Laurent Voulzy, de la Marne aux cathédrales : un chanteur se dévoile enfin
- ER

- Apr 26
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La scène se passe un soir de Noël, à Joinville-le-Pont, au bord de cette Marne qui traverse toute sa vie comme un refrain obstiné. Il a 15 ans, il rêve d’une guitare depuis des mois, presque avec douleur, et ce soir-là, le paquet tant espéré apparaît enfin. Quand Laurent Voulzy raconte ce souvenir dans le Portrait de la semaine de Sept à Huit, diffusé ce 26 avril sur TF1, je le vois presque, adolescent un peu solitaire, serrant l’instrument contre lui comme on serre une promesse. « Cette année-là j’étais interne au lycée, je l’emmenais, elle était avec moi tout le temps », confie-t-il à Audrey Crespo-Mara dans l’entretien relayé par TF1 Info (https://www.tf1info.fr/culture/video-de-sa-premiere-guitare-au-chant-dans-les-eglises-laurent-voulzy-raconte-une-vie-d-emerveillements-dans-sept-a-huit-2438193.html). Ce n’est pas juste un détail attendrissant : cette guitare va « transformer sa vie ». Et c’est précisément cette mue, de l’ado qui se baigne dans la Marne à l’homme de 77 ans qui publie aujourd’hui ses mémoires, que je le vois retracer ces jours-ci, dans les médias comme sur scène. À travers son livre Caché derrière, paru au Cherche-Midi, et ce portrait télévisé tourné chez lui, au bord de l’eau, Voulzy ouvre enfin les coulisses d’une existence qu’on croyait douce, presque sans ombre. Or derrière la lumière de Rockollection et de Belle-Île-en-Mer, il y a eu une enfance cabossée, une jeunesse en famille d’accueil loin du père resté en Guadeloupe, des quêtes et des doutes qu’il assume désormais au grand jour. Dans les dépêches de l’AFP reprises par France 24 (https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20260423-laurent-voulzy-se-raconte-pour-la-premi%C3%A8re-fois-dans-un-livre), ce récit autobiographique est présenté comme ses « mémoires », même si Voulzy lui-même préfère parler d’un dialogue prolongé avec Isaure Le Faou, sa compagne depuis six ans, qui signe le texte. Elle le rejoint d’ailleurs à l’écran dans Sept à Huit ; sur TF1 Info comme dans un portrait dédié à sa compagne (https://www.tf1info.fr/culture/video-qui-est-isaure-le-faou-la-femme-qui-partage-la-vie-de-laurent-voulzy-2438083.html), on découvre cette histoire presque romanesque : une lettre envoyée par une admiratrice, un échange épistolaire qui ne s’arrête plus, puis une rencontre, une vie partagée sur les bords de Marne et, aujourd’hui, un livre écrit à deux voix. « On a commencé un dialogue qui ne s’est jamais terminé », résume-t-elle. J’y entends quelque chose de très fidèle à la manière dont Voulzy compose depuis toujours : en duo, dans la complicité, que ce soit avec Isaure désormais ou, bien sûr, avec Alain Souchon. Dans Caché derrière, cet allié de plus de cinquante ans est omniprésent. France 24 le cite expliquant qu’il a eu « une chance immense » de croiser la route de Souchon, dont « le génie » aurait été de le comprendre parfois mieux que lui-même. L’album mythique, les tubes partagés, tout cela on le connaît déjà. Ce qu’on mesure moins, et que ce livre met en avant, c’est l’armature spirituelle, presque mystique, qui soutient ce répertoire. Depuis Lys and Love jusqu’aux chansons inspirées par Jeanne d’Arc, le chanteur « au cœur grenadine » n’a jamais cessé de s’aventurer du côté de l’invisible. Son récent dialogue avec la chaîne catholique KTO (https://www.ktotv.com/video/00273642/laurent-voulzy), tout comme une longue interview donnée aux Chantiers du Cardinal en 2023 (https://www.chantiersducardinal.fr/actualites/%F0%9F%8E%A4%F0%9F%8C%9F-interview-exclusive-de-laurent-voulzy.html), éclairent cette passion pour les églises, les cathédrales, ces lieux qu’il décrit comme « des chemins entre la terre et le ciel ». Il y raconte son adolescence happée par « l’irrationnel et l’invisible », puis la découverte des édifices gothiques, de la lumière filtrée par les vitraux, du silence habité. Quand je recoupe ces propos avec ceux qu’il tient sur TF1, je vois se dessiner un fil rouge : la même recherche spirituelle, assumée sans ostentation, irrigue à la fois sa vie privée, sa musique et désormais ce livre-miroir. Ce n’est pas un hasard si ce portrait télévisé et la sortie de Caché derrière coïncident avec une nouvelle étape de sa vie de scène. Sur son site officiel (https://www.laurentvoulzy.com/sur-scene/) comme sur les pages de billetterie (https://www.seetickets.com/fr/tr/tour/laurent-voulzy/1112477, https://www.jds.fr/artistes/laurent-voulzy-3681_N), les dates d’une tournée 2025-2027 se déroulent comme un chapelet : Nuits de Fourvière à Lyon le 8 juillet 2025, Francofolies de La Rochelle le 11 juillet, festival de Saint-Riquier le 13, puis La Grande Motte en janvier 2026, Le Touquet, Noisy-le-Grand, La Baule, Charleroi, Liège, Tours ou