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- Pascal Obispo, sept ans après : la voix de Philippe Pascal résonne toujours à Rennes
Le 12 septembre 2026, Pascal Obispo a rendu hommage à Philippe Pascal, disparu sept ans plus tôt à Rennes. Un message intime qui rappelle l’influence décisive du chanteur de Marquis de Sade sur sa vocation musicale. Il y a des souvenirs qui ne vieillissent pas : ils changent simplement de place, passant de la scène à une photographie, d’un refrain à quelques mots publiés sur Instagram. Le 12 septembre 2026, Pascal Obispo a choisi la sobriété pour se souvenir de Philippe Pascal, disparu sept ans auparavant. Sur un cliché en noir et blanc, les deux hommes apparaissent côte à côte. En légende, le chanteur écrit : « Miss u mon idole mon ami mon frère. 7 ans… » J’ai rarement vu hommage plus court et plus explicite. Derrière cette phrase presque murmurée, il y a une dette artistique, une amitié et une fidélité qui n’ont pas cédé devant le temps. Philippe Pascal n’était pas seulement le chanteur de Marquis de Sade, groupe fondateur de la scène rock rennaise : il fut aussi, pour Pascal Obispo adolescent, une lumière dans le brouillard des débuts. La publication, rapportée par Gala et Voici, a immédiatement ravivé le souvenir d’une relation singulière entre deux artistes que plusieurs générations séparent, mais que la musique avait rapprochés. À Rennes, le rock ne se résumait pas à une mode ou à une poignée de concerts confidentiels. Il s’est construit dans des salles, des bars, des répétitions et des rencontres, au moment où une nouvelle génération cherchait à s’affranchir des formats dominants. C’est dans cet environnement que le jeune Obispo découvre Marquis de Sade, formation créée à la fin des années 1970 par Philippe Pascal et Frank Darcel. Les deux albums du groupe, Dantzig Twist et Rue de Siam, ont contribué à installer une esthétique nouvelle, tendue, sombre et élégante, à rebours de la variété dominante. Le son, l’allure et les textes du groupe ouvrent alors une brèche dans le paysage français. Pour celui qui deviendra l’auteur de Lucie, de Fan ou de L’important c’est d’aimer, cette découverte agit comme un électrochoc. Avant les grandes scènes et les refrains populaires, il y a donc cette fascination pour une musique plus abrasive, plus libre, portée par une présence scénique presque magnétique. Pascal Obispo n’a jamais minimisé cette influence. Dans un entretien accordé à franceinfo autour de son projet Héritage, il expliquait : « Sans lui, en fait, et Frank Darcel, aussi, je n’aurais jamais été là. » La formule est forte, mais elle correspond à une histoire racontée à plusieurs reprises par le chanteur. Lorsqu’il était lycéen à Rennes, il ne se contentait pas d’écouter Philippe Pascal : il observait chez lui une manière d’habiter la musique, de lier la voix, le texte et l’attitude. Cette leçon dépasse la simple admiration musicale. Elle touche à la possibilité même de devenir artiste, de trouver une famille et de comprendre qu’une scène locale peut ouvrir un chemin durable. Après la séparation de Marquis de Sade, Philippe Pascal avait poursuivi son parcours avec Marc Seberg, avant d’explorer d’autres formes, du blues à l’écriture. Sa disparition, le 12 septembre 2019, à l’âge de 63 ans, avait profondément marqué la scène rennaise. Pascal Obispo s’était rendu à ses obsèques à Pacé, puis lui avait consacré un moment très émouvant lors d’un concert à Rennes devant plus de 3 000 spectateurs. Ce soir-là, il avait laissé de côté une partie de son propre répertoire pour interpréter Avec le temps de Léo Ferré, tandis que des images de Philippe Pascal étaient projetées sur un écran. Le geste disait beaucoup : rendre hommage, ce n’est pas seulement prononcer un nom, c’est accepter de suspendre sa propre lumière pour faire réapparaître celle d’un autre. Pascal Obispo a aussi inscrit cette mémoire dans son œuvre. Le titre Les Roses, enregistré en duo avec Philippe Pascal, renvoie à une passion de ce dernier pour la culture des rosiers. Le morceau prend ainsi une valeur presque testamentaire : une chanson qui conserve une voix, une complicité et une trace concrète de leur relation. Dans le récit de cette amitié, Frank Darcel occupe également une place essentielle. Guitariste, producteur et membre fondateur de Marquis de Sade, il avait lui aussi accompagné les premiers pas du futur chanteur. Sa mort en mars 2024 avait donné lieu à un concert hommage à l’Ubu, à Rennes, avec Pascal Obispo, Étienne Daho et d’autres proches. La boucle était alors devenue douloureuse : en quelques années, deux figures majeures de cette aventure rennaise avaient disparu. Ce nouvel hommage de Pascal Obispo à Philippe Pascal ne ressemble donc pas à une simple commémoration de calendrier. Il rappelle plutôt la manière dont une scène locale peut façonner durablement une destinée nationale. Pascal Obispo est devenu une vedette populaire, un compositeur recherché et un artiste capable de remplir les grandes salles ; pourtant, au moment de parler de ses origines, il revient vers Rennes, vers Marquis de Sade et vers cette voix qui l’a poussé à vouloir former un groupe. Je trouve cette fidélité particulièrement touchante à une époque où la mémoire musicale se réduit parfois à des anniversaires promotionnels. Ici, il n’est question ni de relancer un catalogue ni d’annoncer une tournée : seulement de dire le manque. La disparition de Philippe Pascal avait laissé une blessure dans le rock français, mais son influence continue de circuler. Elle se retrouve dans les souvenirs des musiciens, dans les archives de la scène rennaise et dans la trajectoire de Pascal Obispo, qui n’a jamais cessé de reconnaître ceux qui lui ont ouvert la porte. Le message publié en septembre 2026 prolonge cette histoire avec une simplicité désarmante. Sept ans après, le chanteur ne cherche pas à transformer son idole en statue. Il parle d’un ami, d’un frère, d’un homme aimé. C’est peut-être là que réside la plus juste manière de transmettre une œuvre : rappeler qu’avant les albums et les légendes, il y avait des visages, des conversations, des salles de concert et un adolescent qui, un soir, a compris qu’il voulait vivre de musique. À Rennes, la voix de Philippe Pascal s’est tue. Dans la mémoire de Pascal Obispo, elle continue pourtant de jouer.
