11 janvier 2026
E.Rials, rédacteur
Les Enfoirés 2026 à l’Accor Arena : une semaine où la chanson française fait bloc

Du 13 au 19 janvier, la troupe des Enfoirés revient à Paris pour sept dates à l’Accor Arena, avec trois soirées d’enregistrement TV. Derrière le show, je vois surtout un thermomètre de notre besoin de solidarité — et une chanson 2026, Tout se casse, qui sonne comme une petite alarme intime.
J’ai un souvenir très simple des Enfoirés : ce moment où, au milieu d’un medley parfaitement huilé, la salle se lève comme un seul corps. Pas pour applaudir une performance “de star”, mais pour applaudir une idée. C’est presque rare, aujourd’hui, d’applaudir une idée.
Cette année, l’idée revient à Paris. Les Enfoirés ont rendez-vous à l’Accor Arena du mardi 13 au lundi 19 janvier 2026, sept représentations qui commencent toutes à 19h30, sauf le dimanche midi (12h30). Trois dates sont annoncées comme des enregistrements TV : les deux séances du dimanche 18 janvier (12h30 et 19h30) et celle du lundi 19 janvier. Le casting, lui, reste secret jusqu’au dernier moment : c’est une règle du jeu, et aussi une stratégie de désir très bien comprise.
Je dis “stratégie” sans cynisme. Parce que si l’on s’y arrête deux minutes, la mécanique est singulière : une troupe d’artistes bénévoles, un spectacle très grand public, puis un CD/DVD et du streaming dont les bénéfices reviennent aux Restos du Cœur. À l’heure où la moindre opération caritative se fait parfois au mégaphone, ce rendez-vous conserve quelque chose de paradoxalement pudique : on y vient pour chanter, et l’on ressort, mine de rien, en ayant parlé de précarité.
Paris, encore : ce que raconte le retour à l’Accor Arena
Le site officiel le dit clairement : “Paris est magique et ça continue”, et la troupe “vous donne rendez-vous” à l’Accor Arena. Ce retour dans la capitale n’est pas qu’un détail logistique. Il raconte une chose très française : la centralité symbolique de Paris, et sa capacité à transformer un événement populaire en “moment national”. TF1, de son côté, s’inscrit dans cette logique de grand rendez-vous familial : une émission, de la musique, du divertissement, et ce slogan qui tient tout en trois mots : “On compte sur vous !”
Je ne suis pas naïf. La télévision, la grande salle, la billetterie... tout cela fabrique aussi une rareté, une course, une tension. Mais cette tension est au service d'un financement concret. Et sur le terrain des faits, l’édition 2026 affiche déjà une réalité implacable : “Les concerts sont complets”, annonçait l’organisation dès octobre 2025.
Billetterie : la vérité, c’est que ça se joue (aussi) sur la revente
Je préfère être direct : si vous n'avez pas de place, vous êtes déjà "en retard". Mais "en retard" ne veut pas dire "fini". Les Enfoirés recommandent explicitement de passer par les sites officiels de billetterie qui proposent des services de revente sécurisés, avec billets vérifiés et nouveau code-barres émis lors de l’achat. Ce n’est pas glamour, c’est même un peu trivial, mais c’est là que se joue l’accès pour une partie du public.
Si je devais résumer le conseil en une phrase : ne cédez pas à l'angoisse des plateformes douteuses. Sur ce sujet, l’organisation a été suffisamment claire pour qu’on s’y tienne.
Tout se casse : une chanson 2026 qui ne cherche pas à faire joli
Chaque année, l'hymne des Enfoirés a une fonction précise : donner une couleur affective à l'édition. En 2026, la couleur s'appelle Tout se casse. Le site officiel annonce le single “maintenant disponible” et l’affiche comme le titre de cette nouvelle campagne. BFMTV rappelle que la chanson est écrite et composée par Santa, et qu’elle “accompagnera le prochain spectacle” enregistré à l’Accor Arena. Et, détail intéressant, l’article précise aussi que Santa participe pour la troisième fois au spectacle.
Ce qui m'accroche, dans ce titre, c'est qu'il ne promet pas l'euphorie. Il parle de fragilité. Il pose une question qui, à mon sens, touche juste : “Est-ce qu’on peut sauver quelqu’un quand on aime ?” Dans un pays où l'on adore les grands discours sur "le vivre-ensemble", voilà une question qui descend à hauteur d'homme, à hauteur de cuisine, de frigo vide, de loyer en retard.
Je m'arrête une seconde sur un point : BFMTV cite la liste de quelques interprètes présents sur le morceau (Zazie, Christophe Maé, Shy’m, Sofia Essaïdi, Christophe Willem, Patrick Fiori, Soprano, aux côtés de Santa). Ce mélange de générations et de styles est exactement la signature des Enfoirés : un patchwork assumé, qui fonctionne parce qu'il ne cherche pas l'élitisme.
Un show, et puis quoi ? La question du “lendemain”
On peut aimer ou non le format. Mais il faut reconnaître une chose : les Enfoirés ont compris, avant beaucoup, la puissance d'une "œuvre collective". Quand une cinquantaine d’artistes se mobilise, c’est une vitrine gigantesque pour rappeler que les Restos du Cœur ne sont pas un décor de campagne, mais une mission sociale permanente.
Et je pense que le vrai point sensible est là : ce spectacle n’existe pas parce que “ça fait du bien”. Il existe parce que, dans la France de 2026, on a encore besoin de financer une aide alimentaire et un accompagnement social qui, autrement, n’arriveraient pas au même niveau.
C’est aussi pour ça que la mention “1 double CD ou 1 double DVD acheté = 17 repas” me frappe davantage qu’un slogan bien tourné. Ce n’est pas poétique, c’est concret. Et, à la fin, c’est le concret qui tient une association debout.
Les infos pratiques que je retiens (et que j’irais vérifier en premier)
Dates : du 13 au 19 janvier 2026, 7 concerts.
Lieu : Accor Arena, Paris 12e (8 boulevard de Bercy).
Enregistrements TV : annoncés sur les séances du 18 (12h30 et 19h30) et du 19 janvier.
Billets : concerts complets, revente via canaux officiels recommandée.
Et si je devais ajouter une note plus personnelle : oui, c’est un “gros show”. Mais c’est aussi une manière de remettre la chanson française à sa place la plus juste : pas un fond sonore, pas un produit, mais un langage commun.
Pour aller plus loin, en apprendre d'avantage :
