top of page

Les Négresses Vertes à Fouras : un vieux tube, une plage, et l’impression d’être encore ensemble

  • Writer: ER
    ER
  • 11 hours ago
  • 5 min read

Il y a des refrains qui, avant même que les musiciens montent sur scène, vibrent déjà dans l’air. Ce soir-là, en longeant la plage Nord de Fouras, je les entends presque avant de voir la foule : « Voilà l’été, enfin l’été… ». Le soleil descend sur la Charente-Maritime, les enfants construisent leurs derniers châteaux de sable, les parents installent des plaids face à l’océan. On devine le vent du large sur les micros encore muets, et je me dis que peu de groupes français peuvent se permettre une telle évidence : jouer en plein air, au bord de l’Atlantique, et donner l’impression que tout le monde les attendait depuis toujours. Les Négresses Vertes débarquent ici, ce samedi 22 août 2026, pour un concert gratuit, et tout d’un coup Fouras ressemble à ces vieilles affiches de fêtes populaires où musique, mer et brassenssienne joie de vivre se confondent.

Un groupe aux racines parisiennes, à l'esprit libre

Je repense à leur histoire en regardant la scène se préparer. Officiellement, Les Négresses Vertes naissent à Paris en 1987, dans ce mélange de rock alternatif, d’accordéon, de fanfare et de guinguette qui, à l’époque, détonne autant qu’il séduit. Très vite, leurs chansons s’installent dans le paysage : Zobi la mouche, Voilà l’été, Famille heureuse, Le soleil de Bodéga… Autant de titres qui finissent par rejoindre, presque malgré eux, le patrimoine de la chanson française. Dans l’article du Littoral, Stéfane Mellino, membre fondateur, résume cette trajectoire avec une phrase simple : avec leurs chansons, ils ont « réussi à entrer dans le cœur des gens » (le-littoral.com/actualite-30297-charente-maritime-les-negresses-vertes-a-fouras-avec-nos-chansons-nous-avons-reussi-a-entrer-dans-le-coeur-des-gens). Ce n’est pas une vaine formule : dans une longue interview accordée à KLOF Mag il y a quelques années, le même Mellino racontait comment le groupe avait refusé d’être enfermé dans une seule couleur musicale, préférant expérimenter, remixer, se frotter à d’autres producteurs, sans jamais perdre ce fil vivant relié au quotidien, aux gens qu’ils croisent, à leurs histoires (klofmag.com/2020/07/interview-les-negresses-vertes). Cette liberté, ils la paieront cher avec la disparition brutale d’Helno, le chanteur charismatique, mort à 29 ans. Plutôt que de le remplacer, ils décident alors de continuer autrement, en partageant le micro et l’écriture : une blessure profonde, mais aussi une fidélité assumée, encore revendiquée dans plusieurs entretiens récents, de la RTBF (rtbf.be/article/les-negresses-vertes-en-interview-10138378) à Monaco Hebdo (monaco-hebdo.com/culture/negresses-vertes-stefane-mellino).

Le Zobi Tour 2026 : une tournée vivante et cosmopolite

Quand je regarde aujourd’hui l’affiche de la tournée Zobi Tour 2026, annoncée par leur producteur Décibels Productions (decibelsprod.com/artistes/les-negresses-vertes), je vois cette continuité : Stéfane Mellino à la guitare et au chant, François Tousch à l’accordéon, Iza Mellino aux percussions, Mich Ochowiak à la trompette, Gwen Badoux au trombone et Matthieu Rabaté à la batterie. Une petite fanfare resserrée, mais toujours ce même mélange de cuivres, de bagou et d’énergie brute. De Zagreb au Boogaloo Club (ph-pit.com) à Londres à l’Electric Ballroom (setlist.fm/setlist/les-negresses-vertes/2026/electric-ballroom-london-england-2b772ca2.html), en passant par Ljubljana où des vidéos circulent de Zobi la mouche repris en chœur (youtube.com/watch?v=QwNfCSIdID4), la tournée montre un groupe plus que vivant, qui a retrouvé le goût des grandes transhumances européennes.

Un concert gratuit en harmonie avec Fouras

À Fouras, cette énergie arrive sur une plage déjà chauffée par la Fanfare Le Bouillon, programmée en première partie par la ville, comme l’annonce le site officiel de Fouras-les-Bains (fouras-les-bains.fr/agenda/lechappee-soiree-folk) et la page Facebook de la station balnéaire (facebook.com/fouraslesbains/posts/les-n%C3%A9gresses-vertes-en-concert-%C3%A0-fouras-le-22-ao%C3%BBt-rendez-vous-sur-la-plage-nor/1522534556585305). L’événement s’inscrit dans « L’Échappée », une grande soirée folk gratuite pensée comme un rendez-vous populaire au cœur de l’été. L’Office de tourisme de Rochefort Océan en parle comme d’une « échappée qui fait du bien », dans un cadre unique, « au bord de l’océan, du soleil dans les oreilles, du rythme plein le cœur et une énergie débordante » (rochefort-ocean.com/organiser/agenda/agenda-complet/l-echappee-les-negresses-vertes-en-concert-6647831). Les sites de concerts confirment la date et le caractère en plein air de la soirée, d’Infoconcert (infoconcert.com/artiste/les-negresses-vertes-12077/tous-les-concerts-festivals) à JDS (jds.fr/artistes/les-negresses-vertes-4923_N), qui listent les autres étapes de ce Zobi Tour 2026 : Montfaucon, Mâcon pour L’Été Frappé, Aix-en-Provence au 6MIC, mais aussi Narbonne, Montélimar ou Iéna en Allemagne, comme le détaillent d’autres agendas et pages Facebook de festivals (infolocale.fr, jds.fr, facebook.com/groups/47831242624). Quand je vois s’aligner ces villes sur la carte, je pense à ce que disait un chroniqueur de France Inter à propos de Voilà l’été, qualifié de « tube qu’on gueule les bras en croix, torse offert au soleil » (radiofrance.fr/franceinter/podcasts/pop-co/tubes-co-c-est-l-printemps-winter-is-coming-non-voila-l-ete-8418211). Il y a quelque chose de profondément simple et sain dans cette musique : une joie de vivre qui ne nie ni la mélancolie, ni les fêlures, mais qui choisit malgré tout de tendre vers la lumière.