- Bernard Lavilliers : « Rite cruel », la voix debout
Bernard Lavilliers revient au premier plan avec un nouvel album, « Rite cruel », attendu à la fin du mois d’octobre 2026. À la Fête de l’Humanité, le chanteur stéphanois rend aussi hommage au rôle de la presse et confirme une nouvelle tournée pour 2027. Il y a des phrases qui claquent comme une caisse claire. « S’il n’y a plus de presse, ça va être un enfer », lance Bernard Lavilliers dans un entretien accordé à L’Humanité, publié le 10 septembre 2026. Je l’imagine sous le grand chapiteau des Ami·es de l’Humanité, loin des lumières de la grande scène, avec cette silhouette reconnaissable entre toutes : la voix grave, le regard direct, la parole sans vernis. Le chanteur est venu célébrer les trente ans de l’association, dont il est membre depuis trois ans, et soutenir un journal auquel il est fidèle depuis longtemps. Lavilliers explique avoir déjà contribué financièrement à L’Humanité à l’époque de Roland Leroy et évoque son ancienne fréquentation de la Maison Aragon. Ce détail dit beaucoup de son rapport à la culture : chez lui, la chanson n’est jamais séparée de la mémoire politique, du monde ouvrier et des lieux où circulent les idées. À ses yeux, la disparition progressive des journaux laisserait le champ libre aux influenceurs et aux algorithmes. La formule est abrupte, mais elle touche juste dans une période où l’information se consomme à la vitesse d’une vidéo verticale. Pour moi, cette prise de parole prolonge une fidélité ancienne plutôt qu’elle ne constitue un simple geste de communication. Depuis ses débuts, l’interprète des « Mains d’or » fait dialoguer la chanson française avec le rock, le blues, les musiques sud-américaines et les combats sociaux. Sa présence à la Fête de l’Humanité s’inscrit dans cette histoire. En 1992, il y avait déjà invité Léo Ferré pour une dernière apparition scénique, devant plus de 100 000 spectateurs selon les archives de L’Humanité. Le souvenir de cette rencontre entre deux générations de chanteurs engagés continue de planer sur ses apparitions dans ce rendez-vous populaire. L’actualité de Bernard Lavilliers ne se résume pourtant pas à cette déclaration sur la presse. Son prochain disque, « Rite cruel », doit paraître en octobre 2026 et marquera une nouvelle étape dans une discographie qui compte déjà vingt-quatre albums studio, selon Ouest-France. Le titre intrigue : il suggère une œuvre traversée par la dureté du temps, mais aussi par les rituels auxquels un artiste reste attaché pour continuer à avancer. Je me méfie des annonces qui promettent un retour spectaculaire ; Lavilliers, lui, n’a jamais eu besoin de se réinventer artificiellement. Il avance par déplacements, comme un marin qui change de port sans renier sa boussole. Son précédent grand projet, « Métamorphose », avait revisité treize chansons avec un orchestre symphonique. France Inter rappelait en juin 2025 que cette version orchestrale devait connaître une dernière représentation au Théâtre antique d’Orange, le 25 juin, après une série de concerts où ses titres prenaient une ampleur nouvelle. « O Gringo », « Les Mains d’or » ou « On the Road Again » y étaient entendus autrement, débarrassés parfois de leurs réflexes habituels, mais toujours portés par cette diction rugueuse qui fait sa signature. Le contraste entre la puissance d’un orchestre classique et la matière presque industrielle de certaines chansons révélait un Lavilliers moins attendu : non pas le seul baroudeur, mais un interprète attentif aux couleurs et aux silences. La sortie de « Rite cruel » arrive donc après cette parenthèse symphonique, comme un retour vers une écriture plus directe. Les informations disponibles restent encore limitées sur les chansons, les collaborations et les arrangements du disque. Cette retenue me paraît préférable aux promesses surchargées : elle laisse au public la possibilité de découvrir l’album sans mode d’emploi. Une chose est certaine, le chanteur n’a pas refermé son carnet de route. Son site officiel annonce un nouvel album et une tournée, tandis que plusieurs billetteries indiquent déjà des concerts en 2027, notamment au Zénith de Paris les 4 et 5 mars. D’autres dates sont programmées en région, dont Lyon, à la Halle Tony Garnier, le 11 septembre 2026 dans le cadre de la période de lancement scénique. Ces rendez-vous permettront de mesurer la place des nouvelles chansons dans un répertoire où chaque concert ressemble moins à une simple rétrospective qu’à une traversée du présent. Ce qui se joue autour de Bernard Lavilliers dépasse donc la seule actualité d’un disque. Il y a, d’un côté, la défense d’un journal indépendant dans un paysage médiatique fragilisé ; de l’autre, la transmission d’une chanson qui refuse de considérer les combats sociaux comme des sujets dépassés. Quand Lavilliers reparle de Colette Magny, dont la mémoire est également évoquée dans son entretien, il rappelle une famille artistique où la voix compte autant que le texte, où chanter signifie parfois prendre place aux côtés de ceux que l’on entend moins. Je ne veux pas transformer cette posture en légende dorée : l’artiste demeure un homme de scène, avec ses fulgurances, ses aspérités et ses choix. Mais son engagement garde une cohérence rare. Il ne se contente pas d’interpréter « Les Mains d’or » comme un vieux classique ; il continue d’en défendre l’idée centrale, celle d’une dignité liée au travail et aux vies ordinaires. À l’heure où la chanson française cherche souvent à se rendre immédiatement partageable, Lavilliers conserve le goût des morceaux qui s’écoutent debout, avec un peu de poussière sur les chaussures et du bruit du monde dans les oreilles. La Fête de l’Humanité lui offre un décor naturel : un lieu de musique, de rencontres et de discussions, où une chanson peut encore devenir un geste collectif. La suite se dessinera à l’automne avec « Rite cruel », puis sur les routes en 2027. J’attendrai surtout de voir si ce nouvel album prolonge la veine combative de ses grands titres ou s’il ouvre une faille plus intime. Dans les deux cas, Bernard Lavilliers aura déjà rappelé l’essentiel : une voix populaire ne sert pas seulement à remplir une scène. Elle sert aussi à empêcher le silence de gagner.
- Vanessa Paradis et les « nepo babies » : quand le privilège devient un poids
En juin 2026, Vanessa Paradis a qualifié de « handicap » le fait d’être un enfant de star. Les réactions de Nine d’Urso et du public relancent le débat sur les avantages et la pression liés aux familles célèbres. « J’ai des nepo babies à la maison. » La phrase de Vanessa Paradis, lancée avec un sourire sur le plateau de C à vous le 22 juin 2026, avait tout d’une confidence légère. Elle a pourtant déclenché une véritable tempête numérique. En parlant de ses enfants, Lily-Rose Depp et Jack Depp, la chanteuse et comédienne a reconnu que leur nom pouvait « ouvrir des portes », avant d’ajouter qu’ils étaient « tellement plus jugés que les autres ». Puis cette formule, devenue le point de départ de la polémique : « Moi, je trouve que c’est un handicap. » Depuis, les commentaires se sont multipliés, entre ceux qui comprennent la pression d’une famille célèbre et ceux qui refusent de comparer cette exposition à un véritable handicap. En lisant les réactions relayées par Femme Actuelle, CNews, la RTBF ou encore la DH, je suis frappé par une chose : dans cette affaire, chacun parle d’une réalité différente avec le même mot. Vanessa Paradis évoque la difficulté intime d’être observé avant même d’avoir fait ses preuves. Ses détracteurs entendent surtout le privilège matériel, culturel et professionnel qui accompagne une naissance dans une famille connue. Le malaise vient précisément de ce décalage. Le terme « nepo baby », contraction de « nepotism baby », désigne un enfant de célébrité qui bénéficie, au moins en partie, de la notoriété ou du réseau de ses parents. Popularisée par les réseaux sociaux et la presse anglo-saxonne, l’expression ne désigne pas forcément une absence de talent. Elle met plutôt en lumière un point de départ inégal : être introduit aux bonnes personnes, connaître les codes d’un milieu et pouvoir tenter sa chance sans subir immédiatement les mêmes risques financiers que les autres. En France, le terme est souvent employé à propos de Lily-Rose Depp, devenue mannequin et actrice, mais aussi de nombreux jeunes artistes issus du cinéma, de la musique ou de la mode. Vanessa Paradis connaît évidemment cette mécanique de l’intérieur. Révélée à quatorze ans avec Joe le taxi, elle a grandi sous les flashes et construit une carrière de chanteuse, d’actrice et d’égérie internationale. Elle sait donc ce que signifie être réduit à une image, à une famille ou à un nom. Lors de son passage dans C à vous, elle n’a pas nié l’avantage initial. Elle a au contraire admis que les enfants de personnalités partaient avec une porte déjà entrouverte. Mais elle a voulu rappeler ce qui vient ensuite : la suspicion, les comparaisons avec les parents et l’idée persistante que chaque réussite serait due au carnet d’adresses familial. C’est cette seconde partie du raisonnement qui a été largement contestée en ligne. Femme Actuelle a rapporté des messages accusant la chanteuse d’être « complètement déconnectée », tandis que certains internautes ironisaient sur le parcours de Lily-Rose Depp et son accès rapide aux campagnes de grandes maisons. Le débat aurait pu s’arrêter là, dans le bruit habituel des réseaux sociaux. Il a pris une tournure plus intéressante lorsque Nine d’Urso, fille d’Inès de la Fressange, a été interrogée par Télé Star. La comédienne de 32 ans a jugé le mot « handicap » « un peu fort », tout en ajoutant que chacun pouvait vivre cette situation différemment. Surtout, elle a reconnu sans détour « la chance » et « tous les privilèges » dont elle avait bénéficié sur les plans financier et culturel. Cette franchise donne au débat une tonalité plus nuancée que les affrontements habituels. Son parcours éclaire la différence entre un héritage pesant et un privilège concret. Pour gagner sa légitimité, elle explique avoir choisi les études, l’École normale supérieure et les concours des conservatoires nationaux. Elle plaisante sur la nécessité de prouver qu’elle vaut quelque chose « pas seulement parce qu’elle est le petit lardon d’Inès de La Fressange ». Derrière l’humour, je vois une stratégie de survie professionnelle : travailler davantage, accumuler les preuves et accepter que le public doute plus longtemps. Mais cette exigence supplémentaire ne supprime pas les avantages initiaux. Une famille connue peut offrir une éducation privilégiée, des rencontres, une familiarité avec les codes du métier et une visibilité immédiate. Elle peut aussi transmettre une culture professionnelle très tôt : savoir à qui parler, comment se présenter, comment négocier une audition ou comprendre les attentes d’un milieu artistique. Le reconnaître ne revient pas à nier le talent. C’est même la condition pour parler honnêtement de la réussite. L’intervention de Nine d’Urso a aussi déplacé la conversation vers sa mère, qu’elle décrit comme une femme « exceptionnelle, forte et indépendante ». Elle raconte les conseils simples reçus d’Inès de la Fressange : se tenir droite, avoir une écriture lisible, se brosser les dents avant de penser au maquillage. Ces détails domestiques rendent le sujet plus humain. Ils montrent que derrière les noms célèbres, il y a aussi des familles, des deuils et des éducations. Nine évoque notamment la force de sa mère après la mort de Luigi d’Urso, disparu en 2006. Je retiens de cet échange une leçon assez simple : être l’enfant d’une personnalité connue n’est ni une condamnation ni une injustice absolue. C’est un héritage ambigu, fait de facilités réelles et de soupçons persistants. Vanessa Paradis voulait défendre ses enfants contre une étiquette qui les précède ; ses propos ont rappelé à beaucoup que l’exposition médiatique ne doit pas faire oublier les inégalités de départ. La polémique s’apaisera sans doute, mais la question restera posée à chaque nouvelle génération d’acteurs, de chanteurs et de mannequins : comment reconnaître le travail sans effacer le privilège ? Pour ma part, je préfère la réponse prudente de Nine d’Urso. Elle ne transforme pas la chance en faute, et elle ne demande pas non plus au talent de s’excuser d’exister.
