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16 décembre 2025

E.Rials, rédacteur

Sous la verrière, la glace rejoue la magie de Paris

Cet hiver, je retourne au Grand Palais des Glaces, cette immense patinoire éphémère qui transforme le cœur de Paris en décor de cinéma. Sous la nef restaurée, 2 700 m² de glace, trois ambiances, des DJ sets jusqu’à 2 heures du matin et une énergie très parisienne : festive, familiale, un peu folle, mais toujours élégante.

Il y a des endroits à Paris où je n’ai pas besoin de vérifier l’adresse pour y aller. Je connais le trajet par cœur, mais à chaque fois, j’ai l’impression de le redécouvrir. Le Grand Palais des Glaces fait partie de ces lieux‑là. On sort du métro, on traverse l’avenue, on lève les yeux vers la verrière, et déjà, avant même de chausser les patins, on a l’impression d’entrer dans une carte postale un peu irréelle.


La promesse est simple, presque enfantine : une gigantesque patinoire en plein cœur de la capitale, du 13 décembre 2025 au 7 janvier 2026, avec 2 700 m² de glace installés sous la nef du Grand Palais. La réalité, elle, est plus dense : un mélange de fête populaire, de prouesses techniques, de logistique impressionnante et d’un vrai sens de la mise en scène à la parisienne.[1][3]


Quand je mets un pied sur la glace, je pense autant aux familles qui viennent vivre “leur” moment de Noël qu’à ce que représente, symboliquement, le retour de cette patinoire après plusieurs années d’interruption. On ne parle pas seulement d’un loisir de fin d’année, on parle d’un rituel urbain qui s’était absenté et qui revient occuper sa place naturelle dans l’hiver parisien.[4]


Sous la verrière, la lumière joue un rôle à part entière. La journée, c’est presque une cathédrale de verre : la clarté du ciel d’hiver filtre à travers les structures métalliques, et la glace prend des reflets laiteux, légèrement bleutés. L’après‑midi, on voit la ville décliner doucement, la lumière baisser, les silhouettes se densifier sur la piste. Le soir, on bascule dans une autre histoire : les faisceaux lumineux découpent l’espace, la musique monte, la patinoire devient dancefloor, et les patineurs se transforment en figures de clip, parfois plus enthousiastes que gracieux, mais toujours spectaculaires.[1][5]


Ce que j’aime particulièrement dans ce dispositif, c’est cette idée assumée de “trois vies” dans une même journée. Le matin, de 10h à 13h, la glace appartient aux débutants, aux familles, à ceux qui apprennent encore à dompter leurs chevilles. C’est le moment des gants trop grands, des premiers pas hésitants, des rires qui suivent les chutes contrôlées. On voit des parents se redécouvrir un peu, poussant leurs enfants sur des patinettes, comme s’ils rattrapaient un Noël de leur propre enfance qu’ils n’avaient pas tout à fait eu.[1]

L’après‑midi, de 14h à 19h, la patinoire trouve son rythme de croisière. C’est là que je mesure le mieux à quel point ce dispositif est pensé comme un grand théâtre urbain : la lumière naturelle traverse encore la nef, les flux de visiteurs s’organisent, les groupes d’amis se prennent en photo au milieu de la glace, les couples se frôlent, se tiennent par la main – parfois plus pour l’excuse du contact que par besoin d’équilibre. La ville continue de tourner autour, mais ici, le temps se dilate un peu.


