incarne l’excellence du jazz hexagonal. Loin d’être un simple groupe d’appoint, cette formation témoigne d’un vrai engagement artistique et d’une volonté de porter haut le flambeau du jazz français. Un calendrier chargé dans les festivals majeurs La programmation comprend des dates marquantes telles que le festival Jazz à Juan le 18 juillet 2026, où Thomas Dutronc se produira dans la mythique Pinède Gould, puis Jazz in Marciac le 5 août 2026, et le Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines le 14 novembre 2026. Ces prestations s’inscrivent dans une tournée qui doit s’étendre jusqu’à l’été 2026 inclus, mêlant festivals d’été, grandes scènes nationales, et événements institutionnels. Un hommage vibrant aux icônes du jazz Lors de la Fête de la Musique 2026 dans les jardins du Palais-Royal à Paris, Thomas Dutronc sera la tête d’affiche jazz, participant à une soirée gratuite célébrant le centenaire de Miles Davis et John Coltrane ainsi que les 40 ans de l’Orchestre National de Jazz. Un moment symbolique où le jazz français dialogue avec ses racines américaines, incarné par un artiste qui, à travers son parcours, incarne la transmission d’un héritage vivant. Un pont vers un public élargi Au-delà des concerts et festivals, « Jazz & Friends » se veut un véritable vecteur pédagogique, visant à introduire un public élevé à la chanson française dans l’univers du swing et des standards américains, sans le brusquer. Par cette approche accessible mais exigeante, Thomas Dutronc invite à redécouvrir jazz manouche, cool jazz et Great American Songbook, ouvrant ainsi de nouvelles portes vers un patrimoine musical méconnu ou parfois délaissé. Conclusion : une place singulière dans le jazz contemporain Alors que les formats numériques et playlists dominent le paysage musical, la démarche de Thomas Dutronc avec « Jazz & Friends » prouve que le jazz reste une tradition vivante, savoureuse et humaine, portée par les rencontres, l’improvisation et la passion partagée. Les spectateurs qui feront le déplacement en 2026 ne viendront pas seulement « voir le fils de », mais découvriront un musicien ayant su, par son travail et sa fidélité à ses influences, se forger une place authentique dans la grande famille du jazz. Au final, « Jazz & Friends » n’est pas qu’une tournée : c’est une invitation à renouer avec le charme intemporel du jazz, porté par une guitare manouche, des amis de talent, et le goût du beau, offert sans filtre, en direct et en plein cœur de la scène française.
- Bénabar et Manolo : une transmission musicale sans piston, entre fierté et authenticité
Sur la scène estivale de Roquebrune-sur-Argens, Bénabar apparaît jovial, compagnon de fête pour son public, partageant rires et refrains qui résonnent comme un album de famille. Pourtant, dès que le sujet bascule vers son fils Manolo, 22 ans, musicien en devenir, son ton s'adoucit, empreint de respect et de prudence. C’est dans une interview au Nice-Matin à l'occasion du festival LAC Arena Concerts 2026 que l'artiste confie : « Je ne veux pas lui faire plein de compliments, ça peut devenir un poison. » Un père qui laisse place à la liberté artistique Bruno Nicolini, de son vrai nom, cultive une posture rare dans le monde souvent brouillant du show-business : celle du père qui ne veut pas faciliter la voie de son fils. Malgré une carrière riche d’une vingtaine d’années, plusieurs Victoires de la musique, et un statut d’artiste populaire, Bénabar s’abstient d’user de son réseau pour promouvoir Manolo. S'adressant à la presse et aux fans, il explique que le « poison » dont il parle vient de la tentation de influencer ou d’orienter la voie de son enfant par le biais de complaisances ou de conseils incessants. Une démarche inspirée par ses propres débuts Ce choix est aussi teinté d’une réflexion personnelle poussée. Bénabar se souvient de ses débuts, lorsqu'il jouait dans de petits cafés, entouré d'inconnus, sans la moindre main tendue. Cette solitude, loin d’être un frein, a été pour lui un terrain nécessaire à son épanouissement artistique. Il y voit une forme d’authenticité et d’intégrité, base qu’il souhaite pour Manolo, convaincu que seul le travail, la patience et le temps forment un musicien accompli. Ainsi, loin de reléguer son fils à l’ombre de sa célébrité, il préfère qu’il forge son identité propre, à son rythme. Manolo, un artiste à part entière Le parcours de Manolo Nicolini se distingue nettement de celui de son père. Avec un EP autoproduit Liquide fleur mix (2024) mêlant jazz et sonorités indie, et un groupe baptisé Chat Noir où il est chanteur et guitariste, il trace son chemin en évitant le carcan de la chanson narrative et douce-amère qui a fait la renommée de Bénabar. Sur Instagram (@manol1727), il affiche simplement ses projets musicaux, sans jamais mettre en avant son lien paternel, bannissant toute apparence de népotisme. Une transmission discrète mais manifeste Si le public et la presse people (Voici, Purepeople, Ohmymag) s'intéressent déjà à lui comme à un « nouveau prodige » de la scène française, le père reste un spectateur humble. Dans plusieurs interviews, il affirme clairement qu’il ne souhaite ni écrire de chansons pour Manolo, ni lui ouvrir des portes, ni même assurer une première partie de concert pour lui. Il veut que son fils découvre la musique dans ses réalités parfois modestes : les petites salles, les tournées en camionnette, les cachets modestes mais mérités. Le poids des conseils et la peur du « poison » Le « poison » dont parle Bénabar réside dans l’impact qu’un conseil paternel peut avoir sur le développement d’un artiste, même s’il est bienveillant. Il évoque ce risque que la parole paternelle devienne une forme de dogme, une validation dont on pourrait devenir dépendant, freinant la liberté créative et la prise de risque artistique qui sont fondamentales dans la jeunesse d’un musicien. C’est la crainte de priver Manolo de la possibilité d’échecs et de tâtonnements nécessaires, vécus avec humilité et parfois lourds d’enseignements. Une image de continuité moderne dans la chanson française Cette relation père-fils, à la fois distante mais pleine de fierté discrète, offre une image rare et inspirante dans l’univers musical contemporain. Alors que la chanson française se cherche de nouveaux visages et évolue parmi les genres croisés, Manolo incarne cette relève libre, indépendante, qui assume ses propres codes et influences. Bénabar, quant à lui, continue d’enrichir son répertoire avec un onzième album attendu en hiver 2026, témoignant d’une carrière solide et d’une créativité toujours aussi vivante. Une harmonie des générations Il est facile d’imaginer, dans un avenir proche, un festival d’été où Bénabar achève son set, puis s’assoit en coulisses, spectateur attentif du groupe Chat Noir qui investit la scène sans que le nom du père soit brandi comme un étendard. Une grande leçon pour tous : la transmission ne se fait pas toujours en éclats de projecteurs, mais dans la patience, le respect de l’autre et la confiance accordée à ceux qui tracent seuls leur route. Conclusion À l’heure où la facilité du piston prédomine dans certains milieux artistiques, l’histoire de Bénabar et Manolo souligne l’importance de protéger la liberté de création et la singularité des parcours. Plus qu’un simple « enfant de », Manolo est un musicien en devenir, façonné par la passion, l’effort et un père qui choisit de ne pas intervenir pour mieux encourager. Une belle transmission, sans confusion ni pression, qui séduit autant qu’elle intrigue.