- Florent Pagny face au cancer : une parole intime bientôt portée par M6
Florent Pagny témoignera prochainement dans « Cancer : la vie devant », un documentaire de 90 minutes produit par Elephant et annoncé par M6. La date de diffusion n’a pas encore été précisée, mais le projet réunira des personnalités et des anonymes autour d’un même enjeu : raconter la maladie sans la réduire à un verdict. À travers leurs récits, le programme cherchera à montrer ce que signifie vivre avec un cancer, depuis l’annonce du diagnostic jusqu’aux étapes de l’après-traitement. Quand Florent Pagny parle de son cancer, je n’entends jamais seulement la voix d’un chanteur populaire. J’entends aussi celle d’un homme qui a choisi de ne pas laisser la maladie confisquer son récit. Depuis l’annonce de son cancer du poumon, en janvier 2022, l’artiste a régulièrement accepté de donner des nouvelles de sa santé, de ses traitements et de ses projets, avec cette franchise rugueuse qui le caractérise. Sa présence dans « Cancer : la vie devant » prolonge donc une parole déjà engagée, mais la replace dans un cadre collectif. Le documentaire donnera également la parole à Carla Bruni, Clémentine Célarié, Jarry, Yaël Braun-Pivet, Bernard de La Villardière, Alice Detollenaere et Camille Lacourt, Eloïse Appelle ou encore Arthur Sadoun. À leurs côtés, plusieurs anonymes — Adrien, Osvaldina, Étienne, Virginie et ses deux sœurs — raconteront leur propre traversée. Ce choix me paraît essentiel : dans une chambre d’hôpital, la notoriété ne protège ni de l’inquiétude ni de l’attente des résultats. Elle ne change pas davantage la fatigue d’un traitement ou le besoin d’un proche qui reste assis, parfois en silence, au bord du lit. En France, près de quatre millions de personnes vivent avec un cancer ou en ont vécu l’épreuve, tandis qu’environ cinq millions endossent ou ont endossé le rôle d’aidant. Derrière ces chiffres, il y a des familles, des couples, des enfants et des vies professionnelles mises entre parenthèses. Le titre du programme, « la vie devant », entend justement déplacer le regard : parler de la maladie, mais aussi de ce qui continue après l’annonce, pendant les soins et au-delà de la rémission. Cette perspective est importante, car le cancer ne se résume pas à une succession d’examens et de protocoles. Il bouleverse le rapport au temps, au corps, au travail et aux autres. Pour les proches, il impose souvent une nouvelle organisation et une attention permanente aux signes de fatigue, aux rendez-vous ou aux effets secondaires. Donner une place à ces expériences peut contribuer à sortir d’une représentation uniquement médicale ou spectaculaire de la maladie. Selon les informations publiées le 7 septembre 2026 par Puremédias, le documentaire reviendra sur les différentes étapes de ces parcours : le diagnostic, les traitements, les moments de doute et les éclaircies. M6 présente le projet comme un programme destiné à faire évoluer la perception du cancer, alors que les progrès médicaux permettent aujourd’hui de guérir une part croissante des patients. Le chiffre avancé est de 67 % de cancers guéris actuellement, avec une projection à 80 % en 2040 selon l’Institut Gustave Roussy. Je reste prudent face aux statistiques, car elles ne disent jamais la singularité d’un malade, mais elles donnent une perspective utile à un film qui veut éviter le récit de condamnation. Elles rappellent surtout que la recherche et l’accompagnement transforment progressivement les trajectoires, sans effacer les inégalités ni les situations les plus difficiles. Pour Florent Pagny, cette nouvelle prise de parole intervient alors que sa trajectoire artistique reste étroitement liée à cette période de fragilité. Il a continué à chanter, à enregistrer et à évoquer ses envies, refusant que le cancer devienne son unique identité. C’est sans doute ce qui rend son témoignage attendu : il ne vient pas d’un plateau médical, mais d’un artiste habitué à transformer l’intime en émotion collective. Sa voix, immédiatement reconnaissable, porte ici autre chose qu’une chanson ou une déclaration publique. Elle devient le point de départ d’une conversation sur la peur, la dignité et la possibilité de continuer à se projeter. Carla Bruni apportera, elle aussi, son expérience d’un cancer du sein diagnostiqué plusieurs années auparavant et rendu public en 2022. Les parcours seront différents, les traitements aussi, mais leur mise en regard peut aider à comprendre que le mot « cancer » recouvre des réalités multiples. Il n’existe pas une manière unique de vivre l’annonce, de supporter les soins ou de parler de la guérison. La confrontation de récits connus et anonymes devrait ainsi éviter de présenter un seul modèle de courage, comme si chaque patient devait faire preuve de la même énergie ou de la même confiance. La production a confié la réalisation à Juliette Paquin, qui avait déjà signé pour M6 « Santé mentale : briser le tabou », diffusé en mai 2025. Ce précédent avait réuni 1,27 million de téléspectateurs et donné la parole à Michèle Bernier, Éric Antoine, Florent Manaudou, Pomme et Yannick Noah, parmi d’autres témoins. La chaîne semble donc poursuivre une ligne éditoriale fondée sur les récits personnels, avec l’espoir de provoquer une conversation au-delà de la soirée de diffusion. À mes yeux, la force de « Cancer : la vie devant » dépendra moins du prestige de son casting que de l’équilibre entre ces voix connues et celles des familles anonymes. Florent Pagny attirera naturellement l’attention, parce que son histoire accompagne depuis plusieurs années celle de nombreux auditeurs. Mais le documentaire ne devra pas transformer son courage en modèle obligatoire. Face à la maladie, chacun avance à son rythme, avec ses peurs, ses silences et ses ressources. Le rôle de la télévision peut être précieux lorsqu’elle rend visibles ces expériences sans les dramatiser artificiellement ni promettre une guérison uniforme. Il faudra aussi voir comment le film parlera des aidants, souvent présents dans l’ombre et rarement considérés comme des protagonistes à part entière. La date de diffusion n’a pas encore été annoncée par M6 ; cette attente laisse ouverte la question du traitement final, du ton et de la place accordée aux explications médicales. Je retiens pour l’instant une promesse simple : celle d’un programme qui ne cherchera pas seulement à montrer des célébrités touchées par le cancer, mais à rappeler que la maladie s’inscrit dans des histoires humaines, familiales et parfois musicales. Chez Florent Pagny, la voix reste un refuge, mais aussi une manière de dire que l’existence ne s’arrête pas au diagnostic. C’est cette nuance, fragile et profondément concrète, que j’espère retrouver à l’écran.
