À Béziers, Ben l’Oncle Soul rallume la flamme de la soul française
- ER

- 1 day ago
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Je me souviens très bien du moment où j’ai compris que Ben l’Oncle Soul n’était pas seulement « le gars d’I’m a Soulman ». C’était un soir de festival, loin des grandes scènes télé, quand sa voix avait fait taire d’un coup les discussions au fond de la pelouse. Vendredi 10 juillet 2026, au domaine de Bayssan, à Béziers, c’est exactement ce qui se joue à nouveau : cette capacité presque surnaturelle qu’a Ben à transformer un amphithéâtre à ciel ouvert en club soul intimiste.
Un concert d’ouverture mémorable aux Nuits musicales de Bayssan
Il ouvre les Nuits musicales de Bayssan en tête d’affiche, porté par son nouvel album Sad Generation, sorti au printemps 2025 et déjà bien rodé sur scène. La presse locale décrit son arrivée comme le vrai coup d’envoi d’une semaine de concerts mêlant funk, soul, reggae et rock, qui s’étire jusqu’au 17 juillet, avec en finale un hommage à Rachid Taha (midilibre.fr). Sur l’affiche de Béziers, Ben l’Oncle Soul est précédé par les Montpelliérains de Head Fools, un groupe funk qui tire clairement du côté de Maceo Parker et James Brown, histoire d’ouvrir le bal dans la sueur et les cuivres avant que le « Tonton » préféré des Français ne prenne le relais.
Une affiche métissée au service de la musique noire
En regardant le programme détaillé du festival, on mesure à quel point sa présence sert de pivot : Nina Attal, Electro Deluxe, Queen Omega, puis la soirée en partenariat avec le festival Arabesques, tout est construit comme une célébration de la musique noire et métissée (beziers-mediterranee.uk, infolocale.fr). Dans ce décor méditerranéen, entre vignobles et vent chaud qui tombe à la nuit, la soul de Ben trouve une résonance particulière : un crooner français, nourri à Bill Withers, Marvin Gaye et toute une tradition américaine, qui vient faire danser une région où l’on a davantage l’habitude des bandas et des soirées feria.
La trajectoire singulière de Ben l’Oncle Soul
En préparant cette soirée de Béziers, je replonge dans ce qu’est devenu Ben l’Oncle Soul ces dernières années. Il y a d’abord cette trajectoire unique, racontée par les programmateurs de Crest Jazz, qui le présentent comme un « prêcheur de la bonne parole soul » au fil d’une décennie fructueuse : un live au Zénith de Paris, un album enregistré avec les Californiens de Monophonics, une relecture très personnelle de Sinatra, puis ce tournant d’Addicted to You en 2020, au moment où il devient père et décide de reprendre la main sur tous les aspects de sa création (crestjazz.com).
Exit les grosses majors, bonjour le label maison, Enchanté, et cette envie de remettre « l’amour du son » au centre. C’est sur ce socle qu’est né Sad Generation, sorti le 21 mars 2025 via Enchanté et Believe. Dans un long papier enthousiaste, le site Sounds So Beautiful parle d’un disque « brut, honnête et bouleversant », porté par les singles I Gøt Home et I’m Gøød, salués par des médias internationaux comme VIBE, Metal Magazine ou JazzSoul (soundssobeautiful.net).
Sad Generation : un pont entre héritage et modernité
De l’autre côté de l’Atlantique, The Nuance Magazine souligne la manière dont l’album construit un pont entre classic soul, blues, funk psychédélique et production très contemporaine, avec des textes qui collent à l’état d’esprit d’une génération inquiète sans jamais renoncer à la lumière (thenuancemagazine.com).
Lors d’une interview, Ben confie d’ailleurs que Sad Generation est « une photo fidèle » de ce qu’il est aujourd’hui, « un équilibre entre le neuf et l’ancien », au point de considérer que c’est, à ses yeux, son meilleur disque. France 24, qui l’a reçu dans son émission Arts24, insiste sur ce retour aux racines : le chanteur y raconte comment il a voulu refaire de la soul non pas un vernis vintage mais un langage vivant, capable de dire la mélancolie, le doute, mais aussi la foi dans ce qui relie les êtres (france24.com).
Une voix et une scène à la hauteur de ses ambitions
Sur la scène de l’amphithéâtre Claude-Nougaro, à Bayssan, toutes ces strates de sa trajectoire viennent se déposer dans le grain d’une voix. Midi Libre évoque une soul « vibrante et authentique », où se mêlent groove vintage, jazz, reggae, et des textes engagés autour de la société, de la transmission et de l’identité (midilibre.fr).
Sur ses réseaux sociaux officiels, Ben annonce depuis des mois cette tournée Sad Generation, tissant un fil entre les festivals de l’été – Cognac Blues Passion, Nuits du Sud à Vence, Jazz in Ajaccio, Crest Jazz, Morzine Harley Days – et des dates plus intimistes en salle, comme celles prévues à l’Élysée Montmartre ou en Belgique (benlonclesoul.fr, facebook.com/BenlOncleSoul).
Un mélange unique de chaleur, générosité et précision
Ce qui frappe, quand on met bout à bout les comptes rendus de concerts et les réactions du public, c’est la constance : partout, le même mélange de chaleur, de générosité et de précision scénique. Une journaliste de The Nuance Magazine décrit la montée en puissance de By Yøur Side, dont la construction « à l’ancienne » – cordes, chœurs, montée d’orgue – rappellerait les grandes heures de la soul si la production n’y injectait pas cette nervosité très actuelle (thenuancemagazine.com).
Sounds So Beautiful insiste, de son côté, sur la manière dont Sad Generation transforme « l’émotion brute en expression soul », faisant de Ben un raconteur d’histoires capable de faire tenir dans un même morceau la nostalgie de l’enfance, les angoisses du monde et le besoin d’aimer malgré tout (soundssobeautiful.net).
Un artiste engagé dans un héritage métissé
À Béziers, cette puissance émotionnelle prend un relief particulier. Le festival a choisi de placer en clôture un hommage collectif à Rachid Taha, figure d’une autre forme de métissage musical, où l’arabe, le rock et la chanson française se répondaient. En ouvrant ce cycle de Nuits musicales, Ben s’inscrit à sa manière dans cette lignée d’artistes qui refusent les frontières et préfèrent faire dialoguer les héritages plutôt que les opposer.
Quand il chante la fragilité d’une « génération triste », on est loin de la posture victimaire : il y a au contraire, dans son sourire un peu timide, dans ses appels au public, quelque chose qui relève de la consolation très simple, presque fraternelle. J’y vois une vertu profondément humaine, presque spirituelle, à mille lieues des cynismes de mode : rappeler que la soul, au fond, n’est pas qu’un style, mais une manière de prendre soin des âmes.
Perspectives et suite de la tournée Sad Generation
Et si Béziers n’est qu’une étape dans une longue tournée, cette date dit déjà beaucoup de la suite : un artiste désormais pleinement maître de son art, libre de ses choix, qui confirme sur scène ce que ses albums laissaient deviner. On attend maintenant de voir où cette Sad Generation le mènera : vers un nouveau disque, peut-être, ou vers des collaborations inattendues.
En sortant du domaine de Bayssan, un air collé au cœur, je me dis surtout que, quinze ans après son premier tube, Ben l’Oncle Soul continue de faire exactement ce que l’on demande aux grands chanteurs : nous tenir debout, ensemble, le temps d’une chanson.




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