- Sanseverino fait danser les prés : à Cresseveuille, le swing manouche retrouve sa maison
Le pré sentait déjà la teurgoule et l’herbe coupée quand je suis arrivé, un peu en avance, sur ce chemin du Lieu-Houiller qui file entre les haies du Pays d’Auge. On entendait les balances au loin, quelques accords de guitare qui dérapent en volutes manouches, une contrebasse qui grogne, et cette voix reconnaissable entre mille, gouaille tendre et swing au coin de la bouche : Sanseverino installait son Swing Orkestra, comme on pose une caravane dans un champ qu’on connaît par cœur. Ce samedi 11 juillet 2026, à Cresseveuille, tout près de Cabourg, La Gitane Jazz Guitare au Pré célébrait sa huitième édition avec un invité de marque : le Sanseverino nouvelle manière, entouré de ses musiciens historiques et de nouvelles recrues, dont Lise Cabaret et Mathilde Febrer, pour un set annoncé comme « flamboyant » par les organisateurs d’Actu.fr. Un festival qui fait vivre le jazz manouche en Normandie Huit ans déjà que ce petit festival normand s’entête à défendre le jazz manouche dans un coin de bocage où cette musique n’allait pas forcément de soi. Serge Marie, l’un des créateurs de La Gitane, le rappelait dans la presse locale : au départ, le constat était simple, presque brutal — le jazz est peu présent sur le territoire, le jazz manouche encore moins ; alors pourquoi ne pas en faire le cœur battant d’une soirée d’été, à ciel ouvert, avec les enfants qui courent entre les vieilles voitures exposées et les grands-parents qui se souviennent de Django? Ouest-France rapporte comment, dès la création du festival, Hélène Bergdoll, présidente de l’association Campagne et Musiques, a voulu faire de ce pré une parenthèse enchantée : ici, « la musique n’est pas un spectacle mais un langage universel », une manière de réunir des voisins, des familles, des fidèles, plus qu’une clientèle de connaisseurs. Le site Jazz à Caen décrit également le pari : près de Cabourg, un festival dédié au jazz manouche, dans un simple champ, avec une petite scène, une guinguette, quelques guirlandes lumineuses et une programmation d’une exigence tranquille. Une soirée rythmée par le talent d'Erizo et l’arrivé de Sanseverino Swing Orkestra Pour cette huitième édition, le groupe caennais Erizo ouvrait la soirée vers 18 h 30, avec un répertoire mêlant Django, standards américains et pépites modernes. Mais c’est bien l’arrivée de Sanseverino Swing Orkestra, annoncée partout comme l’événement de la saison, qui donnait au pré une allure de rendez-vous attendu depuis longtemps. Le retour aux sources de Sanseverino J’avais en tête le Sanseverino électrique de ces dernières années, celui de l’album « Les deux doigts dans la prise » sorti à l'automne 2022, une expérience électrisante documentée par plusieurs critiques. Une guitare branchée, des riffs presque rock, une envie d’explorer d’autres textures sonores sans renier les racines manouches. Mais en le voyant arriver à Cresseveuille avec cette formation baptisée Swing Orkestra, j’ai eu l’impression d’assister à un retour aux sources, mais un retour nourri de tout ce chemin parcouru : une musique qui puise dans l’énergie du swing manouche tout en y injectant une modernité vivace. Une alchimie entre anciens et nouveaux talents Sur scène, les « musiciens historiques » des débuts côtoient ainsi de nouvelles voix féminines. Lise Cabaret, avec qui il partage aujourd’hui un projet d’album, apporte une couleur vocale adoucissant la gouaille sans la gommer, tandis que Mathilde Febrer et d’autres instrumentistes élargissent la palette sonore. Le résultat est une fusion vibrante, comme si Django était tombé sur un cabaret ambulant en 2026. Une philosophie du jazz assumant chaque note Dans une récente interview au magazine Le Jazzophone, Sanseverino explique que le jazz commence « quand tu assumes tes notes foirées », cette acceptation du risque comme partie intégrante du concert. À Cresseveuille, cette philosophie se manifeste pleinement : les morceaux glissent, ralentissent, repartent, comme s’adaptant à la chaleur de la soirée, aux enfants dansant devant la scène, aux conversations autour des planchas. Une ambiance de guinguette et de fête populaire La guinguette tournait à plein régime : teurgoule crémeuse, crêpes des pâtissières cresseveuillaises, galettes de la ferme des 1 000 ruisseaux, frites fraîches, barbecue et cochon grillé composaient un festin simple et convivial. Au-delà des mets, la joie collective mêlait familles et amis. Une dame expliquait à son petit-fils qu’ici, « on vient chaque année, c’est notre bal du 14 juillet, mais en mieux ». Les vieilles voitures chromées à l’entrée formaient un décor presque cinématographique, tandis que la cabine photo « Vachement Combi » déclenchait des éclats de rire, immortalisant les convives dans des poses décalées avec chapeaux ou guitares en plastique. Sanseverino, un artiste en pleine réinvention Cette étape normande marque un tournant dans la carrière de Sanseverino. Alternant entre une tournée électrifiée de chansons en swing branché et ce retour accentué au swing manouche acoustique, il revendique une double approche artistique. Sur Instagram, il évoque la sortie à venir d’un album en duo avec Lise Cabaret, accompagné par une série de concerts intimistes, loin des grandes machines scéniques. Les setlists mêlent titres emblématiques comme « Les Îles de Pâques » et « La tzigane », entre reprises et compositions originales, soulignant ses racines profondes et son ouverture stylistique. Le fabricant de cordes Savarez souligne son éclectisme : influencé par l’Europe de l’Est, le bluegrass, le swing, le flamenco et même les musiques maghrébines, Sanseverino incarne une géographie musicale riche, condensée dans le pré normand en un swing fédérateur, adressé à un public multi-générationnel et sincère. Une fidélité retrouvée et un futur prometteur En quittant Cresseveuille, l’impression est claire : Sanseverino a retrouvé une scène à sa mesure, celle de la proximité et de l’échange. La Gitane Jazz au Pré, avec ses guirlandes, ses crèmes et ses saveurs locales, est devenu un repère essentiel où le jazz manouche s’épanouit loin des projecteurs conventionnels mais sous des étoiles complices. Pour l’artiste souvent catalogué comme « chanson drôle à guitare », ce retour aux racines est une renaissance, offrant une soirée simple et précieuse, où musique et convivialité se mêlent sans artifice. Hélène Bergdoll l’exprimait déjà en 2024 : à peine une édition terminée, l’équipe rêve déjà à la suivante. La raison est évidente : tant que ces rencontres existeront, mêlant swing, fête et émotion, la chanson française gardera ce parfum de jazz vibrant et indomptable. Le Swing Orkestra de Sanseverino nous rappelle que la musique est un voyage qu’on partage, une caravane qui sillonne le temps et les émotions, toujours prête à faire danser les prés, « ici, chez nous ».
- Sous les étoiles de Bagnols, Ben Mazué transforme le Mont-Cotton en grand salon à ciel ouvert
