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  • À Carcassonne, Olivia Ruiz prête sa voix aux femmes en détresse

    Dans le hall clair de l’hôpital de Carcassonne, ce jeudi 9 juillet 2026, un moment chargé d'émotion a marqué l'inauguration de la Maison des femmes de l’Ouest audois. Olivia Ruiz, la chanteuse engagée, a coupé le ruban symbolique sans guitare, mais sa voix a porté un message puissant d'« énergie », de « sécurité », de « courage » et surtout d'argent pour soutenir ce lieu essentiel. « Faites savoir autour de vous qu’il y a ici un lieu où les femmes et les enfants sont protégés », a-t-elle exhorté devant un parterre d’officiels, soignants et militants engagés. Un lieu unique pour briser le silence La Maison des femmes a officiellement ouvert ses portes le 7 avril 2026, au cœur du centre hospitalier de Carcassonne, après près de deux ans de travaux préparatoires. Conçue comme un guichet unique, cette structure accueille les femmes dès 16 ans victimes de violences conjugales, intrafamiliales ou sexuelles. Son originalité réside dans la pluridisciplinarité de ses équipes : sages-femmes, psychologues, assistantes sociales, médecins légistes et gynécologues travaillent de concert avec la justice, la police et diverses associations pour offrir un accompagnement global, évitant ainsi aux victimes l'errance entre différents services. Un contexte de besoin urgent Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, 265 femmes ont sollicité le centre hospitalier pour violences, et depuis son ouverture, la Maison des femmes a déjà reçu plusieurs dizaines d’appels et suivi plusieurs dizaines de femmes. Ces données locales reflètent la gravité nationale : en 2024, 272 400 cas de violences par un partenaire ont été recensés, dont 84 % touchant des femmes, avec seulement une plainte déposée sur six. Face à ce constat, la démarche d’Olivia Ruiz prend tout son sens. Olivia Ruiz, une voix engagée au-delà de la scène Reconnue en France et au-delà pour ses chansons mêlant pop et engagement, Olivia Ruiz a depuis des années fait de la défense des droits des femmes et des enfants une priorité. Dès 2016, dans l'album « Mon corps, mon amour », elle revendiquait un « je » puissant et libre pour les femmes. Son roman « Vamos », quant à lui, narré dans une sensibilité à fleur de peau, aborde les thèmes de l’exil et de la résilience. Cette cohérence artistique et militante s’est illustrée notamment lors de son interview sur RTL, où elle exprimait son inquiétude face à la montée des violences et aux failles de la protection des victimes en France, notamment les dossiers d’agressions sexuelles en souffrance. Son pari est ainsi clair : conjuguer notoriété et action concrète, en incarnant le rôle de marraine pour la Maison des femmes. Une marraine qui incarne l’espoir Le lien avec le territoire est aussi profondément symbolique. Originaire de la région, Olivia Ruiz incarne un pont entre la scène musicale et les réalités de la vie locale. Plus qu’un simple porte-voix, sa présence est une invitation à briser la solitude des victimes et à reconnaître leur dignité. Elle a rappelé avec émotion que, derrière chaque porte de la Maison des femmes, « une histoire de vie va se déposer » et que le courage nécessaire pour demander de l’aide ne doit pas rester isolé. Un chantier vivace pour l'avenir Si le lancement de la Maison des femmes à Carcassonne est une avancée majeure, elle reste un chantier en mouvement. La structure fonctionne encore dans des locaux provisoires, avec une permanence téléphonique limitée. Le financement, bien que soutenu par l’Agence régionale de santé à hauteur de 150 000 euros annuels, nécessite encore des ressources pour construire un bâtiment dédié et étendre les services, comme des ateliers thérapeutiques ou d'arts martiaux. Des idées novatrices émergent, comme la proposition de la procureure Géraldine Labialle d’inscrire un rendez-vous à la Maison des femmes dans le parcours judiciaire, garantissant une prise en charge post-condamnation pour éviter les retours à domicile sans filet. De telles initiatives témoignent de la volonté collective d'effectuer un travail de fond sur la protection et la reconstruction des femmes victimes. La puissance d'une porte à pousser Au-delà des chiffres et des discours, c'est une image simple qui reste gravée : celle d'une porte discrète dans un couloir d’hôpital. Une porte que personne ne doit craindre de franchir. Dans ce rôle, les médias, les artistes, et les institutions ont une mission essentielle : montrer ce chemin vers l’aide, soutenir la parole et faire que jamais la détresse ne reste invisible. À Carcassonne, la Maison des femmes, portée par la voix engagé d'Olivia Ruiz, est un symbole puissant de cette mobilisation. Un refuge où la musique se tait pour laisser enfin la parole aux femmes, un lieu où la reconstruction commence, un chant d’espoir pour un avenir où aucune femme ne restera seule face à ses douleurs. Sources : L’Indépendant, Actu.fr, Aude Tribune, Le Petit Journal, Pyrénées FM, RTL, Centre hospitalier de Carcassonne.

  • Philippe Katerine symphonique à Orange : une douce secousse dans le vieux théâtre romain

    Il y a des soirs où un lieu qu’on croyait figé dans les cartes postales se remet soudain à respirer autrement. Ce 7 juillet 2026, au Théâtre antique d’Orange, j’ai vu la vieille pierre romaine se faire traverser par un type en costume rose, sourire timide et démarche d’ado mal réveillé : Philippe Katerine. Devant moi, 2 500 personnes assises en gradins, un orchestre complet installé sur scène, l’Avignon-Provence national, et cette impression étrange d’assister à une messe très sérieuse célébrée par un enfant qui aurait subtilisé l’encensoir. Le Dauphiné Libéré, présent lui aussi, parle d’un « univers décalé » qui « emporte le théâtre antique » (source). Je ne peux qu’abonder : il y a eu de la drôlerie, de la tendresse, mais surtout cette sensation, rare, que la chanson française pouvait encore surprendre sans abdiquer l’exigence musicale. Un projet musical ambitieux : « Aux Anges » Le concert s’intitulait « Aux Anges », comme le spectacle symphonique qu’il promène cette année sur les routes, un format déjà annoncé par les Chorégies d’Orange, qui présentaient le projet comme une rencontre entre Katerine et l’orchestre, sous la baguette du chef Bastien Stil (source). À l’origine, « Aux Anges », c’est un disque et une tournée qui revisitent une partie du répertoire du chanteur, en le confrontant à une écriture orchestrale ample, parfois cinématographique, sans jamais gommer son goût pour l’absurde et les mots du quotidien. On est loin du franc-tireur des années 1990, perçu comme un électron libre de la pop française : en 2026, Katerine a 58 ans, des Victoires de la musique derrière lui, une reconnaissance critique solide et même un duo au long cours avec Dominique A, célébré au dernier Printemps de Bourges dans un concert-conférence sur leur amitié de trente ans (source). Une soirée pour tous les publics Mais ce qui m’intéresse ce soir-là, c’est moins le parcours que la manière dont il s’en sert pour s’adresser à un public très large : des familles venues « voir le monsieur de Louxor », des quinquas fidèles depuis Mes mauvaises fréquentations, des curieux attirés par la promesse d’un Katerine « symphonique ». Je vois des enfants qui agitent leurs jambes dans le vide, des couples qui se passent les jumelles, des groupes d’amis qui commentent déjà l’orchestre installé, intrigués par cette rencontre improbable entre un chanteur réputé loufoque et une formation classique régionale. Les sites de billetterie comme Songkick ou Ticketmaster avaient vendu l’événement comme un des temps forts de l’été à Orange (source ; source). Il y avait donc une légère pression dans l’air chaud de la nuit, quelque chose comme : « Qu’est-ce qu’il va faire de tout ça ? » Une fusion réussie entre symphonique et pop La réponse arrive dès les premières mesures, quand Katerine entre non pas comme un rockeur conquérant, mais comme un hôte qui viendrait vérifier que tout le monde a sa chaise et sa part de gâteau. La vidéo d’un court extrait publiée sur Instagram par un spectateur, où on le voit saluer l’orchestre avant de lancer un de ses refrains les plus connus (source), donne une idée de l’ambiance : une ovation chaleureuse, un chanteur qui prend le temps de sourire à chaque pupitre, puis la montée lente d’un morceau qu’on croyait connaître par cœur, réhabillé par les cordes et les cuivres. Le Dauphiné rapporte que les 2 500 spectateurs se sont rapidement mis à reprendre en chœur ses refrains fédérateurs, et c’est exactement ce que j’ai ressenti : cette manière qu’il a de tendre le micro vers les gradins au moment précis où la mélodie s’est déjà inscrite dans les corps. L’Orchestre national Avignon-Provence, que je voyais pour la première fois dans ce registre-là, se prête au jeu avec un sérieux qui n’a rien de coincé : dès l’annonce des Chorégies, l’idée était clairement affichée de créer un dialogue entre pop et symphonique (source). On entend des arrangements qui font parfois penser à Nino Rota ou Michel Legrand, des clins d’œil à la musique de film, des pizzicati qui accentuent le côté burlesque de certains textes, puis tout à coup une montée en puissance très lyrique sur une chanson plus grave. Ceux qui s’attendaient à du simple « délire » en sont pour leurs frais : la presse régionale parle d’ailleurs d’un « clown blanc » plus que d’un provocateur, et souligne la subtilité de son écriture, rapprochée de celle de Boris Vian ou de Prévert dans son usage de l’absurde (source). Dans les gradins, je surprends une adolescente qui explique à sa mère : « En fait, il est plus poète que zinzin. » C’est sans doute le plus beau résumé de la soirée. Un concert qui marque une évolution artistique Car ce qui se joue là n’est pas seulement un concert de plus dans une tournée déjà bien remplie – les plateformes de suivi de concerts, de JamBase à ConcertArchives, confirment que 2026 voit Katerine multiplier les dates, en France comme en Belgique ( source ; source ; source). C’est aussi une façon de rappeler, en plein été de festivals parfois interchangeables, que la chanson française peut encore se permettre le luxe de la fantaisie, de la lenteur, du détour. Quand il entonne « C’est un moment parfait, je l’oublierais jamais », qu’il choisit pour conclure le spectacle, la phrase résonne à la fois comme une pirouette et comme un aveu sincère, relevait Le Dauphiné. Je le crois volontiers : le Théâtre antique qui reprend un alexandrin en chœur, c’est une image qui ne s’invente pas. Un artiste qui affirme sa singularité en vieillissant Je repars d’Orange avec une impression tenace : ce concert « Aux Anges » ne restera pas seulement comme une jolie parenthèse estivale, mais comme un jalon dans la manière dont Philippe Katerine travaille depuis quelques années à concilier son goût du décalage et une forme de classicisme assumé. La tournée 2026, dont les grandes lignes sont listées sur Songkick et Ticketmaster, le voit passer de festivals pop (InRocKs, Printemps de Bourges) à des salles plus installées comme le Théâtre de Saint-Germain-en-Laye ou le Palais des Beaux-Arts de Charleroi (source ; source). Partout, il promène la même silhouette lunaire, mais avec des dispositifs scéniques différents : club, grande salle, maintenant théâtre antique et orchestre symphonique. Je trouve cette trajectoire intéressante dans une époque qui pousse beaucoup d’artistes à lisser leur image : Katerine fait l’inverse, il approfondit son étrangeté tout en la rendant plus accessible. L’interview croisée avec Dominique A publiée au printemps résumait bien cet enjeu : les deux chanteurs expliquaient comment, en trente ans, ils avaient appris à « vieillir sur scène » sans renoncer à leur liberté (source). Un moment de poésie partagée sous les étoiles du Vaucluse À Orange, j’ai l’impression d’avoir vu ce vieillissement heureux à l’œuvre : un homme qui ne se moque ni de son public ni de la musique, qui ose des chansons presque enfantines au milieu d’arrangements très écrits, qui laisse aussi la place au silence entre deux rires. Dans une France bousculée où l’on a parfois le réflexe de tout désenchanter, ce genre de soirée rappelle que l’art peut encore rassembler en douceur, sans slogans ni cynisme. Le fait que le spectacle se déroule dans un théâtre antique, sous ce grand ciel du Vaucluse, n’est pas anodin : on sent une continuité entre la tradition et la fantaisie, entre la colonne de pierre et le costume rose, qui ressemble à ce que la culture française sait faire de mieux quand elle se souvient qu’elle est d’abord un art de la conversation. Les prochaines dates d’« Aux Anges » devraient confirmer cette dynamique, et je ne serais pas étonné que d’autres orchestres régionaux aient envie, à leur tour, de tenter l’aventure. En attendant, je garde cette image : des familles qui redescendent les gradins en fredonnant, un vieux monsieur qui dit à sa petite-fille « tu vois, c’est ça, une belle soirée », et ce sentiment que, le temps d’un concert, un théâtre antique s’est transformé en simple place de village où l’on chante ensemble à la nuit tombée.

