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À Val-de-Cognac, Gauvain Sers ramène son "Boulevard de l’enfance" en Champagne charentaise

  • Writer: ER
    ER
  • 10 minutes ago
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J’ai l’image très nette : un soir de janvier, la brume qui colle aux vignes entre Cognac et Saintes, les phares d’une voiture qui se faufilent jusqu’à cette salle posée au milieu de la campagne, l’Abaca, et sur l’affiche lumineuse un nom qu’on associe plus volontiers aux grandes métropoles qu’aux bourgs charentais : Gauvain Sers. Le 22 janvier 2027, le chanteur creusois viendra présenter sur la scène de Val-de-Cognac son quatrième album, Boulevard de l’enfance, dans une salle qui fête tout juste ses dix ans d’existence. J’aime bien cette rencontre presque à contre-jour : un auteur-compositeur dont les chansons racontent les « petites gens » et un équipement culturel communal parfois contesté à sa naissance mais devenu, au fil des saisons, un vrai point de ralliement pour les habitants.

En lisant le papier de la Charente Libre publié le 31 mai 2026, je tombe sur la phrase de Patrick Audebert, adjoint à la culture, qui résume tout : « Il faut des supports pour le spectacle vivant, car le théâtre est un lien social » (source). La venue de Gauvain Sers, annoncée aux côtés de l’humoriste Gérémy Credeville pour la saison 2026-2027, prend tout de suite une autre couleur : il ne s’agit pas seulement d’un concert de chanson française de plus, mais d’un chapitre supplémentaire dans la petite histoire d’un lieu qui s’est imposé comme un « bel outil au niveau de la région », comparable à Rouillac ou aux autres scènes charentaises.

Gauvain Sers : un auteur engagé aux racines provinciales

Pour comprendre pourquoi cette date charentaise compte dans l’actualité de Gauvain Sers, il faut remonter un peu le fil. Après trois albums bien installés dans le paysage – Pourvu, Les Oubliés et Ta place dans ce monde –, le chanteur a sorti fin mars 2026 Boulevard de l’enfance, chez BMG, un quatrième disque présenté comme un retour à la fois plus intime et plus lumineux sur sa jeunesse et sur la bascule de la paternité. La Fnac, qui le met en avant en vinyle et CD, insiste sur ce mélange de confidences, de poésie et d’engagement caractéristique de son écriture (fnac.com).

Dans une longue interview accordée au quotidien belge L’Avenir fin avril 2026, Gauvain Sers explique que le fait d’élever un enfant lui a fait retrouver « une forme d’insouciance », tout en le rendant plus lucide sur le monde que sa génération laisse à la suivante (lavenir.net).

Un album qui conjugue mémoire, famille et engagement social

France Télévisions, via l’émission musicale "Basique" et un passage dans Taratata, a saisi ce fil : sur leurs plateformes, on le voit détailler la genèse de ce Boulevard de l’enfance, comment il a rembobiné ses souvenirs de gamin de province, ses routes vers Paris, ses colères sociales transposées dans le regard d’un père (france.tv, YouTube).

De Dork, média musical britannique qui consacre une fiche détaillée à l’album (readdork.com), à des sites francophones comme Info-Lux qui chroniquent son passage en Belgique (info-lux.com), tout le monde souligne la même chose : la patte Sers est intacte – ce mélange de récit social, de tendresse et de mélancolie – mais elle se pose cette fois sur des thèmes plus familiaux, moins rugueux en apparence, sans abandonner les convictions qui ont fait son succès.

Une tournée qui mêle grandes scènes et proximité

Pendant que le disque s’installe, la tournée se déploie à grande vitesse : InfoConcert recense une trentaine de dates dans toute la France sur 2026 et 2027 pour faire vivre les nouvelles chansons sur scène (infoconcert.com), Songkick confirme le même tempo de tournée, de Grenoble à Lille, en passant par une foule de villes moyennes que le chanteur affectionne (songkick.com).

