Bénabar, la joie têtue : à Surgères, un concert en forme d’hommage et de renaissance
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Sous les étoiles d’un été charentais, le parc du château de Surgères s’est transformé en théâtre d’une émotion particulière, ce 25 juillet 2023. C’est là, au cœur du 10e Surgères Brass Festival, que Bénabar a livré un concert mêlant plaisir musical, hommage et renouveau artistique, captivant un public fidèle et curieux d’en découvrir plus sur ce chanteur emblématique de la scène française contemporaine.
Un festival de cuivres en pleine effervescence
Depuis dix ans, le Surgères Brass Festival célèbre la richesse et la diversité des cuivres. Pendant trois jours, fanfares et ensembles brassicoles ont vibré entre les murs anciens de la cité, insufflant une ambiance festive et conviviale. Bénabar, arrivé avec neuf musiciens pour clore l'événement, en a profité pour mettre à l’honneur justement ces cuivres qui lui confèrent une couleur unique, fidèle à son univers musical où la modernité s’allie à la tradition.
« Le Soleil des absents » : un album né de la lumière dans l’ombre
Ce concert s’inscrit dans la promotion de son dernier opus, Le Soleil des absents, un disque qui puise dans le deuil tout en refusant la mélancolie. La disparition de Denis Grace, ami et musicien de longue date, a profondément marqué la création de cet album. Lors d’un entretien avec Sud Ouest, Bénabar confiait : « On préparait l’album quand c’est arrivé… On a décidé de faire un disque joyeux, conscient de sa présence, de son omniprésence. » Cette posture, alliant gravité et vitalité, caractérise toute la sensibilité du chanteur, qui mêle souvent le tragique à l’humour avec une habilité rare.
Le pouvoir ludique de l’écriture
La chanson Les coups illustre parfaitement cette approche. À travers un jeu de mots sur différentes expressions contenant « coups », Bénabar explore le langage avec un plaisir manifeste, transformant la douleur en matière créative. Cette capacité à conserver une dimension ludique même face à la tristesse est un marqueur distinctif de son style, qui résonne auprès d’un public intergénérationnel.
Une carrière généreuse et un public fidèle
Plus de vingt ans séparent les débuts modestes de Bénabar, auteur de chroniques musicales de la vie ordinaire, de ses concerts dans les grandes salles comme les Zéniths. Ses classiques tels que Le Dîner ou Je suis de celles se sont inscrits dans la mémoire collective, au point d’être devenus des refrains familiaux. Aujourd’hui, avec humour, il revendique sa place dans la « playlist des darons », soulignant cette dimension affective et familière qu’il incarne auprès de ses auditeurs.
Anecdotes et coulisses du concert
À Surgères, l’artiste manifesta son autodérision en promettant de sortir la trompette « malheureusement pour le public », avant de rassurer sur le talent des musiciens qui l’accompagnent. Cette complicité visible crée une atmosphère chaleureuse, renforcée par l’authenticité et la proximité qu’il entretient avec son public. Son retour après quatre ans sans tournée manifeste sa détermination à renouer avec la fatigue joyeuse des concerts et à partager l’énergie vivante de la scène.
Une fidélité aux racines et à la transmission
Bénabar évoque avec respect les figures marquantes qui l'ont soutenu, notamment Jean-Louis Foulquier, un pilier des Francofolies. Cette fidélité à une époque où la radio et les festivals pouvaient faire éclore des talents s’accompagne d’une volonté de transmission générationnelle, en musique comme dans l’esprit. Que ce soit par ses duos, ses participations à des albums hommage, ou son dialogue ouvert avec son public, il continue de cultiver cette relation presque familiale.
Une musique qui parle au cœur sans compromis
Dans ses références musicales, Bénabar valorise la chanson populaire de qualité, celle qui touche sans démagogie. Il admire des titres comme Ma fille de Serge Reggiani ou Berlin de Renan Luce, démontrant l’importance qu’il accorde à l’émotion sincère et à la justesse du verbe. Cette quête d’authenticité se manifeste aussi dans ses chansons, où il aborde des thèmes parfois délicats avec pudeur mais sans renoncer à l’humour.
Le concert de Surgères : un moment suspendu entre hommage et plaisir
Au final, la soirée s’est imposée comme un moment fort du festival : un artiste populaire qui refuse d’être figé, porté par un album où la présence des absents éclaire d’une chaleur nouvelle l’ensemble des créations. Ce concert n’était pas seulement une performance, mais une véritable expérience de partage, une célébration de la vie et du jeu avec les mots, même face à la douleur.
Perspectives pour la tournée et la suite
Dans les prochains mois, Le Soleil des absents continuera de rayonner sur scène, multipliant les expériences et les clins d’œil subtils à la mémoire de Denis Grace. Bénabar, fidèle à sa manière, invite son public à poursuivre ce voyage, où le rire et la pudeur s’entrelacent avec naturel, offrant une leçon douce et obstinée, une invitation à croire que la création peut toujours être un jeu, une énergie vitale au cœur des épreuves.
Cette page se tourne donc sur une note d’espoir et de continuité, fidèle à l’esprit d’un artiste qui, sans fioritures, trouve encore et toujours l’écho exact de la vie – avec ses joies, ses peines et ce brin d’ironie qui ne le quitte jamais.




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