Un moment intergénérationnel plein d’espérance

Sur le sable de Fouras, cette lumière prend un goût très concret : celui d’un concert gratuit où familles, ados, retraités et vacanciers se retrouvent sans barrière, sans hiérarchie, simplement parce qu’ils connaissent au moins un refrain, souvent plusieurs. Je regarde les annonces officielles de la mairie, du producteur, des offices de tourisme, et toutes insistent sur la même chose : le caractère fédérateur de cette soirée, ce désir de proposer un moment à la fois populaire et exigeant, où un groupe culte de la chanson française vient jouer pour tous, face à l’océan. Quand les premières mesures de Zobi la mouche démarrent, quelque part entre la fanfare des Balkans et le bal musette, je pense à ce que disait Mellino à propos de leur rapport à la politique : « Nous sommes des musiciens, pas des politiciens. Nous parlons de nos vies, de ce qu’on voit, et parfois cela ressemble à un discours politique » (klofmag.com/2020/07/interview-les-negresses-vertes). Ici, sur cette plage, la seule « prise de position » tient en une image : des générations différentes qui dansent ensemble, des parents qui montrent à leurs enfants une chanson de leur propre jeunesse. Voilà l’été prend alors une dimension quasi rituelle, presque familiale : comme si, en la chantant tous ensemble, on prolongeait un peu la belle saison, on tenait tête au temps qui passe.

Fidélité à l’esprit d’origine et partage sur scène

Sur Instagram, les photos et vidéos récentes du groupe montrent ce même mélange de ferveur et de modestie : des gros plans de banjo, des images de concerts en plein air, des affiches colorées où s’affiche le mot d’ordre « ZobiTour 2026 » (instagram.com/lesnegressesvertes). Loin des postures, j’y vois simplement un groupe qui continue d’avancer, avec ses valeurs de partage, de fête et de fidélité à ses morts comme à ses vivants.

Les Négresses Vertes, un patrimoine vivant de la scène française

Les jours suivants, quand je relis les articles consacrés à cette tournée et à ce concert de Fouras, une phrase du Littoral me revient : avec leurs chansons, ils sont entrés dans le cœur des gens. C’est peut-être la clef de leur retour en grâce actuel. Dans un paysage musical saturé de productions jetables, leurs morceaux gardent une odeur de vraie vie, de bars, de marchés, de fêtes de village. Ils sont suffisamment enracinés pour qu’on s’y reconnaisse, suffisamment ouverts pour qu’un public européen entier se les approprie, comme le montrent les dates en Croatie, en Slovénie, en Allemagne ou à Londres.

À Fouras, ville de littoral et de familles, cette musique trouve un écrin presque évident : une presqu’île, une plage, un vent parfois frais, mais des refrains qui réchauffent. Je me demande jusqu’où ira ce Zobi Tour 2026, si de nouveaux enregistrements verront le jour, si les Négresses Vertes se contenteront d’honorer un répertoire ou s’ils ouvriront un nouveau chapitre. Pour l’instant, ils semblent surtout décidés à revivre ces chansons sur scène, à les offrir à ceux qui les connaissent déjà par cœur comme à ceux qui les découvrent. Et c’est peut-être là, finalement, que se joue l’essentiel : dans cette capacité à transformer un simple samedi d’août en Charente-Maritime en petite fête collective, où l’on se rappelle qu’un groupe de Paris, né il y a près de quarante ans, peut encore nous faire taper dans les mains, regarder le ciel et se dire, ensemble : tant qu’il y aura des chansons comme celles-là, l’été ne sera jamais tout à fait fini.

Comments


NEWSLETTER : INSCRIVEZ-VOUS

Restez informé, découvrez le meilleur de Radio PANAME dans la newsletter gratuite hebdomadaire et recevez directement dans votre boite e-mail notre sélection d'articles, de concerts, d'actualités musicales. Mais aussi des cadeaux et des offres de nos partenaires.

Merci pour votre envoi !

SUIVEZ-NOUS SUR LES RÉSEAUX

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • Instagram

DÉCOUVREZ LA GRANDE MUSIQUE

accès direct à la radio LA GRANDE MUSIQUE

TÉLÉCHARGER L'APP

bouton telechargement google play store
bouton telechargement apple app store
badge just ask amazon alexa
bottom of page