Je garde une image en tête : cette phrase, « Stop, j’arrête de me presser », reprise par tout un théâtre de verdure, un soir d’été à Bagnols-sur-Cèze. Il est à peine monté sur scène que Ben Mazué déclenche ce réflexe étrange : les gens se lèvent comme un seul corps, applaudissent trop tôt, chantent déjà les premiers mots. Ce 10 juillet 2026, aux Nuits du Mont-Cotton, ils étaient plus de 2 300, parfois présentés comme 2 500 selon les premiers décomptes, à avoir fait le pari de ce petit amphithéâtre de pierre perdu dans le Gard pour ouvrir leur été en chansons. Certains ont parcouru plusieurs centaines de kilomètres – une spectatrice, Laure, confiait à Midi Libre être venue de Biarritz juste pour lui – comme on part voir un ami qu’on n’a pas revu depuis longtemps. Je les imagine, assis sur l’herbe encore chaude, découvrant ce décor de jungle domestiquée : des plantes en pot sur la scène, un écran géant qui se réveille en même temps que la nuit, et Ben qui traverse l’espace à grandes enjambées, chemise claire et gestuelle de conteur plus que de star de variété. C’est peut-être ça, la vraie singularité de l’auteur de « Paradis » : il parvient à faire du plein air un endroit intime, un coin de salon partagé avec quelques milliers de voisins. Un rendez-vous symbolique au cœur de l’été gardois Ce rendez-vous de Bagnols-sur-Cèze n’est pas un hasard dans son calendrier, mais une étape symbolique d’un été très chargé. Le festival des Nuits du Mont-Cotton, programmé par la ville et les acteurs culturels locaux, s’est offert son nom pour ouvrir l’édition 2026, avec un concert complet annoncé depuis des semaines sur les sites de billetterie comme InfoConcert ou Ticketmaster. La soirée, programmée à 20 h 30 au théâtre de verdure du Mont-Cotton, est affichée à un peu plus de 30 euros sur les sites touristiques du Gard et de Provence Occitane, avec un tarif réduit pour les moins de 16 ans. Dans la communication officielle de la commune sur les réseaux sociaux, son nom trône en tête d’affiche de ces Nuits, comme une promesse de douceur au cœur de l’été gardois. Depuis la fin de sa tournée « Paradis » – consacrée aux Victoires de la musique et prolongée par un album live « Seul en scène » – Ben Mazué a imposé son style : un mélange de confidences parlées, de chansons aux arrangements limpides et de textes qui ressemblent à des lettres qu’on aurait aimé écrire soi-même. Une tournée d'été qui mêle intimité et grandes scènes Pour cet été 2026, les agendas spécialisés recensent une série de dates en plein air : Trélazé, Trélivan, le festival ODP à Talence, Carcassonne le 13 juillet, Vienne le 17 dans le théâtre antique, les Musicales du Parc des Oiseaux ou encore plusieurs festivals de province. On sent une stratégie assez claire : tester ce répertoire, ces monologues et ces chansons au contact des soirs d’été, avant une nouvelle grande tournée des Zénith annoncée pour l’automne sur Eventim et les sites de billetterie. À Bagnols, l’histoire s’écrit pourtant à une autre échelle : pas de grosse arène, pas de zénith impersonnel, mais un amphithéâtre de pierre, une pente douce et cette impression de proximité que décrivent les fiches des offices de tourisme. Quand Midi Libre raconte que le public s’est levé dès son entrée sur scène, je retrouve là tout ce qui a fait le succès de ses précédents passages en province : cette façon d’arriver sans effets, presque timidement, puis de laisser monter les choses par la seule force des mots et de la présence. Un spectacle conçu comme un voyage sensoriel Sur place, le récit des témoins comme celui du quotidien régional plongent dans le détail d’un spectacle pensé comme un voyage en trois dimensions : la musique, la voix, et les images. Derrière lui, un écran géant accompagne chaque chanson d’un décor en mouvement. Pour l’ouverture, un fond blanc sur lequel les mots viennent s’écrire, comme si l’on feuilletait un carnet. Pour « Quand je marche », cette ritournelle qui parle d’apprendre à ralentir, la route qui serpente entre les arbres. Pour « Famille », ce titre qui ressemble à une chronique du quotidien, un immeuble éclairé, des fenêtres qui s’allument et s’éteignent, autant de petites vies qu’on devine derrière les vitres. Autour, une végétation installée sur scène prolonge le théâtre de verdure, comme si la chanson française s’était carrément mise au vert. Le dispositif n’est pas là pour masquer la pauvreté d’un répertoire : il vient, au contraire, souligner la richesse d’un univers que les fans connaissent par cœur. D’après les images et les articles, il est entouré de quatre musiciens et de quatre choristes, ce qui donne aux refrains une ampleur quasi-gospel, sans jamais écraser la finesse des textes. Dès le deuxième titre, « Quand je marche », le chœur le plus impressionnant vient de la fosse : des centaines de voix qui scandent « Stop, j’arrête de me presser » pendant qu’il traverse la scène avec cette énergie d’enfant pressé de tout raconter. Certains sites de fans et d’agendas de concerts, qui suivent sa tournée au jour le jour, évoquent d’ailleurs un public particulièrement fidèle, prêt à enchaîner plusieurs dates dans l’été. Une programmation locale qui mise sur la qualité et le partage À Bagnols, les organisateurs n’ont pas misé sur une succession de têtes d’affiche à gros budget, mais sur cette promesse d’un moment partagé, d’une soirée où l’on vient autant écouter que se reconnaître dans ce qu’on entend. En première partie, une jeune artiste révélée par la Star Academy 2022, Maïa Wojcik, est venue chauffer l’amphithéâtre, preuve qu’on pense aussi à faire passer le relais à une nouvelle génération de voix francophones. En filigrane, c’est toute une vision de la chanson française qui se dessine, loin des polémiques et des postures : des histoires de ruptures, de paternité, de doutes, de foi intime en la vie ordinaire, racontées avec pudeur mais sans détour. Un contexte estival marqué par la résilience des festivals La soirée de Bagnols-sur-Cèze s’inscrit aussi dans un contexte plus large : celui d’un été des festivals sous tension, avec des organisateurs inquiets face aux coûts, aux questions de sécurité, aux aléas climatiques. Les Nuits du Mont-Cotton, relancées par la municipalité comme un rendez-vous convivial pour les habitants et les touristes, misent sur des artistes fédérateurs, capables d’attirer du monde sans renier une certaine exigence. Quand une chanteuse venue de Biarritz explique qu’elle a « coché la date » dès qu’elle a vu passer l’annonce d’un concert sur « une petite scène en extérieur », elle dit quelque chose de précieux : dans une France parfois fragmentée, il reste ces soirs où l’on se retrouve côte à côte pour écouter quelqu’un parler de ce que c’est, tout simplement, que d’aimer, d’élever des enfants, de vieillir un peu trop vite. Vers une nouvelle étape pour Ben Mazué : dialogues, émotions et grands Zéniths Je me demande, en regardant le calendrier qui s’allonge sur les sites comme Songkick, JamBase ou Carrefour Spectacles, jusqu’où va conduire cette nouvelle saison de Ben Mazué. Après les festivals et les théâtres antiques, l’artiste prépare déjà une grande tournée des Zénith pour l’automne 2026, présentée par Eventim comme un « nouveau spectacle captivant » prolongeant l’aventure amorcée avec « Paradis ». Son site officiel laisse filtrer d’autres projets, comme une émission en plusieurs épisodes mêlant courriers du cœur, débats et chansons. Autrement dit, il continue d’explorer ce territoire singulier entre la scène, le studio et la conversation intime avec le public. Le concert de Bagnols-sur-Cèze, lui, aura servi de laboratoire à ciel ouvert pour cette nouvelle étape. Les réactions recueillies sur place et sur les réseaux sociaux de la ville comme sur les pages de fans témoignent d’un même sentiment : celui d’avoir assisté à quelque chose de « simple et précieux », un moment où l’on a l’impression qu’un type seul avec ses histoires vient prendre des nouvelles de chacun. L'impact culturel et la place de Ben Mazué dans la chanson française contemporaine À court terme, les retombées sont déjà visibles pour le festival : une ouverture complète, des spectateurs venus de toute la France, une visibilité accrue pour ce petit théâtre de verdure qui espère bien se faire une place dans la carte des rendez-vous d’été. À moyen terme, cette tournée estivale consolide la place de Ben Mazué dans le paysage de la chanson française actuelle : celle d’un auteur-compositeur capable de remplir des zéniths sans renoncer au murmure, de traverser les grands festivals sans perdre le fil de ces petites choses de la vie qui parlent à toutes les générations. Je crois que c’est là que réside sa force, et la raison pour laquelle des milliers de personnes acceptent de s’asseoir sur des gradins de pierre pour l’écouter : il ne promet ni révolution ni fracas, seulement cette douceur obstinée qui consiste à dire la vérité de nos existences ordinaires. Sous les étoiles de Bagnols, un soir de juillet, cette vérité avait le goût d’un refrain repris à l’unisson, quelque part entre la Cèze et le reste du monde.
