Eddy Mitchell chevauche à nouveau… mais en BD : l’épopée très rock de « Colt et Cognac »
- ER

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Je revois encore Eddy Mitchell en costume sombre devant l’écran du « Ciné-Club », présentant d’une voix tranquille un western poussiéreux du dimanche soir. Quarante ans plus tard, le même amoureux de grands espaces et de duels au soleil signe son propre western… mais en bande dessinée. À 83 ans passés, l’interprète de « La Dernière séance » s’offre une première fois tardive : un album intitulé « Colt et Cognac », financé par les lecteurs eux‑mêmes et fabriqué comme un objet collector, presque clandestin, loin des rayons des grandes librairies.
Ce qui pourrait ressembler à un simple produit dérivé de star cache en réalité une petite aventure éditoriale très singulière, née à Chartres et portée à bout de bras par un scénariste passionné, Jean‑François Vivier. C’est lui que je retrouve, en filigrane, dans ce projet : un homme qui a grandi avec les chansons de Schmoll et qui, un jour, a osé lui proposer de transformer ses rêves de western en BD. Longtemps, tout cela aurait pu rester une conversation un peu folle. Mais, depuis cet été, le feu est définitivement passé au vert : la campagne de financement participatif a atteint – et même dépassé – son objectif, et « Colt et cognac » va bel et bien exister.
L’origine d’un rêve de western en bande dessinée
Pour comprendre comment on en arrive là, il faut revenir en arrière. Eddy Mitchell ne s’est jamais caché de sa passion pour la BD et le western : il en parle volontiers sur ses réseaux sociaux, comme un gamin qui ne s’en est jamais remis. Sur sa page officielle Facebook, il a raconté comment est née l’idée de « Colt & Cognac » : un synopsis qu’il a imaginé lui‑même, mûri au fil des années, mélange d’héritage familial, de villes qui sentent la poudre et de grands espaces dignes d’un film de John Ford.
Ce n’est pas un hasard si c’est un indépendant français, Jean‑François Vivier, installé à Chartres et déjà auteur de plusieurs biographies dessinées, qui a pris le relais pour transformer ce canevas en scénario complet. Dans une interview à L’Écho Républicain, Vivier explique qu’il a très tôt eu envie de se frotter à ce rêve de western avec la bénédiction de Mitchell, au point de créer sa propre maison d’édition, L’Atlantide, pour garder la main sur le projet.
Un casting artistique de choix pour un western contemporain
Le duo s’est ensuite entouré d’un dessinateur italien, Francesco Rizzato, au trait réaliste et cinématographique, ainsi que d’un coloriste, Marco Francescutto, choisi pour donner à ces planches l’ampleur lumineuse des grands classiques du genre. Le style graphique est acclamé par les lecteurs sur les forums spécialisés comme BDGest et Sanctuary, où la finesse du dessin et la richesse des couleurs renforcent l’ambiance western authentique.
La voie du financement participatif : une nouvelle ère pour la production BD
Face à la prudence des éditeurs traditionnels confrontés à un projet mêlant une star de la chanson et un format franco‑belge classique, Vivier choisit une voie très actuelle : Ulule. En juin, il lance une campagne de financement participatif autour d’un argument simple – « Un western d’Eddy Mitchell en BD ! » – et d’une promesse claire : un tirage initial limité, réservé aux contributeurs, fabriqué avec un soin presque maniaque.
La page de campagne détaille les contreparties alléchantes : édition classique, version luxe, ex‑libris, rencontres exclusives avec l’équipe, et un making of. Sur les réseaux d’Eddy Mitchell, une série de courtes vidéos explicatives répond aux questions des fans et révèle la motivation profonde de l’artiste, qui aime la BD parce qu’elle « fait travailler l’imagination » et s’est entouré de professionnels « qui savent faire ».
Un succès qui illustre l’engouement pour la culture indépendante
Le succès ne se fait pas attendre : un dimanche de septembre, la barre symbolique de 30 000 € est franchie, puis largement dépassée, avec plus de 36 000 € recueillis à la clôture, bien au-delà de l’objectif initial. Ce financement populaire rend très concret ce qui était au départ une gageure : les planches peuvent partir en impression, transformant la BD en un véritable objet collector et exclusif.
Un récit d’initiation au parfum authentique d’Ouest américain
Le pitch dévoilé raconte l’histoire de Jean Bonneterre, héritier d’une riche famille parisienne, parti dans l’Ouest américain pour solder un contentieux autour d’un saloon baptisé « Le Cognac ». Ce récit mêle initiation, duels au soleil, humour et personnages hauts en couleur, que l’on imagine déjà dialoguer avec la gouaille propre à Eddy Mitchell, fidèle à ses influences des westerns italiens et américains.
L’impact culturel et la fidélité à ses passions
Cette BD illustre aussi une fidélité chère à beaucoup de Français : rester fidèle à ses passions et ses héros de jeunesse, tout en les réinventant. Eddy Mitchell, figure tutélaire sans cynisme de la chanson française populaire, s’amuse à bâtir un western en cases et phylactères, offrant ainsi la preuve que l’on peut vieillir sans jamais renoncer au goût de la fiction.
Si pour l’instant l’album reste réservé aux contributeurs et hors circuit des librairies, l’espoir d’une édition plus large est déjà sur la table, ce qui pourrait permettre à un plus vaste public de découvrir cette œuvre singulière.
Une nouvelle aventure pour Eddy Mitchell
Pour Eddy Mitchell, « Colt et Cognac » marque une nouvelle aventure artistique après ses escapades au cinéma, dans les romans et la musique. Ce projet s’inscrit dans la continuité de sa carrière marquée par l’amour des arts et des récits, cette fois porté par une bande dessinée qui promet de devenir un jalon dans son parcours.
Jean‑François Vivier, de son côté, planifie de finaliser rapidement les planches restantes, les corrections éditoriales, et l’impression afin de livrer cet album très attendu aux soutiens, faisant de cette initiative un modèle de production indépendante et participative dans le monde de la BD.




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