Ben l’Oncle Soul : la nouvelle vague de soul française déferle sur les scènes de 2026
- ER

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Je revois encore cette image, comme un petit film super 8 : une salle de province un soir d’hiver, une rangée de fauteuils rouges un peu râpés, et tout à coup cette voix qui se met à tournoyer au-dessus des têtes. Autour de moi, un gamin en sweat à capuche reprend « Soulman » à tue-tête pendant qu’un couple de la soixantaine bat la mesure, sourire aux lèvres. C’est ça, la magie Ben l’Oncle Soul : ce mélange de générations rassemblées par le même balancement.
En 2026, cette magie repart sur les routes, plus libre, plus personnelle, plus ambitieuse que jamais. À Guyancourt, à La Batterie, où il est attendu le 3 octobre 2026 pour un concert annoncé comme « une soul vibrante, une énergie contagieuse, un moment de partage inoubliable » selon la salle de spectacles de la ville, c’est tout un chapitre de la soul française qui continue de s’écrire en direct.
De la nostalgie à la maturité artistique
Derrière l’image du type en nœud pap’, il y a désormais un musicien qui a pris en main son destin, jusqu’à fonder son propre label, Enchanté. Son nouvel album, « Sad Generation », déjà considéré comme son disque le plus intime et abouti, marque une transition majeure. Ce projet mêle habilement la soul traditionnelle et les sonorités contemporaines, alliant les racines Motown aux rythmiques beatmaking modernes, illustrant les tourments d’une génération en quête de repères.
Longtemps identifié comme le parrain souriant de la soul hexagonale, le Toursien s’est progressivement imposé dans les clubs comme dans les grands festivals de jazz, à l’image de Crest Jazz Festival où il enchante les publics depuis 2010 à grands coups de soul millésimée, cumulant une décennie de Zénith, de collaborations internationales et d’évolutions constantes de son univers musical.
Une tournée 2026 ambitieuse et fédératrice
Ce qui attend Ben l’Oncle Soul ces prochains mois évoque un carnet de route moderne d’un groupe de jazz en tournée des années 60. Son site officiel annonce une série de concerts estivaux en France dès le 10 juillet 2026, avec des escales à la Scène de Bayssan à Béziers, aux Nuits du Sud à Vence, en passant par les Morzine Harley Days et Mios en Gironde. Ces dates témoignent de sa volonté de toucher non seulement les grandes villes mais aussi le « pays réel », ces territoires qui font battre la scène musicale française.
Les plateformes comme Songkick et Bandsintown listent une dizaine de dates confirmées jusqu’à l’automne, dont un concert attendu au Plan, à Ris-Orangis, le 26 septembre 2026, avant un passage à La Batterie de Guyancourt en octobre. Avec des tarifs abordables autour de 25 à 30 euros, ces concerts s’inscrivent dans une volonté de proximité et d’accessibilité pour tous les publics.
L’accueil du public et la critique
En 2025, Ben l’Oncle Soul a rempli l’Élysée Montmartre avec son nouveau projet. La captation par RFI qui le qualifiait alors de « parrain de la soul française » atteste de la reconnaissance médiatique solide. Les réactions à ses concerts récents soulignent sa générosité scénique, transformant chaque salle en véritable veillée soul, mêlant rires, danses et paroles sincères sur les doutes et la fatigue d’une génération.
Son album « Sad Generation » a été reçu comme une œuvre brute et bouleversante, mêlant chanson soul, blues et funk psychédélique. Les singles comme « I GØT HOME », « IM GØØD », ou « Hold On » tracent ce virage artistique, proposant des grooves hypnotiques et des textes profonds, reflet d’un homme devenu père, producteur, et chef de son propre label.
Un artiste au croisement des traditions et du modernisme
Son parcours démontre un pont entre l’âge d’or de la soul, notamment incarnée par Otis Redding – une influence héritée de sa mère – et les sons électroniques actuels qui parlent à une génération parfois désorientée mais avide d’émotion. Ben l’Oncle Soul réussit ce double exercice sans céder au cynisme, offrant une parole accessible mais lucide sur les fissures de notre époque.
Son engagement dans la production indépendante avec Enchanté, où il soutient aussi d’autres artistes comme Linda Lee Hopkins, affirme son désir d’investir dans une communauté musicale authentique et respectueuse de la tradition vivante de la soul et du jazz.
Perspectives pour 2026 et au-delà
Cette tournée annoncée comme « live music pour tous » résonne comme une promesse dans un contexte parfois saturé de cynisme. Avec des programmations dans des festivals majeurs comme Crest Jazz, et une présence dans divers départements français, Ben l’Oncle Soul confirme son rôle de voix majeure de la soul francophone contemporaine.
En 2026, entre Béziers, Guyancourt et la Drôme, le public aura à nouveau ce moment fragile où, dans le noir, la première note sort du micro et où une salle entière bat le pied en un seul cœur. Plus qu’un simple retour, c’est une renaissance artistique et un témoignage vibrant de la vitalité de la soul en France.




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