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Olivia Ruiz, sur la route avec « ¡Vamos! » : le roman où une mère apprend à son fils ce que l’école ne dira jamais

  • Writer: ER
    ER
  • 6 days ago
  • 7 min read

Je repense à cette phrase comme à un coup de frein en plein virage : « Si je choisis la facilité, je me déçois. » Olivia Ruiz me la lance dans une interview à propos de son nouveau roman, « ¡Vamos! », et j’entends aussitôt la même détermination que dans sa voix de chanteuse, il y a vingt ans, quand elle bousculait la variété française. Cette fois, ce n’est plus sur scène qu’elle prend le risque, mais en librairie : le 29 avril 2026, elle publie chez JC Lattès son troisième roman, annoncé comme son plus intime.

Une mère en quête de transmission à travers le voyage

Une mère, Lola, plaque le confort d’une vie très réussie pour embarquer son fils de 10 ans, Ennio, dans un tour du monde d’un an. De la Floride à Cuba, du Nil à Madrid, d’Essaouira à La Havane, elle veut lui transmettre ce qu’aucun bulletin scolaire ne résume : l’amour de la vie, des autres, de leurs histoires.

Quand je lis ses confidences dans l’entretien accordé à Version Femina, je sens à quel point ce livre est né de la peur très simple, très nue, de « mourir et de laisser [son] fils affronter seul ce monde si violent ». Au fond, « ¡Vamos! » n’est pas qu’un road trip romanesque : c’est une prière de mère, déguisée en roman d’aventures.

Un prolongement littéraire et personnel

Et si l’on entend si bien cette voix, c’est parce qu’elle prolonge un chemin déjà balisé par « La Commode aux tiroirs de couleurs » et « Écoute la pluie tomber », ses deux premiers livres qui ont dépassé ensemble le demi-million de lecteurs selon Hachette et Audiolib. Là où ces romans fouillaient la mémoire familiale, l’exil espagnol, la transmission des blessures, « ¡Vamos! » déplace le projecteur : il ne s’agit plus seulement d’hériter, mais de choisir ce que l’on transmet à son tour.

Olivia Ruiz garde le même socle – les racines espagnoles, la garrigue du Languedoc, le café familial de Marseillette déjà présent dans ses précédents livres – mais elle ouvre grand les fenêtres. Le voyage qu’elle imagine pour Lola et Ennio traverse des lieux qu’elle connaît intimement : Essaouira, La Havane, Madrid, l’Égypte ; seule Orlando, en Floride, lui a demandé de la documentation, confie-t-elle.

Je vois se dessiner un atlas très personnel, fait de ports, de cafés, de villes où l’on parle fort et où l’on danse tard. Dans cet itinéraire, l’intime affleure sans se confondre avec l’autobiographie : elle insiste, Lola n’est pas Olivia, Ennio n’est pas Nino, son propre fils. Mais lorsqu’elle raconte à Femina avoir pleuré en se projetant dans ce duo mère-fils, ou encore avoir emmené récemment sa famille trois mois à Madrid pour casser la routine parisienne, je sens combien sa vie nourrit sa fiction.

La quête d’authenticité et l’expérience de l’exil temporaire

Cette expatriation temporaire, elle en parle comme d’une « bouffée d’air » pour son enfant comme pour elle, un retour à l’anonymat qui lui a permis de retrouver un naturel parfois malmené par la notoriété. Je reconnais là une hantise discrète mais constante dans son discours : celle de la posture, du regard qui déforme.

Quand un ami lui a dit au début de sa carrière que « la perception des gens » allait changer plus vite qu’elle, elle en a fait un garde-fou. À Madrid, dit-elle, elle n’avait plus peur d’être jugée. C’est ce désir d’authenticité qui irrigue « ¡Vamos! », roman d’une transfuge de classe – Lola a grimpé jusqu’à piloter une entreprise cotée au CAC 40 – rappelée à l’essentiel par ceux qu’elle avait laissés derrière elle.

Un roman initiatique solaire et lumineux

Dans le dossier de présentation de JC Lattès, comme dans l’analyse enthousiaste d’ActuaNews, le même fil apparaît : le livre est décrit comme un « roman initiatique solaire » où se mêlent mouvement, réparation, renaissance. On y retrouve cette attention aux « plus modestes », à ceux que la réussite sociale tend à effacer dans l’angle mort du confort.

C’est presque une ligne de conduite pour Olivia Ruiz : elle le dit dans plusieurs entretiens, elle veut « rendre leurs lettres de noblesse » à ceux qu’on juge trop vite, notamment en milieu rural. Quand elle évoque son village de Marseillette, la pierre, la garrigue, les châteaux cathares, j’ai l’impression de sentir l’odeur du thym chaud au bord des routes.

Dans « ¡Vamos! », ce décor n’est plus seulement souvenir, mais point de départ d’un voyage qui questionne la définition même de la richesse : est-on plus riche avec un compte en banque rassurant ou avec un enfant qui a vu le monde en marchant à nos côtés ?

Des retours critiques positifs et une dimension sensorielle forte

Les premiers retours critiques, qu’ils viennent des sites littéraires ou des médias culturels qui ont pu lire le roman en avant-première, insistent tous sur la force émotionnelle de cette question.