  • Laurent Voulzy, une nuit sous les étoiles de Bouillargues

    Je revois encore la lumière dorée tomber sur les gradins des arènes de Bouillargues, ce vendredi 3 juillet 2026. Il est un peu plus de 21 h 30 quand Laurent Voulzy apparaît, silhouette fine, guitare en bandoulière, sourire timide mais regard malicieusement vif. Devant lui, près d’un millier de personnes ont rempli les gradins de ce petit amphithéâtre gardois, lové dans un village de 7 000 habitants à peine. On est loin des Zénith et des Bercy, mais c’est justement ce contraste qui me frappe : un monument de la chanson française, posé là, presque à portée de main, dans un décor de pierre chaude et de ciel ouvert. À l’instant où résonnent les premières notes, je vois des couples se serrer la main, des enfants grimper sur les genoux de leurs grands-parents, des téléphones se baisser presque par respect ; quelque chose d’intime s’installe. La mairie, qui avait déjà invité Alain Souchon l’an dernier pour un concert similaire, revendique cette idée de "soirée sous les étoiles" dans ses arènes, avec tarifs préférentiels pour les habitants du village (35 € contre 60 € pour le public extérieur, m’explique la communication municipale dans son annonce officielle, à retrouver sur bouillargues.fr). Il y a là une sorte de pacte : la grande chanson populaire qui fait le tour du pays, et le petit territoire qui s’obstine à rester un lieu de vie et pas seulement un dortoir de métropole. Voulzy, lui, semble parfaitement à sa place dans ce décor : il a toujours aimé ces atmosphères un peu hors du temps, comme ses chansons, suspendues quelque part entre nostalgie et lumière. Une tournée estivale entre traditions et rencontres Au fil de la soirée, je mesure à quel point ce concert de Bouillargues s’inscrit dans une tournée estivale beaucoup plus large, qui emmène Laurent Voulzy cet été 2026 des arènes du Gard aux jardins du Parc des Dryades à La Baule (le 16 juillet, comme l’annoncent les billetteries de Carrefour Spectacles ou Ticketmaster), en passant par l’Arena de Roquebrune-sur-Argens le 25 juillet et même une date en Belgique, à Spa, selon infoconcert.com. Mais ce soir à Bouillargues, on est encore loin de la Côte d’Azur ou de la côte atlantique ; on est dans un village du Gard, et tout commence dans la douceur : quelques accords cristallins, une voix qui n’a rien perdu de sa limpidité, et déjà ce sentiment que les chansons ne sont pas seulement des tubes, mais des souvenirs que chacun transporte avec lui. "Le soleil donne" arrive assez tôt dans le concert, presque comme un salut fraternel à ce ciel d’été encore clair ; je vois des lèvres qui bougent, des refrains murmurés puis chantés franchement. L’article que Midi Libre consacre à la soirée parle d’"atmosphère douce et familière" et c’est exactement cela qui se joue là, dans ces arènes où l’on se parle d’un gradin à l’autre, où l’on croise le voisin de classe de son fils ou la boulangère du coin. Des racines ancrées dans la musique populaire La municipalité a imaginé cet événement avec l’association Jazz 70, habituée des rendez-vous musicaux dans la région, pour renouer avec une tradition d’été festif sans tomber dans la surenchère de gros festivals impersonnels. Et la stratégie paie : la billetterie, ouverte dès février avec ses justificatifs de domicile exigés pour les tarifs préférentiels, a vite trouvé preneurs, comme le détaille l’annonce municipale. Au-delà de l’organisation, je perçois aussi un enjeu plus discret : celui de maintenir une culture populaire accessible, dans une période où chaque sortie se calcule, où la musique en live devient un luxe que l’on s’offre avec précaution. Laurent Voulzy, à travers sa tournée estivale, semble conscient de ce besoin vital de rassemblement autour de la chanson française, de ses mélodies intemporelles et de ses textes chargés de souvenirs. Analyse de la setlist : entre classiques immortels et pépites méconnues Une fois le décor planté, c’est la setlist qui raconte le mieux la soirée. Voulzy a choisi de revisiter tout son répertoire, comme le souligne le correspondant de Midi Libre dans son compte rendu : les classiques évidemment, mais aussi quelques "pépites plus discrètes" que les fans de longue date reconnaissent. "Jeanne" arrive comme une prière pop, portée par une guitare délicate ; dans mon dos, un homme d’une soixantaine d’années ferme les yeux et fredonne chaque mot avec une précision qui trahit des années de fidélité. Quand "Belle-Île-en-Mer" démarre, le frisson est presque visible : des dizaines de téléphones remontent, des voix timides se joignent au début, puis la foule entière reprend le refrain, comme si ce morceau-là résumait à lui seul l’idée de vacances, d’horizon, de fidélité à un lieu et à une époque. L’artiste parle beaucoup entre les chansons, avec ces anecdotes qui semblent improvisées mais que l’on devine longuement mûries. Il évoque souvent son "complice de toujours", Alain Souchon, comme pour prolonger le fil de leur concert partagé à Bouillargues l’année précédente. Dans ses mots, je retrouve ce compagnonnage artistique que la presse musicale raconte depuis des décennies, deux auteurs-compositeurs qui ont façonné une part immense de la bande-son française. Un clin d'œil à l'engagement et à la mémoire collective À mi-parcours, un moment suspendu : "Le pouvoir des fleurs" est glissé dans le programme, comme un clin d’œil à ces années où Souchon et Voulzy signaient ensemble des hymnes doux-amers à la fraternité et à la douceur. Je regarde les enfants comparer les paroles affichées en sous-titres géants sur leurs écrans de smartphone et les grands-parents qui eux n’ont besoin de rien pour s’y retrouver. Rockollection : le point d’orgue euphorique Mais le vrai basculement arrive plus tard, quand retentissent les premières mesures de "Rockollection". L’article de Midi Libre parle d’un public qui se lève comme un seul homme : c’est exactement ce qui se passe sous mes yeux. Jusqu’ici, les gradins oscillaient entre recueillement et petits déhanchements discrets ; là, les gens se rapprochent instinctivement de la scène, franchissent la limite symbolique des premières rangées, et la chanson devient une sorte de rituel collectif. Voulzy enchaîne les couplets, ces ponts entre sa propre histoire et ces "rock songs" anglo-saxonnes qui l’ont construit, et le cœur de l’arène bat au rythme de cette mémoire partagée. Il y a quelque chose de très français, au fond, dans cette manière d’aimer le rock par la traduction, par le détour d’une chanson qui parle d’autres chansons, comme si l’on avait besoin de ce filtre poétique pour s’approprier une culture qui n’est pas tout à fait la nôtre. Quand le morceau s’achève, le public reste debout, et ne se rassoira pratiquement plus jusqu’à la fin. La soirée se termine dans une lumière plus douce, presque priante, sur des titres plus contemplatifs. Un héritage vivant de la chanson française Deux heures sont passées et j’ai le sentiment d’avoir assisté à ce que la mairie de Bouillargues promettait dès son annonce : "une soirée hors du temps". Au-delà de cette date, les plateformes de billetterie confirment que l’été 2026 sera bien un été Voulzy : La Baule, Spa en Belgique, Roquebrune-sur-Argens, d’autres scènes encore, répertoriées par Infoconcert, Ticketmaster, Carrefour Spectacles ou Cultura. Chaque date s’annonce comme la déclinaison d’un même projet : remettre en circulation un patrimoine de chansons qui tient à la fois de la mémoire intime et du bien commun. Je repars des arènes avec cette impression que la chanson française, quand elle est portée par des artisans comme Laurent Voulzy, continue de jouer ce rôle-là : rassembler des générations entières autour de mélodies simples, de textes clairs, d’une forme de douceur qui n’a rien de mièvre. Dans un monde saturé de sons et d’images, une soirée comme celle de Bouillargues rappelle que l’on peut encore, à mille personnes, se taire pour écouter une guitare, puis se lever pour chanter ensemble. Cet été, sur les routes de France et de Belgique, d’autres arènes, d’autres parcs et d’autres jardins vivront ce même moment de grâce. À chacun, désormais, de décider s’il veut en être, là où il habite, là où ces chansons résonnent encore dans sa propre histoire.