- La Maison Tellier, vingt ans de folk vivant entre ombre et lumière
La Maison Tellier fêtera ses vingt ans à l’Élysée Montmartre le 24 septembre 2026. Le groupe normand y présentera Timidité des arbres, un huitième album traversé par la nature, l’americana et la mémoire de Jean-Louis Murat. Il suffit parfois d’un nom pour faire surgir un paysage. Avec La Maison Tellier, j’entends immédiatement une route secondaire, une lumière de fin d’après-midi et le bois un peu poussiéreux d’une guitare folk. Fondé à Rouen au milieu des années 2000, le groupe n’a jamais cherché à courir après les modes. Depuis son premier album, paru en 2006, il avance à son rythme, avec cette élégance discrète des formations qui préfèrent construire une œuvre plutôt que collectionner les effets. Helmut Tellier au chant et à la guitare, Raoul Tellier aux guitares, Léopold aux cuivres, Betty à la basse et à la contrebasse, Jeff à la batterie : la composition actuelle conserve l’esprit collectif qui fait l’identité de la formation. Au fil des années, La Maison Tellier a installé une musique immédiatement reconnaissable, quelque part entre la chanson française, le rock, le blues et la folk américaine. Les albums Beauté pour tous, Avalanche, Primitifs modernes et Atlas témoignent de cette progression patiente, jamais figée. Le site officiel présente Timidité des arbres comme un disque de continuité, et non comme un retour en arrière. La formule me paraît juste. Le nouvel album, sorti le 3 avril 2026 selon les informations publiées autour de sa parution, semble prolonger le dépouillement d’Atlas tout en ouvrant davantage les fenêtres. Le dossier d’Azimuth Productions évoque un « chaînon manquant entre Calexico et le regretté Jean-Louis Murat ». La comparaison est flatteuse, mais elle ne résume pas tout : La Maison Tellier possède une couleur propre, plus fraternelle, moins rugueuse, capable de passer d’une ballade brumeuse à une poussée de cuivres sans perdre le fil de son récit. Le titre de l’album donne une première clé d’écoute. Ici, la nature n’est pas un simple décor de carte postale. Elle devient une présence, presque un personnage silencieux, une manière de parler du temps, de l’attachement et de ce qui demeure lorsque les êtres changent. Le premier extrait, Love Again, est présenté comme une chanson d’amour à la fois intime et universelle. La Maison Tellier y retrouve ce qui fait sa force : des sentiments directs, mais jamais simplifiés, déposés dans des arrangements capables de laisser respirer les mots. La palette musicale s’élargit également avec la pedal steel, le duduk arménien, la vihuela et le guitarrón mexicain. Ces instruments pourraient facilement alourdir un disque déjà riche en références ; ils semblent au contraire prolonger son goût des grands espaces. Franceinfo a souligné l’enregistrement en groupe et l’atmosphère détendue des sessions. La participation de Louis-Jean Cormier, Karen Lano et H-Burns ajoute d’autres voix à cette aventure collective, sans remettre en cause l’ossature du groupe. Même des sons d’oiseaux enregistrés pendant les prises auraient trouvé leur place dans les morceaux. Le détail est révélateur : chez La Maison Tellier, l’environnement n’est pas une toile de fond, mais une matière sonore. Le rendez-vous parisien du 24 septembre 2026 prendra donc une dimension particulière. À l’Élysée Montmartre, le groupe célébrera vingt ans de scène et défendra son nouvel album devant un public qui connaît aussi bien ses chansons anciennes que ses explorations récentes. Les portes doivent ouvrir à 19 heures pour un concert prévu à 20 heures, avec Bobbie en première partie, d’après OÜI FM. La billetterie annonce un tarif de 35 euros sur Infoconcert. Le choix de cette salle populaire et chargée d’histoire correspond bien à leur musique : on peut y entendre les détails d’une voix, la respiration d’une contrebasse, puis sentir le public se soulever lorsque les guitares prennent de l’ampleur. La tournée anniversaire ne s’arrêtera pas à Paris. Les dates publiées par Azimuth Productions annoncent notamment des passages au 106 de Rouen le 25 septembre, au Bateau ivre de Tours le 2 octobre, au Chabada d’Angers le 3 octobre, puis à la Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand le 20 novembre. La Grange de la Ferme des Jeux, à Vaux-le-Pénil, accueillera également le groupe le 28 janvier 2027. Cette circulation dans des salles de dimensions diverses correspond à l’histoire de La Maison Tellier : une formation assez singulière pour toucher les amateurs de chanson indépendante, mais assez généreuse sur scène pour dépasser le cercle des initiés. Le fil émotionnel du disque passe aussi par La chanson de Jean-Louis, hommage à Jean-Louis Murat, figure tutélaire dont l’écriture et les paysages ont accompagné plusieurs générations d’artistes français. La Maison Tellier ne semble pas chercher à l’imiter ; elle lui adresse plutôt un signe, comme on déposerait une fleur au bord d’un chemin familier. Après vingt ans, le groupe ne célèbre donc pas seulement sa longévité. Il affirme qu’une chanson peut encore grandir lentement, loin de l’agitation médiatique et des formats instantanés. Le 24 septembre, à Montmartre, La Maison Tellier aura rendez-vous avec son passé, mais sans nostalgie obligatoire. Les arbres sont peut-être timides, mais les chansons, elles, continuent de pousser.
- Axel Bauer, guitare en avant, donne rendez-vous à Abbeville avec « Grand 8 »
Axel Bauer à Abbeville : le chanteur et guitariste se produira au Théâtre municipal le samedi 13 février 2027 à 20 heures. Il y défendra « Grand 8 », son huitième album studio, entre rock tendu, ballades et mélodies pop. Il y a des artistes que l’on reconnaît avant même d’identifier la chanson. Chez Axel Bauer, c’est souvent une guitare qui fend l’air, une voix grave, légèrement voilée, puis cette manière de laisser la tension monter sans jamais céder à la facilité. Le samedi 13 février 2027, le Théâtre municipal d’Abbeville accueillera le chanteur pour un concert annoncé à partir de 26 euros. La soirée se déroulera boulevard Vauban, dans une salle pouvant recevoir jusqu’à 800 spectateurs. La billetterie est déjà ouverte sur la page consacrée à l’événement du Journal des Spectacles : réserver pour Axel Bauer à Abbeville. Je retiens surtout la promesse artistique. Axel Bauer ne viendra pas simplement aligner ses anciens succès : il présentera « Grand 8 », un disque sorti le 6 février 2026 et décrit par France Bleu comme un album de contrastes, fait d’accélérations, de montées en puissance et de passages plus suspendus. Le titre de l’album dit bien quelque chose de cette trajectoire : une attraction, des virages, du vertige, mais aussi le plaisir très physique de la scène. Pour un public qui a découvert Bauer avec « Cargo » en 1984, puis « Éteins la lumière », « À ma place » ou « Personne n’est parfait », cette date dans la Somme prendra donc la forme d’un retour aux sources autant que d’une nouvelle étape. « Cargo » reste un repère essentiel dans l’histoire du rock français des années 1980. Le morceau avait imposé une silhouette, un son et une façon singulière de faire entrer la guitare dans la chanson. Mais Axel Bauer n’a jamais vraiment cherché à reproduire cette formule. Sa carrière s’est construite sur un équilibre entre efficacité mélodique et goût de l’électricité, avec des textes capables de passer de l’intime à la formule plus directe. C’est cette continuité, plutôt qu’une simple nostalgie, qui donne son intérêt à la tournée « Grand 8 ». Je trouve également intéressant que ce nouvel album arrive après une période consacrée à « Radio Londres », paru en 2022 et défendu jusqu’à un Olympia présenté comme un temps fort de la tournée, fin 2023. Dans une émission de France Bleu consacrée à son actualité, le chanteur est présenté comme un artiste ayant donné plus de 800 concerts et vendu environ trois millions de disques. Ces chiffres expliquent la place singulière qu’il occupe encore dans le paysage musical français : il appartient à la mémoire collective, mais refuse de transformer cette mémoire en musée. La nouvelle tournée doit justement faire circuler les morceaux de « Grand 8 » aux côtés des classiques. Le disque compte quatorze titres pour un peu plus d’une heure, selon sa fiche Spotify. Cette durée laisse imaginer un album pensé comme un parcours, avec ses changements de rythme et ses respirations. L’écriture s’appuie sur plusieurs collaborations, notamment avec Pierre-Yves Lebert, Boris Bergman et Brigitte Fontaine. Cette diversité nourrit un disque que les bases discographiques situent entre rock et pop, sans réduire pour autant l’identité très guitare d’Axel Bauer. La collaboration avec Brigitte Fontaine mérite une attention particulière. Leur morceau « Merde à la mer », publié le 23 mai 2025, avance comme une décharge punk et théâtrale. Le titre, volontairement frontal, tranche avec les passages plus contemplatifs annoncés sur l’album, mais il révèle aussi le goût de Bauer pour les contrastes. Colère, groove, ironie et mélodie peuvent cohabiter dans un même projet. C’est peut-être là le véritable fil rouge de « Grand 8 » : ne pas choisir entre la chanson et l’énergie du rock, entre la précision du studio et le mouvement du concert. La tournée s’étend déjà à de nombreuses villes françaises, d’après les calendriers de Songkick et d’Infoconcert. À Abbeville, le format du Théâtre municipal devrait favoriser une relation directe, presque charnelle, entre le musicien, ses guitares et le public. C’est dans ce type de salle que les détails comptent : le claquement d’une caisse claire, le grain d’un amplificateur, une voix qui semble soudain plus proche que sur disque. La capacité limitée peut aussi donner aux morceaux une autre respiration, loin de la distance parfois imposée par les grandes scènes. Il faudra naturellement attendre la soirée pour savoir quelle place exacte les nouveaux titres prendront dans le concert et comment ils dialogueront avec « Cargo » ou « À ma place ». Les plateformes de billetterie confirment, elles aussi, la présence d’Axel Bauer sur les scènes françaises en 2026 et 2027 : le rendez-vous d’Abbeville s’inscrit donc dans une tournée déjà engagée, plutôt que dans une apparition isolée. Je préfère cette image d’un artiste qui continue d’avancer à celle d’un chanteur venu seulement rejouer ses souvenirs. Axel Bauer a toujours cultivé un rock personnel, construit autour de la guitare, de la voix et d’une certaine idée de l’élégance électrique. Avec « Grand 8 », il semble vouloir retrouver le mouvement, le risque et les changements de relief. C’est précisément ce que l’on attend d’un concert : non pas la reproduction immobile d’un album, mais une rencontre où les chansons peuvent prendre une autre température. Le Théâtre municipal d’Abbeville offrira ce cadre le 13 février 2027. Pour préparer leur soirée, les spectateurs pourront consulter le site de la salle concernant l’accueil, l’accessibilité et les éventuelles évolutions de la billetterie. Je garderai, pour ma part, l’image d’une scène plongée dans l’obscurité, puis d’un premier accord de guitare qui remet la machine en marche. Axel Bauer n’a peut-être jamais cessé de courir ; avec « Grand 8 », il invite simplement son public à monter à bord.
