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Véronique Sanson, l'été suspendu : l'inquiétude après une nouvelle hospitalisation

  • Writer: ER
    ER
  • 8 hours ago
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Je revois la photo comme si j’y étais : Véronique Sanson au piano, en marge du Festival de Cannes, le 15 mai dernier, sourire accroché au visage, vibrato intact, entourée d’amis et de curieux émus de la voir encore là, solide au milieu des projecteurs. Huit jours plus tard, ce sont d’autres lumières qui se reflètent sur son visage, celles d’une chambre d’hôpital. Samedi 23 mai 2026, son service de presse alerte l’AFP : la chanteuse de 77 ans a été hospitalisée d’urgence pour « une infection respiratoire aiguë », obligeant à annuler, à la dernière minute, son concert en tête d’affiche du festival Art Rock, à Saint-Brieuc, en Bretagne, où elle devait lancer sa grande tournée estivale. Ce contraste brutal entre la fête et la fragilité résume à lui seul le moment que traverse aujourd’hui Véronique Sanson, et que nous traversons avec elle, nous qui avons vieilli au rythme de ses refrains.

Un parcours marqué par la résilience et la passion de la scène

Je me souviens d’avril 2024 : déjà, son nom s’affichait dans les alertes d’actualité, non pas pour une nouvelle chanson mais pour une pneumonie qui l’avait contrainte à renoncer à un concert au Zénith de Nantes, comme le rappelaient alors France Bleu et BFM TV. Et plus loin encore, en 2018, ce cancer de l’amygdale dont elle était sortie victorieuse, au prix d’un combat long et discret. Ces dernières années, ses interviews prenaient parfois des airs de confidence sur la douleur. En septembre 2025, sur le plateau de « Sept à Huit » sur TF1, elle expliquait, la voix presque amusée malgré tout, qu’elle avait « mal partout », qu’elle souffrait d’arthrose, d’arthrite, que ses mains la faisaient souffrir quand elle jouait du piano, et que « ce n’est pas fait pour s’arranger », des paroles reprises un an plus tard par de nombreux médias comme Nice-Matin ou Actu.fr. À chaque fois pourtant, elle revenait, comme si la scène tenait lieu de médicament.

Dans un entretien accordé à Paris Match en 2024, elle racontait avoir joué « avec les poignets cassés, les doigts cassés, les côtes cassées » et sentir que, dès qu’elle posait un pied sur scène, « la douleur s’envole ». Ce lien presque mystique entre l’artiste et son public, je l’ai vu à l’œuvre plus d’une fois : des spectateurs de plusieurs générations, parfois trois assises sur la même rangée, chantant d’une même voix Amoureuse ou Ma révérence, comme on récite une prière connue par cœur. C’est aussi pour cela que la nouvelle de son hospitalisation a touché bien au-delà du seul cercle des fans bretons.

Un été interrompu, entre annulations et espoirs

Ce samedi 23 mai, à Saint-Brieuc, beaucoup avaient déjà pris la route vers le centre-ville quand le festival Art Rock a dû se résoudre à publier, sur ses réseaux, un message de soutien à la chanteuse et d’information sur l’annulation du concert, confirmant les éléments transmis par l’AFP et relayés par Ouest‑France et France Bleu. À l’origine, ce devait être le coup d’envoi lumineux de sa tournée de festivals : Hauterives, Albi, Vence, Surgères, Orange… une série de dates d’été annoncées avec joie dès le mois d’avril sur son compte Instagram. « Les festivals, ça commence le mois prochain avec toute ma bande de musiciens ! Quelle joie de vous retrouver ! » écrivait-elle alors.

L’ironie du calendrier rend l’annonce actuelle d’autant plus cruelle : au moment même où elle promettait de « vous revoir », son corps, lui, rappelait ses limites. Pourtant, le message transmis par son agence 96B, cité de façon concordante par Nice-Matin, BFM TV, Ouest‑France ou encore Sud Ouest, se veut rassurant : toutes les autres dates estivales sont, à ce jour, maintenues. Mieux, Marie Claire rappelle que sa grande tournée d’automne, joliment intitulée « J’ai eu envie de vous revoir », reste programmée, avec notamment deux soirées majeures à la Seine Musicale, près de Paris, en décembre. Les mots choisis témoignent d’une même prudence : on ne parle pas d’annulation générale, mais d’un épisode aigu, sérieux, qui nécessite des soins immédiats.

L'empreinte indélébile d'une voix pionnière

Ce qui frappe, en parcourant les papiers du Parisien, de La Dépêche ou de L’Humanité qui reviennent sur sa carrière, c’est la manière dont l’événement médical est aussitôt replacé dans une trajectoire artistique hors norme. On rappelle cette jeune femme qui, à 22 ans, avec Amoureuse, a fait sonner le français comme une langue pop, dans le sillage des Beatles, à une époque où les femmes autrices-compositrices-interprètes étaient rares. On insiste sur ce vibrato rauque, ces envolées de piano qui ont mis fin aux yéyés pour ouvrir un autre pan de la chanson française.

Au-delà de la simple peur pour sa santé, c’est l’idée que cette voix-là puisse se taire qui inquiète. En la voyant, il y a quelques jours encore, chanter à Cannes lors d’un showcase intimiste, Paris Match parlait d’une artiste « qui ne vit que pour la scène ». À chaque fois qu’elle réapparaît sur un plateau de télévision, la silhouette un peu plus fragile mais le regard toujours vif, j’ai le sentiment de retrouver une tante éloignée qui aurait accompagné tous les grands moments de la famille. Sa foi en la scène ressemble à une forme de fidélité, presque de promesse : tant qu’elle peut, elle sera là. Reste à savoir à quel prix et pour combien de temps.

Entre prudence et admiration : un avenir artistique à surveiller

Je ne crois pas qu’il faille s’abandonner à un catastrophisme facile. Les médecins parlent d’infection aiguë, les équipes de tournées maintiennent les dates, et personne, dans le premier cercle, ne laisse entendre que l’avenir artistique de Véronique Sanson serait irrémédiablement compromis. Mais cette nouvelle hospitalisation, après la pneumonie de 2024 et le cancer de 2018, installe un climat de vigilance autour d’une artiste qui appartient désormais au patrimoine vivant de la chanson française.

Elle pose aussi une question plus large, qui dépasse son seul cas : jusqu’où peut-on demander à des interprètes de cet âge, marqués par les combats de la vie, de continuer au même rythme de festivals, de tournées, d’allers-retours en car ou en avion ? Derrière les messages de soutien et les billets de concert précieusement conservés pour l’été, on entend une petite phrase intérieure : « Pourvu qu’elle se ménage ». Peut-être que la suite de cette histoire se jouera dans un équilibre plus subtil entre la scène et le repos, entre le désir de « vous revoir » et la nécessité de se protéger.

En attendant, je regarde les dates de Hauterives, Albi, Vence, Surgères et Orange comme autant de rendez-vous suspendus, qui ne prendront tout leur sens que si elle y arrive en ayant retrouvé un souffle serein. Et je me surprends à fredonner, en pensant à cette femme de 77 ans qui rassemble encore des foules : « Reste avec moi, je t’en prie », comme on le dirait à quelqu’un de la famille au chevet de qui l’on veille, avec confiance mais sans déni, en laissant au temps et aux soins la place qu’ils méritent.

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