  • Gaëtan Roussel, l’été où la voix de Louise Attaque reprend son indépendance

    Je revois très bien cette image : un soir d’été, quelque part en Provence, la lumière tombe sur une allée de platanes et, au bout, une petite scène entourée de chaises en plastique, ces chaises qui grincent quand on se lève pour chanter plus fort. C’est dans ce décor-là, au Pavillon de Grignan à Istres, que Gaëtan Roussel donnera l’un de ses concerts les plus attendus de l’été 2026, dans le cadre des Nuits d’Istres, le 9 juillet prochain, de 21 h à 23 h 30. J’aime cette idée que l’une des voix les plus marquantes de la chanson française contemporaine, sept Victoires de la musique, cinq millions de disques vendus, albums Diamant et Platine à l’appui, se retrouve dans ce qui ressemble presque à un jardin public un peu chic, avec buvette, chips et sandwichs triangles annoncés noir sur blanc sur le site de la ville d’Istres (Ville d’Istres). Ce n’est pas un Zénith, ce n’est pas un festival géant : c’est un écrin de verdure, comme le décrivent les organisateurs, un endroit où la proximité n’est pas un argument marketing mais une réalité physique. On pourra presque entendre les respirations entre deux mots, les silences après une phrase qui tombe juste. Un cadre intimiste, reflet de la musique de Roussel En première partie, la jeune Eloïz, qu’on entend partout depuis son tube « Hey Bro », viendra ouvrir la soirée, rappelant que cette édition – la 33e – joue le mélange des générations, avec, les autres soirs, Kendji Girac ou la jeune Marine de la Star Academy, comme le détaille l’office de tourisme d’Istres (Istres Tourisme ; Fréquence Sud). Ce cadre à taille humaine colle parfaitement à l’esprit musical de Gaëtan Roussel. Une musique qui n’a jamais été de débordement gratuit, mais toujours chargée de nuances, de poésie discrète et d’émotion maîtrisée. Chez lui, la chanson est un espace d’intimité, une conversation qui s’installe avec le public, dans la simplicité et le respect mutuel. Le parcours d’un artiste entre Louise Attaque et solo Pour comprendre ce que représente cette date d’Istres, il faut rembobiner un peu la pellicule. Depuis deux ans, Gaëtan Roussel a surtout occupé nos oreilles avec le retour en fanfare de Louise Attaque, ce groupe incontournable de la chanson française qui, depuis l’album aux violons rageurs de 1997, s’est taillé une place à part dans le paysage musical. Les retrouvailles scéniques ont été triomphales, comme le soulignent les prochaines dates annoncées à la LDLC Arena de Lyon-Décines (OL Vallée) ou au Carré des Docks du Havre (Carré des Docks). Mais derrière ces tournées de groupe se préparait un retour en solo revendiqué, presque intime, avec un sixième album studio, « Marjolaine », attendu pour le 14 novembre prochain, annoncé par médias spécialisés tels que Ouï FM (Ouï FM) et InfoConcert (InfoConcert). « Marjolaine » : la douceur d’un retour solo Le choix du titre « Marjolaine » est tout sauf anodin. Ce prénom à taille humaine suggère un album délicat, un récit sensible, loin des slogans spectaculaires et des effets de manche. Gaëtan Roussel revient à son rôle de conteur subtil, avançant au pas de côté, observant la vie dans ses détails les plus fins. On y retrouve les tonalités qui lui vont si bien : folk nerveuse, ballades en clair-obscur, atmosphères chaleureuses et textes qui cherchent la nuance plutôt que la démonstration. Son parcours artistique n’a cessé d’osciller entre la poétique collective de Louise Attaque et ces parenthèses solos qui permettent une introspection profonde. Ses collaborations avec Alain Bashung ou Rachid Taha ont enrichi sa palette, mais la musique qu’il crée seul reste toujours empreinte d’une sincérité authentique. Une tournée étendue qui affirme sa fidélité au public L’annonce de la tournée accompagnant « Marjolaine » est venu confirmer cette ambition. Des concerts sont programmés au Havre, à Nantes, Paris, avant une date importante au festival de Nîmes le 12 juin 2026 (Istres Tourisme Instagram). La tournée, prolongée jusqu’en 2027, témoigne de la volonté de Gaëtan Roussel d’inscrire son travail dans la durée, en véritable artisan de la chanson. Cette fidélité à une forme traditionnelle – album + tournée – s’oppose à la logique consumériste des singles éphémères, souvent privilégiée aujourd’hui. Elle reflète sa respectueuse relation avec un public diversifié, des trentenaires ayant grandi avec Louise Attaque jusqu’à la nouvelle génération qui découvre sa musique en solo. Les Nuits d’Istres : un écrin parfait pour un été de transition Les Nuits d’Istres, avec leurs conditions d’accueil rigoureuses – interdiction des bouteilles, fouille à l’entrée, vigilance pour les très jeunes enfants – incarnent à la fois la modernité des festivals et une forme d’attention à l’expérience collective. Cet encadrement rejoint la musique de Roussel : pas de débordement désordonné, mais une invitation à une écoute juste, à une émotion partagée. C’est donc un moment symbolique et charnière que cette date d’Istres, marquant le passage de la célébration collective de Louise Attaque à une nouvelle étape en solo, plus intime et réfléchie. Le cadre naturel, la proximité avec le public, la simplicité des lieux participent à rendre l’événement précieux, à la mesure d’une musique qui cherche à toucher sans artifice. Un artiste majeur qui cultive la discrétion et l’exigence Alors que de nombreuses carrières s’accélèrent et s’étiolent au rythme des tendances, Gaëtan Roussel trace sa route avec constance et sincérité. Ses sept Victoires de la Musique et millions de disques vendus ne l’ont pas éloigné d’une certaine humilité : jamais il n’a cherché à s’ériger en monument, préférant préserver l’authenticité d’une parole et d’une musique façonnées avec soin. Cette modestie transparaît autant dans la qualité de ses productions que dans la tarification accessible de ses concerts, comme le montrent les tarifs des Nuits d’Istres, compris entre 32 et 42 euros avec des réductions ciblées (InfoConcert). En quittant le Pavillon de Grignan le 9 juillet au soir, on aura peut-être retenu quelques notes de « Marjolaine », ces refrains à la fois nouveaux et familiers, portés par la voix d’un artiste qui sait encore parler à nos émotions les plus profondes. Et c’est sans doute ce qui fait, au fond, la beauté et la singularité de cette actualité estivale : un retour en solo qui réaffirme, dans l’intimité d’un écrin provençal, l’essence même et la puissance durable de la chanson française.