- Sanseverino, artiste de cabane et de bitume : l’été où la tournée redevient une histoire de rencontres
Je revois encore cette image, un peu floue, prise au téléphone depuis le bord d’un canal : Sanseverino, casquette vissée sur la tête, guitare en bandoulière, qui plaisante avec un gamin assis sur une chaise pliante avant la balance. Pas de barrière de sécurité, juste un filet d’ombre, le clapotis de l’eau, quelques chaises éparpillées. C’est exactement ce qui se rejoue cet été 2026 aux Estivales du canal de Vierzon, où le chanteur revient pour la quatrième fois, avec son groupe Shuffle Enterprise, et cette phrase qu’il répète souvent : ce qui compte, c’est le rapport avec les gens. L’affiche peut parler de jazz manouche électrifié, de swing tzigane et de vieux rock des années 1940-1950, mais au fond, ce qu’il vient chercher là, ce sont des visages, des regards, des mains qui tapent dans le tempo. Une quête de proximité et d’authenticité Je le sens d’autant plus que cet été, partout où je regarde son actualité, de Vierzon au Festival de Thau en passant par des scènes plus modestes de province, revient cette même obsession : jouer au plus près, loin des grands barnums, mais au cœur des soirées où le public a vraiment fait l’effort de venir pour la musique. Ce retour aux racines du vivre-ensemble musical rappelle une époque où le spectacle n’était pas une marchandise dépersonnalisée, mais un moment de vie partagé. À Vierzon, le Berry Républicain souligne que Sanseverino est presque un habitué des lieux : 2008, 2012, 2019, et maintenant 2026, toujours dans ce jardin de l’Abbaye qui ressemble à un décor de guinguette improvisée. Il arrive cette fois avec Shuffle Enterprise, formation taillée pour les dérapages jazzy et la virtuosité manouche, mais aussi avec une particularité très intime : la première partie est assurée par sa compagne, la chanteuse Lise Cabaret, seule en scène avec sa guitare et ses chansons. Cette complicité artiste-couple se vit comme un fragment de leur quotidien, sans passe-droit, mais avec beaucoup de respect pour l’artistique. L’agenda d’un artisan musical En observant l’agenda du chanteur sur des sites comme Ticketmaster ou Carrefour Spectacles, on découvre la logique d’un artisan du live : une série de dates à taille humaine, ponctuées par des rendez-vous tels que le concert à l’Echappé de Sorbiers le 27 février 2026, le festival Le Murmure du Son à Eu le 9 juillet en collaboration avec The Celtic Social Club, puis le grand rendez-vous au Festival de Thau à Mèze, où la « guinguette rockabilly » promet des moments d’échange authentique, en compagnie des Têtes Raides. Un nouvel album : Boulevard Ornano En parallèle des concerts, une autre facette de son actualité s’affiche : celle de l’album tout récent, porté par un nouveau clip, Boulevard Ornano, lancé en fanfare sur sa page Facebook officielle. Ce titre nous emmène dans les rues parisiennes, où les trottoirs deviennent le théâtre d’une plume cabossée et urbaine. L’album sorti début 2026 n’est pas un simple exercice nostalgique mais une proposition actuelle qui se déploie pleinement en live, notamment lors des concerts de sortie au Zèbre de Belleville. Les salles intimes sont son terrain de jeu privilégié, où chaque morceau se transforme en un dialogue vivant, riche en improvisations et complicité avec le public. Analyse des textes engagés Parmi les morceaux, « C’était mieux maintenant » témoigne du regard ironique et grave que le chanteur porte sur notre époque, en particulier face aux enjeux climatiques. Sans crier « c’était mieux avant », il invite à une réflexion douce-amère, loin des slogans simplistes. Cette approche modérée mais sensible illustre un engagement subtil, une poésie populaire qui trouve un écho dans les salles et festivals qu’il fréquente. L’esprit d’une chanson française enracinée Sanseverino œuvre dans un univers musical qui mêle ses racines tziganes, la tradition du swing manouche et une certaine modernité électrique. Son univers n’est pas figé ; il dialogue avec les mutations sociales du moment tout en gardant un lien fort avec la tradition de la chanson française engagée. En partageant l’affiche avec des groupes comme Têtes Raides ou The Celtic Social Club, il met en lumière une scène qui navigue entre poésie populaire et engagement discret, mais tangible. Une tournée où chaque concert devient un instant partagé Le Thionville Jazz Festival, par exemple, met en avant son concert comme une ouverture chaleureuse et festive, où Sanseverino agit en maître de cérémonie capable d’embarquer une place entière dans un swing collectif. Il ne se contente pas de jouer ; il construit ces soirées avec ses musiciens, en saluant le public mais aussi les bénévoles qui rendent ces moments possibles. Ce souci de créer un véritable lien humain s’impose comme la marque de fabrique d’une tournée qui souhaite retrouver le goût des rencontres vraies. Une trajectoire artistique à contre-courant Dans une époque dominée par les grandes tournées en stades, les clips à gros budgets et la musique pensée pour les algorithmes, Sanseverino incarne une alternative précieuse : celle d’un artiste qui sillonne le pays en van, qui joue dans des jardins d’abbaye, des petites salles et des festivals attachés à la mémoire vivante des fêtes populaires. Cette trajectoire, loin d’être datée, est au contraire une déclaration d’amour à une musique vivante qui s’écrit dans l’instant et avec le public. Un été 2026 à vivre au plus près En 2026, l’été de Sanseverino s’annonce donc chargé de ces moments précieux : des concerts complets au Zèbre de Belleville, des festivals qui l’accueillent comme une valeur sûre, et des dates d’automne qui prolongeront cette dynamique. Plus que les notes jouées ou les styles mêlés, ce qui restera sans doute dans les mémoires, c’est cette sensation d’avoir partagé une soirée « avec » lui, et non simplement « devant » lui. Dans un monde où l’on parle souvent d’algorithmes et de contenus impersonnels, ce rappel d’humanité prend une dimension rare et précieuse.
- Carla Bruni, vingt ans après Virginio : un salut au marin qui guide encore ses chansons
Sur la photo, un visage posé dans une bibliothèque, le regard légèrement fuyant, comme surpris par l'objectif. Autour, des livres empilés, des vinyles, un doux désordre domestique. Et deux mots graves et simples : « Salut marin ». Ce message, publié par Carla Bruni le 5 juillet 2026, vingt ans après la mort de son frère Virginio, résonne toujours comme un présent brûlant. Il s'agit d'un hommage émouvant à celui qui a profondément marqué sa vie et ses chansons. Un frère à la fois proche et mystérieux Virginio Bruni Tedeschi, disparu du sida en 2006 à l'âge de 46 ans, était plus qu'un simple membre de la famille. Marin, photographe, homme de départs et de lumière, il incarne une part essentielle de l'histoire personnelle de Carla Bruni. Sa mort a fissuré le décor mondain de la famille Bruni-Tedeschi, et laissé une empreinte indélébile dans sa carrière artistique. Carla, notamment dans des entretiens anciens réédités, évoque ce frère comme une part importante de ses jeunes années, mais aussi comme un secret lourd à porter. Pendant des années, elle fut la seule à connaître la séropositivité de Virginio, confidente silencieuse d'une épreuve que la société ignorait ou rejetait alors en masse. « Salut marin » : une chanson intime, une mémoire partagée Quelques mois après la disparition de son frère, Carla Bruni écrit « Salut marin », intégrée à l'album Comme si de rien n'était, déjà teinté de deuil et d'intime. Ces paroles évoquent la perte, le départ irréversible, la mer qui emporte l'être aimé. Ce morceau demeure un des témoignages musicaux les plus personnels de l'artiste, un journal intime mis en musique. Chaque année, à l'approche du 4 ou 5 juillet, Carla Bruni renouvelle ce rituel numérique : un post Instagram, souvent un cliché inédit et quelques mots sobres. Cette pratique agit comme une visite au cimetière moderne, publique mais respectueuse, qui maintient vivante la mémoire de Virginio dans l'espace partagé de ses fans et du grand public. Un engagement discret, enraciné dans la douleur Vingt ans après, cet hommage prend une dimension nouvelle. Carla Bruni, au-delà de la douleur personnelle, incarne un engagement durable dans la lutte contre le sida. Gardant toujours un profil discret, elle soutient notamment la Fondation Sida, participe à des galas caritatifs et aborde la maladie sans voyeurisme ni sensationnalisme. Son témoignage évoque aussi la douleur collective d'une génération décimée, notamment dans les milieux de la mode, de la nuit et de la création. La disparition de nombreux proches dans les années 80 et 90 a forgé une conscience aiguë du combat sanitaire et social nécessaire. Un espace de mémoire dans la chanson française Carla Bruni n'est pas la seule artiste de sa génération à puiser dans le deuil pour nourrir son art, mais son hommage à Virginio incarne bien cette capacité propre à la chanson française : devenir un journal intime et un porte-voix pour les absents. Plusieurs de ses textes évoquent la perte, le passage du temps, les fantômes intemporels qui frappent aux vitres de la mémoire. Ce fil discret qui relie une famille italienne à un public français s’inscrit dans la grande lignée des chansons écrites pour des absents, qui mêlent amour, perte et combat contre l’oubli. Dans un monde saturé d'instantanés, Carla Bruni offre un repère fixe, presque liturgique, où chacun peut se souvenir de ses proches disparus. L'évolution personnelle et artistique liée au deuil Cette histoire dépasse le cadre de la tristesse familiale. Carla Bruni a partagé comment la mort de son frère a redessiné ses priorités : renforcer son attachement à la musique, à l'écriture, et embrasser pleinement la maternité avec la naissance de sa fille Giulia. Son offre artistique s'est teintée de cette gravité toute nouvelle, qui se traduit aussi dans ses choix de vie, notamment dans sa récente décision d’arrêter l’alcool pour prendre soin de son corps et de sa santé. Ces évolutions reflètent une vigilance face aux excès, un retour aux sources humanistes favorisé par l'expérience du deuil et de la perte. Un héritage pour aujourd’hui et demain La lutte contre le sida a connu des avancées majeures depuis 2006, mais l’histoire de Virginio reste un rappel discret de ce que le silence autour de la maladie pouvait coûter. Carla Bruni, avec « Salut marin » et ses hommages annuels, perpétue cette mémoire en musique et en engagement, invitant à honorer les disparus sans pathos, mais avec une fidélité têtue et une humanité partagée. Ce témoignage public, doux et poignant, résonne largement, et fait partie intégrante du patrimoine culturel français où la chanson devient un lien entre générations et un baume pour les âmes blessées.
