Emily Loizeau sous terre et en lumière : "La Souterraine" en tournée française 2025-2027
- ER

- Jul 18
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Un piano qui claque doucement, une voix qui semble murmurer une prière laïque, et soudain cette phrase qui traverse la salle comme un trait de feu : « Nous ouvrons la cage à nos âmes éclairées ». Ainsi débute l'expérience sonore et émotionnelle que propose Emily Loizeau avec La Souterraine, son album incandescent paru à l'automne 2024. Cette création musicale, mêlant intimité et engagement, s'apprête désormais à prendre la route des salles françaises dans le cadre d'une tournée qui s'étendra de l'automne 2025 à 2027, avec notamment un passage attendu à Châlons-en-Champagne, le 7 novembre 2026, à La Comète – Scène nationale.
Une veillée itinérante, entre ombres et lumières
Chez Emily Loizeau, on ne se lève pas pour un simple refrain tapageur comme dans un concert traditionnel. L'auditoire se redresse avec solennité, comme à la messe, mais une messe intime, résolument laïque, qui parle de climat, d'exil, d'amour, de fragilités, et ce fameux « dur désir de durer ». Plus qu'une série de concerts, la tournée La Souterraine est un rendez-vous poétique et politique, une forme de veillée itinérante où l'artiste, franco-britannique et formée au classique et au théâtre, interroge le pouls d'un pays fatigué mais pas résigné.
À la source de La Souterraine : une quête d'amour au cœur des crises
Sorti le 6 septembre 2024, La Souterraine est présenté par la chanteuse elle-même comme une longue quête d'amour dans un « monde en vrac », balayé par dérèglements climatiques, crises économiques et séismes sanitaires. À travers ses chansons, Emily cherche les moments où le monde « nous brise », transformant la colère en une énergie d'action, véritable braise qui refuse de s'éteindre.
Fruit d'une collaboration avec John Parish, compagnon de route de PJ Harvey, l'album a été façonné au Pays de Galles. Cette complicité artistique se traduit par une matière sonore plus électrique et dense, avec des guitares rugueuses et des atmosphères parfois oppressantes. Cette évolution, remarquée par de nombreuses critiques telles que celles de Benzine Magazine, souligne un disque « puissant et profond, intelligent et émouvant ».
Alors que ses premiers albums rappelaient la chanson française à la Barbara, La Souterraine ose désormais les dissonances rock, les nappes hypnotiques et des tempos lents mais tendus, comme si Emily passait au révélateur une sensibilité exacerbée. Cette transition est aussi perceptible lors du concert spécial organisé au Théâtre de la Ville à Paris, célébrant ses 20 ans de carrière, où les titres « électriques » et l'interprétation « intense et puissante » interrogent une société en pleine turbulence, mais nourrie d'un espoir vibrant.
Portraits engagés et universels : entre intimité et combat
L'album conjugue chansons d'amour intimes avec des portraits saisissants de femmes en lutte, tels celui d'Elaha, une adolescente afghane en exil, prolongeant les récits amorcés dans l'album Icare. En reliant les destins personnels au tumulte mondial, Emily Loizeau mêle biographie et politique dans un geste artistique puissant. Elle évoque ainsi, dans une interview sur RTS, la volonté de raconter une vie brisée, une mer qui recule, un enfant qui dialogue avec le soleil, comme autant d'actes de résistance poétique face au chaos.
La tournée La Souterraine : un parcours intime dans la France des petites salles
La tournée, qui commence à l'automne 2025, traverse la France jusqu'en 2027, empruntant un chemin de salles à taille humaine : Vendôme, Massy, Abbeville, Annemasse, Noisy-le-Sec, Saint-Aubin-du-Cormier ou encore Le Haillan. Cette programmation privilégie des espaces où l'écoute et le partage sont au cœur de l'expérience. Avec des tarifs oscillant entre 17 et 30,50 euros, la démarche vise à rendre la musique accessible sans se dévaluer.
À Châlons-en-Champagne, pour le concert du 7 novembre 2026, les places débutent à 28,10 euros pour une soirée à 20 h 30 dans la grande salle de La Comète. Le programme mettra à l'honneur l'album La Souterraine avec ses morceaux lumineux comme « Ici commence la mer », « Éclaire-moi » ou « La route de Vénus », ainsi que ses puissantes secousses électriques telles que « La Souterraine » ou « Strong Enough ».
Célébrer une carrière entre France et Royaume-Uni
Cette tournée marque également les 20 ans d'une carrière débutée en 2006 avec L'autre bout du monde et récompensée en 2009 par le Prix Constantin. Les concerts mêlent les nouvelles chansons en français et en anglais avec des titres plus anciens, créant un récit continu et personnel. Sur France 24, Emily Loizeau décrit l'album comme un ouvrage « multi-couches », pop et rock, nourri par ses proches et son désir de porter cette musique au-delà des frontières francophones.
En conciliant engagement local et ambition internationale, elle incarne un pont fascinant entre la scène française et britannique, portant une parole mêlant l'intime au politique.
Une équipe musicale au service de l’émotion
Lors des concerts, Emily est entourée d’un quintette talentueux : Thomas Poli aux guitares et claviers, Sacha Toorop à la batterie, Boris Boublil à la basse et claviers. Cette formation est reconnue pour sa capacité à jongler entre des envolées électriques et des instants suspendus à un arpège piano/voix, magnifiant l’intensité des chansons. Ce balancement entre ombre et lumière, nuit et aube, donne une couleur unique à la tournée La Souterraine.
Une proposition artistique lumineuse au cœur des enjeux contemporains
Dans une France marquée par les sécheresses, les débats écologiques polarisés et l’inquiétude sociétale, l’album et la tournée offrent une forme d’apaisement. L'espoir y est choisi comme ligne de conduite, sans jamais minimiser la gravité des sujets. Quand Emily chante « il semble que rien ne nous arrête tant que tourne la boule à facettes », elle défie notre confort tout en invitant à ouvrir la cage de nos âmes pour laisser entrer l’air. Cette invitation à la vigilance et à la solidarité collective trouve un écho singulier dans les salles où elle se produit.
Une expérience collective qui se fabrique loin des projecteurs
Imaginer la scène de La Comète un soir de novembre 2026, c’est penser à une salle pleine de familles, couples, étudiants, et quelques cheveux blancs, tous réunis pour une soirée « habitée ». C’est dans ces théâtres de province et ces scènes nationales qu’une consolation collective, humble mais profonde, se construit loin du cynisme médiatique. La Souterraine ne prétend pas apporter des solutions miracles mais encourage à regarder ensemble la noirceur du monde, à la nommer, et surtout à marcher vers la lumière. Cette promesse biblique du « dur désir de durer » devient alors un mantra nécessaire, un souffle d’humanité réparatrice dans un temps troublé.
En fin de compte, sortir d’un concert d’Emily Loizeau, c’est repartir avec ses inquiétudes, ses questions, mais aussi avec une mélodie, un mot, une image qui perdurent, témoignage fragile et précieux d’une résistance artistique et humaine.




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