  • William Sheller : 80 ans d'harmonies et d'émotions musicales

    Assis paisiblement sur son canapé à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin, dans le Loiret où il s'est retiré depuis vingt-cinq ans, William Sheller souffle ses 80 bougies ce 9 juillet 2026. Avec un piano à portée de main et des souvenirs d'une richesse musicale incomparable, il confie avec une pudeur touchante : « J'ai amusé les gens, je les ai fait rêver. » Cette phrase résume à merveille la carrière d'un artiste qui a su marier savamment musique classique et chanson populaire, créant un univers où les harmonies délicates s'entremêlent aux émotions les plus simples. Les origines d'un musicien entre jazz et musique classique La musique a toujours baigné la vie de William Sheller. Né dans une famille passionnée, il a hérité d'un héritage musical exceptionnel. Sa grand-mère, ouvreuse au théâtre des Champs-Élysées, emmenait sa mère, encore enceinte, écouter régulièrement Le Jeu de cartes de Stravinsky. Ainsi, avant même sa naissance, William était immergé dans un univers musical exigeant et innovant. En 1949, la famille traverse l'Atlantique vers les États-Unis. Là, jeune garçon, William côtoie dans le salon de la maison légendes du jazz comme Miles Davis, Kenny Clarke ou Oscar Peterson. Une expérience formative qui lui révèle la puissance du jazz, mais aussi les tensions sociales d'une Amérique ségrégationniste. Ce double regard entre deux cultures musicales et sociales influence grandement sa personnalité artistique. Un apprentissage musical solide et éclectique De retour en France, sa vocation se précise. Une anecdote révélatrice : une voisine peine à jouer La Lettre à Élise, s'arrêtant toujours au même passage. À seulement 11 ans, William décide de terminer la pièce à sa place. Sa grand-mère lui louera un piano et il se promet de « faire comme Beethoven ». Il étudie la composition avec un professeur ancien élève de Gabriel Fauré durant six ans, approfondissant le répertoire classique avec passion. En parallèle, l'arrivée des Beatles dans les années 1960 lui ouvre une autre porte : celle de la musique populaire, aussi innovante et audacieuse que ses partitions classiques adorées. Cette double compétence, rare et précieuse, va définir sa singularité artistique. Carrière musicale : entre succès confidentiel et reconnaissance William Sheller est longtemps un artiste à la double identité, oscillant entre compositeur savant et auteur-compositeur-interprète. Son premier tube international, « My Year Is a Day », composé pour The Irresistibles en 1968, lui ouvre les portes de la reconnaissance et lui permet notamment de financer une messe psychédélique pour le mariage d'amis, œuvre audacieuse témoignant de son originalité. En 1972, il enregistre Lux Æterna, un album inclassable mêlant musique classique et influences pop, vendu à seulement 2 000 exemplaires à l'époque mais devenu culte au fil des décennies et récemment réédité à l'occasion de ses 80 ans. Cette œuvre illustre parfaitement la tension entre le sacré et le profane, le savant et le populaire qui caractérise son travail. Les débuts en tant que chanteur sont modestes. Ses premiers 45 tours passent inaperçus, le poussant vers des activités d'arrangeur, d'orchestrateur et de compositeur pour le cinéma. Toutefois, le soutien précieux de Barbara change la donne : elle l'accueille chez elle, lui confie des arrangements et surtout l'encourage à chanter ses propres compositions. C'est alors que naissent des grands succès tels que « Rock’n’dollars », « Dans un vieux Rock’n’roll » et surtout « Un homme heureux », devenue un classique de la chanson française avec plus de 800 000 exemplaires vendus. Un artiste fidèle à ses convictions et à sa musique Malgré une carrière longue de plus d'un demi-siècle, William Sheller n’a jamais cédé aux modes ou à la facilité. Son œuvre, riche de plus de 300 compositions, témoigne d’une création constante et d’une recherche d'harmonie entre complexité et accessibilité. Ses chansons, souvent conçues comme de petites symphonies, mêlent cordes et électronique discrète, offrant une nuance rare dans le paysage musical. Son style, qualifié d'« équilibre entre le classique lièvre et la pop tortue » par France Musique, montre son habileté à rendre la musique accessible sans la simplifier. En tant qu'interprète, il privilégie l'économie de moyens, sa voix et son piano suffisant à délivrer toute l'émotion nécessaire, comme en témoigne son live de 1991 porté par « Un homme heureux ». Une retraite paisible mais toujours animée par la musique Installé dans le Loiret depuis 2001, après des années à Jouy-le-Potier et Ardon, William Sheller mène aujourd'hui une vie tranquille, loin des projecteurs. Bien qu'il ait pris ses distances avec les tournées et les obligations promotionnelles, la musique reste au cœur de son quotidien. Il continue d'écouter avec passion ses œuvres classiques favorites, partage ses souvenirs, et participe aux hommages radiophoniques qui soulignent son influence. En 2015, il sort son album Stylus, témoignant que son inspiration demeure vive. La réédition récente de Lux Æterna agit comme un pont entre passé et présent, rappelant une œuvre exigeante qui refuse la facilité. Un héritage musical et une inspiration durable William Sheller incarne une singularité dans la chanson française, oscillant entre deux mondes sans jamais les renier. Son parcours, marqué par la fidélité à ses racines classiques et son ouverture à la modernité, inspire de nombreux artistes qui cherchent à allier tradition et innovation. Ses chansons, loin d'être obsolètes, continuent d'accompagner plusieurs générations, cultivant un bonheur simple teinté d'harmonies sophistiquées. À 80 ans, loin de la scène mais proche de son public à travers ses œuvres, William Sheller laisse une empreinte durable, nourrie par la sincérité et la quête permanente du beau. Alors que les hommages affluent et que les rééditions se multiplient, on peut s'attendre à ce que cet équilibre entre l'intime et l'universel continue de résonner, portant la musique de William Sheller bien au-delà de son temps.

  • Véronique Sanson, la respiration retrouvée au Palais idéal du Facteur Cheval

    Au crépuscule d’une journée d’été à Hauterives, les pierres irrégulières du Palais idéal du Facteur Cheval s’illuminent sous des projecteurs aux teintes bleutées, mêlant ombre et lumière dans un jeu magique. Ce cadre singulier accueille, ce 7 juillet 2026, un événement chargé de symbolisme : le retour sur scène de Véronique Sanson, artiste emblématique de la chanson française, après un épisode de santé préoccupant qui avait inquiété ses fans à travers la France. Un retour symbolique sur un site hors du commun Le Palais idéal, œuvre monumentale façonnée seul par un facteur du XIXe siècle, incarne la patience, la foi et la persévérance face à l’adversité. À l’image de ce lieu singulier, Véronique Sanson, à 77 ans, revient d’une rude bataille contre la maladie et le temps. Le choix de cet écrin pour marquer son premier concert post-hospitalisation souligne le parallèle entre ces deux parcours où ténacité et passion ont forgé une légende. Menue, la chanteuse apparaît vêtue d’une veste claire, semblant porter le poids de ses épreuves avec une dignité empreinte d’une fragile force. Les 2 000 spectateurs réunis, dans un jardin minéral enveloppé par la douceur estivale, retiennent leur souffle, partagés entre émotion et soulagement. Une interruption brutale et une convalescence surveillée La santé de Véronique Sanson avait brutalement défailli fin mai 2026. Le 23 mai, une infection respiratoire aiguë l’oblige à être hospitalisée en urgence, forçant l’annulation de plusieurs concerts programmés notamment à Saint-Brieuc. Les médias, de Voici à Paris Match, relaient vite cette nouvelle, cassant un souffle suspendu.[1] Bien que son entourage assure qu’elle est suivie avec le plus grand soin, la communauté de fans se souvient avec inquiétude de ses précédentes épreuves : pneumonie grave en 2015 et cancer des amygdales en 2018, des obstacles qu’elle avait déjà partagé avec pudeur dans les médias.[2] Malgré la fatigue et le choc de devoir annuler ses rendez-vous bretons, la chanteuse poste un message de remerciements sur Instagram, soulignant sa volonté de revenir vite au contact de son public.[3] Pendant ce temps, l’organisation de sa tournée « J’ai eu envie de vous revoir » se réajuste, les dates sont reportées et les programmateurs la soutiennent dans cette pause forcée. Un répertoire vibrant et une voix toujours présente Ce soir-là, au Palais idéal, Véronique Sanson interprète notamment « Besoin de personne » et « Amoureuse », deux titres phares qui ont marqué plusieurs générations. La voix, peut-être un peu plus voilée qu’à son apogée, conserve une souplesse et une émotion qui transpercent le silence respectueux du public. Le concert se mue en une expérience collective d’intimité, où les paroles résonnent comme un chant de renaissance. On observe des couples échanger des regards complices, des mères chanter doucement à l’oreille de leurs enfants, comme pour transmettre un héritage. Ces chansons, traversant les décennies, confirment la place unique que Véronique Sanson occupe dans le patrimoine musical français. Une tournée longue durée et un horizon encore ouvert Les spectacles à venir confirmeront cette dynamique de retour : les festivals Pause Guitare à Albi, Nuits du Sud à Vence ou le prestigieux Théâtre antique d’Orange en font partie. Ces lieux vibrants d’histoire s’accordent avec la démarche de Sanson, qui persiste à créer et à partager malgré les aléas de la vie. Les ventes de billets déjà constatées sur des plateformes comme Fnac Spectacles et Infoconcert témoignent de l’attachement d’un public fidèle, prêt à suivre cette voix qui, année après année, reste une référence indéfectible. Dans un paysage musical souvent éphémère, cette longévité reflète aussi la richesse de la chanson française, terreau d’un vrai lien intergénérationnel. Une spiritualité simple et une relation avec le public Au fil des semaines, sur ses réseaux sociaux, Véronique Sanson partage avec humilité sa gratitude pour les messages de soutien reçus – une sorte de communauté qui dépasse la simple relation artiste-fan, et qui ressemble davantage à un cercle familial élargi. Cette spiritualité pragmatique reflète son ancrage dans une vie marquée par la résilience, où chaque concert devient un témoignage d’espoir et de résistance. Conclusion : Un été 2026 placé sous le signe de la renaissance En quittant le Palais idéal dans la nuit de la Drôme, impossible de ne pas ressentir que ce moment dépasse le simple concert. Il y a là un témoignage vibrant d’une artiste qui refuse de se laisser enfermer par la maladie ou le poids des années, choisissant la scène comme moyen de résister et d’aimer toujours. Pour les Français, cet été 2026 aura désormais le visage d’une femme qui, après avoir manqué d’air, reprend son souffle pour chanter à plein poumons, nous invitant tous à croire en la puissance de la vie. Références Voici - Véronique Sanson hospitalisée Marie Claire - Mises à jour santé Véronique Sanson Message Instagram de Véronique Sanson