- Thomas Dutronc : comment la musique a accompagné le combat de Françoise Hardy contre le cancer
Dans une chambre de réanimation, le silence est percé par le bip régulier des machines, la lumière blafarde accentue la fragilité des lieux. Pourtant, au creux de cet environnement clinique, une voix chaleureuse s'élève : celle d'un fils jouant "Sésame" et "Aragon" à sa mère, Françoise Hardy, plongée dans le coma. Ce tableau poignant, révélé dans le documentaire Ce qui nous tient debout diffusé sur France.tv le 3 juillet 2026, dévoile le témoignage bouleversant de Thomas Dutronc, qui éclaire avec pudeur et émotion le long combat mené contre la maladie. Un combat en trois actes : mère, fils et père C'est avec une sincérité désarmante que Thomas Dutronc partage ce récit intime. Deux ans après la disparition de Françoise Hardy, il déroule le fil d’une lutte menée à trois : la chanteuse, le musicien, et Jacques Dutronc, en toile de fond. Cette guerre quotidienne contre le cancer s’est jouée souvent à coups de notes et de chansons, cultivant un lien où musique et amour s’entrelacent. Ces souvenirs se superposent aux photos d’archives, où la silhouette fragile de Françoise tient la main du garçon passionné par Django Reinhardt : vingt ans plus tard, le fils devenu artiste tend cette même main à sa mère, désormais sur le fil de la vie. Les épreuves du cancer : une double bataille Françoise Hardy, figure emblématique de la chanson française, a affronté le cancer à plusieurs reprises. Dès 2004, un diagnostic de lymphome MALT marqua le début d’une longue marche. Quelques années plus tard, un cancer du pharynx, suivi d’une tumeur du cavum en 2018, précipite une nouvelle phase de souffrance et d’incertitude. Hardy, discrète de nature, a néanmoins ouvert une fenêtre sur cette réalité impitoyable, évoquant dans une interview Femme Actuelle la douleur d’une salivation devenue insupportable, ce quotidien d’alimentation soignée, et des nuits souvent pires que les jours. Ses mots traduisent une colère profonde face à l’interdiction de l’euthanasie en France, un combat personnel en faveur d’une fin de vie choisie avec dignité. Pudeur et silence : le rôle du fils Face à cette épreuve, Thomas Dutronc choisit la discrétion. Refusant la médiatisation excessive, il confie à Gala que « maman ne lutte plus vraiment », traduisant la douleur sans dramatiser. Tandis que Jacques Dutronc et lui enregistrent l'album live Dutronc & Dutronc, Françoise poursuit son combat, partagée entre moments d'espoir et hospitalisations. Jusqu'au dernier souffle en juin 2024, où toute la scène française lui rend hommage au Père-Lachaise, de Sheila à Etienne Daho, témoignant de l'empreinte indélébile laissée par cette grande voix. La musique : une arme contre la douleur Ce qui marque profondément dans le témoignage de Thomas, c'est l’importance accordée à la musique au cœur de la maladie. Dans le coma, avec l’accord des soignants, il fait écouter à Françoise ses morceaux préférés, y compris ceux qu’il a composés. Ces notes lui portent secours, provoquant de subtiles réactions — un sourire à peine esquissé, un frémissement — autant de signes encourageants dans ce huis clos où la maladie semble gagner du terrain. Cette expérience illustre le pouvoir bienfaisant de la musique, capable d’établir un lien quand le corps se fait fragile, confirmant une dimension universelle selon laquelle la musique est une source d'apaisement et de connexion. Être présent : la force du soutien familial Thomas insiste sur la valeur irremplaçable de la présence pour ceux qui souffrent. Plus qu’une assistance matérielle, c’est l’accompagnement humain, l’écoute et le partage d’instant qui atténuent la solitude si cruelle au chevet du malade. Bien que la maladie puisse s’imposer inévitablement, la famille peut désamorcer la peur par sa simple présence, instillant une chaleur humaine indispensable à la dignité. Entre tristesse et espoir : le deuil en mots simples Le film ne cache pas les moments de faiblesse. Thomas admet des « vagues de tristesse » qui submergent, et un manque constant de sa mère disparue. Pourtant, il parle de ce deuil sans pathos, avec cette honnêteté brute qui renforce la puissance émotionnelle du récit. Dire « elle me manque » simplement, sans dramatisation, devient un hommage aussi bouleversant que les hommages officiels, contribuant à maintenir vivante la mémoire de Françoise Hardy. Un héritage musical et humain à chérir L’héritage de Françoise Hardy dépasse largement ses tubes et standards entrés dans la légende. Grâce à cette transmission familiale et artistique, Thomas perpétue cette lumière musicale, glissant parfois sur scène un titre de sa mère pour évoquer sa mémoire. Le documentaire Ce qui nous tient debout s’intègre dans une attention renouvelée aux récits intimes de maladie et de résilience, rappelant d'autres figures comme Céline Dion ou Alain Chamfort, ouvrant une réflexion collective sur la fin de vie et le rôle salvateur de la créativité. Une chanson douce pour illuminer l’ombre Finalement, l’histoire que raconte Thomas Dutronc est un appel à chercher, même dans les heures les plus sombres, une petite lumière, une mélodie apaisante. La musique, au chevet de l’être aimé, est une force tendre, une manière d’accompagner la vie quand les mots se font rares. Cette leçon d’humanité résonne bien au-delà de la sphère familiale, touchant tous ceux qui ont connu la douleur et la perte. Sources : Gala, Paris Match, Voici, Yahoo Style, TF1 Info, Le Parisien, L’Obs
- Sous les étoiles de Bagnols, Ben Mazué réinvente son « Famille Tour »
Le vent tombe d’un coup sur le Mont-Cotton et, pendant qu’on ajuste un projecteur, quelqu’un glisse en rigolant : « De toute façon, chaque concert est unique… ». Cette phrase emblématique de Ben Mazué, dévoilée quelques jours avant son passage aux Nuits du Mont-Cotton, résume parfaitement l'esprit de sa tournée actuelle. C’est le vendredi 10 juillet 2026, à Bagnols-sur-Cèze, l’une des rares haltes méridionales de l'artiste cet été, que ce théâtre de verdure en plein air va accueillir une performance où la chanson française trouve un nouvel élan, mêlant grande machinerie scénique et une intimité presque domestique. Un artiste à la croisée des chemins: de la médecine à la musique La trajectoire de Ben Mazué s'observe telle une ligne claire sur une carte. Ancien médecin de formation reconverti en auteur-compositeur-interprète, il est devenu une voix singulière de la scène française contemporaine. Né pour raconter des histoires, il a trouvé sa véritable vocation sur scène, où sa finesse narrative se mêle à une musicalité délicate. Son site officiel référence une tournée imposante qui mêle festivals d'été – du Parc de Valmy à Argelès jusqu’au Festi’neuch en Suisse – et salles prestigieuses comme les Zéniths de France et les grandes arènes. Au milieu de ce marathon musical, Bagnols-sur-Cèze s'impose comme une étape clé, offrant à la fois une parenthèse intimiste et une vitrine régionale mise en lumière par l’office de tourisme du Gard. Les Nuits du Mont-Cotton : un écrin pour la modernité et la fidélité Plus qu’un simple concert, cette date s’inscrit comme un dialogue de longue date entre l’artiste et son producteur, fidèle depuis les débuts. Dans une interview au Midi Libre, Ben Mazué insiste sur la dimension artisanale de son métier, contrastant avec l’industrie de masse, et souligne l’importance d’une scénographie pensée pour raconter une histoire cohérente, que ce soit dans un théâtre de verdure ou dans les Zéniths les plus grands. Le challenge logistique du festival qu’il traverse ce soir est considérable, avec dix musiciens et choristes alignés sur scène. Pour les organisateurs, c’est « l’un des plus gros défis logistiques de l’histoire du festival ». Famille Tour 2026 : une dualité spectacle-spontanéité Sur Instagram, l'affiche aux couleurs joyeuses du Famille Tour été 2026 met en exergue une tournée aux multiples visages : des fêtes de la musique intimistes aux grandes salles millimétrées. Là où la tournée de printemps en Zénith (auxquels s’ajoutent de nouvelles dates pour l’automne) se compose d’un spectacle précis et structuré, le format est transfiguré pendant la saison estivale. Ben Mazué confie au journaliste : « L’été apporte une forme de liberté » et l’ambiance est « plus détendue, plus spontanée ». Cette spontanéité contraste avec la rigueur nécessaire aux grandes scènes, où les lumières et les vidéos sont calibrées à la seconde près. Le choix des morceaux est un voyage à travers ses émotions