Dans ce contexte, voir apparaître sur les agendas culturels la mention "Gauvain Sers – L’Abaca – Cherves-Richemont – 22 janvier 2027" n’a rien d’anecdotique : Bandsintown (bandsintown.com), Agenda Culturel (16.agendaculturel.fr) ou encore le site JDS (jds.fr) confirment la date, qui s’insère dans une logique : après les grandes salles, aller chanter en proximité, dans ces lieux qui ressemblent un peu aux décors de ses textes.

L'Abaca, un lieu symbolique pour la culture locale

L’actualité de ces derniers jours tourne d’ailleurs beaucoup autour de cette rencontre entre un artiste désormais bien installé et un réseau de scènes régionales souvent fragiles économiquement. À Val-de-Cognac, la Charente Libre rappelle que l’Abaca, inaugurée en 2016 pour un coût d’environ 2,8 millions d’euros, traîne depuis ses débuts une réputation de « caprice » de maire, avant de s’imposer par la régularité de sa programmation – une douzaine de spectacles par saison, des artistes français et internationaux comme Charlie Winston, venu en novembre 2025 (charentelibre.fr).

Dix ans plus tard, l’élu à la culture ne cache pas la fragilité financière : la salle n’est « pas rentable », affiche chaque année « le même déficit de quelques milliers d’euros », tout en s’astreignant à maintenir des tarifs accessibles, avec un plafond le plus souvent fixé à 35 euros la place.

Je trouve que c’est précisément là que la venue de Gauvain Sers prend une valeur presque symbolique : un auteur qui chante les oubliés des grandes métropoles, les ronds-points, les routes départementales, choisi pour porter une partie de la dixième saison d’une salle qui se bat pour rester un lieu de lien social et de culture partagée, ce n’est pas un hasard.

Un concert entre intimité et engagement collectif

Les agendas en ligne qui annoncent le concert mettent d’ailleurs en avant une fourchette de prix de 29,90 à 59,90 euros, ce qui laisse deviner que la date charentaise sera l’une de celles où l’on mise sur le pouvoir d’attraction national de l’artiste (billetterie.auchan.fr).

Sur ses propres réseaux, le chanteur laisse filtrer la hâte de confronter ce nouveau répertoire à des publics très différents, de la grande scène parisienne à des théâtres et des salles communales où l’on vient en famille : sur Instagram, une vidéo récente le montre résumant son disque comme « un boulevard où se croisent insouciance retrouvée et maturité », invitant les auditeurs de toutes générations à « remonter le temps » avec lui (instagram.com).

Facebook garde trace, de son côté, d’un long message où il confiait combien les retours sur la chanson-titre, "Boulevard de l’enfance", le « transpercent » et annonçait avec émotion le moment où ces morceaux « prendront vie enfin devant vous » dès les premières dates de 2026 (facebook.com).

Une étape intime au cœur de la Champagne charentaise

Tous ces indices mis bout à bout dessinent, pour le 22 janvier 2027 à Val-de-Cognac, une promesse assez claire : celle d’un concert où l’on viendra autant chercher des refrains connus que cette manière qu’a Gauvain Sers de parler à hauteur d’homme, sans posture, dans un décor qui lui ressemble.

En sortant de ce puzzle d’articles, d’agendas et d’interviews, je me surprends à imaginer la scène : public charentais mélangé, jeunes parents, grands-parents, quelques ados attirés par les clips YouTube (YouTube), et au milieu, ces nouvelles chansons qui parlent de transmission, d’éducation, de responsabilité.

Il y a quelque chose de presque évident à ce qu’elles résonnent dans une petite salle communale soutenue par ses élus malgré un déficit chronique ; comme si, en réservant sa place pour ce concert-là, chacun soutenait à la fois une certaine idée de la chanson française – narrative, populaire, respectueuse de la vie ordinaire – et la survie d’un maillage culturel local qui tient bon face aux coups de vent budgétaires.

D’ici là, la tournée de Boulevard de l’enfance aura encore beaucoup tourné, dans les Zéniths comme dans les théâtres ; mais je suis prêt à parier que Gauvain Sers se souviendra longtemps de cette halte en Champagne charentaise, et que, ce soir de janvier, en sortant de l’Abaca, beaucoup auront l’impression d’avoir passé une heure et demie à redescendre, eux aussi, leur propre boulevard de l’enfance.

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