  • Julien Doré : pour ses 44 ans, un simple « Non » de son fils comme plus beau des cadeaux

    Dans la pénombre douce d'une loge, entre câbles au sol et la chemise encore humide de sueur, se dessine une scène intime capturée en vidéo : Julien Doré, tout juste 44 ans, époux de la scène mais père d’exception dans la vie, penche légèrement le torse vers un petit garçon au dos enfantin, résonne une voix claire qui répond sans hésitation « 44 » à la question de son père. Puis vient la question touchante : « Je ne suis pas trop vieux ? » et l’enfant tranche sans trembler par un « Non » simple et fort, témoignage d’un lien profond et d’un cheminement intime d’un artiste qui choisit la douceur et la discrétion. Ce moment fugace posté le 7 juillet 2026 révèle plus qu’une interaction père-fils : il dévoile comment Julien Doré, longtemps perçu comme ironique et protéiforme, s’ancre désormais dans une paternité exigeante et un retour aux sources dans les Cévennes. Son fils, né en mars 2021 dans un secret jalousement gardé, est devenu le pivot autour duquel s’articulent nouvelle vie, projets et priorités. Une paternité choisie et le refus du tumulte urbain Dans plusieurs interviews, Julien Doré confiait un temps ne pas envisager la paternité comme un objectif, considérant sa vie jusque-là comme assez solitaire, rythmée par les tournées et la compagnie de ses chiens, loin du vacarme parisien qu’il avoue redouter profondément. Il a décidé d’élever son enfant dans le cocon des Cévennes, un terreau sauvage et paisible. Là, entre forêt, potager, et la présence rassurante des animaux, il trouve un équilibre rare, cultivant quotidiennement des valeurs fortes pour son fils : respect, observation, écoute, et silence. Le village des Cévennes : un refuge et un modèle éducatif Ainsi, loin du tumulte médiatique parisien, il façonne un univers à la fois simple et riche de sens. Le village cévenol devient une bulle où la nature domine, offrant à son enfant un cadre propice à l’épanouissement et à l’apprentissage des choses essentielles. Le chanteur n’hésite pas à évoquer que c’est précisément cette vie au contact direct de la nature, loin de l’artifice urbain, qui nourrit sa musique et ses choix artistiques. Entre carrière et recul : un équilibre à réinventer Malgré un retrait protecteur assumé, Julien Doré continue de remplir les salles avec ses performances scénographiques soignées, comme le prouve l'immense succès de sa tournée « Dernier Pestacle ». Cette tournée, prolongée jusqu’en 2026, est marquée par des choix innovants : la captation du concert a été diffusée une soirée unique dans plusieurs pays francophones, proposant ainsi une expérience inédite qui réconcilie l’artiste avec son rôle de père en limitant ses déplacements longs et fréquents. Un artiste en pleine mutation Souvent évoquant la possibilité de ralentir, voire de mettre un terme aux tournées pour privilégier une vie plus calme, il affirme son désir profond de « voir grandir » son fils et de ne jamais être un poids ou un absent dans sa vie. Des projets plus modestes, en particulier le travail de production pour de jeunes talents, traduisent ce virage vers plus d’intimité, sans renier son exigence artistique. Les défis incontournables de la célébrité La célébrité, pourtant omniprésente dans sa carrière, demeure une source d’inquiétude inédite depuis la naissance de son enfant. Julien Doré admet redouter le moment où son fils prendra conscience de son image publique, et il se bat pour préserver le plus longtemps possible cette innocence précieuse. Le choix de ne pas révéler le prénom de son fils, et de maintenir un voile sur sa vie privée, relève d’une stratégie consciente de protection et d’amour paternel. Annulation et adaptation : un agenda à repenser En 2026, sa tournée nord-américaine a dû s'adapter, avec des annulations aux États-Unis liées à des problèmes de visas. Ce contretemps révèle aussi l’impact concret de ses choix paternels sur son calendrier professionnel, avec en arrière-plan la volonté de ne jamais sacrifier l’équilibre familial à la course aux contrats. Un père qui s'inspire pour créer La paternité insuffle un souffle nouveau à sa création. On se souvient de ce « caprice » qu’il avoue avec tendresse avoir cédé en 2024, lorsque son fils lui a demandé de reprendre la scène le temps d’un spectacle. Cette demande a nourri l’énergie d’une tournée déjà record, témoignant d’un lien puissant et stimulant qui unit famillial et artistique. Une transmission à la française Au-delà du musicien, Julien Doré incarne une figure de père ancré dans une tradition de transmission humble et authentique, un homme qui choisit les chemins de terre aux tapis rouges, mettant la douceur et la simplicité au cœur de son quotidien et de son message. En somme, ce 44e anniversaire, célébré en toute simplicité lors d’une tournée éclatante, est pour Julien Doré un moment de bascule où une poignée de secondes, capturées dans une loge modeste, porte en elle une magnifique promesse : celle d’un père comblé trouvant dans le regard de son fils la meilleure des récompenses.

  • Sous le chapiteau de Jazz à Couches, Sanseverino rallume le feu sacré du swing électrique

    Je garde l’image de cette dame aux cheveux gris, dans la deuxième rangée, qui serre son sac contre elle pendant les premières minutes, comme on s’agrippe à une rambarde en pleine tempête. Puis, trois morceaux plus tard, je la vois debout, les yeux plissés de joie, en train de taper des mains sur un riff de guitare quasi hard rock. C’est tout Jazz à Couches qui tient dans cette métamorphose, et c’est tout Sanseverino : un type qui vous embarque sans prévenir, du jazz manouche au rock électrique, jusqu’à vous faire oublier la pluie dehors, les factures à payer et les infos anxiogènes. Vendredi soir, sous le grand chapiteau de la zone de loisirs de Couches, pour la 39e édition du festival, j’ai vu un chapiteau littéralement vibrer quand Sanseverino a lancé son « Shuffle Enterprise », ce projet où il revisite ses chansons comme on bricole une vieille moto : même carcasse, mais moteur gonflé, pneus neufs, chrome clinquant. Le président de l’association Jazz à Couches, Stéphane Desvignes, venait à peine de remercier ses bénévoles que déjà la guitare de Sanseverino mordait dans le silence, tout de suite suivie par une contrebasse élastique et un saxophone qui sonnait comme une sirène bienveillante. L’article d’info-chalon décrivait un « monstre sacré » de la chanson, capable de vider les têtes de leurs tracas pour les remplir de swing et de rires, et je dois dire que la formule tient debout une fois qu’on a mis les pieds sous le chapiteau. Un Festival Bourguignon à l’Âme Authentique Le festival lui-même, installé depuis des décennies dans ce coin de Bourgogne, cultive cette promesse de « pas vers l’excellence », comme le raconte la présentation officielle de Jazz à Couches, qui revendique un goût assumé pour les croisements : jazz, manouche, rock, musiques populaires rassemblées sous un même toit pour quelques nuits seulement. Ce rassemblement est un exemple vivant d’une scène musicale régionale forte, qui privilégie la proximité et la convivialité aux grands formats mercantiles ([source officielle du festival](https://www.jazzacouches.fr)). Sanseverino, du Swing Manouche au Rock Électrique Sanseverino, qui a longtemps été rangé (trop vite) dans la case « swing manouche rigolo », s’offre ici un terrain de jeu idéal. Le site du festival annonçait la soirée du vendredi complète depuis des jours, avec cette promesse de « guinguette rockabilly » et de swing collectif, une formule partagée avec les Têtes Raides sur d’autres dates estivales. Originaire d’une génération ayant grandi en écoutant Django Reinhardt mais aussi le punk des années 80, il explique dans une interview récente sur France Bleu Picardie qu’il a toujours gardé « l’oreille collée au punk et aux musiques qui cognent ». A Couches, cette tension entre la douceur du swing et la brutalité assumée de l’ampli poussée à fond se traduit dans une énergie palpable. La prestation, décrite par le journal local Info-Chalon, fut fascinante mais parfois à la limite du supportable pour certains tympans, provoquant quelques bouchons d’oreille dans la foule. « Shuffle Enterprise » : Une Réinvention Permanente Ce qui séduit au-delà de l’énergie brute, c’est la façon dont Sanseverino joue avec son propre répertoire. Les chansons désormais classiques – « Mal ô Mains », « Les Embouteillages », portraits d’anti-héros ordinaires – sont méticuleusement démontées puis remontées sur scène, donnant une nouvelle vie à chaque accord. Le rock peut supplanter le swing, les breaks se font plus abrupts, mais l’humour décalé et la tendresse restent les piliers du spectacle. Cette volonté de revisiter son œuvre avec son projet « Shuffle Enterprise » est une démarche rare dans le paysage musical français, témoignant d’un artiste en perpétuelle quête d’innovation et qui refuse la routine. Une Communion entre Public et Musiciens Le Journal de Saône-et-Loire rapporte bien cette progression de la soirée : un public d’abord assis, discipliné, puis de plus en plus debout et enthousiaste jusqu’au rappel final. Les musiciens, un contrebassiste au slap vigoureux et un saxophoniste capable de solos tant veloutés que tempétueux, accompagnent avec maestria Sanseverino dans ce voyage sonore, où la virtuosité s’allie à la décontraction. Entre vanne au milieu d’un solo et réflexions sur le monde qui déraille, l’artiste incarne la figure de l’artisan du spectacle, toujours à l’écoute de son public et soucieux d’ajuster son jeu, tournée après tournée. Une Tournée d’Été où le Swing Côtoie la Scène Populaire Son été 2026 s'apparente à une véritable odyssée de la musique populaire à travers la France, avec des escales dans des festivals à taille humaine en Normandie, en Belgique et au bord de la Méditerranée. Ces lieux proches de la nature et accueillant un public intergénérationnel reflètent bien l’esprit authentique que Sanseverino cultive depuis deux décennies. Cette diagonale musicale, allant des ports de pêche aux stades municipaux transformés en scènes de concert, montre une France populaire éprise de musique vivante, loin des grands circuits commerciaux. Le site Infoconcert répertorie avec soin ces dates, soulignant l’affection du public pour cet artiste que l’on attend avec impatience. Un Message Humaniste au Cœur du Swing Plus qu’un simple événement musical, un concert de Sanseverino est une expérience humaine où se mêlent rires, engagement et fraternité. Loin de lisser ses aspérités pour tomber dans la facilité, il persiste à élever le volume et à brouiller les frontières entre styles, faisant du live une fête collective où virtuosité et simplicité se marient. Ce soir-là, en sortie de chapiteau, les familles avec enfants excités et grands-parents souriants emportaient bien plus qu’un souvenir musical : la preuve qu’un concert peut encore créer un moment d’union authentique, un instant suspendu où la musique fait corps avec la vie. Crédit photos et sources : Jazz à Couches (site officiel), Info-Chalon, Le Journal de Saône-et-Loire