et souvenirs : « Quand je marche », « Famille », « Résolution », « 10 ans de nous », « Nous deux contre le reste du monde » ou « Cécile » sont autant de titres qui invitent le public à une expérience sensible et intime. L’expérience du concert : proximité et émotion au cœur Le théâtre de verdure du Mont-Cotton est un écrin unique où l’on peut entendre les cigales, sentir la brise tiède et observer chaque expression sur le visage des spectateurs. Cette proximité transforme la relation artiste-public en partage authentique. On imagine aisément un enfant serré contre son père sur « 10 ans de nous », une mère remuant silencieusement les souvenirs avec « Nous deux contre le reste du monde », ou encore un adolescent découvrant ce chanteur qui parle autant qu’il chante. Ce soir à Bagnols, le concert se tient loin des projecteurs des grandes villes, mais incarne pleinement cette idée noble de la chanson française : s’adresser à l’humain dans ce qu’il a de plus universel, sans renoncer ni à la pudeur ni à la franchise. Un laboratoire pour la suite de sa carrière Plus qu’un simple concert isolé, cette soirée est un véritable laboratoire à ciel ouvert. Ben Mazué avoue garder le trac au premier accord, mais laisse très vite place au plaisir et à l’envie de transmettre. Il ambitionne d’éveiller le désir de faire de la musique chez ses spectateurs, une passion qu'il considère vitale. Alors que la tournée s'étend en automne sur Nantes, Strasbourg, Genève, Paris et ailleurs, la dualité entre les formats intimistes et les grandes scènes reste au cœur de son projet artistique. Il s’agit d’une posture rare dans le paysage de la variété française, où l’on voit souvent s’imposer une uniformisation des spectacles. Conjuguant proximité et professionnalisme, Ben Mazué prouve qu’il est possible, pour un artiste de sa génération, d’assumer une carrière grand public sans sacrifier la chaleur et la sincérité. Conclusion : un concert unique au cœur de la chanson française En quittant le Mont-Cotton ce soir-là, la conviction est forte : ce concert restera une de ces soirées où la chanson française a su prendre son temps, s’asseoir parmi son public, et créer un moment unique. Comme il le dit lui-même, « chaque concert est unique » — à Bagnols-sur-Cèze, sous les étoiles, cette promesse a été tenue avec brio.
- Ben Mazué sous les étoiles du Mont Cotton : quand une « Famille » entière se donne rendez-vous à Bagnols
Il y a des soirs où un simple théâtre de verdure se transforme en salon à ciel ouvert. Le 10 juillet 2026, au Mont Cotton de Bagnols‑sur‑Cèze, Ben Mazué ne offrira pas seulement un concert : il prolongera une conversation entamée depuis des années avec son public. En compagnie de Maïa, jeune révélation de la Star Academy, son « Famille Tour » fera une escale rare dans le sud-est, portée par un bouche-à-oreille fidèle qui l'a hissé du statut d'auteur discret à celui de figure majeure de la chanson française contemporaine. Un lieu, une ambiance : l’écrin naturel du Mont Cotton Le théâtre de verdure du Mont Cotton est un écrin exceptionnel qui offre chaque été une programmation mêlant artistes et public dans une proximité chaleureuse. Sous les pins et sur les gradins de pierre, l’atmosphère s’installe avec douceur tandis que les dernières lumières du jour enveloppent le Gard rhodanien. Pour les spectateurs, ces lieux ne sont pas simplement un lieu de spectacle, mais un point de rencontre convivial où les conversations s'animent, souvent ponctuées de chuchotements des refrains familiers de Ben Mazué, comme « 25 ans », « Paradis » ou « Quand je marche ». Le parcours musical de Ben Mazué : de l’intime à l’universel Pour pleinement comprendre l’importance de ce concert à Bagnols, il convient de revenir sur l'évolution de Ben Mazué. Depuis son premier album éponyme en 2011, l’artiste a tracé un chemin marqué par une écriture sincère et délicate, qui s’est notamment révélée avec Paradis en 2020, album certifié platine. Son Famille, sorti récemment, représente un tournant majeur, une plongée profonde dans les liens qui façonnent nos existences. Plus qu’une simple succession de titres, cet album est comme une discussion intime – « un album que l’on écoute comme on prend des nouvelles d’un ami », résume son site officiel. Le disque a été conçu durant une période de bouleversement personnel, mélange subtil de pudeur, d’humour et d’une douce mélancolie, signe d’une maturité artistique assumée. Le "Famille Tour" : une tournée pour partager plus qu’un concert Le Famille Tour marque une nouvelle étape dans la carrière de Ben Mazué, avec des spectacles où la musique se mêle à la narration, créant des moments de communion. Après plusieurs Olympia complets et une tournée des Zéniths à guichets fermés, la demande exigeante a conduit l’artiste et son équipe à ajouter plusieurs dates à travers toute la France, de Lille à Nice. Ces concerts jouent sur la force de la proximité malgré les grandes salles, où l’artiste continue de converser avec son public à hauteur d’homme. Les festivals ne sont pas en reste, avec des rendez-vous comme le Festival ODP ou Les Solidarités. Un programme d’été à Bagnols : variété et transmission Dans le cadre des Nuits du Mont Cotton, la soirée du 10 juillet ouvre ce cycle musical autour de la variété populaire authentique. Ben Mazué sera suivi par des artistes comme Hélène Ségara, célébrant ses 30 ans de carrière, puis par une Nuit des hits 80-90, illustrant la capacité du théâtre à traverser les générations. Cette programmation fait résonner en harmonie nostalgie et modernité, soulignant l’importance des récits personnels et collectifs dans la chanson française d’aujourd’hui. Maïa : une nouvelle voix pleine de promesses La présence de Maïa, jeune talent de la Star Academy, en ouverture du concert est symbolique. Issue d’un apprentissage récent mais déterminé, elle incarne la relève artistique animée par la volonté de mêler légèreté et poésie dans les épreuves du quotidien. Son style s’harmonise étonnamment bien avec l’univers de Ben Mazué, qui a lui-même su construire sa carrière autour de la simplicité et de l’authenticité des mots ordinaires. A Bagnols, Maïa disposera de 25 minutes pour enchanter le public avec ses compositions et quelques exclusivités, offrant ainsi un véritable passage de flambeau discret mais marquant. Une proximité rare dans un contexte de grandes scènes Malgré la montée en puissance de Ben Mazué sur les grandes scènes – Zéniths, arénas et festivals –, la relation privilégiée avec son audience reste intacte. Les témoignages et critiques évoquent un artiste qui parle avec une sincérité désarmante des ruptures, de ses enfants, de ses peurs, sans cynisme ni posture. Cette authenticité, renforcée par son podcast « Amour Jungle », où il échange avec des personnalités variées autour des thèmes du cœur, invite à une écoute complice, presque familiale. Le cadre naturel du Mont Cotton constitue ainsi le décor idéal pour ce dialogue musical humain et sensible. Le pari réussi d’une soirée partagée sous les étoiles gardoises Le 10 juillet à Bagnols-sur-Cèze, le Famille Tour s’inscrit comme un instant suspendu où le quotidien, traversé de fragilités et de fidélités, prend une forme chantée. Loin d’être un simple concert, il s’agit d’une invitation à partager un miroir des amours et des liens qui nous façonnent. Si ces nuits d’été voient des pères fredonner « La femme idéale » en tenant la main de leur fille ou des couples se serrer pendant « Des nouvelles », alors le pari d’une musique à la fois intime et populaire aura pleinement réussi. Un rendez-vous à ne pas manquer dans le théâtre de verdure du Mont Cotton, où la musique de Ben Mazué trouve son écrin parfait : simple, naturelle, partagée sous les étoiles. Sources principales : benmazue.fr, tourismegard.com, lapyramidebagnols.fr, tvsudmagazine.fr, sortiraparis.com, songkick.com
- Billy Blanchard à la Fashion Week : héritier de la fantaisie artistique de Philippe Katerine