- À Biganos, CharlÉlie Couture prépare une soirée entre blues, poésie et liberté
Le 23 janvier 2027, CharlÉlie Couture posera ses valises à l’Espace Culturel Lucien Mounaix de Biganos, en Gironde. Les premières annonces situent le concert à 20 h 30, avec des places proposées à partir de 22 euros selon les plateformes. Je retiens surtout la promesse d’une soirée à taille humaine : un artiste qui n’a jamais séparé la chanson de la peinture, le rock de la littérature, ni la scène de la réflexion sur le monde. Dans une époque où les tournées se ressemblent parfois, le rendez-vous girondin a quelque chose de précieux. Il ne s’agira pas seulement de venir entendre « Comme un avion sans aile », le titre qui l’a rendu familier de plusieurs générations, mais de retrouver une voix singulière, reconnaissable entre mille, capable de passer d’un blues rugueux à une confidence presque murmurée. L’annonce publiée par JDS présente CharlÉlie Couture accompagné de ses musiciens du groupe Contreband, dans un registre mêlant jazz, rock, folk et rock steady. Cette diversité musicale correspond bien à un parcours qui refuse les cases trop étroites. Les informations pratiques sont confirmées par la billetterie de Biganos Culture, par Scènes du Sud et par Infoconcert, qui annoncent tous trois la même date à l’Espace Culturel Lucien Mounaix. Je conseille toutefois aux lecteurs de vérifier le tarif au moment de l’achat : les plateformes affichent des montants différents, entre 22 et 32 euros, tandis qu’une présentation de la saison culturelle évoque un prix autour de 20 euros. Cette variation n’enlève rien à l’intérêt d’un concert qui devrait trouver naturellement son public dans le Bassin d’Arcachon et au-delà. Pour comprendre ce que CharlÉlie Couture apportera à Biganos, il faut remonter à Poèmes rock, l’album de 1981 qui lui a permis de s’imposer dans une chanson française alors en pleine mutation. Au début des années 1980, la scène hexagonale cherche de nouvelles façons de mêler écriture, énergie électrique et liberté formelle. CharlÉlie Couture arrive avec une identité immédiatement reconnaissable : des textes imagés, une diction parfois parlée, un goût pour les contrastes et cette manière de faire entrer la poésie dans des morceaux qui n’ont rien de sage. « Comme un avion sans aile » a ensuite traversé les décennies, mais son œuvre ne se résume jamais à ce succès. Né à Nancy en 1956 et diplômé des Beaux-Arts, l’artiste n’a jamais accepté de choisir entre les disciplines. Sur son site officiel, il revendique le « multisme », une manière de faire circuler les idées et les émotions entre écriture, arts visuels et musique. Cette démarche explique sans doute la longévité d’un parcours qui compte vingt-six albums studio, de nombreuses collaborations et environ deux mille concerts selon sa biographie officielle. Je trouve chez lui une qualité devenue rare : la curiosité n’est jamais un décor. Elle nourrit les textes, les arrangements, les pochettes, les expositions et jusqu’à sa façon de parler de la scène. Son disque Contre toi, paru en 2024 et réalisé avec Dominique Blanc-Francard, prolonge cette veine. L’album s’intéresse notamment à la fragilité du vivant et à la nécessité de protéger la nature, sans transformer la chanson en discours démonstratif. CharlÉlie Couture y conserve ce goût des images décalées, de l’ironie et des formules qui accrochent l’oreille avant de revenir hanter l’esprit. Le titre « L’absence », écrit en partie avec sa fille Yamée Couture, ajoute une dimension familiale et intime à cet ensemble. Pour moi, c’est là que se trouve le fil rouge de son œuvre : parler du monde sans perdre le goût des êtres, regarder les blessures de l’époque tout en gardant une place pour l’humour, la tendresse et l’émerveillement. À Biganos, c’est bien la formule avec musiciens qui est annoncée. Je m’attends donc à un concert plus charpenté qu’un simple récital, mais sans perdre cette proximité qui fait le charme des salles culturelles. Les morceaux pourront respirer entre guitares, rythmes blues et couleurs plus souples, tandis que les textes conserveront cette place centrale qui distingue CharlÉlie Couture. Son répertoire offre suffisamment de passerelles pour réunir les auditeurs venus pour les chansons historiques comme ceux qui ont découvert son travail plus récent. L’Espace Culturel Lucien Mounaix dispose de 298 places et réserve trois emplacements aux personnes à mobilité réduite, des détails modestes en apparence mais qui comptent lorsqu’on veut faire d’une date un véritable rendez-vous populaire. La saison de Biganos mise d’ailleurs sur des artistes identifiés et sur des tarifs qui restent accessibles, comme l’a relevé Sud Ouest dans sa présentation de la programmation. CharlÉlie Couture y côtoiera d’autres propositions musicales et théâtrales, avec une volonté manifeste de faire vivre la culture hors des grandes métropoles. Dans ce cadre, la venue de l’artiste prend une dimension particulière : celle d’une rencontre directe, loin des grands dispositifs et des concerts standardisés. La suite de la tournée permettra de mesurer la place prise par Contre toi dans les concerts, mais les dates publiées sur le site officiel montrent que CharlÉlie Couture alterne les spectacles en solo et les concerts en groupe, de la Bretagne à la Suisse, en passant par Nancy, sa ville natale. À Biganos, les spectateurs pourront donc entendre un répertoire ancien sans assister à une simple célébration nostalgique. C’est même l’inverse qui me semble se dessiner : les chansons connues serviront de passerelles vers une œuvre toujours en mouvement. Quand un artiste continue d’écrire, de peindre, de tourner et de questionner son époque après plus de quarante ans de carrière, le mot « classique » ne suffit plus. Je préfère parler d’une présence. Celle d’un homme qui avance avec ses carnets, ses guitares, ses images et cette étrange capacité à transformer une salle de concert en atelier vivant.