encore Le Havre jusqu’en 2027. Après plus de 280 concerts donnés dans des « églises, cathédrales, abbayes, collégiales », comme il le rappelle sur TF1, Voulzy a décidé de « retrouver la scène, découvrir d’autres lieux » et de mêler désormais ses « rêves acoustiques et ses rêves électriques ». Je trouve cette formule, tirée de son communiqué de tournée, très parlante : on entend le musicien qui reprend goût aux festivals à ciel ouvert sans renoncer à ce dialogue intime avec le sacré. Dans les colonnes de Franceinfo consacrées à sa « quête spirituelle dans les églises » (https://www.franceinfo.fr/societe/religion/la-quete-spirituelle-de-laurent-voulzy-dans-les-eglises_2835471.html), il décrit combien « chanter dans une église est exaltant », combien ces lieux, marqués par des siècles de prières, changent sa façon de poser la voix, d’écouter le silence entre deux notes. Cette dimension-là, profondément enracinée dans une culture chrétienne apaisée, on la retrouve pleinement dans la façon dont il parle aujourd’hui de l’homme, de ses fragilités, de ses besoins d’espérance : « Les hommes sont des cathédrales qu’il faut protéger », dit-il sur KTO. Au fond, ce qu’il met sur la table avec Caché derrière et avec ce passage par Sept à Huit, c’est une question très simple, très actuelle aussi : qu’est-ce qui nous tient debout, quand les années passent et que les doutes demeurent ? Lui répond par une combinaison assez rare dans la chanson française : la fidélité à quelques lieux (la Marne, Belle-Île, les églises), la constance d’amitiés solides, une vie affective assumée et reconstruite, et ce travail patient sur lui-même, livré avec modestie à la plume d’Isaure Le Faou. En l’écoutant raconter son enfance en famille d’accueil, sa distance avec son père de Guadeloupe, son émerveillement devant la première guitare, j’ai le sentiment qu’il donne des clés pour relire ses chansons autrement. On comprend mieux pourquoi ses refrains, même les plus légers, gardent toujours une petite mélancolie, comme une prière murmurée derrière un sourire. Ce qui m’intéresse dans cette séquence médiatique, ce n’est pas seulement l’opération promo bien huilée autour d’un livre et d’une tournée. C’est la façon dont Laurent Voulzy, à 77 ans, propose une forme de testament en douceur, sans pathos, où la foi, l’art et la mémoire familiale se répondent. Dans un paysage culturel souvent saturé de cynisme, cette parole paisible a quelque chose de rafraîchissant. Elle ouvre aussi des perspectives très concrètes. La tournée annoncée pour 2025-2027, qui passe aussi bien par des festivals grand public que par des salles plus intimistes en province, va permettre à plusieurs générations de spectateurs de l’entendre dans un moment charnière : celui où il se raconte vraiment, après avoir longtemps cultivé la discrétion. On peut imaginer, au fil des dates listées sur son site officiel (https://www.laurentvoulzy.com/2025/04/30/laurent-voulzy-toutes-les-dates-de-la-tournee/), des soirs d’été à Fourvière ou à La Rochelle où les tubes se mêleront à des confidences, à des chansons plus spirituelles, à des évocations de Jeanne d’Arc – ce personnage qui l’obsède au point qu’il prépare, confiait-il déjà à KTO, un spectacle musical dédié. Les réactions déjà recueillies dans la presse, qu’il s’agisse des premiers comptes rendus de Caché derrière ou des articles de présentation de son Portrait de la semaine sur des sites comme Stars-Actu (https://www.stars-actu.fr/2026/04/sept-a-huit-laurent-voulzy-dans-le-portrait-de-la-semaine-ce-26-avril-2026/) ou Coulisses TV (https://www.coulisses-tv.fr/index.php/magazines/item/52910-sept-%C3%A0-huit-laurent-voulzy-invit%C3%A9-du-%C2%AB-portrait-de-la-semaine-%C2%BB-dimanche-26-avril-2026-sur-tf1), vont toutes dans le même sens : celui d’un portrait « intime et inédit ». Reste à voir comment ce dévoilement sera reçu sur la durée. Est-ce que ce livre trouvera sa place auprès des fans qui, jusqu’ici, vivaient surtout dans l’imaginaire de ses chansons ? Est-ce que cette coloration spirituelle assumée, ces concerts dans les églises, continueront de toucher aussi largement, dans une France traversée par le doute religieux mais en quête de repères ? J’ai tendance à le croire, en l’écoutant parler de ces fidèles qui viennent chercher « l’espoir, le réconfort, la paix, la joie, des réponses » dans les édifices où il se produit. À sa manière, sans grands discours, Voulzy propose une voie : celle d’une chanson française qui ne renonce ni aux mots simples ni aux grandes questions, ni à la joie pop ni à la profondeur de la prière. Et je me dis qu’un artiste qui a passé sa vie « caché derrière » ses mélodies et qui accepte enfin de sortir de l’ombre pour nous raconter ses émerveillements, a encore beaucoup à dire sur la façon de traverser le temps.




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