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Jean-Jacques Goldman sort du silence pour RTL

Writer: ER
ER
1 hour ago
3 min read

Le 11 octobre 2026, Jean-Jacques Goldman a pris la parole après six ans de silence pour saluer les 60 ans de RTL. À 75 ans, le chanteur n’a annoncé ni album ni retour sur scène. Il a simplement raconté la rencontre qui, au début des années 1980, a contribué à lancer sa carrière : celle de Monique Le Marcis, alors responsable de la programmation musicale de la station.

Il aura suffi d’un message audio de quelques secondes pour faire revenir Jean-Jacques Goldman au centre de l’actualité musicale. Sa voix est familière, le ton simple, presque pudique, mais chaque mot semble pesé. Depuis plusieurs années, l’artiste se tient à distance des médias. Il a quitté les tournées après Un tour ensemble, en 2002, s’est retiré des Enfoirés après 2016 et a décliné plusieurs invitations, dont celle de Nagui pour les trente ans de Taratata, en 2023.

Sa dernière prise de parole largement relayée remontait à la période de la pandémie de Covid-19, lorsqu’il avait soutenu les professions mobilisées. Dans Stop ou encore, l’émission présentée par Éric Jean-Jean, il n’est donc pas venu entretenir le mystère autour d’un hypothétique retour. Il a voulu souhaiter un anniversaire à RTL. Cette sobriété lui ressemble : Goldman préfère depuis longtemps la trace laissée par une chanson à l’exposition de sa personne.

Son récit nous ramène en 1981, au moment où paraît son premier album et où Il suffira d’un signe commence à installer son nom dans le paysage de la chanson française. À cette époque, l’accès aux grandes radios est bien plus limité qu’aujourd’hui. « Il n’y avait que quatre radios en France quasiment », explique-t-il. Les maquettes s’accumulent, les refus aussi : « Première radio, refus ; deuxième radio, refus ; troisième radio, refus. »

Puis vient RTL, où travaille Monique Le Marcis. Cette professionnelle de la programmation entend quelque chose dans les chansons du jeune auteur-compositeur et décide de lui donner sa chance. « Ce petit, il a quelque chose, je pense qu’il faudrait lui donner sa chance », aurait-elle estimé. La phrase paraît modeste, mais elle rappelle le rôle essentiel joué par les programmateurs dans une industrie musicale alors structurée autour d’un nombre réduit de stations.

Avant les plateformes de streaming, les réseaux sociaux et les recommandations personnalisées, un passage à la radio pouvait changer une trajectoire. Pour un artiste débutant, être diffusé sur une antenne nationale signifiait toucher un public beaucoup plus large, attirer l’attention des maisons de disques et inscrire une chanson dans la mémoire collective. Le succès d’Il suffira d’un signe va ainsi contribuer à révéler un interprète encore discret, dont l’écriture directe et mélodique allait rapidement trouver son public.

En réécoutant cette anecdote, je pense à toutes les carrières qui se jouent parfois dans un bureau, devant une maquette imparfaite, entre deux rendez-vous et quelques minutes d’écoute. Goldman ne transforme pas Monique Le Marcis en personnage de légende ; il lui rend simplement ce qui lui appartient : une part décisive de son histoire. « Et donc à mon tour, moi, je voudrais souhaiter un bon anniversaire à RTL. Ça, je ne l’oublie pas », conclut-il.

Cette phrase dit beaucoup de son rapport à la fidélité. Celui qui a écrit La vie par procuration, Envole-moi ou Né en 17 à Leidenstadt sait que les destins individuels reposent aussi sur des rencontres, des encouragements et des portes ouvertes au bon moment. RTL a aussitôt relayé son message sur ses réseaux sociaux, provoquant de nombreuses réactions affectueuses. L’émotion tient autant au contenu du témoignage qu’à la rareté de la voix qui le porte.

Cette sortie du silence intervient alors que le nom de Jean-Jacques Goldman circule régulièrement dans l’actualité, souvent malgré lui. En avril 2026, Radio France annonçait une nouvelle collaboration avec Céline Dion, prolongeant une histoire artistique commencée avec l’album D’eux et des chansons comme J’irai où tu iras. Quelques mois plus tard, Goldman aurait encore choisi la discrétion en assistant à un concert de la chanteuse depuis le public, accompagné de son épouse Nathalie et de leurs filles, plutôt que de monter sur scène.

Ce choix résume bien sa période actuelle : il demeure présent dans la vie musicale française, mais à la périphérie des projecteurs. Son engagement passé auprès des Enfoirés et du Bleuet de France rappelle que le retrait médiatique ne signifie pas l’indifférence. À 75 ans, Jean-Jacques Goldman ne revient donc pas vraiment ; il se souvient. Dans une époque où les carrières se mesurent à la fréquence des apparitions, sa dette envers RTL et Monique Le Marcis prend une valeur particulière. Quelques mots, une voix reconnaissable entre mille et la preuve qu’un encouragement reçu il y a plus de quarante ans peut encore être rendu avec émotion. Pour l’instant, Goldman reste fidèle à sa ligne : parler peu, remercier beaucoup, puis retourner dans l’ombre.

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