- À Saumur, les Négresses Vertes vont faire danser le Beau Repaire
Le Beau Repaire accueillera les Négresses Vertes le jeudi 29 octobre 2026, pour la première grande date de sa programmation. La soirée, organisée avec le JOA Casino de Saumur, débutera avec le duo Mariluce avant le concert du groupe parisien, attendu à 21 heures. Il suffit parfois d’un nom et d’une date pour entendre déjà la salle vibrer. À Saumur, l’annonce du concert des Négresses Vertes au Beau Repaire possède cette promesse très concrète : celle d’une soirée où l’on viendra autant écouter que bouger. Je pense à ces refrains qui ont traversé plusieurs générations, à « Voilà l’été » qui surgit encore dans les fêtes dès les premières mesures, ou à « Sous le soleil de Bodega », capable de transformer une salle de concert en place de village. Le rendez-vous est fixé au jeudi 29 octobre 2026, à 21 heures, au 21 place Beaurepaire. Les portes ouvriront dès 19 heures et le duo féminin Mariluce assurera la première partie à 20 heures. La Ville de Saumur présente cette date comme la première programmation d’ampleur du Beau Repaire, équipement municipal consacré au spectacle vivant et aux musiques actuelles. L’annonce intervient alors que l’ancienne salle Beaurepaire vient d’être profondément rénovée pour devenir un lieu modulable pouvant accueillir jusqu’à 1 200 personnes. Les informations officielles sont disponibles sur le site de la Ville de Saumur. Les billets seront mis en vente le 14 septembre à 10 heures. Il faudra compter 29 euros en placement debout, 31 euros en configuration assise, avec des tarifs réduits respectivement fixés à 20 et 25 euros. Ce concert ne tombe pas du ciel. Le Beau Repaire a ouvert ses portes au printemps, après un chantier très attendu mais marqué par des retards. La première soirée, le 7 mai 2026, avait réuni La Ruda, groupe né à Saumur au début des années 1990, et les Woumpapos, formation locale des années 1980. La salle avait alors affiché une forte affluence, donnant au lieu une première image de scène populaire, ouverte et résolument tournée vers les musiques vivantes. Cette inauguration avait aussi une valeur symbolique : elle associait la mémoire musicale locale à un équipement appelé à accueillir des artistes venus de toute la France. La venue des Négresses Vertes donne maintenant au lieu une affiche nationale, avec un groupe dont l’histoire épouse une bonne partie des mutations de la chanson française. Formée à Paris en 1987 par des musiciens venus notamment du punk, du cirque et des scènes alternatives, la formation a rapidement développé un langage à part. Sa musique mélangeait la guinguette, le rock acoustique, la chanson réaliste, les rythmes méditerranéens et une certaine urgence héritée des marges du rock français. Cette alchimie permettait au groupe de rester festif sans être superficiel, populaire sans renoncer à l’invention. Son premier album, Mlah, publié en 1988, a installé cette identité immédiatement reconnaissable. Les cuivres, l’accordéon, les percussions et les chœurs y composent une matière sonore généreuse, presque physique. « Voilà l’été » s’est imposée comme le morceau emblématique de cette énergie solaire, mais l’album ne se résume pas à ce tube. Il témoigne d’une époque où des artistes issus des scènes alternatives cherchaient à faire entrer leurs influences multiples dans une chanson française plus libre, plus métissée et moins soucieuse des frontières entre rock, bal populaire et musiques du monde. Le groupe a ensuite publié Famille nombreuse, Zigzague et Trabendo, avant de connaître une longue période d’éclipse. Après plusieurs retours ponctuels, les Négresses Vertes se sont reformées en 2018 autour de Stéfane Mellino pour reprendre la route et célébrer les trente ans de Mlah. Le Zobi Tour s’inscrit dans cette histoire de transmission : il ne s’agit pas seulement de rejouer des chansons connues, mais de faire vivre un répertoire sur scène, au contact d’un public qui le découvre parfois à travers ses parents. La formation annoncée par le producteur Décibels rappelle la dimension collective du projet. On y retrouve notamment François Tousch à l’accordéon, Iza Mellino aux percussions, Mich Ochowiak à la trompette, Gwen Badoux au trombone et Matthieu Rabaté à la batterie. Chez les Négresses Vertes, la musique semble toujours avancer en bande, portée par les frappes, les souffles et les chœurs plutôt que par une seule figure centrale. C’est cette organisation très collective qui donne aux concerts leur mouvement continu et leur capacité à faire participer la salle. Je trouve intéressant que Saumur ait choisi cette formation pour lancer véritablement la saison du Beau Repaire. La salle ne se contente pas d’accueillir une célébrité patrimoniale : elle invite un groupe dont les chansons ont conservé une énergie physique. Le souvenir du concert des Négresses Vertes au festival de Trélazé en 2023, relevé par Le Courrier de l’Ouest, montre d’ailleurs que leur retour ne repose pas uniquement sur la nostalgie. Les dates annoncées à Hellemmes-Lille, Trappes ou Aix-en-Provence replacent le rendez-vous saumurois dans une tournée structurée, et non dans une apparition isolée. Pour le public, l’enjeu sera donc double : découvrir un équipement neuf et retrouver une formation qui sait faire circuler la fête entre la scène et la salle. La première partie de Mariluce, duo de chanson pop francophone, ouvrira la soirée sur une tonalité plus intimiste avant le déferlement des cuivres. Je garderai surtout cette image : une nouvelle salle encore chargée de l’odeur du chantier, des spectateurs qui franchissent ses portes pour la première fois, puis les premières notes de « Voilà l’été » qui donnent au bâtiment sa véritable inauguration. À Saumur, le Beau Repaire ne sera pas seulement un lieu à visiter ; il devra désormais devenir un lieu de rendez-vous. Les Négresses Vertes lui offrent une entrée en matière généreuse, populaire et suffisamment électrique pour que l’on sache, dès le 29 octobre, si la promesse est tenue.
- Élodie Frégé retrouve Michel Berger en chœur : « Berger Story » à Nantes
À Nantes, Élodie Frégé donnera voix aux chansons de Michel Berger le 26 septembre 2026, entourée de 250 choristes. Avec « Berger Story », la chanteuse renoue avec la scène française et transmet un répertoire qui continue de réunir les générations. Quand je pense à Michel Berger, j’entends d’abord un piano, quelques notes immédiatement reconnaissables et cette manière si particulière de faire entrer l’intime dans une chanson populaire. C’est précisément cette mémoire que le spectacle « Berger Story » entend réveiller. Le 26 septembre 2026, au LAPS, dans le parc des expositions de Nantes, Élodie Frégé partagera la scène avec le chœur Spectacul’Art, composé de 250 choristes. Les informations publiées par La Cité des congrès de Nantes, Exponantes et Fnac Spectacles confirment le rendez-vous, fixé à 20 heures. Le projet ne ressemble pas à un simple concert hommage. Il s’agit plutôt d’une rencontre entre une voix soliste et une masse chorale, avec ce que cela suppose de puissance, de précision et parfois de vertige. Dans l’entretien accordé à Hello Gazette Nantes, Élodie Frégé raconte que les chansons de Michel Berger l’accompagnent depuis l’enfance. Chez elle, explique-t-elle, la chanson française occupait une place centrale. Adolescente, elle a aussi été profondément marquée par « Starmania », œuvre dans laquelle la musique de Berger et les textes de Luc Plamondon donnent à entendre une société inquiète, romantique et cruelle. Avant même de devenir interprète, Frégé a reçu ces chansons comme une histoire familiale, à travers les disques écoutés dans une maison et les refrains qui restent longtemps après la fin du morceau. Cette familiarité n’empêche pas le répertoire de conserver sa force de découverte. Michel Berger a composé une musique immédiatement accessible, mais rarement simpliste. Ses mélodies savent installer une émotion en quelques mesures, tandis que les textes s’attachent aux failles, aux malentendus et au besoin d’être aimé. De « Message personnel », écrit pour Françoise Hardy, à « Pour me comprendre », la fragilité n’est jamais présentée comme une faiblesse. Elle devient au contraire le point de départ d’une chanson capable de toucher un public très large. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles ses titres continuent de circuler, d’être repris et de se transmettre bien au-delà de leur époque. Pour « Berger Story », la chanteuse a choisi des titres qui la touchent particulièrement, parmi lesquels « Message personnel » et « Pour me comprendre ». Deux chansons très différentes, mais qui portent la même attention aux fragilités humaines. Élodie Frégé insiste surtout sur la place des choristes. Elle ne les considère pas comme un simple accompagnement : selon ses propres mots, c’est elle qui vient « apparaître sur quelques titres » autour d’eux. Cette nuance change beaucoup de choses. Le cœur du spectacle appartient à ces centaines de voix venues de différentes régions, préparées selon les exigences de Spectacul’Art et réunies par une même partition. Les présentations du projet sur le site officiel de Spectacul’Art, O Spectacles et Label LN décrivent une tournée nationale conçue pour toucher plusieurs générations. Les premières annonces faisaient état de dates à Orange, Bobino et dans d’autres villes. À Nantes, le chœur réunira 250 voix autour de classiques comme « La groupie du pianiste » ou « Diego », d’après les informations relayées par Outgoings. Je me méfie toujours des hommages qui se contentent d’aligner les tubes, mais l’idée d’un répertoire porté par des chanteurs amateurs et encadré par une artiste habituée aux univers singuliers me paraît plus vivante. Le collectif ne reproduira pas seulement des chansons connues : il leur donnera la respiration particulière d’un spectacle choral. Après une longue parenthèse loin des tournées françaises, Élodie Frégé retrouve ici une énergie collective. Elle a beaucoup voyagé avec Nouvelle Vague, notamment en Colombie, au Brésil, en Allemagne et en Italie, mais elle confie aujourd’hui le plaisir de renouer avec le public de son pays. À Nantes, elle retrouvera aussi une région qu’elle connaît avec affection : il y a trois ans, elle avait séjourné à Pornic pour composer, profitant du calme d’une maison et d’un petit jardin. Ce détail me plaît, parce qu’il relie la grande scène et le temps suspendu de l’écriture, les projecteurs et les promenades sur la côte. Le passage par Nantes ne sera d’ailleurs qu’une étape dans une période particulièrement dense. Après la fin de la tournée « Berger Story », annoncée au début du mois de novembre, Élodie Frégé doit rejoindre André Manoukian pour une version scénique de « La vie secrète des chansons ». Elle prépare également un projet de trio jazz et travaille avec Alexandra Cismondi sur une pièce située dans les coulisses d’un spectacle consacré à Johnny Hallyday. Un EP, un duo avec Patxi et la ressortie en vinyle de « Le jeu des 7 erreurs », réalisé avec Benjamin Biolay en 2006, complètent cet horizon. Ces projets montrent une artiste qui refuse de choisir entre chanson, jazz, théâtre et cinéma. Reste une question : que deviendront ces chansons de Michel Berger lorsqu’elles seront chantées par une génération qui ne les a pas forcément découvertes sur vinyle ou à la radio ? La réponse se trouvera peut-être dans le silence qui suit un chœur de 250 voix. Si les mélodies sont assez solides pour traverser le temps, c’est parce qu’elles parlent encore de solitude, de désir, de peur et de besoin d’être compris. À Nantes, Élodie Frégé ne viendra donc pas seulement célébrer un disparu. Avec Spectacul’Art, elle contribuera à faire entendre une nouvelle fois la part profondément humaine de Michel Berger.