Et puis il y a la nuit, de 20h à 2h du matin, quand la patinoire assume pleinement sa dimension festive. DJ aux platines – cette année, Antonin Courant en maître de cérémonie –, jeux de lumière, sons qui montent dans la verrière comme dans un club à ciel couvert. Ce n’est plus seulement “une activité de Noël”, c’est une sorte de fête foraine chic où les parisiens viennent autant pour se montrer que pour patiner vraiment.[1][5]


Au milieu de cette mise en scène grand format, j’accorde une attention particulière à un détail qui pourrait passer inaperçu : l’espace de 200 m² réservé aux plus jeunes. C’est une zone protégée, où les enfants peuvent se lancer sans être balayés par les patineurs plus rapides. Derrière cette simple info pratique, je vois autre chose : une manière de dire que ce lieu n’est pas seulement conçu pour l’image Instagram, mais aussi pour les premiers souvenirs. Le premier vrai contact avec la glace, dans un cadre grandiose, restera pour beaucoup associé à ce décor précis.[1]


L’autre ancrage très concret, ce sont les choses simples qui structurent l’expérience : les gaufres, les crêpes, les tartiflettes, les fontaines de chocolat chaud. On pourrait snober cet inventaire “cliché” de l’hiver, mais ce serait oublier que l’émotion passe aussi par là. L’odeur de sucre chaud et de fromage fondu qui flotte à la sortie de la glace fait partie du récit. On n’est pas seulement venu “faire une activité”, on est venu vivre une parenthèse complète, avec ses codes sensoriels assumés.[1]


Reste une dimension moins glamour, mais tout aussi révélatrice : les tarifs et la logistique. On est à Paris, dans un monument national, avec une infrastructure massive à déployer et à sécuriser. Les prix s’en ressentent : 27 € le matin pour les adultes (15 € pour les moins de 10 ans), 32 € l’après‑midi (18 € pour les enfants), 39 € le soir, en tarif unique. La location de patins est incluse, de la pointure 25 à 50, les gants sont obligatoires, les réservations en ligne deviennent indispensables tant la demande est forte chaque année.[1]


Je pourrais m’arrêter à ce constat un peu sec et dire que ce n’est pas une sortie accessible à tous. Ce serait en partie vrai. Mais je préfère regarder l’autre versant : celui d’un événement qui assume de jouer dans la catégorie des grands rendez‑vous urbains, avec ce que cela implique de contraintes, de coûts et d’attentes. On ne vient pas au Grand Palais des Glaces comme on se glisse sur une petite patinoire de quartier. On vient chercher une expérience, presque un rite d’appartenance à un certain imaginaire parisien, celui d’une ville capable de transformer un monument d’art et d’histoire en terrain de jeu hivernal.[4][2]


Ce retour, après plusieurs années d’absence liées aux travaux et au calendrier olympique, prend donc un relief particulier. Sous la glace, on sent l’ombre récente des épreuves d’escrime et de taekwondo des Jeux de Paris 2024 ; au‑dessus, la verrière restaurée renvoie une image presque neuve d’un lieu pourtant centenaire. Je trouve intéressant que ce soit une patinoire – activité à la fois populaire, festive et très photographiable – qui vienne occuper cette nef à l’hiver 2025 : c’est un choix qui dit quelque chose d’une ville qui continue de chercher des formes de rassemblement à grande échelle, sans renoncer à son goût du spectacle.[3][5]


Au fond, ce qui me frappe le plus, ce n’est pas la démesure de la surface de glace ni la technicité des installations. C’est ce mélange très particulier de fragilité et de puissance. Fragilité de la glace, de l’équilibre de chacun, de ces instants suspendus où un enfant lâche enfin la rambarde. Puissance du lieu, de la nef, des machines, des faisceaux lumineux, de la foule compacte des soirs de fête. Entre les deux, il y a nous, les patineurs d’un soir, qui maîtrisons plus ou moins bien nos trajectoires, mais qui partageons la même sensation : pendant quelques tours, la ville nous appartient un peu.


Je ne sais pas si le Grand Palais des Glaces deviendra pour vous un rituel annuel ou une expérience unique. Ce que je sais, en revanche, c’est que cette patinoire géante raconte quelque chose de très précis de Paris : une ville capable d’alterner grandes causes et plaisirs simples, patrimoine et gadgets lumineux, exigences de sécurité et envie de fête. Une ville qui, même en hiver, trouve le moyen de se regarder dans la glace – au sens propre – et de se trouver plutôt belle.

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