  • Vincent Dedienne aux Francofolies 2026 : quand l’enfant de la scène déclare sa flamme à la chanson française

    Je revois très bien le piano dont il parle. Pas ce piano-l0, celui de la Coursive de La Rochelle, mais tous ces pianos inutilise9s que2on apere7oit au fond des plateaux de the9e2tre, couverts de2une housse, presque vexe9s de2eatre re9duits au rf4le de de9cor. Vincent Dedienne, lui, a fini par en libe9rer un. De ce clavier longtemps muet est ne9 Un lendemain soir de gala, son premier spectacle chante9, que2il ame8ne ce dimanche 12 juillet 2026 aux Francofolies de La Rochelle, pour une premie8re participation au festival en tant que2artiste e0 part entie8re, comme le raconte Sud Ouest dans son entretien publie9 le 7 juillet 2026 (https://www.sudouest.fr/culture/francofolies/francofolies-de-la-rochelle-2026-en-chanson-le-modele-de-vincent-dedienne-s-appelle-anne-sylvestre-la-plus-grande-autrice-compositrice-du-millenaire-29457562.php). Salle pleine, attente nourrie, curiosite9 intactea0: je me retrouve, comme beaucoup, e0 guetter ce moment un peu rare of9 un come9dien passe9 maeetre du stand-up et du the9e2tre de9cide de franchir franchement la frontie8re de la chanson frane7aise. Chez lui, cette frontie8re se franchit sur la pointe des pieds, avec ce me9lange de nostalgie, de pudeur et de drf4lerie qui le caracte9rise depuis ses de9buts. De Un soir de gala e0 Un lendemain soir de gala : la me9tamorphose de2un spectacle Pour comprendre ce qui se joue e0 La Rochelle, il faut revenir en arrie8re, e0 Un soir de gala, son pre9ce9dent one-man-show, celui qui a tourne9 partout en France et a fini par eatre capte9 et ce9le9bre9 comme le2un des spectacles les plus fins de ces dernie8res anne9es. Sur sce8ne, Dedienne y campait une galerie de personnages dont on sentait de9je0, en creux, le potentiel romanesque, voire musical. Sur ce spectacle, plusieurs sources reviennent sur un de9tail qui va tout changera0: ce fameux piano sur sce8ne, dont il ne se servait pas, et un sketch entier consacre9 e0 la chanson frane7aise, avec un personnage qui fulmine que aba0e7a ne veut rien direa0bb et que aba0ce2est ne2importe quoia0bb, comme il le confie e0 Sud Ouest. De le0, le2ide9e, de9crite aussi dans la pre9sentation du nouveau spectacle par son producteur Les Visiteurs du Soir (https://www.visiteursdusoir.com/portfolio-type/vincent-dedienne), de transformer chaque sketch en chanson, de donner une voix chante9e e0 cette bourgeoise affreuse, e0 ces figures un peu bancales, de re9ve9ler les zones sensibles cache9es derrie8re le2ironie. Pour ce pari, il ne se2est pas lance9 seula0: il a e9crit des lettres e0 ses chanteurs pre9fe9re9sa0e2 Jeanne Cherhal, Vincent Delerm, Alex Beaupain, Alban de la Simone e2 tous cite9s dans le2interview de Sud Ouest, et tous confirme9s dans les notices de tourne9e publie9es par Infoconcert (https://www.infoconcert.com/artiste/vincent-dedienne-132150/tous-les-concerts-festivals/) et Ticketmaster (https://www.ticketmaster.fr/fr/artiste/vincent-dedienne/idartiste/436). Quand les premie8res chansons sont arrive9es, raconte-t-il, il se2est dita0: aba0e7a marche, mon truca0bb. Ce2est ce aba0truca0bb qui le conduit aujourdb4hui e0 la Coursive, puis e0 le2Olympia en juin 2026 pour une grande date parisienne (https://www.jds.fr/paris/concerts/chanson-francaise/vincent-dedienne-en-concert-un-lendemain-soir-de-gala-1271998_A), avant une tourne9e plus large re9fe9rence9e sur les plateformes de billetterie. En filigrane, se dessine un artiste qui ne2abandonne pas le the9e2tre, mais e9largit son terrain de jeu, comme le2explique un article du The9e2tre Parisien Affilie9 sur son aba0double retoura0bb en 2026, e0 la fois avec ce concert-spectacle et un rf4le dans Le Mariage de Figaro (https://tpa.fr/actualite-theatre-paris/le-retour-sur-les-planches-de-vincent-dedienne-qui-sera-doublement-applaudi-en-2026-1179.html). La Rochelle tombe donc e0 un moment charnie8rea0: ni tout e0 fait une premie8re, ni de9je0 la routine, mais cette zone fragile of9 un artiste e9prouve une nouvelle forme sur un grand festival populaire. Les mode8les de2un artiste entre humour et chanson Ce qui me2a frappe9, en lisant ses re9ponses e0 Sud Ouest, ce ne2est pas seulement la me9canique du spectacle, mais la manie8re dont Dedienne nomme ses mode8les. En humour, il cite souvent Muriel Robin, mais pour la chanson, il affirme de9sormais sans de9tour que ses deux phares se2appellent Anne Sylvestre et Barbara, avec une formule qui a fait mouchea0: pour lui, Anne Sylvestre est aba0la plus grande autrice-compositrice du mille9nairea0bb. La phrase a e9te9 reprise sur les re9seaux qui annoncent les dates de sa tourne9e, notamment dans la communication du festival Pierre Cardin of9 Un lendemain soir de gala sera joue9 le 18 juillet 2026 (https://www.instagram.com/reel/DY7NdA1ERgW). Derrie8re le compliment, je lis presque une profession de foi. Anne Sylvestre, si souvent re9duite e0 une seule chanson, Les gens qui doutent, laisse en re9alite9 plus de 450 titres pour adultes, comme le soulignaient de9je0 plusieurs hommages publie9s e0 sa mort en 2020, notamment dans Le Monde et Te9le9rama, qui rappelaient le2ampleur de son 53uvre et la profondeur de ses textes (https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2020/12/01/la-chanteuse-anne-sylvestre-est-morte_6061537_3382.html, https://www.telerama.fr/musique/anne-sylvestre-la-dignite-en-chantant-6725931.php). Que2un humoriste de 40 ans, passe9 par Canal+ et France Inter, revendique ainsi son he9ritage, comme celui de Barbara, dit beaucoup du rapport de Dedienne e0 la chansona0: une histoire de langue pre9cise, de2e9motion tenue, de rire qui frf4le les larmes. Sur France Inter, il avait de9je0 raconte9, dans le2e9mission aba0Ce2est une chansona0bb, sa fascination pour Mane8ges de2Anne Sylvestre, de9taillant la manie8re dont ce texte tourne autour de2un chagrin en lui donnant des couleurs presque enfantines (https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/c-est-une-chanson/c-est-une-chanson-du-lundi-28-juillet-2025-9004835). Un contrepoint "chansonniers" dans la programmation urbaine des Francofolies 2026 Aux Francofolies, festival of9 la programmation 2026 fait la part belle au rap et aux musiques urbaines a0a0a0a0a0 a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0 a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0a0 Ja0aime le2entendre parler de nostalgie. Dans cette meame interview, il avoue eatre nostalgique de2un temps que2il na0a0a pas connu, reavant par exemple da0a0un deener imaginaire entre Jean Gabin et Georges Brassens qui, reconnaeet-il dans un e9clat de lucidite9, pourrait tre8s bien tourner au bizutage. Il prolonge cette ide9e en de9crivant son rapport au spectacle vivant comme une sorte de remake permanent de2Un jour sans fin, le film de Harold Ramis avec Bill Murraya0: chaque soir, la meame histoire, mais la0occasion de la peaufiner, de sa0ame9liorer, presque de se sanctifier par le travail. On retrouve cette image dans plusieurs portraits re9cents de la0artiste, qui insistent sur sa manie8re obsessionnelle de reprendre ses textes et son jeu, que ce soit sur sce8ne, e0 la radio ou au cine9ma (https://frenchly.us/vincent-dedienne-to-perform-new-play-and-concert-in-ny-and-ca). Derrie8re la punchline, il y a un rapport profonde9ment artisanal au me9tier, presque monacal, qui re9sonne avec cette fide9lite9 e0 des mode8les comme Barbara ou Sylvestre, toutes deux travailleuses acharne9es du verbe. Quand il e9voque son unique venue passe9e aux Francofolies, au milieu des anne9es 2000, alors que2il e9tait e9tudiant et venait voir Juliette sur la grande sce8ne, puis c9milie Loizeau et Agne8s Jaoui e0 la Coursive, on sent poindre quelque chose da0a0autrea0: le retour du spectateur devenu artiste sur les lieux de ses e9merveillements de jeunesse. Dans les grilles de programmation de 2026, son nom figure de9sormais aux cf4te9s de ceux que2il venait e9couter en anonyme, que ce soit e0 La Rochelle, e0 Lyon pour le concert partage9 avec Vincent Delerm dans le cadre des Nuits de Fourvie8re (https://www.nuitsdefourviere.com/programme/2026/musique/vincent-delerm-vincent-dedienne), ou encore lors de la tourne9e annonce9e sur la Cf4te de2Azur e0 partir de janvier 2026, de9taille9e par France Bleu Azur (https://www.radiofrance.fr/francebleu/podcasts/les-azureens-qui-donnent-envie-de-sortir/vincent-dedienne-en-tournee-sur-la-cote-d-azur-a-partir-du-18-janvier-2026-1719903). Ja0y vois une continuite9 touchantea0: le jeune homme qui courait de concert en concert, les oreilles grandes ouvertes, revient avec un spectacle of9 il fait chanter les autres e0 travers lui, prolongeant cette tradition frane7aise of9 le the9e2tre et la chanson dialoguent sans cesse, de Brel e0 Higelin, de Souchon e0 Juliette. Une trajectoire artistique riche et une saison 2026-2027 prometteuse La suite sa0annonce dense : apre8s les Francofolies et La Rochelle, la saison 2026-2027 lui offre ce double registre a0a0a0a0a0 a0a0a0a0a0a0a0a0 un concert chante9 et un grand rf4le de re9pertoire a0a0a0a0a0 a0a0a0a0a0a0a0a0a0qui confirme son statut de2enfant che9ri de la sce8ne frane7aise. Reste une question, que je me pose en pensant e0 Anne Sylvestre et Barbaraa0: jusque2of9 ira-t-il dans cette voie musicalea0? Pour la0instant, il se2abrite derrie8re les plumes de ses auteurs pre9fe9re9s, mais tout, dans sa manie8re de parler de2e9criture et de2e9tude, laisse penser que2un jour il osera peut-eatre signer lui-meame des chansons. En attendant, je me contente de cette imagea0: un piano qui ne2e9tait le0 que pour le de9cor, qui trouve soudain sa raison de2eatre, et un humoriste qui pousse doucement la porte de2un autre art sans renier le premier. Aux Francofolies 2026, au milieu des beats et des flows, il viendra rappeler que2en France, on peut encore faire rire et pleurer en meame temps, juste avec un personnage, une me9lodie et quelques mots bien choisis.