- Jean-Jacques Goldman : derrière les millions, la mystérieuse fabrique d’un auteur qui préfère l’ombre
Jean-Jacques Goldman continue de faire parler de lui sans avoir besoin de reprendre un micro. Une publication récente de Public rappelle l’ampleur supposée de ses droits d’auteur et révèle surtout une information plus intrigante : Alizée conserverait dans ses tiroirs des chansons inédites écrites par Goldman. L’épisode résume bien le paradoxe de l’artiste, toujours présent dans la mémoire collective, mais obstinément absent de la scène médiatique. Je me méfie toujours des titres annonçant la fortune exacte d’un chanteur. Les droits d’auteur ne constituent pas un salaire fixe : ils dépendent des diffusions, des ventes, des reprises, des concerts, du streaming et des contrats éditoriaux. Les estimations souvent reprises dans la presse évoquent toutefois plusieurs millions d’euros annuels pour Jean-Jacques Goldman, dont le répertoire continue de vivre à la radio et sur les plateformes. Le chiffre mérite donc d’être regardé comme un ordre de grandeur, non comme un relevé bancaire. La Sacem rappelle que les droits rémunèrent les auteurs et compositeurs lorsque leurs œuvres sont exploitées, sans que chaque diffusion leur revienne intégralement. Entre les différents ayants droit, les interprètes, les éditeurs et les territoires concernés, la réalité est plus complexe qu’un simple compteur de ventes. Ce qui ne fait guère débat, en revanche, c’est la profondeur de son catalogue. Depuis les années 1980, Goldman a écrit pour lui-même, pour ses complices Carole Fredericks et Michael Jones, mais aussi pour Céline Dion, Johnny Hallyday, Patricia Kaas, Khaled, Florent Pagny, Marc Lavoine ou Patrick Fiori. Il a parfois utilisé des pseudonymes, comme Sam Brewski ou O. Menor, manière élégante de laisser la chanson appartenir d’abord à celui ou celle qui la chante. Cette discrétion explique en partie la puissance de ses revenus : une œuvre peut continuer à circuler longtemps après la disparition des projecteurs. Ses chansons ont été diffusées à la radio, reprises sur scène, redécouvertes par de jeunes artistes et intégrées à des émissions populaires. Dans le cas de Goldman, la multiplication des interprètes et des usages a installé un véritable écosystème autour de ses mélodies. Le cœur de cette actualité reste pourtant l’histoire de D’eux, l’album écrit et produit pour Céline Dion en 1995. Selon la page officielle de la chanteuse, le disque a dépassé les dix millions d’exemplaires vendus dans le monde ; Public évoque de son côté plus de 4,4 millions en France et environ huit millions en Europe. Les chiffres varient selon les territoires et les méthodes de comptage, mais la conclusion demeure solide : D’eux est considéré comme le plus grand succès de l’histoire de l’album francophone. À une époque où la variété française et la chanson internationale se côtoyaient sans toujours se mélanger, le disque a réussi à imposer une écriture simple, directe et profondément mélodique. Je me souviens de ce que cette rencontre avait de presque improbable : une voix habituée aux démonstrations vocales et un auteur français qui lui demandait de retenir ses effets, de privilégier le mot, la respiration, la fragilité. Avec Pour que tu m’aimes encore, Je sais pas ou Vole, Goldman ne s’est pas contenté de fournir des chansons à Céline Dion ; il a déplacé son centre de gravité artistique. La force de ces titres tient à leur équilibre. Les refrains sont immédiatement mémorisables, mais les couplets ménagent des silences, des nuances et une forme de vulnérabilité. La chanteuse a expliqué, dans des propos régulièrement cités, que Goldman l’avait aidée à se découvrir autrement. C’est cette qualité de direction musicale, plus encore que le montant des droits, qui éclaire la longévité du disque. L’autre révélation de Public concerne Alizée, qui affirme détenir des chansons de Goldman jamais publiées. Elle aurait renoncé à les intégrer à un album faute de cohérence artistique, tout en laissant entendre qu’une sortie resterait possible un jour. Cette confidence est précieuse parce qu’elle montre que l’auteur ne fonctionne pas comme une simple machine à tubes. Ses chansons semblent attendre le bon interprète, le bon moment et le bon écrin. Un texte de Goldman mal placé pourrait devenir une curiosité ; dans un projet qui lui correspond, il peut encore toucher juste. L’hypothèse de ces morceaux inédits nourrit aussi une fascination très contemporaine : celle des archives dormantes, des maquettes et des œuvres que le public n’a jamais eu l’occasion d’entendre. Ce qui me frappe, au fond, c’est la contradiction entre la fortune supposée de Jean-Jacques Goldman et son mode de vie public. Depuis son retrait progressif de la scène au début des années 2000, il n’a pas organisé son absence en événement. Il n’alimente presque jamais les réseaux sociaux, donne peu d’interviews et laisse les autres chanter son œuvre. Même son retour sur les plateformes de streaming, en 2019, s’est effectué avec une sobriété qui lui ressemble. Ses chansons, elles, n’ont jamais cessé de revenir : dans les playlists, les émissions de télévision, les concerts des Enfoirés et les reprises de jeunes artistes. Génération Goldman avait déjà montré, en 2012, que son écriture pouvait franchir les générations. Je ne crois pas que Goldman ait besoin d’un retour spectaculaire pour retrouver sa place. Son actualité est ailleurs : dans une chanson qui ressurgit, dans un disque qui continue de se vendre, dans la voix d’un interprète qui redécouvre une mélodie écrite trente ans plus tôt. Reste une question, la seule qui vaille vraiment : Alizée sortira-t-elle un jour ces morceaux conservés dans l’ombre ? Si elle le fait, l’événement ne sera pas seulement commercial. Il rappellera qu’un auteur peut se retirer du bruit sans disparaître, et que les chansons, parfois, savent attendre leur heure mieux que les artistes eux-mêmes.
