Michel Polnareff, à New York, rallume la lumière de ses chansons

À Central Park, le 12 juillet 2026, Michel Polnareff a fait résonner un répertoire que plusieurs générations françaises portent encore en elles. Je retrouve dans cette date new-yorkaise quelque chose de profondément polnareffien : un artiste français qui s’avance sur une scène américaine avec ses lunettes blanches, ses mélodies immédiatement reconnaissables et cette manière bien à lui de transformer la nostalgie en spectacle.
Les relevés publiés après le concert indiquent une setlist de douze titres, de « Tam Tam » à « Lettre à France », en passant par « La poupée qui fait non », « L’amour avec toi », « Love Me, Please Love Me », « Tout, tout pour ma chérie » et « On ira tous au paradis ». Le choix est limpide. Dans une époque où les tournées d’artistes historiques peuvent parfois ressembler à une simple succession de tubes attendus, Polnareff revient à ses refrains les plus populaires tout en conservant quelques détours plus singuliers.
Je pense notamment à « Dans la rue », morceau moins immédiatement identifié par le grand public, ainsi qu’à « Kâma-Sûtra », qui rappelle que son univers ne s’est jamais limité aux chansons d’amour les plus célèbres. « La mouche » appartient à cette même zone de liberté : celle où l’humour, l’étrangeté et la provocation empêchent le concert de devenir une cérémonie patrimoniale figée. Ces titres offrent une respiration, mais surtout une autre lecture d’un catalogue souvent résumé à ses ballades et à ses grands refrains.
Le concert a aussi comporté une reprise de « New York State of Mind », de Billy Joel. L’hommage paraît particulièrement cohérent dans une ville qui a servi de décor naturel à tant de rêves de musiciens. En choisissant cette chanson, Michel Polnareff ne cherche pas à se fondre dans le paysage américain. Il inscrit plutôt son propre imaginaire dans une histoire musicale qu’il a toujours semblé observer avec fascination, entre piano, mélodie populaire et goût du spectacle.
Depuis ses débuts, Polnareff occupe une place à part dans la chanson française. Apparu au milieu des années 1960, il a grandi dans la tradition mélodique tout en refusant de s’y enfermer. « Love Me, Please Love Me » et « La poupée qui fait non » ont imposé une écriture immédiatement mémorisable, mais aussi une façon nouvelle d’habiter la scène. Ses arrangements, son goût pour les envolées orchestrales, ses pochettes et son apparence ont contribué à faire de lui une figure qui dépassait largement le cadre de la variété.
La setlist de Central Park permet de mesurer la solidité de cette identité. Les premiers succès y dialoguent avec « Goodbye Marylou » et « Kâma-Sûtra », témoins d’une pop plus sophistiquée, plus ample et parfois plus mélancolique. Je trouve particulièrement intéressant que « Lettre à France » ait fermé la soirée. Souvent reçue comme une déclaration intime et nationale, la chanson prend une couleur particulière lorsqu’elle est chantée loin de l’Hexagone. À New York, elle ressemble à une adresse lancée depuis l’autre rive de l’Atlantique, familière mais légèrement déplacée.
La présence de « On ira tous au paradis », placée avant « Goodbye Marylou » et « Lettre à France », confirme aussi le goût de Polnareff pour les finales en crescendo. La salle est invitée à chanter avec lui, tandis que le concert glisse progressivement du souvenir individuel vers une forme de communion. C’est l’un des ressorts de ses chansons : elles appartiennent à chacun, mais gardent une part d’étrangeté dès qu’elles sont replacées dans un autre décor.
Cette date prolonge le mouvement engagé avec « Ma dernière tournée », annoncée en France en 2025. À Paris, Michel Polnareff avait notamment rendez-vous avec son public à l’Accor Arena le 14 juin, dans le cadre d’une série d’une vingtaine de dates. Je me souviens de l’image que renvoie le mot « dernière » : chez lui, il ressemble davantage à une promesse de rareté qu’à une fermeture définitive. Même l’adieu conserve une part de mise en scène.
Les informations disponibles ne permettent pas de tirer de conclusions hâtives sur l’affluence ni de transformer le concert de Central Park en preuve d’un retour mondial. Elles donnent toutefois un aperçu précis du spectacle et de la manière dont son répertoire est aujourd’hui ordonné. Les plateformes de billetterie et les archives de concerts permettent de suivre cette activité, mais les prochains rendez-vous devront être confirmés par les annonces officielles.
Je retiens donc l’essentiel : en juillet 2026, Michel Polnareff a encore trouvé le moyen de faire dialoguer Paris, Los Angeles rêvée et New York bien réelle. Il n’a pas besoin de prétendre réinventer la chanson française pour prouver qu’il y demeure une silhouette essentielle. Il lui suffit parfois de s’asseoir devant un piano, de laisser monter quelques notes et de faire entendre une mélodie que le public croyait connaître par cœur. Tant que les lumières restent allumées, chaque date peut ressembler à une conclusion tout en laissant entrouverte la porte d’un rappel.
Sources : Setlist.fm pour le relevé du concert ; Sortiraparis, l’Accor Arena et les calendriers publics de Live Nation, Ticketmaster, Bandsintown et Stereoboard pour les dates de tournée. Les programmations peuvent évoluer : Setlist.fm, Sortiraparis, site officiel de Michel Polnareff.




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