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Julien Clerc, grand seigneur des Francofolies 2026

  • Writer: ER
    ER
  • 18 hours ago
  • 6 min read

Je revois le parvis de La Coursive à La Rochelle en fin d’après-midi : le vent qui remonte du Vieux-Port, les pavés encore tièdes, les voix qui se mêlent aux cris des mouettes. En 2026, ce décor accueillera une nouvelle fois Julien Clerc, comme un vieil ami qu’on n’a jamais vraiment quitté. Le 14 juillet, pendant que les feux d’artifice se prépareront un peu partout en France, lui fera scintiller le Grand Théâtre des Francofolies avec ses chansons, ses cordes, et cette voix immédiatement reconnaissable qui traverse les décennies sans perdre sa souplesse.

Le festival, dont la programmation complète a été dévoilée ces derniers jours par ICI La Rochelle et par Sud Ouest, a choisi de glisser le chanteur dans la partie la plus intime de son dispositif, celle des salles de La Coursive, comme pour rappeler qu’avant d’être une machine à tubes, Julien Clerc est d’abord un raconteur d’histoires, un artisan du verbe et de la mélodie. L’image me frappe : au bout du quai, sur l’esplanade Saint-Jean-d’Acre, la grande scène Jean-Louis-Foulquier affiche complet avec Gims, Aya Nakamura, Orelsan, Mika ou Louane, tandis qu’un peu plus loin, dans la pénombre feutrée du Grand Théâtre, un homme qui a fêté son premier succès en 1968 s’apprête à chanter pour un public assis, le regard plongé dans les mots. Deux façons de vivre les Francofolies, et Julien Clerc au point de jonction, comme un trait d’union entre générations.

Un panorama musical riche et multigénérationnel

Je me penche sur la programmation détaillée : du 10 au 14 juillet 2026, les Francofolies promettent un « cru XXL », selon le mot de Radio France sur ICI La Rochelle. Sur la grande scène, on croise Youssou N’Dour, Zaz, Niska, Orelsan, Gaël Faye, Feu! Chatterton, Gaëtan Roussel, Mika… Un mélange de pop, de rap, de chanson, qui résume bien l’ADN du festival fondé en 1985 par Jean-Louis Foulquier : défendre la francophonie dans toutes ses couleurs.

Mais l’autre versant des Francos, celui que j’aime tout autant, se joue dans les salles de la Scène nationale, La Coursive. Là, le Grand Théâtre accueille en 2026 un club très choisi : Keren Ann et Yael Naim le 11 juillet, Vincent Delerm et Vincent Dedienne le 12, Hugues Aufray le 13, puis, en point d’orgue, Julien Clerc le 14, comme le détaille Sud Ouest. InfoConcert précise même l’horaire : 14h, en duo d’affiche avec Rau_ze, un jeune projet R&B canadien.

Julien Clerc : un héritage musical et une fidélité sans faille

Il y a là quelque chose de très francofolien : faire dialoguer une icône de la chanson française et une révélation plus confidentielle, nourrie de jazz, de néo-soul et de pop Y2K. Sur le site officiel des Francofolies, le portrait de Julien Clerc insiste sur cette fidélité au festival : il y est venu en 1988, en 1994, en 2018, et il revient encore, comme on revient en famille. Le texte rappelle aussi qu’en février 2026, il ouvrira un nouveau chapitre avec une tournée des Zéniths de France, prolongeant plus de cinquante ans de scène.

La formule choisie par les programmateurs : « une aventure scénique hors norme ». Ce n’est pas une hyperbole : il y a quarante ans, en 1984, il devenait le premier artiste français à remplir le tout nouveau Palais Omnisports de Paris-Bercy, là même où il fêtera ses 80 ans le 9 octobre 2027. Cette continuité donne une autre épaisseur à sa présence à La Rochelle : ce n’est pas un simple passage en festival d’été, c’est une étape dans une longue marche, celle d’un chanteur qui assume désormais de regarder son parcours en face, dans un projet très explicitement baptisé « Une vie ».

"Une vie" : un nouvel album, une tournée intimiste et grand format

Car l’actualité de Julien Clerc, ces derniers jours, c’est aussi et surtout ce nouvel élan scénique autour de son 28e album, sorti en mai 2025 selon Sud Ouest, et cette double tournée qui s’annonce comme un bilan vivant. Les sites spécialisés dans la billetterie et les concerts décrivent le même scénario : une première série de concerts intimistes de février à avril 2026, dans des théâtres et salles à taille humaine, puis, à partir de l’automne 2026 et tout au long de 2027, une bascule vers les grandes arènes, les Zéniths, jusqu’à l’Accor Arena de Paris pour une soirée anniversaire qui s’annonce déjà comme un rendez-vous patrimonial.