- Thomas Dutronc, de la guitare manouche aux éclats de Gotlib
Le chanteur et guitariste Thomas Dutronc a participé, le 18 avril 2026 au Grand Palais de Paris, à la remise du 4e prix Gotlib. Aux côtés de personnalités de la culture et de l’humour, il a distingué le dessinateur écossais Tom Gauld pour La Physique pour les chats, une récompense qui confirme son goût pour les passerelles entre musique, littérature et bande dessinée. Il y avait quelque chose d’assez réjouissant à voir Thomas Dutronc sous la verrière du Grand Palais, non pas une guitare à la main, mais installé parmi les jurés d’un prix consacré à la bande dessinée humoristique. La photographie publiée par Purepeople le montre dans ce décor monumental, au milieu d’un événement où les livres, les dessins et les traits d’esprit ont remplacé, le temps d’une soirée, les amplis et les projecteurs de concert. Pour moi, cette présence n’a rien d’anecdotique. Thomas Dutronc appartient à cette famille d’artistes qui aiment circuler d’un univers à l’autre sans donner l’impression de changer de peau. Il est musicien, bien sûr, héritier d’une histoire familiale prestigieuse, mais aussi amateur de cinéma, de littérature, de jazz et d’images. Son parcours, marqué par la guitare manouche et par un goût affirmé pour les standards, l’a installé dans une relation très libre à la culture populaire. Le choix de l’intégrer au jury du prix Gotlib prolonge cette curiosité naturelle. Créé en 2023 par Ariane Gotlieb, fille du dessinateur Marcel Gotlib, le prix défend la bande dessinée comique et récompense une œuvre capable de faire rire sans renoncer à l’intelligence ni à la singularité. Comme le rappellent Ligne Claire et le Festival du Livre de Paris, la cérémonie s’inscrivait dans l’édition 2026 du festival, organisée du 17 au 19 avril au Grand Palais. Le prix est doté de 5 000 euros et s’est déjà construit une petite histoire : Manu Larcenet avait remporté la première édition, suivi de Mo/CDM en 2024 puis de François Boucq en 2025. Cette succession dit bien l’ambition de la récompense : rester fidèle à l’esprit de Gotlib tout en regardant la création contemporaine avec appétit. Cette année, huit albums avaient été retenus parmi 90 titres examinés lors de la première sélection. Le jury réunissait Antoine de Caunes, Clara Dupont-Monod, Richard Gotainer, Catherine Meurisse, Jean-Paul Rouve, Charline Vanhoenacker, Zep, le mentaliste Charlie Haid et Thomas Dutronc. Sa présence donne au groupe une couleur singulière. On imagine volontiers les discussions animées, les désaccords de goût et les éclats de rire autour d’une table où le dessin devait être jugé autant pour son pouvoir comique que pour sa liberté. Dans son compte rendu, ActuaBD souligne justement le tournant pris par le prix, désormais ouvert à la bande dessinée étrangère et aux éditeurs alternatifs. Le lauréat, Tom Gauld, est un auteur écossais né en 1976, connu pour son trait dépouillé, ses références littéraires et scientifiques et son humour pince-sans-rire. Dans La Physique pour les chats, publié par les éditions 2042, les chats deviennent les complices, parfois les cobayes, de théories scientifiques absurdes. Viabooks insiste sur l’équilibre entre érudition, tendresse et accessibilité de cette œuvre, tandis que ToutenBD rappelle que Gauld succède à François Boucq. Cette économie de moyens rapproche peut-être le travail de Tom Gauld de ce que Thomas Dutronc recherche dans la musique : un rythme précis, une idée claire et le sens du détail qui fait mouche. Une case de bande dessinée comme un chorus de jazz doit savoir ménager une pause, installer une attente et surprendre au bon moment. Même si le guitariste n’est pas l’auteur récompensé, son rôle de juré l’inscrit dans une actualité culturelle plus large, où les artistes sont invités à faire dialoguer leurs disciplines. À peine la cérémonie terminée, son propre calendrier musical se dessinait déjà : il doit retrouver la scène avec un projet consacré aux standards du jazz. Le festival Jazz à Juan présente ainsi Thomas Dutronc – Jazz & Friends, avec un rendez-vous annoncé le 18 juillet à la Pinède Gould d’Antibes-Juan-les-Pins par See Tickets. Entre une guitare jazz et une planche de bande dessinée, le fil n’est finalement pas si ténu. Je retiens surtout de cette séquence l’image d’un Thomas Dutronc à l’aise dans un rôle qui ne lui était pas naturellement associé. Le fils de Jacques Dutronc et de Françoise Hardy n’a pas cherché à occuper le devant de la scène : il a pris part à une conversation collective, au service d’un album et d’un auteur. Je le retrouverai bientôt sur scène, mais je garderai de ce 18 avril une image moins attendue : celle d’un musicien qui, entre deux notes de jazz, sait aussi reconnaître la beauté d’un gag bien dessiné.
- Jean-Jacques Goldman, fantôme bien vivant du grand retour de Céline Dion à Paris
Devant le majestueux Royal Monceau, aux aurores parisiennes, ils sont déjà réunis — fans passionnés, manteaux serrés, doigts effleurant leurs écrans, parfois un vieux CD de D’eux niché sous le bras. Parmi les murmures et les refrains chuchotés comme des mantras : « Pour que tu m’aimes encore », « J’irai où tu iras », « S’il suffisait d’aimer ». Mais au cœur de cette ferveur, un nom suscite autant d’émoi que celui de la reine québécoise : Jean-Jacques Goldman. Lorsque Céline Dion fait son apparition, sourire doux malgré la fatigue des répétitions à la Plenitude Arena de Nanterre, où s’annoncent seize concerts du 12 septembre au 17 octobre 2026, on pourrait croire que les années ont effacé la part d’histoire commune. Mais non. Quelques échanges suffisent pour rappeler que Goldman demeure au centre de l'aventure française de la chanteuse. À une question sur sa chanson favorite à rechanter, Céline rit doucement : Jean-Jacques lui a offert un « gros problème » — cette « bible de chansons » qu’il lui a écrite, un trésor autant qu’un dilemme pour bâtir une setlist. Avec un sourire complice révélé dans les colonnes de Grazia, elle avoue sa difficulté à choisir entre ces titres intemporels, promettant même des concerts plus longs et incitant les fans à « mettre de bonnes chaussures ». Jean-Jacques Goldman et Céline Dion : une alliance franco-québécoise majeure Pour saisir l’essence de cette dynamique, il faut revenir à 1995, année où sort D’eux, l’album francophone le plus vendu de tous les temps, avec plus de 10 millions d’exemplaires écoulés. Jean-Jacques Goldman en est le compositeur principal et l’homme derrière les mots. Plus qu’un simple album, c’est une lettre d’amour à la voix et à la vie de Céline, mêlant chansons sur la vie de couple, la carrière, les incertitudes, le tout sur un fond musical riche allant du blues au rock, en passant par le gospel et la pop. Trois ans plus tard, S’il suffisait d’aimer consolide cette complicité artistique. Sous la direction de Goldman et du producteur Erick Benzi, les chansons se font plus poétiques et introspectives, témoignant d’une écriture resserrée autour de la vulnérabilité. L’hymne « S’il suffisait d’aimer » est à ce titre l’une des pièces maîtresses qui enchanteront les foules et affermiront leur héritage commun. Un compagnonnage créatif marqué par la discrétion et la fidélité La collaboration ne s’arrête pas là. Goldman signera également Une fille et quatre types puis « Encore un soir » en 2016 — ce dernier, empreint de mélancolie, écrit alors que la santé de René Angelil, mari et manager de Céline, déclinait. Pendant deux décennies, leur complicité aura donné naissance à une série de tubes indélébiles. Pourtant, Jean-Jacques Goldman choisit progressivement l’ombre. Il quitte peu à peu les projecteurs, refusant les hommages et devenant rare à la télévision. Après 2016, il se retire à Londres puis à Marseille, laissant derrière lui un riche patrimoine musical. Malgré cela, il demeure une figure familière, un repère moral et affectif pour des générations de Français. 2026 : un retour orchestré autour de 'Dansons' et d'une résidence événement Le retour attendu de Céline Dion à Paris six ans après son dernier show est naturellement lié à ce lien profond avec Goldman. Si les concerts promettent une expérience unique, c’est aussi la sortie de « Dansons », premier titre original francophone de la diva depuis plusieurs années, qui fait sensation. Signé par Goldman, ce single, dévoilé en avril 2026, trouve ses racines en 2020, au cœur du confinement. Inspiré par l’image de couples dansants enfermés chez eux, la chanson fut écrite sans modification six ans plus tard, un symbole intemporel d’intimité et de résilience. La vidéo lyrique, filmée dans les rues de Paris, scelle cette nouvelle étape française. Erick Benzi révèle même que Goldman fut invité à monter sur scène à la Plenitude Arena mais déclina, préférant rester dans l’ombre pour ne pas « voler la vedette » à Céline. Cette attitude témoigne d’une élégance qui renforce encore son aura. Analyse musicale et émotionnelle de 'Dansons' : une pépite signée Goldman « Dansons » se distingue par sa simplicité mélodique et son écriture épurée à la Goldman, jouant sur l’émotion sans artifice, attachée aux détails du quotidien. Si le morceau ne renoue pas avec le format de « Pour que tu m’aimes encore », il incarne une maturité artistique, une incarnation de leurs âges respectifs. L’orchestration aéré donne toute l’ampleur à la voix de Céline, porteur d’une émotion sincère et enveloppante. L'héritage musical et l’engouement populaire autour de la résidence parisienne Avec une mise en vente très médiatisée, les 480 000 billets pour ces seize dates ont attiré un public massif, près de 9 millions de demandes selon certains médias. Ce phénomène démontre la puissance toujours intacte de cette alchimie artistique et sentimentale entre la chanteuse et Goldman, ainsi que la force de leur catalogue commun. Au-delà des concerts, cet épisode contribue à consolider la place de leurs chansons dans le patrimoine musical francophone, jouées dans les foyers, les voitures, les mariages. Les fans, fidèles et émus, continuent de porter haut le flambeau de ces œuvres intemporelles. Conclusion : Jean-Jacques Goldman, l’ombre lumineuse d’un retour d’exception Ce grand retour de Céline Dion met en lumière la place singulière qu’occupe Goldman aujourd’hui : plus qu’un compositeur, un repère affectif et moral. Sa fidélité à une ligne artistique discrète et respectueuse renforce la magie des chansons qu’il signe. La résidence parisienne à Nanterre, agrémentée de passages emblématiques et sans doute de nouvelles collaborations, incarne ce lien d’exception. Plus qu’une simple renaissance scénique, c’est le témoignage d’une amitié artistique profonde qui, en 2026, raconte une histoire française et francophone d’amour, d’excellence et de tendresse intemporelle.