  • Ben l’Oncle Soul ouvre la saison du Plan : pourquoi son retour sur scène intrigue autant

    Je revois encore sa silhouette en bretelles et nœud papillon sur les plateaux télé du début des années 2010, ce “Soulman” qui ramenait Otis Redding dans nos salons. Se retrouver, quinze ans plus tard, à parler de Ben l’Oncle Soul en ouverture de saison d’une SMAC de banlieue parisienne, au Plan de Ris-Orangis, a quelque chose de logique et de touchant à la fois. Le 26 septembre 2026, la salle labellisée de l’Essonne lancera son Opening #12 avec lui en tête d’affiche, première grande soirée d’une nouvelle saison de concerts. Une trajectoire singulière: de Tours à la scène régionale Cette image-là – un gars de Tours devenu figure de la soul française, ouvrant une saison dans une salle debout à taille humaine – raconte mieux que n’importe quel slogan la trajectoire particulière de Benjamin Duterde. Entre-temps, il y a eu un premier album triple disque de platine, une Victoire de la musique Révélation scène en 2011, des tournées faciles et des collaborations internationales. Mais aussi un virage plus intime avec la création de son label Enchanté. De la lumière des grandes scènes à une intimité retrouvée Ben l’Oncle Soul a notamment fait vibrer le Zénith de Paris, et croisé la Californie musicale. Le concert du 26 septembre au Plan symbolise aussi cette volonté de revenir à des lieux plus humains, plus accessibles, loin de la démesure des arénas. Cette évolution témoigne d’un artiste en quête d’authenticité et à l’écoute de son public. Sad Generation: un album à l'équilibre entre passé et présent Sorti le 21 mars 2025, Sad Generation est présenté comme son huitième album. Il incarne un équilibre entre le neuf et l’ancien, un véritable portrait sonore de ce qu’est Ben aujourd’hui. L’album mêle beatmaking contemporain, soul vintage et questionnements actuels. Une écriture soul classique enrichie par des influences modernes Critiques et médias soulignent le retour aux racines, l’hommage à des auteurs comme Sly Stone ou Otis Redding. Mais l’œuvre intègre également des couches de funk psychédélique et une production actuelle, donnant une saveur nouvelle à la soul traditionnelle. Singles et collaborations: la soul au service d’une génération Les singles comme I GØT HOME, BY YØUR SIDE et IM GØØD, ce dernier en duo avec la bassiste franco-américaine Adi Oasis, sont des vitrines lumineuses de cette évolution. Leur son chaleureux et frais s’inscrit dans une tradition soul tandis qu’il s’adresse à une génération saturée d’informations et d’émotions complexes. Une nouvelle scène à Ris-Orangis: le Plan comme creuset culturel Le Plan est connue pour ses programmations audacieuses en Essonne. L’Opening #12 confie à Ben l’Oncle Soul la lourde tâche d’ouvrir la saison avec une soirée qui s’annonce riche en émotions et en découvertes. Mike l’Inspi: un invité à la douceur affirmée La première partie sera assurée par Mike l’Inspi, auteur-compositeur franco-camerounais. Sa musique, mêlant afro-folk et pop urbaine, apporte un contraste cohérent avec la soul de Ben. Son chemin artistique est marqué par une quête thérapeutique à travers la musique, suite à une perte personnelle tragique. Ce que ce concert dit de notre époque En célébrant un retour à la soul plus organique, dans une salle à échelle humaine, Ben l’Oncle Soul incarne une résistance à la saturation des grandes scènes industrielles et des algorithmes. Son choix artistique et cette tournée résonnent avec les enjeux culturels d’aujourd’hui, où l’intimité et la sincérité deviennent des valeurs essentielles. Une musique comme colonne vertébrale pour une génération fatiguée La 'Sad Generation' à laquelle Benjamin s’adresse porte les marques d’une époque anxieuse et saturée. Pourtant, elle continue de chercher dans la musique des raisons d’espérer, de se redresser et de se connecter. Ce concert est plus qu’un simple spectacle : c’est un échange, un rendez-vous humain où la voix chaleureuse de Ben transporte et console. Conclusion : un rendez-vous à ne pas manquer Le 26 septembre 2026 à Ris-Orangis, Ben l’Oncle Soul ne fera pas que lancer une saison de concerts. Il offrira un moment où la soul se manifeste comme une manière authentique d’habiter le monde, loin de la superficialité et du bruit ambiant. Cette soirée promet d’être un phare culturel, invitant à la fidélité, à la nostalgie active, et surtout, à la joie simple de la musique partagée.

  • Pascal Obispo, dix ans après le Cap-Ferret : un mariage envahi, un homme apaisé