  • Hachette parle d’un récit « vibrant, entre road trip initiatique et quête de soi ».

  • Just Music met en avant la continuité des thèmes qui traversent les trois romans – transmission, racines, reconstruction.

  • Audiolib insiste sur la dimension sensorielle du texte, pensé d’emblée pour le livre audio.

Il y a d’ailleurs quelque chose de très cohérent à entendre la romancière elle-même prêter sa voix à cette histoire : l’artiste venue de la chanson ne renonce pas à la musique, elle la déplace.

Dans ses réponses, elle confie préparer des « lectures musicales » de « ¡Vamos! » dans de petites salles en France, comme une façon de réconcilier ses deux vies, celle de la scène et celle du bureau où l’on tape jusqu’à l’aube.

Actualité artistique et engagement personnel

Ce tissage entre musique et littérature s’inscrit dans une actualité artistique chargée : depuis 2024, Olivia Ruiz a aussi défendu un nouvel album, « La Réplique », porté par des titres comme « Le sel » ou « Abuelo », et une longue tournée qui l’a laissée épuisée mais heureuse selon les articles de Just Music et d’ActuaNews.

Je comprends mieux sa phrase sur ces mois où elle se couchait « à cinq heures du matin » pour écrire après les concerts : écrire n’est pas un à-côté, c’est une seconde vie qui se nourrit de la première.

Elle parle de ses personnages comme d’amis qu’elle a du mal à quitter, Javier à La Havane ou les figures croisées sur les ports et dans les bars. Quand elle en est à leur dire « au revoir » à la fin du manuscrit, la tristesse qu’elle décrit ressemble beaucoup à celle d’un dernier rappel après un concert.

La douce obsession du réconfort et le message d’espoir

Ce qui me frappe, dans toutes les interviews et notices que je parcours – chez Version Femina, Hachette, Audiolib, ActuaNews, Just Music, mais aussi dans les rendez-vous annoncés en salons et librairies relayés par le site de JC Lattès et par la presse régionale – c’est cette obsession douce pour le réconfort.

Elle le dit clairement : son ambition, quand elle écrit, c’est de « réconforter ceux qui [la] liront ». Rien de tonitruant, rien de théorique, presque une promesse murmurée. « ¡Vamos! » semble prolonger cette ligne, mais sur un mode encore plus personnel, plus lumineux.

Le titre lui-même a l’évidence des mots qui collent à une vie entière : « Vamos », c’est ce que sa mère répète tout le temps, raconte-t-elle, un des rares éléments de cet héritage espagnol longtemps étouffé par la nécessité d’être « plus français que les Français ».

En le plaçant en couverture, avec son point d’exclamation inversé, elle réhabilite une filiation que sa famille a dû cacher, tout en offrant au lecteur un signal très simple : allons-y. Allons voir ailleurs, allons regarder notre vie depuis un autre trottoir.

Une romancière installée avec une écriture lumineuse

Alors, que peut-on attendre de cette sortie du 29 avril 2026, au-delà de la simple addition d’un roman à la pile des nouveautés ? Je crois que « ¡Vamos! » arrive à un moment particulier pour Olivia Ruiz : elle a prouvé qu’elle n’était pas une chanteuse qui écrit « un » livre, mais bien une romancière à part entière, installée.

Ses deux premiers récits ont trouvé leur public, jusqu’au poche et au livre audio, et ce troisième livre, annoncé comme en lice pour des prix de littérature audio comme La Plume de Paon d’après Audiolib, vient consolider cette seconde maison qu’elle se construit dans les lettres.

Surtout, il offre une variation rare, et presque rassurante, dans un paysage littéraire souvent saturé de désenchantement. Là où d’autres romans contemporains se complaisent dans l’ironie ou la noirceur, Olivia Ruiz choisit le risque d’un récit traversé par le mouvement, l’élan, la lumière, sans naïveté mais sans cynisme.

En filigrane, je vois poindre des questions qui dépassent largement son propre parcours : comment transmettre à nos enfants autre chose que la peur ? Comment leur donner des racines et des ailes, comme dit l’adage, sans renier d’où l’on vient ni ce que l’on est devenu ?

Perspectives et projets futurs

À court terme, « ¡Vamos! » devrait prolonger ce dialogue lors des rencontres en librairies et dans les salons, chaque dédicace devenant, pour cette « raconteuse d’histoires » comme elle se définit souvent, l’occasion de recueillir à son tour les récits des autres.

À moyen terme, Olivia Ruiz parle déjà d’un quatrième roman, tout en travaillant à l’adaptation en série de « La Commode aux tiroirs de couleurs ». Je me dis que si elle continue à tenir ce fil d’exigence – ne pas choisir la facilité, ne pas flatter les modes, mais creuser son sillon – sa place dans la chanson française comme dans la littérature pourrait ressembler à ces cafés de village qu’elle aime tant : un lieu où l’on revient, parce qu’on sait qu’on y trouvera quelque chose de simple et de rare à la fois, un peu de chaleur au milieu du tumulte.

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