Olivia Ruiz, la préménopause en face et sans fard
- ER

- Jul 27
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Un matin, Olivia Ruiz se réveille avec la sensation d’avoir pris « la cuite de [sa] vie » sans avoir bu une goutte d’alcool. Le corps vaseux, les membres gonflés, la tête perdue, comme si quelqu’un avait déplacé les murs dans la nuit. Quand elle raconte ça au micro du podcast Mesdames enregistré fin juillet, on retrouve ce mélange de gouaille et de fragilité qui l’accompagne depuis La femme chocolat. Sauf qu’à 46 ans, ce ne sont plus les excès de tournée qui sont évoqués, mais une nouvelle compagne envahissante : la préménopause.
Olivia, déjà engagée depuis des années dans un combat contre l’endométriose et la dysmorphophobie, découvre une nouvelle zone grise de la santé féminine, cette période de transition dont on parle encore trop peu. Elle choisit de nommer, de décrire, d’incarner cette expérience, offrant ainsi un témoignage authentique qui éclaire une réalité souvent tu.
Un témoignage sincère sur la préménopause
Lors de son entretien avec Elsa Wolinski, Olivia décrit avec une précision notable le rapport complexe qu’elle entretient avec son corps : les douleurs chroniques, les douleurs lancinantes, les complexes enracinés dès l’enfance et désormais cette phase nouvelle, à la fois mystérieuse et déstabilisante. « On a l’impression qu’on a une maladie grave avec tellement de symptômes inconnus », confie-t-elle. Ces symptômes incluent bouffées d’angoisse, nuits fragmentées, gonflements inexpliqués, et une fatigue écrasante. C’est un véritable bouleversement physique et psychique.
Ce qui frappe, c’est aussi la façon dont Olivia relie son vécu à une histoire familiale silencieuse. Elle raconte les femmes de sa famille qui, sans toujours expliquer leurs choix, éliminaient certains aliments, comme si leurs corps transmettaient un secret caché par des non-dits. Cette transmission non verbale, presque ancestrale, donne à son témoignage une dimension anthropologique touchante.
Un régime anti-inflammatoire pour reprendre le contrôle
Face à cette nouvelle étape qui s’impose sans tambour ni trompette, Olivia ne se résigne pas. Elle engage un véritable chantier d’hygiène de vie rigoureuse. Son interlocutrice de Gala résume bien le propos : Olivia suit un « régime anti-inflammatoire » strict, et « ça marche très bien ». Avec une ironie complice, elle plaisante sur le fait que ce régime n’est pas hyper « fun », privant de laitage, gluten, sucre, chocolat, aliments fermentés et choux, ingrédients symboliques de la culture culinaire française.
Ces restrictions alimentaires sont pour elle un véritable acte de rébellion contre sa condition qui la limite. Elles lui apportent cependant un soulagement concret : moins de gonflements, un esprit plus clair, une fatigue atténuée. Ce témoignage montre bien combien l’alimentation joue un rôle central dans la gestion des symptômes liés à la préménopause.
Une voix qui brise un tabou collectif
Au-delà de sa propre expérience, Olivia Ruiz incarne désormais ce mouvement plus large d’artistes et de personnalités publiques féminines qui osent franchir le silence autour de la préménopause et de la ménopause. En racontant ces bouleversements avec sincérité et humour, elle éveille une prise de conscience collective, notamment dans un milieu culturel qui a longtemps occulté ces réalités.
Son témoignage participe à déconstruire les stéréotypes liés à l’âge, au corps féminin et au vieillissement. Il souligne également la nécessité d’une meilleure information et d’une écoute plus fine des femmes sur ces sujets encore tabous.
Un nouvel équilibre de vie et artistique
Depuis quelques années, Olivia a choisi la liberté : quitter Paris pour s’installer dans une capitale européenne paisible, prendre ses distances avec une industrie exigeante, inventer un mode de vie plus simple pour elle et pour son fils. Cette reconquête du bien-être personnel s’accompagne d’une approche artistique renouvelée qui privilégie l’authenticité et la sensibilité.
Ses concerts, souvent dans des lieux atypiques, son écriture musicale et littéraire témoignent d’un rapport apaisé à sa créativité. Le régime anti-inflammatoire, bien que contraignant, est un jalon cohérent dans ce parcours vers l’équilibre et la vitalité.
Vers une conversation plus juste sur la santé des femmes
La parole d’Olivia donne un miroir moins déformé pour toutes celles qui vivent ces symptômes sans parfois pouvoir les nommer. Elle invite aussi les proches, et notamment les hommes, à mieux comprendre ce que traverse leur entourage féminin. Son honnêteté sans artifice ni posture militante enrichit le débat public.
En somme, son récit est une véritable pédagogie intime, démontrant qu’il est possible de parler de la préménopause avec pudeur et humour, d’être bienveillant envers soi sans tomber dans l’excès, et de vieillir en conservant la joie et la sensualité.
Les interrogations demeurent : combien de temps Olivia pourra-t-elle maintenir ce régime ? Quels autres traitements ou adaptations pourraient accompagner cette transition ? Comment ces changements influenceront-ils son œuvre ? Si les réponses restent incertaines, le courage qu’elle manifeste à partager son expérience apporte déjà une précieuse lumière.
En définitive, la véritable révolution est peut-être dans cette dose d’humanité et de vérité qu’Olivia ajoute à la conversation collective, contribuant à déstigmatiser la préménopause et à encourager la solidarité autour de ce moment-clé de la vie des femmes.
Source : Gala




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