Sur le trottoir parisien, devant le défilé Jean Paul Gaultier Haute Couture, une apparition singulière a captivé l'attention : Billy Blanchard, 15 ans, fils de Philippe Katerine et Julie Depardieu, a déambulé avec une aisance naturelle et un style audacieux, incarnant à merveille l'héritage fantaisiste de son père. Ce jeune adolescent, lunettes cœurs rouges sur le nez et sac à main bleu métallique en forme de voiture, a forcé l'admiration dans l'ambiance stricte et élitiste de la Fashion Week par son audace et sa fraîcheur. Une héritage artistique profondément ancré Pour comprendre l'importance de cette apparition, il faut revenir aux racines familiales et culturelles de Billy. Philippe Katerine, reconnu pour son approche décalée de la chanson française, a su imposer un univers où l'absurde et la poésie se mêlent dans une ambiance colorée et joyeuse. Ses vidéoclips, ses performances et sa musique témoignent d'une fantaisie très française, qu'il transmet sans retenue à son fils, aperçu dès 2016 dans le clip Moment Parfait. De son côté, Julie Depardieu, actrice aux rôles marquants et fille de Gérard Depardieu, apporte à la famille un héritage artistique profond, alliant sensibilité et rigueur. Leur union forme une alliance improbable mais évidente, qui nourrit la construction personnelle et artistique de leurs enfants, notamment Billy, éduqué dans un environnement ouvert et artistique, loin des mondanités parisiennes habituelles. À la croisée des arts : cinéma, musique et mode Billy ne se contente pas d’être un simple « fils de ». Depuis son jeune âge, il explore différentes avenues artistiques : après des apparitions dans les clips de son père, il fait ses débuts d’acteur en 2023 dans le téléfilm historique Le Secret de la princesse de Carignan. Cette immersion plurielle dans le spectacle et l’image témoigne d’une éducation artistique transversale, où la musique, le cinéma et désormais la mode s'entrelacent. Son choix de participer à la Fashion Week en arborant une tenue résolument androgyne et un sac-voiture hors-norme renvoie à l’esprit joyeux et libre de Jean Paul Gaultier, un autre maître français de la mode qui célèbre la marge esthétique et la mixité des genres. Cela souligne aussi une continuité dans l’héritage artistique et la valorisation d’une identité fluide, créative et assumée. Réception médiatique et enjeux contemporains L’apparition de Billy lors du défilé Haute Couture automne-hiver 2026-2027 a déclenché une vague d’intérêt sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias dédiés à la mode et aux célébrités. Si les commentaires positifs soulignent son audace et sa personnalité affirmée, d’autres critiques virulentes pointent du doigt la surexposition médiatique des enfants de stars et les accusations d’élitisme culturel. Ce débat reflète une problématique actuelle majeure : comment une famille artistique française peut-elle promouvoir fièrement son héritage et soutenir la créativité de sa progéniture, tout en protégeant la jeunesse face à l’opinion publique parfois sévère et au poids de la visibilité numérique ? Cette dualité entre fierté familiale et respect de l'intimité adolescent est au cœur des enjeux contemporains de la célébrité médiatique. Une trajectoire à suivre Plus qu’une apparition éphémère, la présence de Billy Blanchard à la Fashion Week révèle la naissance d’une figure montante de la scène artistique parisienne, à l’intersection du cinéma, de la musique et de la mode. Cette visibilité nouvelle suscite la curiosité : continuera-t-il à suivre les traces de ses illustres parents, ou tracera-t-il sa propre voie dans un domaine encore inexploré ? Pour l’heure, c’est avec une naturelle fantaisie qu’il traverse les flashs, lunettes-cœurs et sac-voiture en main, incarnant une jeunesse française libre et audacieuse. Une jeunesse qui, comme chanté par Philippe Katerine, ose la couleur, l’enfance et la fragilité avec une simplicité désarmante. La fantaisie, chez Billy, est décidément une affaire de famille.
- Thomas Dutronc, la musique comme dernière main tendue à Françoise Hardy
Dans le silence feutré d’une chambre de réanimation à l’hôpital américain de Neuilly, un moment fragile s’impose : un visage immobile, des machines clignotantes qui rythment des secondes suspendues, et soudain un éclat, un sourire esquissé, fragile, fugace. C’est ce souvenir que Thomas Dutronc partage avec une sincérité poignante dans le documentaire Ce qui nous tient debout de Matthieu Lartot, diffusé en juillet 2026 sur france.tv. Une histoire familiale tissée par la musique Thomas Dutronc, guitariste reconnu, fils de l’icône de la chanson française Françoise Hardy, raconte ces instants où, alors que sa mère était plongée dans le coma et sous sédation, il lui a fait écouter des chansons qu’elle appréciait particulièrement, telles que « Sésame » ou « Aragon ». Cette petite brèche ouverte par la musique a révélé, dans la nuit la plus noire, un pouvoir insoupçonné, celui d’un lien immatériel et indestructible entre un fils et sa mère à travers les mélodies et les mots. Le combat contre le cancer de Françoise Hardy Françoise Hardy a lutté durant plusieurs années contre un cancer du pharynx qui a finalement eu raison d’elle le 11 juin 2024, à l’âge de 80 ans. Cette maladie incurable a transformé son quotidien et celui de ses proches. Thomas Dutronc évoque avec respect et pudeur le combat acharné de sa mère, qui ne voulait pas mourir mais refusait aussi l’acharnement thérapeutique. Dans un cadre médical très encadré, les soins palliatifs ont accompagné cette fin de vie douloureuse, permettant d’atténuer les souffrances tout en préservant la dignité et la liberté d’être. Un accompagnement humain au cœur de la maladie Au-delà du combat médical, ce sont les liens d’humanité et d’affection qui ont soutenu Françoise Hardy et ceux qui l’entouraient. Thomas insiste sur l'importance capitale de ne jamais laisser une personne malade seule, soulignant que « l’un des pires trucs quand on est malade, c’est de ne pas être accompagné ». Ce témoignage s’inscrit parfaitement dans la philosophie du documentaire Ce qui nous tient debout, qui explore la fin de vie, le cancer et les relations humaines qui permettent de tenir et d’espérer. Le deuil et la création musicale: un dialogue avec la mémoire Deux ans après la disparition de Françoise Hardy, Thomas Dutronc continue de porter ce deuil avec finesse et authenticité. À travers son album Il n’est jamais trop tard publié en septembre 2024, il exprime un engagement artistique traversé par la perte mais aussi par la lumière que peut procurer la musique. Ce disque mêle mélancolie et élégance, oscillant entre jazz manouche et sonorités pop, en un hommage discret à sa mère et à leur lien familial si fort. Un voyage en Corse pour apaiser la douleur Pour surmonter les premiers chocs du deuil, Thomas Dutronc a choisi le repli dans la nature, passant un mois en Corse à marcher seul, cherchant un équilibre entre solitude et renaissance. Cette période de recul est non seulement un témoignage d’introspection, mais aussi une source d’inspiration pour son écriture et ses performances scéniques, qui ont repris dès 2025 avec la même intensité sensible sur les scènes de Jazz in Marciac ou du festival de Jazz à Vienne. Une parole essentielle sur la fin de vie et l’euthanasie Le témoignage de Thomas Dutronc s’inscrit dans un cadre sociétal marqué par des débats vifs sur l’euthanasie et la qualité de l’accompagnement en fin de vie en France. Il clarifie avec honnêteté qu’« on n’a pas fait d’euthanasie », mais que les équipes médicales ont choisi de soulager et d’accompagner sans prolonger inutilement la souffrance. Ce regard personnel contribue à ouvrir la parole sur des réalités parfois taboues, faisant rayonner des valeurs d’humilité, de tendresse et de respect. Un hommage vibrant et discret La cérémonie d’adieu à Françoise Hardy au cimetière du Père-Lachaise a réuni famille, amis et une foule d’artistes admiratifs, témoignant de l’impact immense qu’elle a eu sur plusieurs générations. Cet ultime hommage a su préserver l’intimité tout en célébrant l’héritage artistique et humain de la chanteuse. Thomas Dutronc, avec son jeu de guitare élégant et ses mots justes, incarne à la fois la continuité et la nouveauté d’une lignée artistique incomparable. La musique comme ultime héritage et réconfort Plus qu’un simple artiste, Thomas Dutronc incarne une voix qui parle de la vie, de la maladie et du deuil avec une vérité rare. Par la musique qu’il a partagée avec sa mère jusqu’à son dernier souffle, par ses albums et concerts, il continue à faire vivre la mémoire de Françoise Hardy. Son parcours résonne comme un appel à maintenir le lien humain dans les épreuves, rappelant que la musique peut, parfois, être la dernière main tendue vers ceux qu’on aime. Ainsi, l’histoire de Thomas Dutronc et sa mère illustre l’éternelle puissance des mélodies pour traverser la douleur et préserver la lumière de l’amour, un message universel et profondément humain au cœur du jazz, de la chanson française, et du récit intime qui nous touche tous.
