Liane Foly, l’appel de Rome et la liberté farouche d’une globe-trotteuse en solo
- ER

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Dans la voix singulière de Liane Foly, on perçoit ce sourire discret lorsqu'elle évoque ses vacances : aucune trace de transat, de club de plage ou de clichés romantiques au coucher du soleil. Simplement elle, son sac à dos, des chaussures de marche et ce besoin viscéral de partir à l'aventure, seule, pour une meilleure respiration intérieure.
À 63 ans, la chanteuse acclamée pour ses titres tels que On a tous le droit et La vie ne m’apprend rien revendique une manière très personnelle et active d'habiter son temps libre. Célibataire depuis quatorze ans et sans enfants, elle aurait pu se conformer au cliché de la solitude comme carence. Mais elle en a tiré l’exact opposé : un luxe intérieur, l'appropriation entière de sa vie après des décennies sous les projecteurs – tournées, plateaux télé et disques d’or à la clé.
Un art de cultiver la joie et la liberté au féminin
Ses dernières confidences dans La Droguerie du sourire, paru au printemps, déploient cet art de cultiver la joie comme on entretient un précieux jardin secret. À l’écoute de ses paroles sur RTL lors de l'émission Dans ma valise, animé par Amandine Bégot, elle affirme sans détour : « Je pars tout le temps seule, je suis une vraie aventurière, une globe-trotteuse.» On l’imagine alors, dès l’aurore, sac sur le dos, foulant les pavés d'une cité étrangère, avec cette allure déterminée d’une femme en harmonie avec son propre tempo.
L’énergie d’une artiste hyperactive en quête d’authenticité
Contrairement à l’image stéréotypée des vacances, Liane fuyant le farniente au profit d'un rythme effervescent : randonnée, visites, exploration inlassable. Elle avoue même, malicieusement, que partir avec elle peut être épuisant. Cette vitalité, le public l’a vu éclater notamment lors de sa tournée Crooneuse, où elle revisitait avec une fraîcheur éblouissante les standards du jazz et de la variété.
En coulisses, elle impose une discipline quasi sportive : sommeil maîtrisé, alimentation saine et marche quotidienne. Ainsi, ses déplacements s'apparentent à une extension naturelle de sa philosophie de vie, loin de la passivité. Son parcours personnel éclaire cette démarche singulière : ce n’est pas un hasard si elle s’attache à des lieux qui résonnent avec son histoire et ses émotions.
Entre Amérique du Nord et Rome : un voyage intérieur autant qu’extérieur
D’une part, sa famille établie aux États-Unis et au Québec colore ses séjours outre-Atlantique d’une résonance familiale et de retrouvailles chaleureuses. D’autre part, Rome, où elle a vécu des moments clés, s’impose comme une terre d’inspiration et de refuge. Elle partage le souvenir frappant de son premier voyage dans la capitale italienne avec André Manoukian, son ex-compagnon et allié musical, une expérience esthétique fondatrice.
Son invitation à la Villa Médicis, résidence d'artistes prestigieuse surplombant Rome, fut un temps suspendu, oscillant entre retraite et rêve éveillé. Rome, peinture vivante d’histoire, d’art et de spiritualité, éveille en elle un profond attachement. L’idée d’y poser prochainement ses valises « les yeux fermés » traduit un vrai projet de vie, une quête d’enracinement choisie pour une existence déjà riche et contrastée.
La solitude choisie : un manifeste subtil contre les normes sociales
À travers son récit, se dessine un message puissant : le bonheur ne réside pas dans les grands frissons, mais dans les petits gestes quotidiens, dans la capacité à s’écouter et à tracer sa propre voie. Son choix assumé de partir seule résonne comme un acte d’émancipation face aux injonctions sociales dominantes qui valorisent souvent le rassemblement familial ou amical comme mesure du succès.
Dans une société où la félicité se juge encore parfois au nombre de personnes embarquées à l’aéroport, Liane Foly s’impose une autre lecture, presque subversive : celle d'une femme mûre, indépendante, fière de sa solitude choisie et de ses racines personnelles travaillées, loin du regard des autres.
Une artiste en perpétuelle réinvention, entre racines et voyages
Les pertes récentes de ses parents ont teinté certains de ses voyages outre-Atlantique d'émotions plus profondes, presque filiales par procuration. Ce lien entre le passé et le présent nourrit sa réflexion sur l’exil volontaire, notamment romain, qui conjugue influences artistiques, spirituelles et familiales.
Rome, avec ses dômes et ses ruelles éternelles, évoque pour elle un territoire idéal conciliant beauté, histoire et sacré. Cette ville lui offre un environnement à la fois vibrant et apaisant, en parfaite résonance avec son parcours et ses valeurs.
En attendant ce possible « grand saut », Liane continue de partager sa créativité : sessions radios, dédicaces pour La Droguerie du sourire et projets musicaux en gestation. L’anticipation d’un album peut-être inspiré par ces escapades italiennes ou nord-américaines flottent dans l’air.
Au fond, ce qu’elle appelle ses vacances se révèle être un véritable art de vivre : intensif, libre, tourné vers la découverte mais enraciné dans l’essence même de ce qu’elle est. Ce cheminement personnel et artistique démontre qu’elle est loin d’abandonner la scène, mais plutôt d’écrire une nouvelle partition pour elle-même et ses auditeurs.
Liane Foly nous invite ainsi à réinterroger notre rapport à la solitude, au voyage et au temps libre, et à célébrer la richesse d'une vie choisie pleinement, loin des conventions.




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