Cette trajectoire épouse celle des Francofolies : d’abord la proximité, le regard dans les yeux, puis la communion des grandes foules. À La Rochelle, il choisira donc le format confidentiel, celui du Grand Théâtre, pour faire résonner, peut-être, « Ma préférence », « Ce n’est rien », « Si on chantait », mais aussi les nouvelles chansons, comme « Les Parvis », dont Sud Ouest cite quelques vers en ouverture de son article. Ces mots – « Il tourne, il tourne et il danse / Sur les pavés du parvis » – prennent un relief particulier quand on pense justement au parvis de La Coursive, où défileront en juillet ces festivaliers qui, souvent, ont grandi avec ces refrains dans la voiture familiale ou sur la platine du salon.

Un pont entre les générations et un ancrage familial

J’imagine ces spectateurs de 20, 40 ou 60 ans, peut-être main dans la main avec un parent, un enfant, parfois les trois générations réunies, entrer dans le Grand Théâtre un peu comme on entre dans une église laïque de la chanson française : non pas pour célébrer une idole, mais pour remercier une présence, une voix qui était là dans les bons et les mauvais jours. Les valeurs très simples qui traversent ses textes – l’amour fidèle, la nostalgie sans cynisme, la tendresse pour le quotidien – trouvent une résonance particulière à une époque saturée de slogans rapides.

Dans ce paysage culturel souvent fragmenté, Julien Clerc fait figure de repère stable, presque de grand frère ou de parrain. Son hommage récent à son demi-frère Gérard Leclerc, relaté par Infoconcert lors d’un concert à La Baule, rappelait combien sa musique reste liée à une histoire familiale, intime, où l’on parle de deuil, de fraternité, de mémoire, sans jamais perdre la lumière. Ce sont ces mêmes émotions, j’en suis convaincu, qui traverseront la salle rochelaise en juillet.

Francofolies 2026 : la transmission culturelle par la musique

Au fond, la vraie question que pose cette présence aux Francofolies 2026, c’est celle de la transmission. Comment un artiste qui fêtera ses 80 ans peut-il encore parler à une génération qui consomme la musique sur TikTok, entre deux stories ? La réponse se lit dans la programmation elle-même. En plaçant Julien Clerc au cœur d’un dispositif qui aligne Aya Nakamura, Orelsan, Niska, Louane, Helena ou encore les Canadiens de Rau_ze, le festival ne cherche pas à opposer « anciens » et « modernes », mais à dessiner une chaîne.

On peut sortir du live très urbain d’Orelsan sur la grande scène et, le lendemain, s’asseoir dans la pénombre du Grand Théâtre pour écouter un piano-voix. On peut découvrir Rau_ze sur la même affiche que Julien Clerc, et passer d’un R&B néo-soul aux orchestrations classiques sans changer de langue. Je vois là un geste d’équilibre très français : tenir ensemble l’héritage et l’expérimentation, le répertoire et la découverte.

Un concert, une célébration d’une vie dédiée à la chanson

Pour Julien Clerc, cette étape rochelaise s’inscrit dans une série de choix cohérents : un album qui assume son titre de « Une vie », une tournée pensée comme un voyage à travers le temps, une grande fête finale à l’Accor Arena, quarante ans après son premier Bercy. Entre ces jalons, le détour par les Francofolies ressemble à une halte au bord de la mer, un moment pour mesurer le chemin parcouru, devant un public qui, lui aussi, a vieilli, aimé, perdu, transmis.

Dans un monde culturel souvent pressé de tourner la page, le simple fait de voir programmé, en 2026, un artiste révélé en 1968, au milieu d’une affiche ultra-contemporaine, me semble être une bonne nouvelle. Une manière de dire aux plus jeunes festivaliers : vous pouvez avancer sans renier ceux qui vous ont précédés.

Quand je pense à ce 14 juillet 2026 à La Rochelle, je n’imagine pas seulement un concert de plus dans un été chargé. Je vois une après-midi où un homme, arrivé à cet âge où l’on compte moins les années qui viennent que celles qui sont déjà là, se présente sur scène comme il l’a toujours fait : avec élégance, avec pudeur, avec cette joie discrète de chanter encore. Ce que chacun emportera de ce moment – un souvenir partagé avec un parent, une chanson enfin entendue « en vrai », un frisson inattendu sur un refrain connu par cœur – dira sans doute mieux que n’importe quelle analyse pourquoi, cinq décennies plus tard, Julien Clerc reste à sa place dans le paysage : ni sur un piédestal, ni au musée, mais au milieu de la vie, exactement là où la chanson française a toujours trouvé sa force.

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