- À Béziers, Ben l’Oncle Soul rallume la flamme de la soul française
Je me souviens très bien du moment où j’ai compris que Ben l’Oncle Soul n’était pas seulement « le gars d’I’m a Soulman ». C’était un soir de festival, loin des grandes scènes télé, quand sa voix avait fait taire d’un coup les discussions au fond de la pelouse. Vendredi 10 juillet 2026, au domaine de Bayssan, à Béziers, c’est exactement ce qui se joue à nouveau : cette capacité presque surnaturelle qu’a Ben à transformer un amphithéâtre à ciel ouvert en club soul intimiste. Un concert d’ouverture mémorable aux Nuits musicales de Bayssan Il ouvre les Nuits musicales de Bayssan en tête d’affiche, porté par son nouvel album Sad Generation, sorti au printemps 2025 et déjà bien rodé sur scène. La presse locale décrit son arrivée comme le vrai coup d’envoi d’une semaine de concerts mêlant funk, soul, reggae et rock, qui s’étire jusqu’au 17 juillet, avec en finale un hommage à Rachid Taha (midilibre.fr). Sur l’affiche de Béziers, Ben l’Oncle Soul est précédé par les Montpelliérains de Head Fools, un groupe funk qui tire clairement du côté de Maceo Parker et James Brown, histoire d’ouvrir le bal dans la sueur et les cuivres avant que le « Tonton » préféré des Français ne prenne le relais. Une affiche métissée au service de la musique noire En regardant le programme détaillé du festival, on mesure à quel point sa présence sert de pivot : Nina Attal, Electro Deluxe, Queen Omega, puis la soirée en partenariat avec le festival Arabesques, tout est construit comme une célébration de la musique noire et métissée (beziers-mediterranee.uk, infolocale.fr). Dans ce décor méditerranéen, entre vignobles et vent chaud qui tombe à la nuit, la soul de Ben trouve une résonance particulière : un crooner français, nourri à Bill Withers, Marvin Gaye et toute une tradition américaine, qui vient faire danser une région où l’on a davantage l’habitude des bandas et des soirées feria. La trajectoire singulière de Ben l’Oncle Soul En préparant cette soirée de Béziers, je replonge dans ce qu’est devenu Ben l’Oncle Soul ces dernières années. Il y a d’abord cette trajectoire unique, racontée par les programmateurs de Crest Jazz, qui le présentent comme un « prêcheur de la bonne parole soul » au fil d’une décennie fructueuse : un live au Zénith de Paris, un album enregistré avec les Californiens de Monophonics, une relecture très personnelle de Sinatra, puis ce tournant d’Addicted to You en 2020, au moment où il devient père et décide de reprendre la main sur tous les aspects de sa création (crestjazz.com). Exit les grosses majors, bonjour le label maison, Enchanté, et cette envie de remettre « l’amour du son » au centre. C’est sur ce socle qu’est né Sad Generation, sorti le 21 mars 2025 via Enchanté et Believe. Dans un long papier enthousiaste, le site Sounds So Beautiful parle d’un disque « brut, honnête et bouleversant », porté par les singles I Gøt Home et I’m Gøød, salués par des médias internationaux comme VIBE, Metal Magazine ou JazzSoul (soundssobeautiful.net). Sad Generation : un pont entre héritage et modernité De l’autre côté de l’Atlantique, The Nuance Magazine souligne la manière dont l’album construit un pont entre classic soul, blues, funk psychédélique et production très contemporaine, avec des textes qui collent à l’état d’esprit d’une génération inquiète sans jamais renoncer à la lumière (thenuancemagazine.com). Lors d’une interview, Ben confie d’ailleurs que Sad Generation est « une photo fidèle » de ce qu’il est aujourd’hui, « un équilibre entre le neuf et l’ancien », au point de considérer que c’est, à ses yeux, son meilleur disque. France 24, qui l’a reçu dans son émission Arts24, insiste sur ce retour aux racines : le chanteur y raconte comment il a voulu refaire de la soul non pas un vernis vintage mais un langage vivant, capable de dire la mélancolie, le doute, mais aussi la foi dans ce qui relie les êtres (france24.com). Une voix et une scène à la hauteur de ses ambitions Sur la scène de l’amphithéâtre Claude-Nougaro, à Bayssan, toutes ces strates de sa trajectoire viennent se déposer dans le grain d’une voix. Midi Libre évoque une soul « vibrante et authentique », où se mêlent groove vintage, jazz, reggae, et des textes engagés autour de la société, de la transmission et de l’identité (midilibre.fr). Sur ses réseaux sociaux officiels, Ben annonce depuis des mois cette tournée Sad Generation, tissant un fil entre les festivals de l’été – Cognac Blues Passion, Nuits du Sud à Vence, Jazz in Ajaccio, Crest Jazz, Morzine Harley Days – et des dates plus intimistes en salle, comme celles prévues à l’Élysée Montmartre ou en Belgique (benlonclesoul.fr, facebook.com/BenlOncleSoul). Un mélange unique de chaleur, générosité et précision Ce qui frappe, quand on met bout à bout les comptes rendus de concerts et les réactions du public, c’est la constance : partout, le même mélange de chaleur, de générosité et de précision scénique. Une journaliste de The Nuance Magazine décrit la montée en puissance de By Yøur Side, dont la construction « à l’ancienne » – cordes, chœurs, montée d’orgue – rappellerait les grandes heures de la soul si la production n’y injectait pas cette nervosité très actuelle (thenuancemagazine.com). Sounds So Beautiful insiste, de son côté, sur la manière dont Sad Generation transforme « l’émotion brute en expression soul », faisant de Ben un raconteur d’histoires capable de faire tenir dans un même morceau la nostalgie de l’enfance, les angoisses du monde et le besoin d’aimer malgré tout (soundssobeautiful.net). Un artiste engagé dans un héritage métissé À Béziers, cette puissance émotionnelle prend un relief particulier. Le festival a choisi de placer en clôture un hommage collectif à Rachid Taha, figure d’une autre forme de métissage musical, où l’arabe, le rock et la chanson française se répondaient. En ouvrant ce cycle de Nuits musicales, Ben s’inscrit à sa manière dans cette lignée d’artistes qui refusent les frontières et préfèrent faire dialoguer les héritages plutôt que les opposer. Quand il chante la fragilité d’une « génération triste », on est loin de la posture victimaire : il y a au contraire, dans son sourire un peu timide, dans ses appels au public, quelque chose qui relève de la consolation très simple, presque fraternelle. J’y vois une vertu profondément humaine, presque spirituelle, à mille lieues des cynismes de mode : rappeler que la soul, au fond, n’est pas qu’un style, mais une manière de prendre soin des âmes. Perspectives et suite de la tournée Sad Generation Et si Béziers n’est qu’une étape dans une longue tournée, cette date dit déjà beaucoup de la suite : un artiste désormais pleinement maître de son art, libre de ses choix, qui confirme sur scène ce que ses albums laissaient deviner. On attend maintenant de voir où cette Sad Generation le mènera : vers un nouveau disque, peut-être, ou vers des collaborations inattendues. En sortant du domaine de Bayssan, un air collé au cœur, je me dis surtout que, quinze ans après son premier tube, Ben l’Oncle Soul continue de faire exactement ce que l’on demande aux grands chanteurs : nous tenir debout, ensemble, le temps d’une chanson.