    Je reviens toujours à cette image : un chanteur en costume clair, debout devant un piano installé à la hâte dans une église moderne du Cap-Ferret, priant une assemblée surexcitée de « ranger les téléphones » pour simplement vivre l’instant. Nous sommes le 19 septembre 2015, à Notre-Dame-des-Flots, cette église blanche qui regarde l’océan comme un phare. Pascal Obispo a choisi ce lieu pour épouser la mannequin Julie Hantson, dans l’idée d’une cérémonie simple, intime, presque à l’abri des regards. Dix ans plus tard, lorsqu’il raconte cette journée dans les colonnes de Paris Match, je sens encore dans ses mots la crispation mêlée d’affection : ce qui devait être un moment à huis clos s’est transformé en fête de village XXL. Purepeople le résume bien en parlant d’un mariage qui « s’est changé en véritable événement populaire » autour de l’église, tandis qu’Ohmymag souligne à quel point, ce jour-là, il a pris de plein fouet sa notoriété, au point de lâcher, avec le recul : « rétrospectivement c’est marrant, mais sur le moment ça m’avait gonflé ». Quand je relis ces récits, je vois à quel point cette scène concentre tout ce qui fait aujourd’hui l’actualité d’Obispo : un homme partagé entre la lumière dévorante de la chanson française et le besoin de se protéger, de garder pour lui ce qui compte vraiment. La paroisse du Cap-Ferret, présentée par Le Jour du Seigneur comme un repère pour les habitants, habituée à accueillir concerts et mariages de personnalités, est devenue malgré lui la scène d’un basculement intime : celui d’un artiste qui comprend que son histoire ne lui appartient jamais tout à fait. Un refuge au Cap-Ferret : la quête d’une vie en autarcie Paris Match, qui suivait déjà les préparatifs de ces noces en 2015, raconte aujourd’hui un homme revenu sur ses pas, installé à l’année sur la presqu’île, vivant « en autarcie » ou presque, comme il le confiait aussi à Gala lorsqu’il évoquait son refuge du Ferret. Ce retrait progressif est la quête d’une sérénité acquise au fil des ans, loin du tumulte d’une carrière souvent exposée. Le contraste avec le marié agacé d’être happé par la foule, dix ans plus tôt, est saisissant : le sexagénaire traverse désormais la vie avec une douceur presque enfantine, partageant même avec tendresse des moments de vie simples, à l’image de cette « poule » adoptée dans son jardin. Vie personnelle et discrétion : un équilibre fragile Ce qui m’a aussi frappé en relisant les articles récents, c’est la tension constante entre la pudeur de l’homme et l’ampleur de son actualité musicale. En effet, Pascal Obispo assume ses deux mariages, ses deux divorces, et son rôle de père à l’égard de son fils Sean, fidèle à un parcours intime parfois tumultueux. Mais il refuse aujourd’hui d’exposer sa nouvelle vie amoureuse, conservant le mystère sur sa compagne artiste peintre rencontrée dans l’univers de la création. Ce choix témoigne d’une forme de pudeur ancienne, singulière à l’heure des réseaux sociaux où tout est partagé sans filtre. Héritage (Volume 2) : une fresque monumentale de la chanson française Parallèlement à sa vie privée discrète, Pascal Obispo élargit de manière saisissante le cercle de la musique. Son récent album Héritage (Volume 2), dévoilé au printemps 2026, s’impose comme une œuvre de transmission et de communion artistique. Composé de treize duos avec des grands noms de la scène française tels que Francis Cabrel, Bénabar, Julien Clerc, Renaud, Zazie ou Michel Jonasz, ce projet témoigne d’une volonté de rallier les générations autour d’un même amour pour la chanson française. Comme l’explique Pascal Obispo lors de l’émission « Décibels » sur France Bleu, « la musique, c’est du partage, dans un monde qui tend à se fragmenter ». Ce double album, complété par Héritage (Volume 1) annonçant un deuxième volet pour l’automne, constitue une fresque sonore où l’artiste écrit et compose des chansons sur mesure pour ses invités, offrant une lettre d’estime vivante à ses pairs et une passerelle vers les publics actuels. Retour aux Sources : un concert symbolique à Notre-Dame-des-Flots En juillet 2025, Pascal Obispo a symboliquement accepté de chanter à nouveau dans l’église du Cap-Ferret où il s’était marié dix ans auparavant. Ce concert organisé par la paroisse s’est déroulé dans la simplicité, avec un piano et quelques musiciens, sous la lumière douce de fin d’été. Ce retour sur ses terres natales témoigne d’un lien profond entre sa vie personnelle et son art, ainsi que d’une forme de spiritualité discrète, évoquée lorsqu’il affirme croire « qu’il y a quand même quelqu’un, quelque chose au-dessus de nous ». Une œuvre comme réponse artistique et humaine À travers ce projet monumental et cette vie recentrée, Pascal Obispo semble offrir une réponse à toutes les années d’exposition intime subie : plutôt que de dévoiler davantage sa vie, il choisit de raconter celle des autres, de tisser des liens musicaux et humains. Dans un monde souvent hypermédiatisé, il privilégie un modèle familial et sentimental discret, protégeant ce qu’il aime et consacrant l’essentiel de son énergie à transmettre. Son album Héritage deviendra sans doute une référence dans la chanson française contemporaine, un témoignage vibrant d’une carrière riche et d’une personnalité attachante. Lorsqu’il se retournera, un jour, sur sa vie entre les pins du Cap-Ferret et les studios parisiens, il retrouvera dans ces collaborations un patrimoine artistique précieux, une trace tangible de ce qu’il aura laissé derrière lui. Dix ans après ce mariage envahi, Pascal Obispo est un homme apaisé, consolidant son héritage avec humilité et générosité.

  • Les Négresses Vertes à Thiers : quand « Zobi la mouche » rallume la flamme de la Pamparina

    Sur la place Antonin-Chastel, à Thiers, un spectacle rare et touchant s'est offert aux yeux des spectateurs de tous âges : des quarantenaires et des sexagénaires hurlaient « Zobi la mouche » en tenant leurs enfants par la main, comme on brandit un vieux drapeau retrouvé au grenier. Alors que le soleil déclinait lentement derrière les toits médiévaux, les bières se réchauffaient un peu trop vite, mais personne ne cédait sa place. Les Négresses Vertes, groupe culte des années 1990, montaient sur scène pour clôturer la Pamparina; ce concert résonnait bien au-delà d'une simple représentation, ravivant une mémoire collective dans cette petite ville du Puy-de-Dôme. Un groupe mythique au parcours atypique Nées dans le Paris alternatif de 1987, les Négresses Vertes sont issues d'un univers musical tissé d'influences punk, méditerranéennes, manouches et latines. Ce mélange, à la fois explosif et mélancolique, leur avait valu une réputation de formation « ingérable » et « foutraque », mais ils ont défié le temps et les modes. En 2026, au cœur du Zobi Tour, leur passage à Thiers lors d’une tournée européenne symbolise un retour chargé d’émotions. Leur reformation avait commencé en 2018, avec près de 350 concerts donnés jusqu’en 2024 — un véritable marathon nostalgique porté par l’aura de Helno, le chanteur charismatique disparu prématurément en 1993. La puissance et la densité de cette légende vivante persistent à chaque prestation, mêlant émotion et ferveur populaire. La Pamparina : un rendez-vous estival unique et populaire Le festival Pamparina, qui fêtait sa 27ème édition en 2026, transforme chaque été les ruelles médiévales de Thiers en scènes à ciel ouvert. Entièrement gratuit, cet événement attire un public éclectique grâce à une programmation mêlant artistes confirmés comme Cali ou Cut Capers et de nombreuses formations locales émergentes. Accueillir Les Négresses Vertes s’est donc avéré être un réel argument de fierté pour la commune, soulignant son rôle de lien entre passé et présent culturel. Une passerelle entre générations Le concert a su concrétiser cette transmission générationnelle. Au fil de la soirée, jeunes et moins jeunes reprenaient en chœur les refrains mythiques. Certains fermaient les yeux, pris par la nostalgie, d’autres gravaient la scène en vidéo, témoins impatients d’un instant suspendu. Les titres phares, tels que « Zobi la mouche » qui a donné son nom à la tournée, « Voilà l’été » ou encore « Sous le soleil de bodega », ont enflammé la place Antonin-Chastel, transformée en bal populaire improvisé. L’association d’accordéon, de guitares sèches, de cuivres et de percussions conserve intacte sa vitalité, prouvant que ce groupe ne repose pas uniquement sur la nostalgie. Un succès aussi international qu'authentique Unique dans le panorama musical français, les Négresses Vertes ont su conquérir l’étranger sans jamais trahir leur langue d’origine ou leur authenticité. En effet, ils restent parmi les rares groupes hexagonaux à avoir vendu des millions de disques tout en chantant exclusivement en français, se produisant sur les plus grandes scènes mondiales, de l’Electric Ballroom de Camden à Londres jusqu'à des festivals en Serbie ou en Croatie. Ce succès international est d’autant plus remarquable qu'il s'inscrit dans des scènes alternatives, souvent marginales, ainsi qu’auprès d’un public fidèle et passionné, qui reconnait dans ces chansons une énergie brute héritée de leurs racines punk et métisses. Une tournée européenne qui ravive la flamme Le Zobi Tour s’annonce comme un véritable voyage à travers l'Europe, avec des dates programmées à Zagreb, Belgrade, Londres, ainsi qu’un retour régulier dans les festivals français. Ce parcours témoigne d'une actualité vibrante, loin d'un simple revival. Les Négresses Vertes continuent de remplir des salles moyennes et des festivals régionaux, prouvant que leur musique fédère toujours autant, renforçant la fierté locale et populaire. Grâce à leur présence dans des festivals familiaux et gratuits comme la Pamparina ou A Tché Fest, ils maintiennent un lien authentique avec leur public, nouveau et ancien. Une musique fraternelle, chaleureuse et intemporelle Les textes des Négresses Vertes évoquent des vies cabossées, des désirs de fuite et des étés interminables. Loin de toute posture militante ou dogmatique, leurs chansons parlent d’une humanité simple et chaleureuse, porteuse d’une mélancolie sociale élégante. Cette manière de raconter le réel, tout en invitant à la fête, réchauffe les cœurs dans un monde souvent cynique et saturé d’images. Leur capacité à rassembler autour de refrains simples un grand-père, sa petite-fille et un adolescent « venu pour voir » révèle une vocation profondément sociale et intergénérationnelle qui fait un bien précieux aujourd’hui. En conclusion : un feu qui continue de brûler Alors que les amplis se rangent et que les projecteurs s’éteignent, ce « feu » que rallument Les Négresses Vertes persiste. Il habite les vidéos partagées, les affiches punaisées dans les cuisines, les playlists lors des apéritifs d’été. Plus qu’un groupe culte, ils incarnent un lien vivant entre les générations, une mémoire musicale vibrante qui fait danser la nuit auvergnate sous les étoiles. En 2026, Les Négresses Vertes ne se contentent pas de revisiter leurs classiques. Ils continuent d’écrire une page unique dans l’histoire du rock français, illuminée par une énergie intemporelle et une convivialité rare, preuve que certaines flammes ne s’éteignent jamais vraiment.

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